Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.

Titre : Noir ramage.

Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.


« Le courage n'est pas le chêne imposant qui voit les tempêtes aller et venir c'est la fleur fragile qui éclôt dans la neige. »

- Alice Mackenzie Swain.


Chapitre 38 : Seraphina Picquery, ou saleté d'Animagi.

Encore une dure journée au MACUSA. Six rendez-vous particuliers, deux réunions importantes, surtout d'après ceux qui les avaient organisées, une bonne séance de signatures avec Marjorie, beaucoup de gentillesse dispensée pendant le repas de midi… Et elle n'avait pas oublié de convenablement s'extasier devant les photos du bébé d'Arsentia Pillow… Une journée somme toute classique. Rentrée à la maison, convenablement protégée par ses gardes du corps postés au dehors, avec ordre cette fois-ci de surveiller AUSSI le vol des oiseaux… Les enfants couchés, Stephen à la cuisine, être le mari d'une personne d'importance donnait des responsabilités… Elle était dans la pénombre, son verre à la main, regardait les vagues tranquillement, chaussures enlevées et pieds sur-élevés, Dieu que les chaussures neuves sont...elle préférait même ne pas les qualifier tellement elle avait mal aux pieds.

Tout à coup, elle perçut une présence derrière elle. Sa baguette… « Accio baguette », rien… Elle se retourna, un homme près de la porte, tenait sa baguette bien fermement en main.

-Pas la peine de vous énerver, Madame la Présidente, c'est moi, Maxime Reed.

-Mais vous n'êtes pas mort ?

-J'ai le plaisir de vous confirmer que la nouvelle de mon décès était largement exagérée… Non, je suis bel et bien vivant pour vous servir.

-Que faites-vous chez-moi ? Et comment êtes-vous entré. Mes gardes du corps ?

-Ils vont bien, ne vous en faites pas, mais ils sont tellement occupés à regarder les cieux, qu'une souris brune passe entre leurs jambes sans coup férir.

Et il hurlait de rire en disant cela… Les bras lui en tombaient. Ces aurors faisaient ce qu'ils voulaient, comme ils le voulaient et quand ils le voulaient. Irrécupérables… Stephen arrivait, deux verres et une bouteille de vin en main. Douze ans de vie commune et plus rien ne le surprenait…

-Un verre, ma chérie ? Comme ça toi et ton ami pourrez parler tranquillement pendant que je finis de préparer le dîner.

Une perle, rien à ajouter, une perle… Il s'éclipsa sur cette pirouette, il semblait sourire intérieurement en imaginant la discussion qu'elle aurait avec ses gardes du corps après.

-Alors, Reed ? Que faites-vous avec Lecay ? Pourquoi ne me donnez-vous plus de nouvelles depuis un temps fou ? Que faites-vous, Nom d'un Troll Baveux !

-A vrai dire, nous avons eu quelques soucis… Tout d'abord, Bluesky a été presque tué par un sort de Mort Lente Sans Sursis, de magie noire, mis au secret sur ordres de Graves, il a été kidnappé par Mercy Lecay qui l'a emmené se faire soigner dans le Bayou par sa mère et ses vieilles copines. Moi, j'étais infiltré dans l'organisation de Grindelwald, siège de New York, j'ai failli mourir ou plutôt j'ai été « retiré du circuit » par une Potion de Dernier Jugement que m'a administré Mercy Lecay, pour me sauver paraît-il. Bref, j'ai failli mourir de ce coup là. Mon double lui a pris ma place à la morgue de Sleepy Hollow. Bref, pour Grindelwald et ses salauds, je suis mort. Mercy a disparu. Elle voulait prendre contact avec Grindelwald et bien, elle l'a fait et maintenant, plus personne ne sait où elle est. Une réussite… J'allais oublier de vous dire, ça y est, on a de l'aide et je vous le donne en mille, le cavalier sans tête en personne…

Seraphina n'en croyait pas ses oreilles, à vrai dire, elle avait perdu le fil de la conversation depuis un petit moment. Elle avala un verre de vin, Zut, déjà vide… et essaya de recoller aux propos de Reed.

