Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.
Titre : Noir ramage.
Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.
« La femme, comme la salamandre, vit à son aise dans l'élément où se consument ses imprudents adorateurs. Elle méprise ceux qu'elle subjugue, et ne s'attache qu'à ceux qui la font souffrir ».
- Henri-Frédéric Amiel, Journal intime, le 23 décembre 1874.
Chapitre 48 : Maxime Reed, ou même le meilleur des Aurors peut connaître la peur.
Il se souviendrait toute sa vie de l'attaque de la maison de Mabel Marie March. Bluesky avait décidé de la fouiller une nuit, quand personne dans le village endormi ne pourrait le surprendre. Et il avait été très surpris. La morte lui avait ouvert la porte et l'assassin était dans le salon ! Il avait profité d'un moment d'isolement pour entrer en contact avec lui et ils avaient mis au point leur plan. Bluesky serait parfait en chèvre. Palmer et tous ses amis ne pouvaient que réagir à sa réapparition imprévue. De plus, ainsi il surveillerait et protégerait si besoin la femme qui avait pris la place de 3M. Et d'ailleurs pourquoi avait-elle pris sa place ? Ann et lui se relayaient, surveillant les opérations d'une demeure un peu plus éloignée. Ils avaient assisté à la mise en place de la surveillance volatile, puis la troisième nuit à l'assaut.
La nuit tombée, l'orage déclenché, ils virent une vingtaine d'ombres s'approcher sans bruit. Au fur et à mesure qu'elles passaient à leur portée, Ann ou lui jetaient un sort de Marquage. Lui ne les connaissait pas tous, Ann aucun, mais ainsi ils ne leur échapperaient plus, ils les retrouveraient où que ce types aillent. Tout à coup, la bataille commença, un bruit assourdissant venant du jardin arrière. Ann parut surprise.
-Bluesky a disposé quelques-uns de ses gadgets préférés ! Lui expliqua-t-il.
-Ses quoi ?
-Il a récupéré des grenades de ses amis non-maj's et les a améliorées…
-Des grenades ?
-T'inquiètes, des trucs qui explosent, les non-maj's peuvent être redoutables quand ils veulent détruire le monde, on peut pas imaginer… Des fois on se demande pourquoi on les arrête pas pour leur propre bien, bien sûr !
-Tu rigoles, tu t'entends ?
-Je suis allé sur les champs de bataille de la Somme et de Verdun, tu peux pas croire ce que c'était. Des gens du MACUSA ont réussi à influencer le Président Non-Maj des Etats-Unis d'Amérique, Thomas Woodrow Wilson. Les non-maj's ont créé la Société Des Nations pour apprendre à discuter ensemble avant de sortir leurs gros canons.
Pendant leur discussion, l'attaque avait évolué : plus de fenêtre, des sorts avec jets de lumière hurlante explosaient dans tous les sens. Ils voyaient les ombres monter à l'assaut et parfois s'écrouler avant de franchir le mur du salon. Bluesky et Mabel Marie se défendaient comme des beaux diables mais manifestement la pression augmentait. Un mage noir entra. Ann voulait se précipiter à leur aide, il avait dû lui rappeler que le plan ne fonctionnerait que si et seulement si, ils restaient en réserve, ils devaient identifier, suivre et secondairement neutraliser les adeptes de Grindelwald. Le vieux saura bien s'en sortir tout seul, ne t'inquiètes pas ! Manifestement Bluesky réussissait à les repousser, son idée d'enrôler des mouettes était grandiose, un moment, il avait faillit mourir de rire en voyant ces petits volatiles se jeter avec fureur sur des mages noirs persuadés de pouvoir dominer le monde et les faire fuir. Maintenant, à vrai dire Bluesky paraissait un peu dépassé, les partisans de Grindelwald assénaient des dizaines de sorts simultanés sur la maison, et personne ne répliquait plus. Hector Bluesky, le Grand Hector Bluesky, son Mentor, son Ami avait-il succombé ? Ann paraissait aussi inquiète que lui, ils avaient envie d'aller voir, mais ne pouvaient pas, ils devaient tous deux rester là et attendre, c'était le plan.
Les mages noirs sortaient de l'ombre, certains soutenant les autres et se dirigeaient d'un pas prudent, la baguette tendue, prête, vers la maison détruite. Ils abandonnaient toute prudence, parlaient haut et s'interpellaient… Surpris et décontenancés. Ils étaient totalement surpris et décontenancés… Pourquoi ?
Maxime aurait voulu savoir pourquoi, mais, ce fut au tour d'Ann de le retenir. En tant que nécromancienne, elle ne percevait pas la présence de cadavres dans les débris, mais elle était loin et très émue, elle ne pouvait être certaine de ses perceptions. Elle avait besoin d'aide et prit alors contact avec Sara.
Lorsque la magicomage-légiste leur avait dit que son Grand Prêtre allait envoyer quelqu'un voir ce qu'il y avait à l'intérieur de la maison, Maxime ne s'était pas attendu au légendaire cavalier sans tête. Ce mort faisait réellement tout le sale boulot du Coven de Sleepy Hollow.
-Il est à la recherche de sa tête.
Pendant qu'il était dans ses pensées, Sara Wood s'était placée à côté de lui. Elle était belle malgré son inquiétude. Et tout comme Mercy, elle semblait savoir comment répondre aux questions qu'on n'osait pas dire à voix haute.
-Qui est ?
-Bien cachée, répondit Sara. Les sorts qui le retiennent au service de mon Coven y sont placés. Et nous ne pouvons pas l'en libérer. De son vivant, il a massacré la mauvaise famille et il a été maudit par un survivant : son âme est coincée dans son cadavre. Il ne trouvera jamais le repos et restera au service de mon Coven tant qu'il ne sera pas au complet.
