Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.

Titre : Noir ramage.

Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.


« Pour être efficace, il faut cacher ses intentions ! »

-Nicolas Machiavel, Les discours sur Tite-Live (1512-1517).


Chapitre 46 : Irene Fly, ou comment assurer ses arrières.

Irene commença à feuilleter le dossier. Mercy Lecay, née le 21 mars 1893, d'un père inconnu et de Liberté Lecay. Scolarisée dans une école primaire puis dans un collège de magie situés dans le Bayou Louisianais. Championne junior d'escrime de la Nouvelle-Orléans à quinze ans. Repérée par l'Académie Fédérale d'Aurors durant sa dernière année de collège. Major de promotion. Bonne combattante. Auror de Réserve. Auror à gages. Mercenaire. Possède sa propre agence Et ce n'était qu'une lecture en diagonale.

Elle passa à la baguette. Bois d'Acacia. Abernathy avait rajouté une note à son attention au sujet de ce bois. C'est un bois inhabituel dans la conception des baguettes, qui les rend difficiles à employer. Il confère aux baguettes un caractère têtu, qui leur fait refuser d'être utilisées par quiconque d'autre que leur maître et elles n'acceptent de donner leur maximum de leurs capacités qu'entre les mains de sorciers doués. Cette susceptibilité de la part des baguettes en acacia fait que leurs possesseurs doivent être subtils, car elles ne conviennent pas à la magie dite du « ça claque et ça fume ». Bon, elle ne pourrait sans doute pas utiliser la baguette de Lecay, à part ça, tout allait bien. Elle pourrait toujours jeter un sort d'illusion sur la sienne… L'idée était à creuser. Bon voyons voir le cœur : un poil de rougarou. Qu'est-ce qu'un rougarou ? Irene n'en avait jamais entendu parlé avant. Toujours prévenant, Abernathy lui avait mis une autre note. Le Rougarou est une créature des marais louisianais plus qu'agressive avec les êtres humains. Leurs poils ont des capacités magiques mal-connues. D'après la rumeur, les baguettes ayant un poil de rougarou comme cœur se nourrissent de magie noire. Mais, le fait que plusieurs héros américains ait ce cœur pour leur baguette dément ces bruits de couloir. Abernathy n'était pas le genre de personnes que l'on remarquait par son aura et facile à sous-estimer, mais, il était compétant lorsqu'il s'agissait de trouver des détails intéressants que l'on ne devait pas ignorer pour la réussite de la mission.

Sa grande force est qu'elle ne sous-estimait personne. Grayson, qu'elle avait rencontré plus tôt n'était pas quelqu'un de très capable, même si lui était persuadé du contraire… Mais ce n'était pas un combattant à négliger non plus, il était d'une certaine valeur à défaut d'être d'une valeur certaine. Non, le danger venait de son caractère et de sa propension à se croire victime d'un vaste complot visant à lui nuire… On devait se méfier de lui car il était capable de tous les coups tordus et même envers ses alliés pour se venger. Elle le tiendrait à l'oeil.

Higgins, le majordome qui avait introduit Abernathy quand celui-ci était venu lui remettre le dossier. Il était trop facile de l'ignorer, un ombre qui frôlait les murs, un soupir. En fait, elle en était persuadée, quelqu'un de redoutable qui jouait du mépris des autres pour les piéger. Elle ne serait pas étonnée que Grindelwald ne l'emploie à ses basses œuvres.

Grindelwald, puissant, très puissant, même le plus puissant des mages noirs actuels… Mais trop sûr de lui. Le temps qu'il avait mis à s'apercevoir des manoeuvres de Mercy Lecay aurait dû lui servir de leçon. A son avis, qu'elle garderait pour elle, il n'aurait pas fallut réunir Lecay et Graves. A deux, on est plus forts et plus dangereux… Une erreur de jugement, de débutant dirait-elle. Mais elle se garderait bien de dire quoique ce soit, Grindelwald n'était pas quelqu'un à qui on donnait des leçons… Pour l'instant elle le servirait loyalement, mais elle garderait l'oeil ouvert, en cas de besoins, elle retournerait sa cape sans aucun remord. Personne ne méritait qu'elle s'engage à fond, à part elle bien sûr !

Bien entendu, elle pensait que les non-maj's n'étaient que des rats, et comme avec toutes les vermines, il fallait régler le problème. C'était pour cela qu'elle s'était engagée dans cette cause. Mais, sa vie était trop précieuse pour qu'elle la sacrifie pour un idéal. On frappa à la porte la faisant sortir de ses pensées.

-Entrez, dit-elle.

Higgins passa la porte. Il ne fit aucun commentaire sur sa tenue et tant mieux, Mercy Lecay avait autant le sens de la mode qu'une française… Irene était tout sauf à l'aise dans un de ses pantalons (1) et pulls rayés, mais la femme dont elle prenait l'identité avait trouvé bon de n'avoir que deux robes : une robe de soirée rouge-orangé et une minuscule robe noire qui découvrait ses genoux… Irène en avait bien sûr entendu parlé, la dernière création d'une moldue modiste française, au nom idiot : Coco Chanel. En ouvrant la malle, elle avait découvert que cette Coco et Mercy étaient des amies depuis la grande guerre et qu'elle adorait ses créations. Libération de la femme en abandonnant son corset et en raccourcissant ses jupes, comme si une femme devait être libérée... Décidément, elle devrait tout faire dans ce métier, Dieu merci, elle porterait ces vêtements sous la forme de l'autre, si elle rencontrait quelqu'un qui la connaissait, improbable mais on sait jamais, son honneur serait sauf !

