Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.
Titre : Noir ramage.
Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.
« Écoutez, vous savez à quel point j'aime vous voir travailler, mais je dois préparer le 501ème anniversaire de mon pays, organiser mon mariage, tuer ma femme et Guildert à faire accuser. Je suis vraiment débordé ».
-The Princess bride.
Chapitre 49 : Ann Blanchard, ou qui veut la paix prépare la guerre.
Regina était une belle femme. Grande, caucasienne, élégante… Et mortelle. On ne devenait pas Chien Noir en gagnant un concours de gentillesse. Mais, dans tous les cas, parler avec elle de théories magiques était un véritable plaisir et une pause bien venue. Le seul problème était que le Chien Noir tout droit arrivé de Paris avait passé sa barrière magique de Protection comme si c'était du carton.
-Vos défenses étaient bonnes, mais, le feu et l'eau sont des éléments contraires. Vous auriez dû utiliser le feu et la terre par exemple.
-Je n'utilise jamais la terre pour dresser une protection, expliqua Ann.
-Pourquoi… Oh !
Oui, « Oh ! ».
-Il n'y a plus de vrai Nécromancien en Europe depuis plus de vingt ans. J'avais oublié que pour eux, la terre pouvait servir de canalisateur à leurs pouvoirs innés, expliqua Regina. Et donc dangereux à utiliser pour faire des barrières de Protection.
C'était une erreur qu'aucun combattant des Covens ne ferait. S'il y avait une chose qu'ils apprenaient, c'était quels éléments pouvaient bloquer quoi, ou, au contraire, augmenter l'efficacité de leurs sorts. Et non, dans un coven, ils n'étaient pas tous des Chiens Noirs malgré ce que les non-initiés pouvaient croire. Mais le fait que Regina n'y a pas pensé tout de suite lui apprenait quelque chose d'important : elle n'était pas une combattante.
-Ma spécialité est la guérison et la protection, se justifia Regina. C'est pour cela qu'on m'envoie pour servir de médiatrice avant qu'une situation ne dégénère.
« Oh » à son tour. Tout le monde pensait tellement au rôle de combattant des Chiens Noirs, que tout le monde oubliait qu'ils n'en étaient pas tous. Leur rôle premier était de protéger et de servir, d'être des intermédiaires, des « facilitateurs d'échanges ». Alors, dans le fond, il n'était pas surprenant que Regina ne soit pas une combattante, cela voulait juste dire que le Coven de Paris ne voulait pas voir l'un de ses combattants se mêler de cette histoire, aider l'un mais ne pas devenir officiellement partie prenante du conflit en préparation pour ne pas donner à l'autre des prétextes de représailles.
-Grindelwald a mis un sacré bazar dans entre deux des trois Covens des États-Unis et votre Congrès Magique. On m'a envoyé pour que cette situation ne vire pas au conflit ouvert. Le moyen le plus simple est de retrouver Mercy. Cela apaisera les tensions entre le Coven de la Nouvelle-Orléans et le MACUSA, expliqua Regina. Celui de Sleepy Hollow n'est rentré dans la danse que parce qu'elle a de la famille qui en fait partie. Une fois qu'il n'y aura plus de Fanatiques de Grindelwald sur leur territoire…
Le problème serait réglé au niveau des Covens. Et s'ils n'avaient plus de raisons d'être contrariés, pas en révolte contre le Gouvernement. Regina devait préserver la paix. Vu la situation, c'était sans doute la tâche la plus compliquée qu'on pouvait lui donner, car quand deux personnes veulent se battre, quasiment rien ne pouvait les empêcher de le faire. Alors que dire de gouvernants restant dans leurs bureaux pendant que leurs administrés, eux, se battaient pour de vrai...
-Je n'aimerais pas être à votre place, avoua Ann.
-Je le fais pour Mercy, elle m'a aidée quand j'en avais le plus besoin.
C'était l'un des talents de Mercy : elle attirait la loyauté. Comment faisait-elle ? Simple, elle aidait sans jamais rien demander en retour et elle ne demandait jamais rien qu'elle ne serait pas prête à faire. Si elle le voulait, Mercy pourrait faire plier n'importe quel pays, mais, elle avait une force qui l'empêchait de devenir un monstre : elle n'avait pas le goût du pouvoir. La plus grande ambition de Mercy était de vivre sa vie tranquillement. Si tout le monde pouvait être comme cela…
-Elle vous manque aussi ? Fit Regina.
-Elle va s'en sortir.
Mercy allait s'en sortir. Mercy s'en sortait toujours. Ann devait s'accrocher à cette idée pour la simple et bonne raison qu'elles avaient un pacte. Si un jour, Ann devait céder à sa noirceur, Mercy devrait l'arrêter. Ann n'avait confiance qu'en Mercy pour faire cela. Pourquoi ? Parce que son amie n'avait pas peur d'elle et que Mercy fera toujours ce qu'il faut faire, quand il faut le faire… Même si cela devait lui briser le cœur. C'était leur pacte. Leur promesse. Celle qu'elles s'étaient faite après qu'Ann ait relevé accidentellement un cimetière lorsqu'elle était enfant à cause d'une grosse frayeur. C'était la garantie d'Ann pour qu'elle ne devienne jamais un personnage d'histoire d'horreur contrairement à son arrière-grand-mère, Marie Laveau (1).
