Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.
Titre : Noir ramage.
Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.
Note : Voici le nouveau chapitre. Bonne lecture.
Un cadeau de fiançailles devrait pouvoir être porté, aisément converti en argent en cas d'urgence, et, si on le garde sur soi, il ne devrait pas gêner la vie de tous les jours. Les boucles d'oreilles sont proscrites. De même que les longues chaînes. Les pierres précieuses en bague devraient être serties dans une monture polie sur le dessus et suffisamment creuse pour être portée sous des gants. Mieux vaut ne pas imaginer ce qui arriverait si votre bague, ou votre chaine, s'accrochait au mauvais endroit au mauvais moment.
- Liberty Lecay, guérisseuse traditionnelle, fabricante de bijoux et d'artefact.
Chapitre 33 : Jade Blanchard, ou le premier devoir d'une mère.
Jade avait toujours protégé ses enfants. Elle les avait tous aimé sans distinctions malgré ce que certaines mauvaises langues pouvaient dire dans son dos. Elle connaissait aussi leurs amis et avait toujours accepté ces derniers comme des membres de sa famille. Et on se devait être toujours là pour sa famille, quoiqu'il nous en coûte. Aimer et Protéger. Tel est le premier devoir d'une mère.
L'un des défauts de Jade était qu'elle refusait tout compromis. Elle n'en avait pas accepté lorsqu'elle était tombée amoureuse d'un des petits-fils du Marie Laveau. Son père l'avait mise au pied du mur. Son amour ou sa famille. Elle avait choisi son amour, et elle avait eu six magnifiques enfants. Et elle aimait sa famille à la folie.
Elle se rappelait encore cette nuit terrible du 1er novembre 1919. Cette nuit où un bruit l'avait réveillée. Elle avait pris sa baguette et était allé voir. L'Homme à la Hache (1), ce terrible assassin rodait et comme toute mère, elle était terrifiée à l'idée que ce tueur d'innocents touche à l'un de ses enfants. Et elle avait bien fait. Ce grand homme qu'elle n'avait jamais vu s'était faufilé sous son toit. La hache qu'il tenait disait clairement son identité et sa main sur la poignée de la chambre de Jonathan, le plus jeune de ses enfants, la monstruosité qu'il s'apprêtait à faire. Jade n'avait pas réfléchi et avait protégé son bébé. Le plus dur avait été de se débarrasser du cadavre sans impliquer personne. Bien entendu, elle aurait pu prévenir les aurors, mais, son époux était un Prêtre Vaudou, son ainée une Nécromancienne et son dernier-né un médium… Elle ne pouvait pas prendre le risque que les préjugés détruisent sa famille. Elle avait donc réparé les dégâts qu'il avait causé à la porte de derrière d'un coup de baguette et métamorphosé le corps en un os unique et elle s'en était débarrassé dans le bayou, quelque part sur le chemin menant à la demeure de Liberté Lecay, la mère de la meilleure amie de sa fille, cette chère Mercy. Avec un peu de chances, un alligator finirait le boulot... Si un membre de sa famille ayant un pouvoir lié à la mort se doutait de ce qu'elle avait fait, il n'en avait jamais parlé.
C'était pour Mercy, leur Mercy, la meilleur amie de son ainée, sa Ann, qu'elle avait accueilli un inconnu chez elle, le temps qu'il soit guéri d'une blessure tellement sérieuse qu'il lui fallait des soins ne se trouvant que dans le Bayou bordant la Nouvelle-Orléans. Elle s'était dévouée corps et âme à cette tache. Même si elle n'était du même sang, les amies de ses enfants étaient comme les siens, elle leur devait assistance en toutes choses et tout le temps. Malgré ses préventions, Hector Bluesky s'était avéré un hôte poli et serviable trop pragmatique pour ne pas être ouvert d'esprit. Il avait semblé ne pas se rendre compte des « bizarreries » de ses hôtes. Un auror qui ne voit rien, ne peut sévir... Lorsqu'il ne subissait pas une séance de soins, il apprenait tout ce qu'il pouvait sur le Vaudou. Posant des questions aussi bien sur l'aspect religieux que magique de cette culture… Et il était reparti en les remerciant tous chaleureusement, leur promettant son assistance absolue si besoin. Même pour faire disparaître un cadavre avait précisé en riant…Depuis, Jade se posait deux ou trois questions...
Cet homme était encore blessé et elle connaissait bien le regard de son époux. Lorsqu'il avait examiné le bras de l'auror avec Liberté Lecay, dite Lily pour les intimes, la mère de Mercy, il avait eu un regard qui voulait dire « comment peut-il être encore vivant ? ». Elle avait juste murmuré un : « Y croire est plus puissant que vouloir ». Qu'est-ce que cela voulait bien dire était la question. Lily était une guérisseuse traditionnelle. Soigner était sa mission, elle ne se faisait pas payer pour ses services et ne comptait pas ses heures. Aucun guérisseur traditionnel se faisait payer ses services. Et Liberté aurait préféré mourir qu'aller à l'encontre de ce principe. Même si elle avait connu la faim et la misère à cause de cela. Beaucoup de gens n'avaient pas d'argent à mettre dans des soins, alors, elle ne manquait pas de choses à faire. Là, elle triait des pierres selon leurs capacités magiques, mais, elle avait du renfort.
