Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.

Titre : Noir ramage.

Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.


« Si un auror vous dit qu'il a tout vu, ne le croyez pas… C'est un imbécile ou un menteur, en tous cas c'est un futur mort et il ne le sait pas encore. Dans ce métier, il faut toujours et tout le temps s'attendre à tout ! »

-Hector Bluesky dans son discours d'engagement aux nouveaux aurors.


Chapitre 40 : Hector Bluesky, ou de surprise en surprises.

Depuis ce foutu sort qui l'avait laissé à terre début août, il ne s'était pas passé un jour sans qu'il ne pense à Grindelwad et à ce qu'il lui ferait quand il le tiendrait entre ses mains. Pas une heure sans qu'il ne se promette de retourner au charbon dès que possible et pas une minute sans qu'il ne s'engueule d'avoir été assez idiot pour ne pas se méfier de Graves… Bien sûr, ça fait longtemps qu'il savait que dans ce genre de métier, il fallait en premier lieu toujours se méfier de tous et de tout, c'était même l'introduction du discours qu'il tenait aux inconscients qui souhaitaient s'engager dans cette voie. Mais lui, un vieux briscard comme lui, blanchi sous le harnais par plus de soixante-cinq ans de services, se faire avoir comme un bleu… Il n'arrivait pas à l'admettre, une bonne piqûre de rappel dans l'ironie de la situation !

Les premiers jours, dans les brouillards de la maladie, à travers son inconscience, ce qui lui restait de raison, pas grand-chose s'avouait-il maintenant, cherchait à comprendre. Comment et pourquoi Percival Graves qu'il connaissait depuis si longtemps l'avait-il trahi ? Et aussi comment, lui, le super-pro de la lutte anti-criminel, n'avait-il rien vu ? Pas compris que le danger était si proche. C'est ce sentiment de honte qui le torturait le plus, plus que la douleur et les essais de la mort pour finir le travail, qui lui donnait presque envie de se laisser aller pour lui échapper... Ce qui l'avait sauvé, à part sa forme physique et le fait que depuis si longtemps il était préparé à recevoir un sort impardonnable, c'était la fureur qui l'habitait. Il avait toujours été mauvais joueur, tout petit il se battait déjà comme un chiffonnier pour une bille perdue dans la cour de récréation, alors à quatre-vingt-cinq ans passés… Il n'avait jamais rien lâché et il n'allait pas commencer maintenant !

Puis Mercy était arrivée, elle l'avait sorti de ce mauvais pas. Il avait toujours bien aimé cette fille… Bien plus capable que beaucoup des aurors qu'il avait eu sous ses ordres en quarante ans. Chose primordiale, elle lui avait expliqué l'inexplicable… Grindelwald avait remplacé Graves à sa barbe, sous son nez. Comment n'avait-il rien vu ? Peut-être après cette histoire devrait-il raccrocher les gants… Puis, elle l'avait transporté vers son bayou, dans sa famille. Il lui en serait toujours reconnaissant même si il avait dû avaler des potions infectes, efficaces il devait l'avouer, mais absolument infectes. Comment pouvait-on fabriquer et avaler des trucs pareils ? L'explication était sans doute que ceux qui les faisaient ne devaient pas les boire après, sans ça ils en auraient amélioré le goût…

Depuis son retour, il reprenait des forces de jours en jours. Des forces et l'envie de combattre par lui-même. Mercy l'avait bien senti et lui avait demandé de seconder Ann Blanchard, la seconde ligne de son dispositif offensif. Elle y avait mis les formes, il devait la seconder… En fait, Bluesky n'était pas dupe, elle lui avait donné cet échappatoire pour l'occuper, le remettre en selle mais aussi pour le surveiller et le protéger. Il lui en était même reconnaissant, un redémarrage doux pour un convalescent… C'était ça le mot, il devait bien l'admettre et travailler à un rétablissement complet avant de reprendre la tête de ses aurors.

