Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.

Titre : Noir ramage.

Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.


« D'un certain côté, les contes de fées sont bien réels. Avant d'arriver à la fin, on doit traverser des épreuves fort déplaisantes en faisant des choix difficiles. Mais, à la différence de ces contes pour enfants, dans la vraie vie, il n'y a pas de fin, heureuse ou autre. Votre histoire, tout comme votre vie, se poursuit. Une minute, vous pensez avoir votre existence relativement sous contrôle, pour la suite, finir par comprendre que tout ce contrôle n'était qu'apparent. »

-Liberté Lecay.


Chapitre 47 : Frederic Grayson, ou la réalité peut-être douloureuse.

Ils étaient là, devant lui à sa merci. Quelle douce ironie d'avoir eu tant de pouvoirs et de se retrouver dans une telle situation. Bien entendu, Lecay n'avait que du mépris pour lui, mais elle finirait par changer d'avis, il en était certain. Quand elle aurait compris qu'il était l'une de seules personnes à pouvoir la sauver… Que ferait-il ? Lui promettre de l'aider, seulement pour la faire tomber encore plus bas. Elle avançait vers lui, gracieuse malgré sa crasse, elle allait lui demander pardon. Enfin. Plus de vingt jours de détention, ça laisse des traces. Sa chemise de nuit était pitoyable… Graves, aussi faisait un pas vers lui, telle une ombre silencieuse.

Bien entendu. Même s'il avait été torturé, même s'il avait maigri et n'avait pas vu le soleil depuis des mois, il fallait que Percival Graves possède toujours cette aura de supériorité. Un jour… Oh oui, un beau jour, tout ce qu'il avait serait à lui. Graves posa une main sur l'épaule de sa compagne et ils échangèrent un regard.

-Alors Graves, vous avez perdu de votre superbe, vous faites moins le fier !

Graves fit mine de vouloir se jeter sur lui, quel imbécile ! Lecay posa sa main sur le bras de Graves. Ce dernier la regarda et s'immobilisa. Quel faible homme pour s'effacer devant une femme sans combattre… Il avait envie de rire. Alors Mercy se retourna vers lui, attrapa sa cravate à travers les barreaux et tira vers elle. Les barreaux de leur cellule le frappèrent en pleine face. Le souffle coupé par la douleur, interloqué, il ne pouvait comprendre COMMENT ils avaient osé un tel geste. Car elle l'avait accompli, mais il l'avait initié. Il s'aperçut, ce dont il se doutait depuis toujours, ils étaient complémentaires. Les enfermer ensemble n'était sans doute pas la meilleure idée du Maître, seuls ils étaient dangereux, à deux ils étaient invincibles.

-Je n'ai aucune confiance en un homme qui porte à la fois une ceinture et des bretelles… En quelqu'un qui doute de son pantalon, persiffla Lecay.

Elle le repoussa, un peu désorienté par la douleur, il titubait un peu. Il allait la tuer. Il n'y avait rien de mal à porter à la fois une ceinture et des bretelles. C'était même faire preuve de prudence vu son métier. Il ne faudrait pas qu'il perde son pantalon au mauvais moment, cela pourrait être gênant. Il se releva, prêt à en découdre, Graves d'un bras protecteur protégeait Mercy qui se tenait le poignet.

-À votre place, je reculerais, mademoiselle Lecay, fit la voix d'Higgings.

Elle pâlit et sans un mot recula d'un pas, puis lentement, elle en fit un second. Sa démarche avait quelque chose de… mécanique, comme si elle avait été soumise à l'Imperium et qu'elle essayait de lutter contre, en vain. Ce n'était pas normal, comme tous les Exterminateurs, elle avait été entrainée à résister aux sorts de Soumission.

-Arrêtez, fit-elle.

-J'arrêterai de retourner votre magie contre vous lorsque vous vous comporterez bien.

Lecay tirait sur son poignet… Non, sur le bracelet de cuir qui ornait son poignet. Étant un auror, Grayson reconnaissait cette chose. Elle allait finir par se briser quelque chose… Grayson avait voulu la voir à genoux, mais, pas comme ça. Pas d'une façon aussi horrible. Elle pouvait essayer de résister aux ordres qui allaient à l'encontre de sa nature magique profonde, mais, pour tout le reste… Elle était totalement démunie face à ses propres pouvoirs. Et Graves ne pouvait rien faire pour l'aider. C'était un spectacle plus terrifiant que réjouissant… Sans doute parce qu'il avait l'air d'une mise en garde.

-À part votre égo, allez-vous bien, monsieur Grayson ?

Higgings le regarda totalement inexpressif, lui tendant un mouchoir propre, blanc, bien repassé et soigneusement plié pour essuyer le sang qui s'écoulait de son nez.

-Je crois que je devrais examiner votre nez dans la cuisine, fit le majordome en posant son plateau-repas par terre avant de le pousser vers les prisonniers d'un coup de pied.

Ils repartirent, tournant le dos aux prisonniers. Higgins s'effaça pour le laisser passer, comme tout bon serviteur le ferait. Il remontèrent l'escalier étroit en colimaçon, poussèrent la porte, sortirent de la boite, Higgins fit le Signe de Serrure en fermant hermétiquement le couvercle. À l'extérieur du placard à balais, le couloir menant aux cuisine et dépendances était moyennement éclairé par les lampes du mur en veilleuses. Docilement, comme un élève puni accompagnant son professeur chez le proviseur, Grayson y suivit Higgins.

-Installez-vous sous la lumière, Monsieur Grayson, je vais nettoyer votre épistaxis (1).

Avec douceur et un chiffon propre humecté d'eau tiède, Higgins effaça les dernières traces de sang.

-Au fait, monsieur Grayson, si vous reprenez une nouvelle fois la moindre initiative, je devrais m'arranger pour que ce soit votre dernière.

Grayson ne pouvait pas s'empêcher de penser à la façon tranquille, comme s'il s'agissait de quelque chose de normal dont Higgings avait usé d'un objet de magie noire sur Lecay. Et encore moins à ce qu'il avait ressenti en voyait la scène. Le majordome de Grindelwald était sans doute l'un des personnes les plus dangereuses se trouvant que cette maison.

S'éloignant, il sentait le regard d'Higgins sur sa nuque, il eut peur. Pour la première fois de sa vie, il connaissait la peur vraie, la primaire, l'animale issue des jours anciens quand la survie se jouait à la qualité des réflexes. Et tout à coup il devint lucide. S'il devait un jour être descendu, ce serait sans doute la main qui lui avait si souvent apporté son verre de « brandy on the rocks » sur un petit plateau d'argent décoré d'un petit napperon de dentelle blanche fraichement repassée et amidonnée, cette main là qui tiendrait la baguette...


(1)L'épistaxis est une hémorragie sortant par les fosses nasales.