Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.

Titre : Noir ramage.

Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.


« La vie est brutalement simple. La vie consiste à obtenir ce qu'on veut et à protéger ceux qu'on aime. Le reste n'est que faiblesse. »

- Jade Blanchard.


Chapitre 32 : Gellert Grindelwald, ou comment raisonner l'irraisonnable.

Non, il ne la lâcherait pas. Du moins, pas lorsqu'il y avait de bonnes chances qu'elle est tué Maxime Reed. Au début, il suspectait Grayson, mais, ce dernier n'était pas capable de reconnaître des baies de cassis de celles de la Troène (1). En tant que fille de Guérisseuse Traditionnelle, Mercy devait, logiquement, avoir de bonnes bases en herbologie. En Europe, c'était aux familles de transmettre aux enfants le savoir sur la Magie en attendant qu'ils soient en âge d'aller à l'école. Il ne pensait pas que c'était différent ici. Quoique… Les américains étaient étranges, les sorciers envoyaient leurs enfants dans des écoles primaires au lieu de les éduquer à la maison et les mères qui n'avaient pas les moyens d'avoir un elfe de maison pouvaient travailler quand même sans choquer personne. Mais, l'étrangeté de cette société n'était le sujet du jour.

Il était quasiment certain que c'était elle qui avait tué Reed. Il n'avait pas de preuves directes, mais, il savait que son instinct ne le trompait pas.

-Pourquoi ? Lui demanda-t-il sèchement.

-Pourquoi, quoi ?

-Pourquoi avez-vous tué Maxime Reed ?

Elle le regarda comme s'il venait de dire une imbécillité plus grosse que lui. Grindelwald la lâcha et Lecay se déplaça en passant à côté de lui, le frôlant au passage.

-À vote avis, Monsieur Grindelwald, pourquoi tue-t-on un traître ? Fit-elle avec un sourire moqueur.

Elle savait. Tout le monde l'avait mis en garde contre elle et il ne les avait pas écouté. Il avait vu ses larmes, ses sauts d'humeurs… Mais pas qu'elle jouait la comédie. Pendant qu'elle passait pour quelqu'un d'instable, elle le manipulait pour s'approcher encore un peu plus près, toujours plus près. Elle était douée, il devait bien le reconnaître.

-On le tue parce qu'il a trahi son pays et mis en danger sa patrie, continua-t-elle d'une voix glaciale.

-Au moins vous n'insultez pas mon intelligence en prétendant être innocente.

Quoique… Lui donner une raison alors qu'il savait que son véritable objectif était autre… Décidément, une adversaire à sa mesure. Depuis des années, il n'avait pas croisé de personnes capables d'une telle prouesse. Même Albus, la seule personne avec qui il aurait pu partagé son pouvoir… Gellert l'avait manipulé pour qu'il aille là où il voulait. Si la petite sœur de son amant n'était pas bêtement morte… Le monde serait déjà à son image.

Elle eut un mouvement d'épaule et son sourire moqueur était toujours présent, mais ses yeux étaient froids. À présent, elle était devant la fenêtre, elle le toisait de toute sa hauteur. Lentement, elle se retourna vers la fenêtre, mais l'inclination de sa tête indiquait qu'elle ne regardait pas dehors.

-Vous ne respectez rien.

Lecay disait cela en touchant du bout des doigts un rosier mort se trouvant dans la jardinière qui lui faisait face. À vrai dire, il n'était pas mort lorsqu'il avait pris la place de Percival Graves. Et à la façon qu'elle avait de le toucher, il comprenait que c'était plus qu'un simple rosier pour elle, et il était sans doute de même pour Graves. C'était une théorie, mais, c'était la seule chose qui pouvait expliquer la tendresse qu'il lisait dans son geste.

-Rien, à part vous-même, corrigea-t-elle. Vous êtes narcissique, sûr de vous et capable de tout. Malgré ces défauts, je reconnais que vous être intelligent, monsieur Grindelwald. Mais, vous cherchez le chaos.

-Vous vous trompez. Je veux un nouveau monde. Un nouveau monde, dans lequel les gens comme vous n'auront plus à se cacher.