C'est pour cela qu'il avait décidé d'enquêter sur la mort de Mabel Marie March. Cette femme l'avait ému, elle avait été tuée dans la fleur de l'âge et si on croyait son souvenir, par traîtrise, par un homme en qui elle avait toute confiance… Comme lui. Tout les rapprochait : l'âge et le destin.

Aussi sortant de la séance de… ha oui, Aïjou, non... Jouïga, non... Ouija, oui, c'est ça… Tout comptes faits, c'est utile ce truc là, on devrait l'introduire dans les études d'Aurors, interroger le mort pour connaître le nom de son assassin, ça faisait rêver… Donc, avec Reed, Ann Blanchard et Sara Wood, il avait mis au point son plan. D'abord aller fouiller son domicile à Sleepy Hollow. Dans la peau d'un non-maj, Sleepy Hollow étant une ville mixte, c'était facile, il irait chez elle et regarderait ce qu'elle pouvait y avoir caché. De son expérience, il savait qu'une vielle fille curieuse et fouineuse laissait souvent des miettes de pain derrière elle, charge pour l'auror de les retrouver avant qu'elles ne soient mangées par les oiseaux.

Dans un costume non-maj de bon faiseur mais déjà bien usagé, une petit valise de cuir contenant du linge et sa baguette, quelques potions dans le double-fond à la main, il était monté dans la vieille Ford T (1) un peu cabossée qu'il gardait en réserve pour ses missions en infiltration, sous couverture. Contrairement à beaucoup de sorciers, il ne méprisaient pas les non-maj's. Des gens ingénieux qui étaient capables de pallier leur manque de pouvoirs et de talents par un esprit inventif très fécond. La preuve : ils ne savaient pas voler sur des balais, ne pouvaient utiliser des portoloins ou des cheminettes. Ils devaient marcher, fatiguant et pas très rapide… Ils avaient domestiqué le cheval, créé la roue et tout ce qui allait avec, et, maintenant : ça… Personnellement, il préférait un bon vieux balai, le vent dans les cheveux, la liberté des oiseaux y'avait rien de mieux. Rouler dans une boite de conserve… c'était pratique, surtout quand il pleuvait il devait l'avouer, mais pas agréable.

Il avait pris la route, le soir venu et s'était arrêté devant la maison de la victime. Il s'attendait à la trouver vide et abandonnée et voilà qu'il voyait une lumière au rez-de-chaussée… Une lampe à pétrole brulait dans ce qui semblait être le salon. Étrange, selon ses informations, Mabel Marie March était célibataire et très solitaire. Il prit sa baguette, la rangeant dans la fausse poche de sa veste à portée de sa main, et frappa à la porte. Une femme vint lui ouvrir. Nom d'un Serpent Cornu, Mabel Marie March était devant lui, bien vivante… Pourtant il était sûr qu'elle reposait en ce moment même dans un tiroir de la morgue de Wood… Surprise !

-Bonjour, je suis désolé de frapper à votre porte à cette heure indécente, mais, ma voiture est tombée en panne près de chez vous. Puis-je utiliser votre téléphone pour appeler un garagiste ?

Vieille excuse bateau, mais qui marchait toujours. D'où l'utilité des bosses sur sa voiture et de la peinture un peu écaillée… En fait elle était survoltée, capable de dépasser nettement les 70 kilomètres/heure de ses condisciples, mais sa première force était de ne pas attirer l'attention, de faire voiture en bout de course… Son propriétaire était vraiment un pauvre type…

-À cette heure-là, il sera fermé. Mais, vous pouvez passer la nuit ici, si vous voulez, lui répondit-elle aimablement.

-Ce sera avec joie. Permettez-moi de me présenter, Hector Bluesky.

-Mabel Marie March.

Il l'avait imaginé plus terne, plus triste, le femme devant lui était bien vivante et lui semblait d'un tempérament plutôt gai et agréable, même si en cette instant, il la sentait inquiète, sur le qui-vive et un peu soulagée de le voir. Il la suivit dans le couloir vers la pièce éclairée.

