Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.
Titre : Noir ramage.
Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.
« Entre deux sots qui combattent, il y a toujours un victorieux, et c'est bien égal. »
-Antoine de Rivarol, Les pensées inédites de Rivarol (1836).
Chapitre 43 : Hector Bluesky, ou une journée comme les autres, quoique…
Hector savait que le moment approchait. Le moment où ils attaqueraient. Ils ne pouvaient pas se permettre de le laisser vivre plus longtemps… Trois jours depuis sa réapparition. Trois jours pendant lesquels il avait été sous surveillance continue, il fallait être un idiot pour ne pas voir les oiseaux qui se relayaient dans le jardin et la rue. Grindelwald avait déjà été très patient en attendant ces trois jours. Il était sûr que ce serait pour cette nuit. Il les attendrait de pied ferme. Il ne reculerait pas. En attaquant, ils se découvriraient, Reed et Blanchard pourrait ensuite les prendre en chasse et tirer sur la pelote de laine… Une chèvre, il était la chèvre attachée au piquet qui attendait le lion. Une drôle de sensation. Elle ne lui était pas étrangère, il avait déjà employé cette ruse un certain nombre de fois, mais il devait s'avouer qu'il préférait l'attaque à la défense… D'autant plus que cette fois, il n'était pas seul, il devait protéger sa petite souris blanche…
Depuis trois jours, il ne la quittait pas des yeux. Toujours près d'elle, toujours avec elle. Elle allait et venait calmement dans sa maison, s'affairant comme toute petite vieille de quatre-vingts ans, à petits pas, à petits gestes mais avec une infinie délicatesse, une grâce juvénile. Elle furetait, astiquait, cuisinait, plutôt bien d'ailleurs, sans cesse. Le tout, sans baguette, comme une non-maj. Manifestement, elle ne savait pas que son visiteur était un sorcier, un auror de grande classe, aussi elle continuait à tenir son rôle. Maligne en plus… Décidément cette sorcière était parfaite.
Au moment de l'attaque, il lui révèlerait son métier et à deux, ils feraient front, en attendant que Reed et Blanchard les secourent si besoin. Mais normalement, ce ne serait pas nécessaire. Le soir tombé, le repas pris, une délicieuse blanquette de veau… Devant son café, il s'installa confortablement dans son fauteuil près de la cheminée. Depuis trois jours, il prenait des habitudes de vieux retraité et le pire c'était qu'il y prenait goût. La cheminée, il y avait une heure, il avait vérifié son usage… Sa fonction de cheminette était coupée, l'attaque était proche. Pour cette nuit, il pleuvait dru, éclairs et tonnerres se succédaient. Malin, pluie battante, pas un temps à mettre même un chien dehors… Les non-maj's resteraient chez eux, la nuit appartenait aux sorciers.
-Comment vous sentez-vous Mabel Marie ? Pas trop fatiguée ? Je pense que ce soir, nous allons avoir de la visite.
-Les sorciers noirs ?
Vraiment très maligne sa petite souris blanche…
-À mon avis, l'attaque est pour cette nuit. Je pense que nous devrions sortir nos baguettes et nous préparer.
-Je crois que ce serait en effet une bonne idée que vous preniez la baguette que vous cachez si soigneusement dans la fausse poche de votre gilet, Hector, pour moi, mon rouleau à pâtisserie me semble le plus indiqué.
-Rouleau… Vous avez perdu votre baguette ?
-Je n'en ai jamais eu, Hector. Qu'en aurais-je fait ? Je ne suis pas une sorcière…
-Mais dans ce cas qu'êtes-vous ?
-Une simple cracmole. Ma sœur jumelle Mabel Marie était une sorcière du premier cercle, ainsi que nos parents : Oncle Paolus et Tante Carolina-Julie. Pour moi, j'ai été confiée dès mon plus jeune âge à Papa et Maman : Monsieur et Madame Winters des amis, non-maj's. Je m'appelle Sophie.
-Et c'est maintenant que vous me le dîtes.
-Mieux vaut tard que jamais, Hector…
Que répondre ? Ça changeait tout, il était seul pour les deux côtés de la maison. Pas un problème en soit, mais il devrait de plus la protéger. Elle était nue et sans protection face aux sorciers noirs de Grindelwald qui allaient passer à l'attaque. Reed et Blanchard n'interviendraient pas ouvertement, c'était contraire aux intérêts de l'enquête, ils devaient se sortir seuls du guêpier où ils s'étaient fourrés.
-Ne pensez-vous pas, Mon Cher, que nous devrions baisser les lumières et faire semblant de nous coucher. Cela leur donnerait l'occasion de passer à l'action et pourquoi attendre plus longtemps ?
-N'avez-vous pas peur, Mab… Sophie ?
-Avec vous, Hector, rien ne peut m'effrayer, vous me semblez être de taille à repousser une armée. D'ailleurs, Altair Palmer n'a pas demandé son reste le premier soir, il s'est enfui dès qu'il l'a pu et plutôt piteusement si vous voulez mon avis !
