Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.

Titre : Noir ramage.

Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.


« Si ton frère est dans l'adversité, assiste-le si ta sœur a des soucis, ne l'abandonne pas. »

-Les Maximes de la sagesse hindoue – IIe siècle.


Chapitre 39 : Sophie Winters, ou une émulsion.

Mabel Marie était morte, elle le sentait au plus profond de son être, elle le savait. Depuis trois semaines, elle n'avait plus de nouvelles… Ce n'était pas normal. Jamais Mabel Marie ne serait restée si longtemps sans la contacter.

Elles se connaissaient depuis toujours. Toujours moins treize minutes pour être précise… Les treize minutes qu'il avait fallut à Mabel Marie pour la suivre en ce monde. Sophie, à ce moment là : Marjolaine Michaella March, était sa sœur aînée. Leurs parents étaient aux anges : deux magnifiques petites filles pour le prix d'une… Mais très vite, ils s'étaient aperçus que Marjolaine Michaella n'était pas normale : elle ne possédait pas et ne posséderait sans doute jamais le moindre don pour la Magie… La mort dans l'âme, ils s'étaient décidés à la confier à deux très bons amis sans-pouvoirs : Monsieur et Madame Winters pour qu'elle puisse être élevée normalement, dans une famille aimante et garder avec elle des liens intenses. C'est ainsi qu'ils étaient devenus Oncle Paolus et Tante Carolina-Julie, elle : Sophie et Monsieur et Madame Winters : papa et maman. Mais Mabel Marie était restée Mabel Marie, sa petite sœur, sa meilleure amie. Leurs parents avaient contourné la loi, un portoloin dans chaque salon et dès leur plus jeune âge, les petites filles passaient leurs journées à jouer ensemble… Elles formaient une émulsion : mélange intime de deux substances normalement non-mélangeables.

Elles avaient été véritablement séparées lors de leur entrée à l'école : Ilvermorny pour Mabel Marie et la petite école communale pour elle. Sa sœur avait alors commencé sa vie de tristesse et d'amertume. Moquée, ostracisée, elle était devenue malheureuse et aigrie. Elles se retrouvaient aux vacances et se racontaient tout… A quinze ans, Mabel Marie était tombée sous le charme du plus beau garçon de l'école : Altair Palmer qui, bien sûr, ne l'avait jamais regardée alors qu'il papillonnait auprès de toutes les filles de son entourage. Toute sa vie, elle avait rêvé de lui et de lui seul… Sophie s'était mariée avec un non-maj charmant, avait eu trois magnifiques enfants non-maj's. Maintenant, son mari était mort et ses enfants partis depuis longtemps de la maison, elle avait huit petits-enfants et même une arrière-petite fille de deux ans, tous non-maj's et tous merveilleux. Oui, elle avait parfaitement réussi sa vie… Mais Mabel Marie était restée fidèle à son Don Juan de pacotille. Elle était comme passée à côté de tout. Avec l'âge, sa seule occupation était devenue d'espionner, de se repaître de la vie des autres. Tous les soirs, elles se retrouvaient toutes les deux chez Sophie et comme du temps de leur enfance, parlaient, parlaient de tout et de rien.

Il y a un mois, Mabel Marie lui avait parlé de quelque chose qui la préoccupait : le vieux Manoir des Grayson semblait reprendre vie… Hors personne dans la ville n'était au courant de rien… Officiellement, la propriété était abandonnée depuis le suicide de madame Grayson après la ruine de la famille. Mais sa sœur était formelle, des gens bizarres rodaient dans le parc… Un jour, tenaillée par la curiosité, elle avait pris un panier et était partie à la cueillette des champignons et plantes médicinales. Elle était entrée par le trou du mur d'enceinte comme quand elles étaient petites filles et allaient chiper des fraises dans le potager, s'était approchée de la maison et là… À ce moment de son récit, Mabel Marie avait peur… Elle avalait sa salive, baissait la voix et murmurait :

-Tu ne peux pas imaginer, il y avait une voix qui ne venait de nulle part, qui naissait directement dans ma tête. Un homme m'a donné des ordres, m'a demandé de voir un certain Jones et de le tuer d'une balle dans la tête… J'ai bien regardé autour de moi, rien, personne… Juste une vieille boite de conserve par terre et un corbeau dans l'arbre… Ne crois-tu pas qu'il se pourrait que ce soit un système pour porter la voix ? Je suis rentrée le plus vite possible à la maison, tu l'imagines bien et depuis, je ne fais qu'y penser. Crois-tu que je devrais prévenir le MACUSA ? Oui, sans doute, il s'agit quand même de quelqu'un qui entre dans ta tête et te demande de faire des choses…

- A mon avis, tu devrais ne rien dire et surtout ne pas te faire remarquer…

-Tu ne te rends pas compte, c'est grave, il faut faire quelque chose. Je te dis que des gens bizarres rodent dans les jardins du manoir….

-Je continue de penser qu'il ne faut pas…

Rien à faire, elle irait. Elle allait toujours et faisait toujours ce qu'elle avait décidé, quoiqu'il en coûte...Et souvent, il lui en coûtait cher.