Elle eut un rire ironique, comme si il y avait quelque chose, un détail, qui avait échappé à Grindelwald et qu'elle ne comptait pas le lui expliquer. Cela faisait des années que personne avait osé l'insulter, et surtout pas en face ! Il était le plus grand… Bon d'accord, il était peut-être narcissique.

-Nous sommes d'accord sur nos désaccords, fit-elle. Vous croyez en la nécessité de réduire ce monde en cendres, et moins, je crois que les non-maj's ne nous sommes pas inférieurs.

Et ça, c'était un désaccord de taille. La magie se trouve uniquement chez les êtres d'exception. Et Mercy Lecay était exceptionnellement enquiquinante. Il pourrait dire stupide, mais, c'était faux. Elle était bien plus maligne que ce qu'elle voulait bien faire croire. On ne faisait pas disparaître quelqu'un dans la nature en moins d'une semaine en l'étant.

-Aucun être humain est inférieur à un autre, déclara-t-elle.

Elle y croyait. Elle y croyait vraiment. C'était fascinant de voir comme une personne pouvait être dans le faux parce qu'on l'avait bercé avec des mensonges. Ce pouvait-il qu'elle soit sincère et que lui, le Grand Grindelwald se soit trompé sur ses motivations ? Il commençait à se le demander. Il ne commettait jamais d'erreurs, était toujours le plus fort, le plus intelligent et ce depuis toujours, ce pouvait-il qu'il ait été trompé par cette femme ? Quelqu'un qui par sa nature était faible, sans ressource et démunie. Quelqu'un qui par son sexe, avait besoin d'un protecteur pour seulement vivre ?

-Si on suit votre philosophie, les sorciers ne sont pas égaux. Suivant le Cercle dans lequel ils sont nés, d'après ce qu'ils sont, ils ne peuvent pas être égaux. Est-ce du deuxième qui sont les plus nombreux qui doivent commander ? Ou ceux du quatrième qui sont plus proche de la Magie ?

-Ce n'est pas le sujet.

Il n'allait quand même pas philosopher avec elle… Pour qui se prenait-elle ?

-Cela le sera parce qu'il y aura toujours quelqu'un qui ne voudra pas partager le pouvoir ! Pour l'instant, c'est vous, mais vous n'êtes pas éternel ! Vous avez quel âge, cinquante ans, soixante ?

Quarante-trois. Il n'avait que dix ans de plus que cette peste, ce qui n'est rien dans la vie d'un sorcier. Malgré toute son envie, il ne pouvait pas la tuer : elle était sans doute la dernière personne à avoir vu Bluesky à New-York et il n'aimait pas beaucoup l'idée que cet homme puisse agir dans son dos. Mais, il fallait convaincre une femme qui n'aimait ni son projet ni l'homme qu'il était de lui confier un de ses secrets. Par chance pour lui, il avait plus de temps qu'elle.

Il argumentait, elle contre-argumentait. C'était une discussion de sourds. Il le savait et elle le savait. Alors, que cherchait-elle à faire. Gagner du temps ? Si oui, pourquoi ? Il ne pouvait pas croire qu'elle improvisait, du moins, pas totalement. Il restait l'option qu'elle voulait détourner son regard de quelque chose, mais de quoi ? À quoi jouait-elle ?

-J'ai une solution pour tous les problèmes…

-Votre solution miracle, c'est un putain de massacre ! Le coupa-t-elle.

Elle n'avait pas besoin d'élever la voix pour lui parler, il n'était pas sourd. Ni de le couper, c'était une preuve d'impolitesse. Et encore moins de se montrer vulgaire. Du moins, il pensait qu'elle jurait, il reconnaissait avoir des lacunes au niveau des jurons français.

-Le pire dans cette putain d'histoire, c'est que vous ne vous rendez même pas compte que votre putain de plan n'est pas pour le putain de meilleur du monde ! Vous êtes tellement concentré sur votre putain de petite personne que vous ne voyez pas plus loin que votre putain bout du nez !