Cette non-sorcière était vraiment une perle. Depuis trois jours qu'ils vivaient ensemble, elle gardait un calme olympien, ne l'abreuvait pas de questions ou de sottises, ne s'étonnait pas de le voir imposer de rester dans sa chambre installé dans le fauteuil pendant qu'elle dormait… Elle avait alors seulement insisté pour lui apporter coussins et couvertures « laissez-moi vous installer confortablement, Hector, c'est la moindre des choses... » Une cuisinière hors pair en plus, ses plats lui rappelaient sa mère qui avait été un grand cordon bleu… Dieu que ses ragoûts de chacal épicés, lui manquaient parfois ! On aurait pu croire à une idiote qui ne comprenait rien, en fait c'était quelqu'un à qui on n'avait pas besoin d'expliquer l'évidence...Une perle très rare, exceptionnelle !
Par la fenêtre, ils aperçurent une ombre, l'attaque commençait. Un éblouissement assourdissant, les fenêtres de la façade arrière explosèrent. Sophie sursauta, poussant un petit cri de surprise. Bluesky, la prit par la main, la poussant sous la table du salon.
-Mettez-vous là Chérie, vous serez protégée des éclats. Ne vous en faites pas, certains se sont juste un peu trop approchés de quelques uns de mes sorts de Défense : j'ai emprunté quelques grenades aux non-maj's et je les ai un peu améliorées… Elles sont capables de réagir d'elles-mêmes si on les approche avec de mauvaises intentions à mon endroit. Je crains par contre que la cuisine ne soit devenue un peu poussiéreuse…
Ces dernières heures, il avait entouré la maison de quelques sortilèges de Défenses chargés de retarder et compliquer l'action des assaillants. Le problème des corbeaux chargés de leur surveillance, c'est qu'ils réagissaient à la présence du sujet, pas à ses actions… Si on restait sur place, on pouvait faire ce qu'on voulait. Lui personnellement ne se fiait jamais totalement à ce type de volatiles, sauf quand c'était ceux de Mercy. Il ne savait pas comment elle les avait dressés, mais, ils étaient aussi vicieux qu'elle. Les chouettes, les mainates aussi, étaient bien plus intelligents et utiles que les autres, capables de noter ces petits détails...
Des cris se faisaient entendre. Aux encouragements, se mêlaient un peu de douleur. Manifestement un au moins de ses agresseurs avait fait les frais de ses récupérations de matériel… Les fenêtres du salon explosèrent et une boule de feu ravagea l'intérieur. Dieu merci, il avait pris la précaution depuis deux jours de mettre, Gertrude, sa chère Ford T en sécurité chez un garagiste non-maj de ses amis… Il adorait Gertrude et aurait détesté la savoir cabossée par ses sauvages.
-Cave inimicum !
La minuscule statue d'appaloosa(1) de bronze encore en équilibre sur le rebord de fenêtre prit vie et hurla. Bluesky se retourna.
-Stupefix Totalus !
Finnigan, d'après le dossier de Reed, qui s'était précipité imprudemment chuta inconscient, le nez dans la poussière.
-Expelliarmus !
Derrière Finnigan, Olivetti resta interdit pendant que Bluesky rattrapait sa baguette.
-Fulgari !
Voilà le travail fini, le second les mains et les pieds liés tomba sur Finnigan. Bluesky se sentait invincible, regardant vers les fenêtres du salon…
-Expelliarmus !
-Expulso !
Une troisième baguette en main, il repoussa l'assaut venant de devant.
-Endoloris!
Bluesky se jeta à terre, le sort impardonnable passa au dessus de sa tête allant fracasser le tableau accroché au mur. Les dizaines de mouettes qui jusque là volaient bien tranquillement au dessus de Cape May (2) s'enfuirent dans toute la maison en poussant des cris effarouchés et offusqués. Certaines touchées par le sort, se tordaient sur le sol partiellement déplumées.
-Finite Incantatem !
Dirigeant sa baguette vers elles, Bluesky les libéra, elles s'envolèrent rejoignant les autres et elles filèrent toutes sans demander leur reste par la fenêtre explosée, griffant des pattes, piquant du bec et giflant des ailes les assaillants imprudents et surtout surpris par de tels adversaires. On peut être suffisamment courageux pour souhaiter affronter un vieux guerrier et fuir lamentablement devant quelques volatiles déchaînés...
-Bravo Hector !
Bluesky n'avait pas le temps de se concentrer sur Sophie qui pliée en deux sous la table, l'encourageait. Déjà un autre sorcier noir apparaissait par la porte de la cuisine.
-Petrificus Totalus !
Le sort passa à droite et fracassa le placard à tasses de porcelaine, MacGregor s'était jeté sur le côté. Il n'avait pas le temps de s'excuser pour tant de maladresse, on verrait plus tard...
-Locomotor Mortis !
Sa réponse ne s'était pas fait attendre et avait atteint Bluesky qui tomba au sol, les jambes paralysées. Les jambes mais pas la langue.
