Hello, j'espère que ça va toujours ! Aujourd'hui un nouveau chapitre post-Poudlard mais il n'y a pas vraiment de chronologie. Dans celui-là j'ai un peu joué avec les nerfs d'un de nos deux protagonistes. Comme d'habitude si vous avez aimé n'hésitez pas à le dire dans les reviews.
Rainbow Girl : Imaginer cette scène me faisait déjà rire, mais la comparaison avec « Rambo » est encore plus drôle !
Jour 5 : Kissing (S'embrasser)
Un baiser. Quand Harry partait avant que Ginny se lève, il lui donnait un baiser en guise d'en revoir. Une simple pression de ses lèvres contre la tempe droite de la jeune femme, accompagnée d'un « à ce soir » murmuré à son oreille, comme une promesse de retrouvailles. Jusqu'à ce jour Harry avait toujours tenu cette promesse tacite.
Ginny était au beau milieu d'un entraînement quand la directrice des Harpies lui demanda de la rejoindre en agitant les bras en sa direction. Intriguée, la jeune femme quitta ses collègues et se posa à côté de la femme d'âge moyen qui l'avait interpellé.
« Il y a un problème Alana ? Lui demanda-t-elle en descendant de son balai.
-Allons dans mon bureau, lui répondit la directrice avec un sourire compatissant.
Le trajet jusqu'au dit-bureau parut interminable à Ginny. Dès qu'elle avait été appelée elle avait commencé à s'inquiéter, ce genre d'interventions étant très rare, mais quand Alana avait proposé d'aller dans son bureau, la joueuse avait commencé à imaginer les pires scénarios possibles. Chaque seconde, chaque pas, augmentait son angoisse et elle commença à se mordiller la lèvre tout en passant en revue les membres de sa famille ainsi que ce qui aurait pu leur arriver. Un part d'elle, la plus raisonnable, tentait de se rassurer en se disant qu'elle extrapolait sûrement, qu'il ne s'agissait peut-être que d'un problème administratif et qu'il ne servait à rien de s'inquiéter temps qu'elle n'en savait pas plus. La jeune femme avait presque réussi à s'en convaincre quand Alana la fit entrer dans son bureau.
-Assieds-toi, lui dit-elle simplement en prenant place derrière la table.
Ginny obéit, fébrile, d'un côté elle redoutait ce que la galloise avait à lui dire et de l'autre elle ne supportait l'incertitude qui la dévorait.
-Ta mère vient d'appeler, commença Alana d'une voix douce, Harry vient d'être transporté à Ste Mangouste. Sa mission a mal tourné et les Aurors se sont retrouvés encerclés et en sous-nombre. Je suis désolée.
La jeune femme ne répondit pas tout de suite. Quand elle avait entendu le prénom de Harry elle s'était immédiatement raidit sur sa chaise. Elle savait que son métier était dangereux et que ce genre d'accident pouvait arriver. Il s'était d'ailleurs déjà blessé mais jamais rien de bien grave. Avec le temps, le voyant toujours rentrer le soir, les inquiétudes de Ginny s'étaient calmées mais à cet instant c'est comme si elles n'avaient jamais disparu. Son cœur battait si fort qu'elle avait l'impression qu'il allait sortir de sa poitrine, et alors que des images atroces défilaient dans sa tête, elle ne parvenait pas à ouvrir la bouche pour parler. Alana, soucieuse, ne dit rien et attendit que sa joueuse soit prête à s'exprimer, tout en la couvant d'un regard désolé.
-Je… il faut que j'y ailles ! S'exclama Ginny en reprenant ses esprits et en sautant sur ses pieds.
-Bien sûr, ta mère t'attend là-bas et d'après ce que j'ai compris elle n'a pas l'intention de s'en aller, tu peux utiliser ma cheminée elle est reliée au réseau, l'informa la directrice en se levant à son tour. Surtout ne t'inquiète pas pour l'entraînement et tiens nous au courant quand tu auras des nouvelles. Je suis sûre que ça ira », ajouta-t-elle en serrant l'épaule de Ginny affectueusement.
La jeune femme la remercia du bout des lèvres et se rua vers la cheminée. Elle jeta une grosse poignée de poudre de Cheminette dans le feu et se hâta de s'installer dans les flammes tout en annonçant sa destination. À peine arrivée à destination, Ginny sauta hors de l'âtre, et bien qu'encore un peu désorientée par le voyage elle se mit à chercher l'accueil. Elle avait besoin de voir Harry. Il fallait qu'elle le voie, qu'elle soit sûre qu'il aille bien. Elle ne pouvait pas le perdre, pas encore, pas après tout ce qu'ils avaient vécu. Elle se souvenait du déchirement qu'elle avait ressenti la première fois quand Hagrid était arrivé avec le corps de Harry au pied du château. Elle ne pouvait pas revivre cette douleur, cette sensation de vide qui l'avait saisie, elle avait déjà perdu trop de gens.
Enveloppée dans une sorte brouillard, Ginny trouva enfin l'accueil et réussit, sans savoir comment, à demander le numéro de chambre d'Harry à la sorcière du comptoir. Elle se dirigea vers la direction indiquée, toujours comme dans un rêve, obtenant la confirmation qu'elle était au bon endroit en voyant sa mère devant la porte.