Amethyst Graves était une jeune femme charmante, mais timide, ayant grandi dans l'ombre de toute sa famille ne pas se faire remarquer était devenue une seconde nature. Une enfant née hors mariage, comme Mercy aux yeux de la société sorcière. Cette adolescente avait été placée sous la protection de l'aile de Mercy avant d'être maintenant sous celle de Liberté. Jade se disait que c'était parce qu'Amethyst ressemblait à Mercy avant la guerre, leur innocence entachée par l'expérience de leur vie en marge …
-Contrairement à ce qu'on a pu t'apprendre à l'école, dans la magie traditionnelle, ce n'est pas les choses qui ont de l'importance, ce qui est primordial, c'est ce qu'elles symbolisent. Savoir et vouloir ne suffit pas, il faut croire. Si tu y crois, tu peux créer une barrière infranchissable avec un simple caillou, lui expliqua Liberté.
-Pourrais-je ? S'enquit Amethyst pleine d'espoir.
-C'est un art que l'on apprend très tôt. Ma grand-mère a commencé pour moi lorsque je savais à peine marcher. Mon ancienne apprentie, Catherine, a commencé avant ses douze ans… En fait, l'âge où l'on commence ne compte pas. C'est un art et comme tous les arts, il demande qu'on s'y consacre. Pas qu'un peu, mais entièrement, totalement. Corps et âme.
Liberté ne parlait pas juste d'études. Elle parlait d'un mode de vie. La guérisseuse avait foi en sa tâche, c'était la mission qu'elle avait choisi, mais tout le monde n'avait pas la force de continuer à lutter contre tout et malgré tout.
-Vous pouvez apprendre, vous pouvez étudier… Seul l'avenir dira si vous réussirez ou échouerez.
Liberté n'avait jamais été le genre de personne à mentir pour alléger la vérité. Elle était brute mais juste. Ni bonne ni mauvaise, juste tragiquement vraie. Mercy ne s'était pas faite toute seule, derrière elle, il y avait une femme résistante, mais aimante, qui l'avait élevée. Cette dernière continuait à trier les pierres. Jade ne pourrait jamais différencier certaines d'entre elles, mais, la guérisseuse y arrivait sans peine, regardant à peine celles qu'elle prenait avant de les mettre dans la bonne boite.
-Qu'avez-vous prévu de faire aujourd'hui ?
-Terminer mon tri, puis faire des potions pour certains aurors, répondit Liberté.
-Je pourrais vous aider. J'ai des notes correctes dans cette matière.
Liberté jeta une pierre violette dans une boite, puis une rose dans une autre et enfin elle répondit.
-Une ceinture de potions, c'est la batterie de secours d'un auror : quand il est totalement épuisé, ces sortilèges que l'on a, au prix d'un grand nombre d'efforts, enfermés dans des fioles deviennent une denrée irremplaçable, une source de survie. Les jeunes débutants n'en portent que parce qu'ils y sont obligés, négligeant leur puissance. Les potions que je prépare ne se trouvent pas dans tes manuels et demande une rigueur sans faille pour préparer les ingrédients.
Jade pensa au Remède des Neuf Herbes. Ce n'était pas la potion qui était difficile, c'était la préparation des ingrédients. Une minuscule erreur de dosage, ou une herbe mal coupée… Et de la potion-miracle quasiment digne des larmes d'un Phénix, il passait à un poison quasiment aussi violent que du venin de Basilic. Et même avec des potions moins délicates, s'il y avait bien une chose sur laquelle Liberté était à cheval, c'était la préparation des ingrédients.
Avec un petit sourire, Jade déposa une assiette de beignets devant ses invitées. À la Nouvelle-Orléans, la vie s'écoulait lentement, calmement… Tel le Mississippi qui traversait la ville. Depuis qu'elle était ici, Jade avait l'impression qu'elle vivait dans une petite bulle hors du temps, seulement perturbé par des drames comme la Grande Guerre et l'Homme à la hache, mais ce dernier ne viendrait plus briser la tranquillité de cette ville. S'il avait voulu continuer ses meurtres, il aurait dû se contenter de continuer à massacrer des épiciers non-maj's et des victimes d'opportunité au lieu de rentrer dans la maison d'un Prêtre Vaudou sorcier. La police et les aurors auraient fini par l'avoir au bout de sa route, et ainsi Jade n'aurait pas dû se salir les mains.
Depuis quelques temps, Liberté semblait préoccupée. Pour elle, il y avait toujours de quoi. Jade était d'une nature plus optimiste, mais, elle n'avait pas passé toute sa vie à lutter pour survivre. On frappa à la porte. Jade reconnut la Grande Prêtresse du Coven de la Nouvelle-Orléans la mine grave. Elle adressa une prière aux dieux qu'elle n'avait jamais prié pour que les mauvaises nouvelles ne concernent pas son ainée.
(1)L'Homme à la hache a réellement existé. Il a terrorisé la Nouvelle-Orléans pendant plus de deux ans, semant la peur et la désolation dans son sillage. Le tueur en série était souvent décrit comme une grande silhouette sombre brandissant une hache. Il semblait insaisissable et la façon dont il pénétrait dans les maisons était tellement étrange que certains pensaient qu'il était un esprit de l'au-delà, peut-être même un démon. Son premier meurtre a eu lieu le 23 mai 1918 et son dernier le 27 octobre 1919. Il a inspiré un personnage de la troisième saison d'American Horror Story : l'esprit d'un saxophoniste de jazz d'une cinquantaine d'années qui assassine des femmes et éventuellement des maris gênants.