-Il faut en référer immédiatement à Percival Graves. Je vais lui envoyer un hibou et le convoquer de ce pas.
-Ne faites pas ça malheureuse, on ne sait toujours qui donne ses informations à Grindelwald, et encore moins jusqu'où il s'est infiltré. Nous devons garder le secret le plus absolu.

-Pourquoi êtes-vous venu me voir, alors ?

-Vous souvenez-vous avoir reçu une certaine Mademoiselle Mabel Marie March, Il y a un petit moment ?

-Mademoiselle Mabel Marie March ? Ah, oui… cette vieille fille un peu folle qui pensait avoir vu des fantômes dans son village… Pourquoi me parlez-vous d'elle ?

-Sortant du MACUSA, elle a été assassinée dès son retour chez-elle. Sans doute pour ce qu'elle savait et ce qu'elle vous avait dit.

-Elle ne m'a pas dit beaucoup de choses. Depuis quelques mois, le Manoir Grayson qui semblait abandonné depuis le suicide de la Vieille Doroteha Grayson a repris vie. Certains soirs, des gens habillés de noir s'y rencontrent. Elle affirmait même avoir vu un sorcier avec un gros python autour du cou.

Oh. Si seulement elle l'avait pris plus au sérieux… Elle en avait maintenant un peu honte. Décidément, elle ne serait jamais un bon auror, elle ne saurait jamais reconnaître un indice même s'il lui mordait la fesse.

-Il faut voir si elle n'avait pas de famille à qui se confier, marmonna Reed à lui-même.

Seraphina ne savait pas si elle devait intervenir pour dire qu'elle pourrait se renseigner où pas. Mais, elle pouvait faire quelque chose d'autres.

-Avez-vous besoin d'aide ?

-Oui, mais pas venant du MACUSA. Sans vouloir vous offusquer, certains types ayant des liens avec Grindelwald disparaissent puis il y a un accident impliquant un membre du Congrès, la Magie seule sait exactement ce qui se passe entre eux.

Il osait dire que… Seraphina savait qu'elle ne devait pas être outrée, que ce n'était qu'une analyse froide de la situation, mais Lecay avait eu la même et, dans le fond, Bluesky aussi. La Présidente était fatiguée que l'on remette en cause l'honnête et la loyauté de ses collaborateurs. Surtout pour un gain qui lui semblait bien mince. Elle n'était pas une spécialiste, mais il lui semblait que plus le temps passait, plus il y avait de chances que quelqu'un craque et dise ce qu'il ne fallait pas à l'un des fanatiques de Grindelwald.

-Il va nous falloir un peu de temps, résuma Reed. Au vu de la situation, aucun de nous ne peut faire de miracle.

-Nous n'en avons pas, signala-t-elle.

-Nos disparus non plus. Plus on va impliquer de personnes, plus cela ira vite, mais plus vite ces salopards sauront ce que l'on fait. Et ils peuvent décider que ceux qu'ils maintiennent en vie pour ne pas attirer l'attention ne leur servent plus à rien. Tant qu'il y a une fuite au Congrès, il nous faut agir avec prudence, madame, expliqua Reed. Agir doucement pendant que des gens meurent ne fait plaisir à personne. Mais c'est hélas la meilleure des solutions. Nous devons nettoyer la place avant de pouvoir faire dans le rapide.

Reed sera les poings et Seraphina pouvait deviner pourquoi : cela faisait maintenant plusieurs semaines que Mercy Lecay avait disparu de la surface de la terre. On pourrait croire qu'elle n'avait jamais existé s'il n'y avait pas eu toutes ces preuves contraires. Et ce n'était pas la seule manquante à l'appel. Elle repensa au dossier que Lecay lui avait fait passé. La liste de noms de personnes travaillant pour Grindelwald sur le sol américain était affolant. Apprendre que la situation était bien plus grave que ça… C'était effrayant. Et elle n'avait absolument rien vu.