Molly qui jusque là faisait les cent pas s'arrêta net en apercevant sa fille et se rua vers elle pour la prendre dans ses bras. L'étreinte familière, permit à Ginny de reprendre ses esprits et la tranquillisa juste assez pour qu'elle puisse de nouveau formuler des pensées et des phrases cohérentes.
« Tu as des nouvelles ? demanda-t-elle à sa mère en se détachant de son épaule.
-Pas encore, répondit Molly en passant sa main sur le visage de sa fille, il était inconscient quand ils l'ont amené, le guérisseur est encore avec lui.
Devant ces nouvelles peu rassurantes, Ginny sentit la panique s'insinuer en elle avec plus de force encore qu'auparavant. Molly, voyant sa détresse, l'obligea à s'asseoir, et tenta de la rassurer tout en serrant ses mains dans les siennes.
-Il a survécut à pire que ça chérie, ça va aller, il est fort, il va se battre, lui affirma-t-elle. Tu es toute pâle, tu devrais peut-être aller manger quelque chose, Ron est au salon de thé.
Ginny refusa cette proposition en bloc, elle ne voulait pas prendre le risque de louper les guérisseurs et d'avoir des nouvelles d'Harry. Malgré l'insistance de sa mère elle refusa de bouger, et cette dernière vaincue s'assit à côté de sa fille. Au bout de ce qui lui sembla être une éternité, la porte s'ouvrit sur un homme portant une robe verte avec l'insigne de l'hôpital. Les deux Weasley se mirent debout alors qu'il s'approchait d'elle.
-Vous êtes bien ici pour Mr. Potter, leur demanda-t-il en arrivant à leur hauteur.
-Oui, acquiesça Molly alors que Ginny avait la gorge trop serrée pour répondre.
-Il est stable. Son crâne a subi un choc plutôt violent et son bras gauche a reçu plusieurs maléfices mais il se remettra vite à condition de bien garder son bandage et de le changer tous les deux jours. Il pourra sortir dès demain, leur annonça-t-il d'un ton satisfait. Vous avez des questions ?
- On peut le voir ? Demanda immédiatement la jeune sorcière.
Quand le guérisseur s'était mis à parler une larme de soulagement avait coulé le long de sa joue emportant avec elle l'angoisse de la dernière heure. Moins inquiète, Ginny respirait plus librement et avait retrouvé le contrôle de sa voix.
-Oui allez-y, il était en train de se réveiller. Si vous me cherchez, je serai dans mon bureau en train de remplir son dossier, déclara le guérisseur.
-Merci beaucoup, lui dit Molly alors qu'il s'éloignait. Ginny va le voir, moi je vais aller prévenir le reste de la famille et ton gourmand de frère qui est là-haut depuis presque une demi-heure ! Ajouta-t-elle en souriant.
La jeune femme offrit à sourire reconnaissant à sa mère et sans attendre entra dans la chambre d'Harry. Allongé sur on lit, il portait la tenue qu'elle avait un jour vu sur son père. Son teint pâle qui contrastait avec la noirceur de ses cheveux et son bras droit complétement bandé, lui donnait un air fantomatique qui fit frissonner Ginny. Alors qu'elle s'asseyait sur la chaise posée à côté du lit, il ouvrit les yeux, un air déboussolé sur le visage. Il fallut quelques instants à Harry pour comprendre où il était et ce qui c'était passé avant que son regard ne tombe sur sa petite-amie.
-Coucou, lui dit-elle faiblement.
Ginny ne lui répondit pas, elle se pencha vers lui, un tendre sourire sur le visage et posa sa main sur son visage.
-Bonjour, comment tu te sens ?
-Groggy, j'ai l'impression qu'un troupeau de centaure m'est passé sur le corps, avoua-t-il en se redressant légèrement.
-Tu te souviens de ce qui s'est passé ? Demanda-t-elle en l'aidant à se replacer.
-Vaguement, on est entré et les sorts ont jaillis de tous les côtés, après c'est le noir complet.
Il fit une petite pause et observa la jeune femme. Elle était toujours en tenue de Quidditch et la crispation et la fatigue se lisaient sur ses traits et d'un coup il pensa à la peur qu'elle avait dû ressentir à cause de lui.
-J'espère que je ne t'ai pas trop inquiété, s'excusa-t-il avec un air coupable.
-On m'a annoncé que tu avais été transporté à Ste Mangouste, bien sûr que je me suis inquiétée, rétorqua la jeune femme en levant les yeux au ciel. D'ailleurs attends toi à voir débarquer tous les Weasley !
Cette dernière remarque amusa beaucoup Harry qui laissa échapper un soupir résigné avant de se pencher vers Ginny.
-Je t'avais dit que je te verrai ce soir », lui murmura-t-il avant de l'embrasser.
Ce baiser doux mais empressé, acheva de rassurer la jeune femme. La matinée lui paraissait tellement lointaine qu'elle avait presque oublié cet échange rituel, mais ce nouveau baiser, preuve qu'Harry était vivant et en bonne santé, venait clore la promesse accompagnant leur étreinte matinale.