-S'il l'était ?
-Il retrouverait son libre arbitre et redeviendrait un grand massacreur...
Bon, tout va bien. Il avait juste devant lui un mort, qui de son vivant était une boucher, et dans la mort… Une légende que l'on murmurait au coin du feu pour s'amuser à se faire peur.
-Êtes vous sûrs de votre coup ?
-Être ou ne pas être, telle est la question, Monsieur Reed !
Elle semblait s'amuser en plus ! Les femmes qui l'entouraient semblaient être toutes plus délirantes les unes que les autres...
-C'est vraiment possible, vous en êtes vraiment, mais vraiment certaine de le maîtriser s'il retrouvait sa tête? Demanda-t-il à Ann.
-C'est un mort, je suis une Nécromancienne. Et je suis sans doute la plus puissante Maîtresse Nécromancienne de ce pays. Le fait que ma grand-mère soit ma seule concurrente n'entre pas en ligne de compte, monsieur Reed.
Et en plus, il y en a deux de cet acabit. Tout va bien.
-Pourriez-vous l'emprisonner de nouveau ?
-Oui, si je suis prête à en payer le prix.
-Le prix ?
-Toute magie a un prix. Le prix de l'emprisonnement d'une âme est un vie, la mienne sauf si j'utilise une oie blanche.
-Une oie blanche ? L'oiseau ?
-Un sacrifice humain.
En effet, ça pouvait compliquer les choses… Tout va très bien. Cela allait devenir sa nouvelle devise. Blanchard n'avait pas avoué être capable d'empêcher quelqu'un de trouver le repos éternel, elle avait juste avoué qu'elle pourrait se servir de sa nécromancie pour tuer. La différence entre un monstre et un héros, c'est que le héros n'utiliserait jamais tous ses pouvoirs, gardant pour lui-même ceux qui impliquaient un danger hors contrôle pour les autres. La Nécromancienne planta son regard dans le sien, et il vit les démons contre lesquels elle se battait. Elle avait un pouvoir terrifiant, un pouvoir qu'il ne savait pas comment contrer… Et manifestement, elle luttait contre l'appel du pouvoir.
-Ce qui me fait peur est ce que Grindelwald pourra apprendre de Mercy, avoua Ann comme en réponse aux inquiétudes de Maxime.
Les informations de Mercy sur eux n'étaient plus à jour. Au pire, Grindelwald apprenait qu'il n'était pas si mort que ça, pas de quoi en faire un drame. Sauf que le ton d'Ann laissait entendre quelque chose.
-Et qu'est-ce qu'il pourra apprendre sur elle ?
-Le Remède des Neuf herbes est horriblement méconnu hors de Louisiane. Et même dans notre État, à moins de s'y connaître en magie traditionnelle de guérison… Cette potion est capable de soigner n'importe qui et n'importe quoi. Tant qu'il y a un souffle de vie dans la personne…
Oui, Sara lui avait parlé de cette super-potion et pour l'avoir lui même utilisée, il pouvait confirmer que c'était un truc génial, parfaitement infect, mais génial. Exactement le genre de chose qu'il ne voudrait pas voir tomber entre les mains d'un type qui faisait tout pour déclencher une guerre.
-Et Mercy connaît la recette.
-Pire, c'est la mère de Mercy qui l'a inventée. Je connais madame Lecay, pour sa fille, elle pourrait réduire ce monde en cendres, révéla Ann. Et il ne faut pas oublier que Mercy sait non-seulement préparer cette potion, mais, il y en a d'autres, méconnues, qu'elle sait faire également. Des potions qui feraient passer celle du Dernier Jugement pour une promenade de santé.
Oui, ça aussi il avait testé.
-Je me disais bien qu'il avait une bonne explication pour laquelle Mercy adore les potions.
-Surtout celles qui font « boum », renchérit Ann.
Cette femme se balade toujours avec quatre ou cinq potions offensives sur elle, mais c'était ce qui faisait une partie du charme de Mercy. Mais, ce n'était pas le seul problème, n'est-ce pas ?
-Ann, je ne peux rien faire si vous ne me dites pas tout.
-Son carnet d'adresse. Si Grindelwald arrive à mettre la main sur le carnet d'adresse de Mercy… Je ne suis pas la seule Nécromancienne à y figurer, et certains de mes confrères se tiennent tranquilles uniquement parce qu'il y n'y a personne pour les protéger de quelqu'un comme Mercy, s'ils devaient dévier de la bonne route. Il y a aussi des Médiums, des Voyants, des Polymorphes, des…
Ann fit un geste qui voulait dire que la liste était sans fin. Pour la première fois depuis la disparition de Mercy, Maxime se demanda s'il ne valait mieux pas que son ancienne partenaire meure. C'était horrible, et il le savait. Mais quelqu'un d'aussi puissant qu'Ann Blanchard avait peur, non était terrifiée, par l'idée que Grindelwald puisse avoir accès à ce carnet d'adresses. Le pire dans l'histoire, la chose qu'il ne pouvait pas avouer à cette femme qui lui donnait envie de courir se planquer, c'était qu'il avait vaguement évoquer ce carnet d'adresse devant Grindelwald. Il ne pouvait qu'espérer que Grindelwald n'a pas fait attention à ce qu'il disait à ce moment-là.
-Quand doit arriver le Chien Noir ? Fit-il pour changer de sujet.
-Demain, répondit Sara.
Donc, ils avaient jusqu'à demain pour trouver une piste sérieuse et il avait perdu son patron. Encore. Parfaitement catastrophique.