On frappa à la porte de derrière. Reed arriva à se lever. Une chouette rentra dans la pièce avant de reprendre forme humaine. Fichu animagi. Et elle avait dit à ses grades du corps de surveiller les oiseaux ! Leur seule défense était qu'il n'était pas inhabituel de voir une chouette au milieu de la nuit, et que dire des hiboux apportant à toutes heures les missives urgentes… près d'une maison de sorciers.

-Madame la Présidente, je vous présente mademoiselle Ann Blanchard, déclara Reed. C'est elle qui prend la place de Mercy Lecay.

Cette mission en était à son troisième chef. En prenant cela en compte, ce n'était pas très surprenant que les membres de cette unité ne soit pas très chauds pour mettre plus de personnes dans la confidence.

-Madame, salua froidement la nouvelle venue.

Blanchard la regarda un instant.

-Oh… Le Coven de Paris nous envoie un Chien Noir répondant au nom de Regina.

Un Chien Noir ? Ils n'avaient pas la réputation d'être des tendres. Sans oublier qu'étant donné leur rôle de protecteur de des Coven, la Grande Guerre avait été une hécatombe dans leur rang. Et même avant qu'ils deviennent rare, on ne les envoie pas hors de leur terrain pour rien. Blanchard aurait pu faire comme Reed et faire un tout de chauffe avant d'annoncer les catastrophes…

-Pourquoi cela ?

-Mercy Lecay est l'un de Chiens Noirs du Coven de la Nouvelle-Orléans. Comme vous le savez souvent, à l'heure actuelle, il n'y a pas assez de Chiens Noirs pour garantir la pérennité des Covens. Surtout dans les pays où les chasses aux sorcières sont encore d'actualité.

Oui, l'un de leurs rôles était de s'assurer que les non-maj's ne regardent jamais dans la direction des Covens. Ce qui expliquait pourquoi Lecay était douée pour détourner l'attention de ce qu'elle faisait.

-C'est une bonne nouvelle.

-Tout dépend ce qui sera pour le mieux pour le Coven, fit sinistrement Blanchard.

C'était ce que Blanchard ne disait pas qui frappait l'esprit. Une omission qui n'échappa à Seraphina. Si pour préserver les Covens le mieux était la mort des aurors disparus meurent, le Chien Noir les tuera. Et cela, elle ne pouvait pas le permettre. Même si elle ne sera jamais auror, il s'agissait de ses hommes.

-Vous avez carte blanche, mademoiselle Blanchard, déclara la Présidente. Faites ce que vous voulez… Nous sommes en octobre, je vous donne deux mois pour mettre à terme à cette histoire. Passez ce délais, j'avertirais la Confédération Internationale des Sorciers. Deux mois et carte blanche. Je me moque de savoir ce que vous allez faire pour y parvenir. Relevez tous les morts d'ici jusqu'en Californie s'il le faut.

Certaines personnes se conduisent bien parce qu'elles ont peur de ce qui leur arrivera si elle agissait mal, mais, ce n'était pas le cas de cette femme. Ann Blanchard se conduisait bien parce que c'était une femme de bien. Aussi peu souriante qu'elle était, elle aimait sincèrement ses proches, cela se voyait à la façon dont elle se rongeait les sangs pour Mercy Lecay. Mais, à cet instant, elle lui faisait peur. Blanchard lui adressa un sourire qui lui fit froid dans le dos. Quand vous avez un pouvoir et que vous limitez la manière dont vous l'utilisez parce que vous êtes un gentil, vous vous demandez forcément ce que vous pourrez faire avec si vous étiez un méchant. Et elle donnait une chance à cette Nécromancienne de le découvrir.

Aujourd'hui, elle avait la permission d'être aussi méchante qu'elle le voulait, aussi méchante qu'elle aurait le courage de l'être. Et quelque chose murmurait à la Présidente du Congrès Magique des États-Unis d'Amérique que même la plus horrible légende sur les Nécromanciens et leurs pouvoirs était en dessous de la réalité.