-Fulgari !
A son second essai, il avait atteint son but, le sorcier noir était impuissant. Pal mal pour un vieux crouton, non ?
-Salveo Maleficia !
Dirigeant sa baguette vers se propres jambes, il se remit debout. Maintenant, qu'il était invisible, il avait un avantage, il attendait l'assaut plus confiant.
-Cave inimicum !
Le minuscule cheval de bronze maintenant coupé en deux ne savait plus où donner de la tête, qu'il n'avait plus d'ailleurs… Il hurlait de sa bouche absente, galopait dans tous les sens pour l'avertir du danger.
-Lacarnum Inflamarae ! Sectumsempra ! Stupefix ! Avada kadavra !
De l'extérieur, de tous les côtés des sorts fusaient vers le salon, le plâtre s'envolait, recouvrait tout, l'atmosphère devenait irrespirable. La boule de feu rebondissait sur les murs, enflammant le papier peint, laissant des traînées noirâtres sur les murs. Plus une vitre de la maison ne subsistait, les meubles renversés et ouverts laissaient échapper sur le sol leur contenu. Demain, les non-maj's de la ville devraient se creuser un peu la tête pour trouver une raison plausible à ce désastre, avec peut-être un éclair mal placé… Sans doute le gaz, c'était toujours le gaz. Quant aux sorciers, ils comprendraient tous seuls...
Il se jeta au sol, rejoignant Sophie sous la table. Dans quelques minutes, ils lanceraient l'assaut final, sa jambe entaillée saignait et ses vêtements déchirés montraient la violence du combat. Dirigeant la baguette vers lui.
-Revigor !
Ça lui ferait pas de mal de retrouver un peu de tonus, pour la suite des évènements.
- Ferula !
Des bandages sortirent de sa baguette, bandant sa cheville. Il aurait meilleure allure ainsi...
Calmement, malgré les déflagrations qui éclataient dans toute la maison, elle le prit par la main et se dirigea vers la cheminée.
-On ne peut pas utiliser de Cheminette, c'est ce que j'ai vérifié en premier… Lui dit-il d'un ton un peu las.
Elle ne répondit pas, toujours le tenant par la main, elle se pencha vers le fond de l'âtre et ramassa une petite pierre noircie par des années de feux… Tout à coup, ils furent aspirés, transportés dans des tuyaux, pressés l'un contre l'autre, compressés. Un choc, ils avaient atterris au milieu d'un autre salon propret, d'un bouquet de fleurs fanées dans un vase posé sur la table, émanait une odeur douçâtre un peu écoeurante dans cet espace confiné. Une cheminette combinée à un portoloin, malin… vraiment très malin.
-Oncle Paolus et Tante Carolina-Julie ont créé un conduit de cheminette particulier qui reliait uniquement nos deux salons, non-détectable par le Congrès Magique, utilisable par des non-maj's grâce à un sort spécial protecteur et en utilisant un portoloin particulier. Les sorciers noirs vont être étonnés quand ils vont entrer dans la maison et ne nous trouveront pas sous les décombres. Leur chef va sans doute être très désappointé… Ils ne nous suivront pas, dit-elle en ouvrant la main, la petite pierre noire était encore là…
Que dire, sa petite souris blanche lui avait sauvé la vie… Et dire que Grindelwald serait très désappointé était un euphémisme… Gare à celui qui lui apporterait la nouvelle, il serait sans doute la victime de son désappointement. Bluesky en riait d'avance. Son seul regret, ne pas être là pour assister au spectacle...
-Je vais vous donner un gant et du savon, ainsi, nous pourrons nous débarbouiller. Nous pourrons ensuite parler si vous le désirez...
Il ne savait pas qui était cette femme, mais, il était hors de question qu'il la quitte. De toutes manières, il n'était pas toujours respectueux de la loi, alors, enfreindre une de plus ou une de moins… On ne verrait pas la différence.
(1) L'Appaloosa est une race de chevaux de selle originaire du nord-ouest des États-Unis. Issue des montures perdues par les colons européens, elle est sélectionnée traditionnellement par les IndiensNez-Percés (Nimíipuu) établis près de la rivière Palouse. La grande particularité de ces chevaux est d'avoir très souvent une robetachetée.
(2)L'une des plus anciennes destinations de vacances des États-Unis, des maisons victoriennes du XIXème siècle bordent un littoral sablonneux. Située à la pointe sud-est du New Jersey, cette ville côtière accueille depuis plus de deux siècles des visiteurs venus de Philadelphie à 150 kilomètres, de New York à 254 kilomètres et de partout ailleurs. Ce charmant lieu d'évasion au bord de l'océan s'étend sur plusieurs plages de sable fin. C'est ici que l'on trouve « les diamants de Cape May », des galets de cristal de roche que le fleuve Delaware voisin charrie jusque sur le rivage. Les amoureux de la nature pourront observer quelque 400 espèces d'oiseaux qui peuplent la zone.