-Calmez-vous…

Pour le coup, il eut le droit à une volée de jurons beaucoup plus variés et plus un seul mot en anglais. À cet instant, il se rappela qu'il avait eu la même réaction quand il lui avait dit de se calmer lors de leur première rencontre. Au moins maintenant, il n'avait plus à faire semblant d'être gentil. Il la gifla à la volée. Ça lui fit un bien fou, elle commençait vraiment à être insupportable. Elle le regarda un instant, les yeux écarquillés, comme si elle n'arrivait pas à croire qu'il venait de la frapper. Bien. Elle apprenait enfin qui était le Maître, encore quelques efforts et les choses rentreraient dans l'ordre : il pourrait en faire quelque chose d'utile à son Grand Projet.

Il était tellement satisfait de sa réaction qu'il ne vit pas le retour de gifle venir. Ce fut à son tour d'être surpris. Une partie de lui en était satisfaite. La majorité des sorciers se mettaient à trembler devant lui. Voir quelqu'un lui résister… Cela le changeait agréablement. Mais, il ne pouvait pas se permettre de la laisser croire qu'elle pouvait lutter sans en payer le prix. La situation serait différente s'il avait eu la moindre chance de la faire se ranger à son avis. Dans ce cas-là, il lui aurait proposé une place de choix dans son nouveau monde. À la place, il la frappa au niveau de l'estomac d'un sort bien placé. Sa baguette apparue dans sa main ne tremblant pas, il n'avait pas son pareil pour « dégainer plus vite que son ombre » comme on dit : en Amérique, il faut faire comme les Américains. Elle tomba à genoux, la respiration coupée.

-Vous êtes ce genre de personne… Fit-il en posant un genou à terre, se penchant vers elle.

Il la saisit par le menton et l'obligea à le regarder droit dans les yeux. Il pourrait essayer de profiter de la situation pour forcer son esprit, mais, il la soupçonnait d'avoir de très bonnes barrières mentales.

-Quel genre de personne ? Se défendit-elle le souffle court.

-La vie est quelque chose de sacré pour vous.

-Chaque humain est unique, précieux et irremplaçable, confirma-t-elle en levant les yeux au ciel.

En plus, elle semblait persuadée de ce qu'elle disait. Pas si intelligente que ça, en fin de comptes…

-Pourtant vous avez déjà tué.

-En état de légitime défense seulement. Moi aussi, je suis irremplaçable.

Elle le regarda un instant avant de reprendre.

-Quand vous tuez quelqu'un qui vous a fait du mal, vous en retirez une satisfaction glaciale qui détruit quelque chose en vous que la douleur initiale aurait laissé intacte, murmura-t-elle.

Il n'avait pas besoin de lui demander si ceux qui lui avait fait laissé des cicatrices étaient encore en vie. Son regard parlait pour lui-même. Le brun-vert de ses yeux lui faisait penser à un tronc d'arbre couvert de mousse… Aussi doux qu'il soit au toucher, quand on a gratté la surface, il ne reste que du dur.

-Peut-être pas tout à fait, corrigea-t-elle après un instant de réflexion.

Peut-être pas tout à fait ? Elle se moquait de lui ? Empoisonner la nourriture de Reed, c'était de la légitime défense, peut-être ? Si elle continuait comme cela, il allait lui remettre les points sur les i et les barres sur les t. C'était fou que ce soit lui, le « méchant » de l'histoire qui ait un meilleur sens moral qu'une « gentille ».

-J'ai vu des sorciers faire des choses horribles. J'ai traversé des pièces dont la moquette était imbibée de tellement de sang qu'elle faisait un bruit de ventouse sous mes pieds et que ça puait le steak haché cru. Je ne pense pas qu'abattre un monstre responsable d'un de ces massacres soit un meurtre, corrigea-t-elle.

Traduction : elle n'aurait aucun remords à le tuer, et elle ne considérait pas que tuer un de ses fidèles était criminel. C'était bon à savoir. Le pire dans l'histoire ? C'est qu'elle lui avait lancé cette remarque comme si c'était normal. Lorsqu'il dut faire un mouvement pour éviter un sort, il conclut qu'il l'avait vraiment sous-estimé. Cette femme était une véritable vicieuse capable de rendre coup sur coup. Elle était magnifique. Dommage qu'elle ait choisi le mauvais camp.


(1) La Troène est une plante venimeuse provoquant des troubles digestifs. Ces baies sont joliment rondes et noires.