Sophie Winters était sûre que sa jumelle était morte. Mais comment le prouver… Aller voir la police non-maj qui ne voudrait pas enquêter sur quelqu'un qui n'existait pas pour elle. Aller voir les aurors ? Dans ce cas c'était elle le problème… Marjolaine Michaella March, ne faisait plus partie de leur monde et Sophie Winters en tant que non-maj n'était pas de leur ressort. Et puis qui aller voir ? Mabel Marie avait vu quelqu'un au Ministère, Sophie en était sûre, et depuis, elle avait disparu… Le mieux était vraiment de se taire et d'attendre. Un jour, peut-être, elle dirait ce qu'elle savait en attendant, elle allait se taire. Mais, elle ne l'abandonnerait pas non plus… Tout à l'heure, elle irait chez sa jumelle voir si elle pouvait trouver quelque chose, Mabel Marie avait l'habitude de tout noter sur de petits carnets noirs qu'elle ferait parvenir, anonymement bien sûr, au Responsable des Aurors du MACUSA, un certain Monsieur Percival Graves pour lui faire part des soupçons de Mabel Marie et de ce qu'elle avait découvert. Elle lui devait bien ça, elles étaient les deux parties de la même potion, indivisibles et ce depuis leur premier jour…

La nuit tombée, Sophie habillée de noir, sortit dans son jardin entouré de hauts murs. Elle ramassa le vieux petit lutin ébréché sensé pêcher à la ligne au bord du petit bassin à poissons rouges vide, à peine visible au milieu des plantes. Et se retrouva au milieu des plantes folles d'un autre jardin… Celui de Mabel Marie March à Sleepy Hollow. Quelques kilomètres de distance géographique, un monde en fait. Rien, ni personne. Elle prit sa clé et entra dans la cuisine. Sur le seuil elle perçut une présence, se retourna, un corbeau noir sur une branche du cornouiller mort semblait la regarder… Etait-ce possible ? Oui, bien sûr, dans le monde magique, tout était possible. Ce n'était pas parce qu'elle était une cracmol, qu'elle ne connaissait rien…

Fermant la porte soigneusement, elle prit une bougie, l'alluma et passa dans le salon. La cheminée, coin haut gauche, rosace dans la pierre. Elle appuyât, la pierre pouvait bouger. Une porte s'ouvrit dans le mur adjacent : le refuge de sa sœur. Elle alluma la lampe à pétrole. Le bureau, soigneusement rangés sur des étagères des centaines de petits carnets noirs… une vie de journal intime, d'observations de son entourage. Elle savait ce qu'elle cherchait. Voilà… les trois derniers qu'elle enfouit au fond de la besace dont elle s'était munie. Eteignant la lumière, elle sortit en fermant soigneusement la porte. Qui ne connaîtrait pas, ne trouverait pas.

Un bruit derrière elle la fit se retourner… Un homme grand, de belle allure, élégant, blond se tenait près de la porte… Elle baissât les yeux vers son annulaire gauche, une chevalière en or portant les armes des Palmers… Altair, le fameux Altair dont lui avait tant parlé Mabel Marie. En le regardant, elle pouvait comprendre les sentiments de sa sœur, si on faisait abstraction de son air pédant et supérieur, un rien horripilant devait-elle dire, il était en effet très séduisant.

-Que venez-vous faire chez ma bonne amie, Mabel Marie ? Que lui avez-vous volé ? Approchez-vous de la lumière, que je puisse vous voir.

Sophie s'exécuta. Elle savait que sa sœur n'avait jamais raconté à personne leurs histoires de famille, du moins elle espérait qu'elle en avait été capable avec lui.

- Mabel Marie ? Que fais-tu là ? Tu n'es pas morte ? Pourtant…

Il semblait profondément ému. Sophie était intriguée, pourquoi pensait-il que sa sœur était morte, l'avait-il vue ? Elle choisit de ne pas le détromper tout de suite, une occasion d'apprendre ce qui était arrivé à Mabel Marie.

-Bien sûr que non, vois-tu. Je suis là parce que je suis chez moi tout simplement. Et toi pourquoi es-tu venu me rendre visite, Altair ?

Altair allait répondre lorsque l'on frappa à la porte. Sophie alla ouvrir. Un homme de son âge se tenait dans l'embrasure, un chapeau à la main. Il avait la peau dorée et une abondante chevelure blanche. Il n'était pas du coin, et cela se voyait.

-Bonjour, je suis désolé de frapper à votre porte à cette heure indécente, mais, ma voiture est tombée en panne près de chez vous. Puis-je utiliser votre téléphone pour appeler un garagiste ?

-À cette heure-là, il sera fermé. Mais, vous pouvez passer la nuit ici, si vous voulez.

-Ce sera avec joie. Permettez-moi de me présenter, Hector Bluesky.

-Mabel Marie March.

-Un nom de reine.

Monsieur Bluesky semblait sincère. Quelques soient les intentions d'Altair, ce dernier aurait dû mal à agir avec un témoin fut-il un non-maj, invité inattendu… Mais, maintenant, Sophie était coincée.