-Un nom de reine.

Il était sincère, elle lui plaisait bien… S'il n'avait pas fait ce métier… Trop dangereux pour ce permettre d'avoir une épouse, une veuve le plus souvent. Ces trois anciennes épouses pouvaient témoigner qu'il n'était pas un bon conjoint.

Ils entrèrent dans le salon. Il connaissait cette pièce, celle de la pensine. Là un homme les attendait : Altair Palmer. Décidément, c'était le soir des surprises.

-Monsieur Altair Palmer, le lui présenta-t-elle.

-Enchanté, Monsieur. Hector Bluesky.

-Enchanté.

Il ne le paraissait pas tant que cela, ce cher Palmer. Il semblait même très énervé, inquiet, interrogatif, impatient… On pouvait le qualifier de beaucoup de choses mais sûrement pas enchanté... Bluesky pouvait le comprendre, tuer quelqu'un, utiliser pour cela un sort impardonnable, donc engager un peu de son âme, pour retrouver sa victime bien vivante, installée tranquillement chez elle, dans son salon. Il y avait de quoi fulminer intérieurement et se poser beaucoup de questions.

-Je suis désolé de vous déranger, ma voiture est en panne et Mademoiselle March m'a aimablement invité à entrer…

-Vous ne nous dérangez aucunement, je partais justement, lui répondit Altair Palmer d'un ton un peu hautain.

Manifestement cet homme n'appréciait pas les non-maj's… Surtout quand ils arrivaient de façon impromptue et contrariaient ses plans. Bluesky s'amusait beaucoup en fait. Palmer devait se demander qu'elle conduite adopter : les tuer tous les deux ou commencer par comprendre pourquoi il n'avait pas réussi à la tuer l'autre jour. Il devait même se remettre en questions. À sa place, moi, mon premier geste serait de m'entrainer sur un crapaud pour vérifier si je suis toujours capable de jeter véritablement ce sort. Imperceptiblement et nonchalamment, Bluesky avait mis la main dans sa poche, sa baguette entre les doigts, prêt à agir.

-Voulez-vous boire un thé, un café Monsieur Bluesky ? Manger quelque chose peut-être ?

Elle lui plaisait vraiment beaucoup. Gentille. Une petite souris blanche, c'est çà, elle le faisait penser à une petite souris blanche qui pour l'instant s'amuse avec un gros chat noir sans savoir qu'il va bientôt la manger.

-Une tasse de thé, serait parfaite, j'ai un peu faim en effet, je suis sur la route depuis ce matin et je n'ai pas eu le temps de déjeuner…

-Ne vous inquiétez pas, je n'en ai que pour quelques minutes… Une petit omelette ?

Vive, la petite souris se retourna et disparut dans sa cuisine. Par la porte ouverte, il la voyait se débrouiller plutôt bien sans baguette avec les outils des non-maj's : bouilloire, poêle, fourchette, casser les œufs… Une professionnelle de la chose.

Se tournant vers Palmer, il s'installa dans un fauteuil. Il était là et y resterait.

-Monsieur Palmer, habitez-vous Sleepy Hollow ? Personnellement, je ne connaissais pas, mais je trouve que c'est une jolie petite ville. Et Mademoiselle March est une personne charmante.

-Oui, Mabel Marie est en effet très agréable.

-Vous la connaissez depuis longtemps ?

-Nous étions à l'école ensemble, nous sommes restés amis durant toutes ces années. Mabel Marie travaillait comme secrétaire pour mon père dans son entreprise, puis pour moi quand j'ai repris le flambeau.

-Ha, vous êtes dans les affaires ! Dans quel secteur ?

