Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.

Titre : Noir ramage.

Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.


« Certes, cela revenait à utiliser un obus sur une fourmilière, mais les réactions disproportionnées ont toujours été ma spécialité ».

-Mercy Lecay.


Chapitre 30 : Maxime Reed, ou Poisons et Herbes.

La brume se dissipa doucement. Petit à petit, l'image devint plus claire. Il se rendit compte qu'il était dans le noir, mais confortablement installé dans un lit bien moelleux. Une femme entra dans la pièce. Elle bougeait, ça devait être l'effet de la fatigue ou d'une potion parce qu'il avait l'impression qu'elle dansait en se déplaçant gracieusement. Il la regarda, les yeux mi-clos ouvrir les rideaux. L'afflux soudain de lumière lui arracha un grognement. Gentiment, elle se tourna vers lui et lui adressa un sourire avenant. Elle ressemblait à Mercy, beaucoup trop pour que ce soit une simple coïncidence, mais, il connaissait assez son ancienne partenaire que ce n'était pas elle en train de jouer à l'un de ses petits jeux. Si Mercy s'était déguisée, elle aurait été méconnaissable même par lui.

-Bonjour, le salua-t-elle. Je vois que vous êtes en meilleure forme que lors de votre arrivée, vous pourrez bientôt sortir de votre lit et reprendre une activité..

-Me souhaitez-vous de passer une bonne journée que je le veille ou non, ou est-ce une journée où il faut être bon ? Grogna-t-il.

-Ou bien, j'utilise une salutation qu'on emploie sans distinction d'heure, monsieur Reed

Ok. Deux ans sans Mercy dans les pattes et il devait retravailler ses répliques, parce qu'il n'avait rien à répondre.

-Vous réagissez exactement comme l'avait dit Mercy, pouffa-t-elle.

Au moins il amusait la galerie. C'était déjà ça. Mais, cela ne lui disait pas ce qu'il faisait ici et dans cet état : nu, endolori et manifestement fait prisonnier. Sans doute pas par Grindelwald. Ce n'était pas dans ses habitudes de traiter ses « hôtes » de la sorte : pièce claire, agréable, lit douillet, garde charmante et sacrément jolie qui plus est. S'il n'avait pas passé sa vie à combattre des affreux de toutes sortes, il aurait adoré s'intéresser de plus près à ce genre de « spécimens ». Non, pas Grindelwald. Plutôt Mercy, d'ailleurs « la danseuse » venait de la mentionner. C'était bien son genre de profiter d'un moment de détente, de repos entre amis de longue date pour déclencher une attaque… Il aurait dû se méfier, elle avait été bien trop aimable pour être honnête. C'est qu'elle est vicieuse la Mercy. Soit le destin avait de l'humour, soit c'était sa mère, vu l'ironie de son prénom : qui aurait l'idée d'appeler Miséricorde un enfant qui une fois adulte pouvait autant en manquer ?

-Qui êtes-vous ?

-Sara Wood.

Elle le regarda, prenant une pose classique de fille de bonne famille, sans laisser la moindre émotion être lisible sur son visage. Une vraie poupée de porcelaine avec sa peau pâle et ses cheveux foncés très légèrement ondulés coupés à la dernière mode. Elle était belle, mais, elle ressemblait bien trop à Mercy pour qu'il soit suffisamment à l'aise pour lui faire son numéro habituel.

-Que m'est-il arrivé ?

-Mercy vous a écarté.

Confirmation. Oui, c'était une façon comme une autre de dire la chose. Mercy n'avait jamais su faire les choses à moitié, mais, il avait eu l'impression qu'il allait mourir. Attendez... Mercy a fait quoi ? Et pourquoi était-il surpris qu'elle en soit capable. S'il avait une chose pour laquelle cette fille était plus que douée, c'était pour faire de son pire.

-Il faut que j'y retourne, dit-il en se redressant.

-Non !

Il regarda Wood. Comment ça non ? Le Congrès Magique avait besoin de lui. Et il n'était pas certain que Mercy puisse gérer la situation seule. Elle était douée, mais, même elle avait des limites. Admettons qu'elle arrive à tenir la distance, sans auror pour l'épauler, il n'y aurait personne pour la soutenir au moment où l'affaire exploserait, parce qu'il présentait que l'affaire allait exploser et ça ne serait pas beau à voir.

-Le poison que vous avez bu a salement touché vos organes. Vous n'êtes certainement pas en état de faire quoique ce soit, expliqua-t-elle.

-Et comment comptez-vous me soignez ? Répliqua-t-il sèchement.

-Avec les Neufs herbes.

Elle avait dit cela comme si ce nom devait à tout prix lui être familier, ou du moins, comme si c'était une évidence, avec un ton parfaitement calme. Cette femme était une mini-Mercy, ce n'était pas possible autrement.

-Le Remède des Neufs herbes est une potion de soins qui a été inventée par ma tante paternelle par alliance.

-Paternelle par alliance…

-L'épouse du frère de mon père, soupira la femme comme s'il fallait vraiment tout lui expliquer...