Et elle ne parlait pas du maquillage. Entre le parfum qui ne sentait pas les fleurs(2), ce qui était une hérésie à son sens, le rouge à lèvre rouge pétant, le fard à joue et à paupières, des artifices pour les femmes faciles… Et pas la moindre trace de poudre pour avoir le teint clair… Elle n'allait ressembler à rien. Comment Lecay pouvait-elle s'habiller et se maquiller ainsi ? Ces femmes qui ne voulaient plus être des femmes la laissaient perplexe.

-J'ai trouvé cela dans ses affaires. Il s'agit d'une lettre en latin, révéla Higgings en sortant une enveloppe de sa veste. C'est un laisser-passer valable sur le territoire du Coven de Sleepy Hollow.

Irene prit le papier. Oui, elle lisait un peu de latin, comme beaucoup de sorciers, mais pas au point de pouvoir écrire une lettre dans cette langue. Higgins pouvait lui faire lire une liste de courses, dans tous les cas, elle devrait le croire sur parole.

-Cela nous apprend que Mercy Lecay fait parti d'un Coven, étant donné son lieu de naissance, je pencherais plutôt pour celui de la Nouvelle-Orléans, même si la piste de celui de Salem n'est pas à écarter.

-Votre mission, mademoiselle Fly et vous l'avez acceptée, sera d'infiltrer le Coven de Sleepy Hollow afin de découvrir l'identité de ses prêtres, nous savons qu'un mouvement de résistance contre le Plus Grand Bien prend naissance en ces lieux, la connaissance de l'identité de leurs membres pourrait nous permettre de contrer leurs efforts, l'informa Higgings. Il ne vous reste qu'une semaine pour devenir Mercy Lecay, je vous conseille de bien étudier votre personnage.

Il l'informait, mais Irène trouvait que le ton employé ressemblait un peu à un avertissement.

-Savez-vous pourquoi elle devait si rendre ?

-Non pas réellement, mais en fouillant l'État civil non-maj', j'ai découvert qu'elle avait une lointaine cousine nommée Sara Wood vivant à Sleepy Hollow. Monsieur Abernathy vous fera parvenir toutes les informations que nous avons sur elle sous peu.

Irène n'était pas une spécialiste de la haute politique religieuse, ce qu'elle en connaissait pouvait se résumer en quelques généralités : 1) les Covens n'aiment pas qu'on interfère dans leurs affaires. 2) Parmi leurs membres, seuls les Chiens Noirs peuvent se rendre dans un territoire qui ne dépend pas de leur Coven sans cette pièce officielle. 3) Ils vivent en quasi-autonomie et obéissent à des règles connues d'eux seuls. 4) Les infiltrer pouvait se révéler très ardu et dangereux.

Elle allait devoir jouer serré, sa mission serait périlleuse : tromper un membre de la famille de Lecay et tout un coven. Si elle se faisait prendre, elle dirait tout ce qu'elle savait. En ce cas, le Congrès Magique lui accorderait un procès équitable, pas les Covens. Et les sorciers appartenant à celui de la Nouvelle-Orléans avaient une réputation qui faisait froid dans le dos : ce qui était arrivé à la dernière équipe envoyée en Louisiane ne l'inspirait pas.

-Voici assez de cheveux de mademoiselle Lecay pour le mois à venir, dit-il en lui tentant un petit paquet. N'oubliez pas de passer me voir avant votre départ afin que je puisse vous donner assez de polynectar pour cette période.

Irene se sentait mal. Pas seulement à cause de sa mission, mais à cause de qui elle devait tromper. Elle était coincée entre les membres fanatiques d'un ou de deux covens qui puniraient son intrusion s'ils la découvraient, et, Grindelwald, non moins fanatique qui ne pardonnerait jamais l'échec. Son instinct de survie tirait toutes les sonnettes d'alarme possibles et elle n'était pas le genre de personne à ignorer ce genre de signal. Mais que diable allait-elle faire dans cette galère ? Et habillée en femme moderne en plus, quand la robe longue à traine lui allait si bien !


(1) Le pantalon apparaît, en France, au cours de la Révolution mais il est plus perçu comme un signe révolutionnaire que comme un nouveau droit des femmes. De plus, l'Eglise et avec elle, l'opinion populaire, considérait les femmes portant le pantalon comme lesbiennes ou de "mauvaise vie" car il était dit qu'«une femme honnête a les genoux sales". Une loi interdisant "le travestissement des femmes" date de 1800. Cette interdiction a été partiellement levée par deux circulaires en 1892 et 1909 autorisant le port féminin du pantalon "si la femme tient par la main un guidon de bicyclette ou les rênes d'un cheval".

Au XIXème siècle, aux États-Unis, les femmes qui travaillaient dans les ranchs portaient le pantalon pour monter à cheval. En 1920, les femmes peuvent porter le pantalon pour jouer au golf ou pour le ski. C'est aussi un vêtement d'intérieur. La loi réprimant le port du pantalon par les femmes en France a été abrogée seulement en 2013.

Encore aujourd'hui certains pays interdisent le port du pantalon chez les femmes. Au Soudan par exemple, une femme en pantalon est punie de quarante coups de fouet.

(2)Le parfum Chanel n°5 a été créé en 1921. Il s'agit du premier parfum artificiel qui ne donnait pas aux femmes une odeur florale. Une femme doit sentir comme une femme, pas comme une rose, revendiquait Coco. Coco a toujours eu une affinité avec le numéro cinq et a donc choisi le cinquième échantillon de composition de son parfum pour être diffusé dans les magasins.