Palmer semblait un peu mal à l'aise. Manifestement, il détestait être mis ainsi sur le grill. Surtout quand son interlocuteur était un homme qui manifestement ne s'en laissait pas compter. Un homme à femmes, c'était ça… Bluesky en était sûr maintenant, un type plutôt bien fait de sa personne qui jouait de ses charmes pour s'amuser avec les femmes, les séduire et s'en servir pour parvenir à ses fins. Un sale type, en fait… Bluesky méprisait ce genre d'hommes et les détestait même. Un homme devait avoir de l'esprit, de la force, du courage, le contraire de ce minable bellâtre.

-Ma famille est dans le commerce depuis des générations. A vrai dire un de mes ancêtres était dans le thé quand nous n'étions encore que treize colonies (2).

Et menteur avec ça. Avant de partir à l'assaut, comme toujours Bluesky s'était renseigné le plus possible. Les Palmer avait émigré d'Angleterre en 1870, bien après le Mayflower (3) et la guerre d'indépendance. L'ancêtre en question avait fuit quand le Ministère de la Magie avait lancé une enquête approfondie sur un trafic de potions frelatées… Dans le commerce, une façon de voir les choses. Avoir tant de culot, du grand art, cette nuit serait pleinement intéressante.

Mabel Marie revint portant un petit plateau qu'elle déposa sur la table.

-Monsieur Bluesky, je vous ai fait une petite omelette et une bonne tasse de thé, rien de tel quand on a eu une rude journée pour se remettre en forme.

-Je vous remercie, Mademoiselle March, c'est vraiment très gentil. Elle a l'air absolument délicieuse.

Elle l'était en effet. Cette femme lui plaisait de plus en plus…

-Mabel Marie, je vais partir, nous reparlerons de ça plus tard.

-Bien sûr, Altair. Je vais te raccompagner.

Ça y était, il partait enfin, il allait enfin pouvoir interroger tranquillement cette prétendue Mademoiselle Mabel Marie March qui avait réussit le tour de force exceptionnel de se relever d'un tiroir de morgue. Le dernier à avoir fait cela avait gagné le nom de Fils de Dieu, ce n'était sans doute pas son cas...


(1) La Ford T (surnommée familièrement Tin Lizzie ou Flivver aux États-Unis) est une automobilefabriquée de 1908 à 1927 par la Ford Motor Companysous la direction de Henry Ford. La Ford T fait de 1908 l'année historique où l'automobile entre dans l'ère de la grande série. Elle est généralement considérée comme la première voiture accessible au plus grand nombre, celle qui « mit l'Amérique sur des roues ». La première Ford T de série sort de l'usine Ford de l'avenue Piquetteà Détroitle 27 septembre1908. Henry Ford a beaucoup innové lors de la fabrication du modèle T : assemblage à la chaîne, et non plus individuel et manuel, salaire proportionnel au prix de la voiture pour les ouvriers, afin qu'ils forment le fondement d'un marché garanti.

(2) Les Treize colonies sont les coloniesde l'Empire britanniqueenAmérique du Nordfondées entre 1607 et 1732 qui donnèrent naissance aux États-Unis d'Amérique.

De 1775 à 1783, les colons « insurgents » luttèrent pour leur Indépendance. À l'origine de leur révolte, des différents économiques : Les colons américains, en particulier les marchands des ports de la Nouvelle-Angleterre, reprochaient à la Grande-Bretagne sa politique commerciale : le trafic de certaines marchandises comme le thé était réservé aux navires britanniques, en vertu du monopole en vigueur.

La guerre de sept ans de 1756 à 1763 (Grande-Bretagne/France-Espagne) avait vidé les caisses du royaume d'où la nécessité de nouveaux impôts et la régulation du commerce.

(3) Le Mayflower, est unvaisseau marchand de 27,4 mètres et 180 tonneaux duXVII ème siècle qui partit de Plymouth, en Angleterre. Ses passagers furent à l'origine de la fondation de la colonie de Plymouth, dans le Massachusetts. En 1620, il transportait des dissidents religieux anglais, les Pilgrim fathers