Il devait vraiment être lent parce qu'il avait dû mal à faire un plus un. À moins que cette femme ait appris de Mercy comment faire pour que les gens n'aient plus la moindre envie de poser une question. Il opta donc pour la solution de changer de sujet.

-Quel est le poison qu'elle a utilisé ?

-Le dernier jugement. Généralement, la dose est nettement moins forte, mais Mercy ne voulait rien laisser au hasard.

-Jamais entendu parler.

-Sa mère ne fait pas de publicité autour de ses travaux. Tante Liberté l'a étudié pour inventer une potion de guérison. Ce poison est une potion qui n'est plus utilisée depuis plusieurs siècles. Elle avait pour but de donner l'impression d'une mort imminente à une personne pour la forcer à passer aux aveux dont le nom, expliqua mademoiselle Wood. Plus la dose est forte, plus l'action est rapide et les dommages durs à compter et contrer .

Parfois, il se demandait si Mercy n'était pas quelque peu cinglée sur les bords.

-Vous voulez dire que Mercy m'a quasiment tué parce que je la gênais ?

Sara Wood eut un petit sourire. Et Maxime comprit qu'il avait parfaitement vu juste. Il se sentait très fatigué et ce n'était pas dû seulement à son traitement. Cette fille allait finir par avoir la peau de sa santé mentale. Elle ne savait pas comment faire les choses autrement que complètement, ou quoi ?

-Mais, elle ne l'a pas fait. Et plus, ce poison ne tue pas, il invalide juste.

Et il devait dire merci, en plus ? Mouais, il ne tue pas. Il met juste dans un état déplorable la victime. C'est vrai que si elle avait voulu sa mort, il ne serait plus de ce monde, mais, ce n'était pas une raison.

-Elle vous a écrit une lettre.

Elle lui posa sur la table de chevet une enveloppe avant de quitter la pièce.

« Maxime,

« Tu dois m'en vouloir et tu as bien raison. Même si mon but n'était pas de te tuer, la première potion à base d'Aconit et de Cytise ne t'a fait aucun bien. À vrai dire, même avec le Remède des Neuf Herbes, je doute que tu sois sur pied quand Sara te donnera cette lettre.

« Pour commencer, je vais être très claire. Même si je l'ai rencontrée que quelques fois depuis qu'elle est majeure, même si nous ne sommes pas très proches, elle est ma COUSINE. L'un des rares liens qu'il me reste avec ma famille paternelle. Si tu la dragues comme tu sais si bien le faire avec tout ce qui porte jupon et n'est pas marié, la prochainement fois, aucune potion du monde ne te sauvera du poison que je t'administrerai. Maintenant que ce point de détail est clair, je vais te faire part de la partie de mon plan qui te concerne.

« Tu es mort. Pour l'État civil, le Congrès Magique, tes parents… Et surtout Grindelwald, tu es MORT. Si j'en crois les rumeurs, j'ai juste devancé Grayson en t'empoisonnant la première. Mais, tu es mort et il faut que tu le RESTES. Oui, j'insiste, mais, c'est important.

« Pour l'instant, tu es dans un lieu sûr. Comme tu le sais, je suis un des Chiens Noirs (1) du Coven de la Nouvelle-Orléans. C'est par cet intermédiaire que j'ai pu impliquer le Coven de Sleepy Hollow, dont fait partie ma cousine, dans cette affaire. Tu vas avoir besoin de leur soutien.

« Comme tu le sais sans doute, ce cher traître de Grayson est originaire de cette ville. Ton rôle va être de le faire tomber pendant que je vais occuper Grindelwald à New-York. Tu ne vas pas être tout seul dans cette mission. Ann Blanchard, mon bras droit que tu as déjà rencontré, ne mettra pas longtemps avant de découvrir le pot-aux-roses. Et avant que tu le demandes, c'est ELLE qui commande.

« Une dernière chose, sois PRUDENT et DISCRET. J'ignore si je serais en mesure de t'éloigner d'un danger une trente-troisième fois.

« Avec toute mon amitié et ma confiance,

« Mercy.

Trente-deuxième. Ce qui c'était passé à Mexico ne comptait pas. D'ailleurs, vu qu'elle l'avait empoisonné, il doutait que ce coup-ci compte également. Et à Honolulu aussi. Et à… Bon, il n'allait pas faire toute la liste.

-Buvez ça, lui dit Sara. Quand vous serez remis, je voudrais vous montrer quelque chose.

Elle était revenue sans qu'il s'en rende compte. Il devait être plus fatigué qu'il ne le pensait. Il regarda le liquide à la lumière du jour. L'eau était légèrement bleutée. Il y avait encore cette fichue potion. Il n'avait pas fini de se faire soigner. La prochaine fois qu'il verrai Mercy, il… Il hésitait entre la frapper ou lui dire ce qu'il pensait de ses manières, mais, il trouverait bien comment se venger de Mercy.


(1)Membres d'un Coven chargés, entre autre, d'en faire respecter les règles.