-Bluesky vient de reprendre contact, annonça Reed en rentrant dans la pièce sans prévenir. Il a une nouvelle mission pour nous.
Ils étaient déjà en train de pister, identifier et surveiller les participants du combat. Leurs sorts de Marquage fonctionnaient parfaitement. En plus de ceux que Reed avait personnellement rencontrés lors de sa mission en infiltration, ils avaient débusqué vingt-trois traîtres supplémentaires. Maxime venait de faire parvenir un mémo à Seraphina Picquery pour qu'elle favorise l'embauche d'un de ses cousins dans le service des archives du MACUSA. Ainsi il pourrait surveiller de plus près Jérémiah Andrews, obscur petit archiviste qui accomplissait consciencieusement son travail depuis des années pour le gouvernement et sans doute depuis quelques mois pour Grindelwald. Il devait avouer que Grayson et Grindelwald avaient le sens de l'organisation : grâce à ses recherches il avait déjà débusqué des infiltrés dans plusieurs des secteurs clés de l'administration. Les archives avec Andrews l'entretien des cheminettes avec Lanzutti le recrutement du personnel avec Dominik Partus Clein, etc... La liste s'allongeait de jours en jours… Un travail de fourmis qui prendrait du temps, beaucoup de temps. Si on voulait remonter le fil, il ne fallait pas le casser. L'idéal serait d'organiser un vaste coup de filet quand ils seraient tous débusqués.
Ce qui compliquait les choses c'est que tous ces traîtres n'étaient pas véritablement des traîtres… Grayson était finaud. Il y avait de vrais adeptes de Grindelwald, travaillant pour le Plus Grand Bien, qui agissaient sous leur nom propre ou en remplacement d'un disparu.
D'autres étaient des idiots, de vrais, d' authentiques crétins tel cet imbécile de Demétrios Perkins, agent d'entretien des bureaux qui tout en faisant son travail, espionnait tous les agents du service des potions et quelques hautes personnalités, dont Picquery et Marjory sa secrétaire, parce que Grayson lui avait confié qu'ainsi il aiderait le département des aurors à débusquer un traître. Quand il pensait à lui, Reed oscillait entre l'envie de rire et de pleurer devant tant de… les mot lui manquaient et Ann avait toutes les peines du monde à le calmer.
Puis, certains étaient ensorcelés, soumis à un sort d'Imperium, dans ce cas, ils n'étaient pas vraiment coupables. Mais comment démêler les vrais traîtres qui font semblant d'être soumis à un sort d'Imperium, de ceux qui le sont authentiquement… Rien qu'à penser à cela, Ann ne savait quoi proposer, peut-être préparer des litres de Véritasérum ? Maxime, lui, sentait que sa tête allait exploser... Sa solution était alors de tous les descendre, mais là, il avait un problème de conscience… Quand il avait signé son engagement chez les aurors il avait promis de faire partie des gentils...
Sans oublier la nécessité de mener des enquêtes plus approfondies pour essayer de délivrer les victimes remplacées, si toutefois elles étaient encore vivantes. Ce qui était possible, en cas de Polynectar, le sujet devait rester vivant pour pouvoir fournir régulièrement des ingrédients nécessaires à la formule.
En sus de tout ça, ils allaient maintenant devoir suivre les pistes que Bluesky trouvait en effeuillant les carnets de Mabel Marie March. Dieu merci, Reed avait trois cousins et une cousine en qui il avait toute confiance à qui il pouvait déléguer une partie des tâches.
Il entra et posa du matériel sur la table. Sa baguette, des potions, des couteaux de diverses tailles, des armes non-maj's… De quoi équiper une petite armée. L'auror étalait son matériel en l'examinant soigneusement, vérifiant leur bon état de fonctionnement. Il continuait son manège, comme s'il ne se rendait pas compte qu'il venait d'interrompre une discussion aussi importante que privée entre filles. Depuis qu'elle le fréquentait, il arrivait à Ann de se demander s' il était un vrai butor ou s'il en jouait à la perfection le rôle ? A vérité, elle se le demandait en permanence...
-Quel genre de mission est-ce ? Demanda Regina en regardant le matériel.
Ce n'était pas un auror et cela se voyait, car sinon, elle n'aurait jamais posé cette question. Ann n'était pas une auror non plus, mais elle avait compris de quel genre de mission il pouvait s'agir après la disparition de Mercy, une opération de secours. Maintenant, tout s'emboitait… Son amie d'enfance avait prévu qu'elle allait disparaître et c'était surtout pour cela qu'elle avait violemment écarté Reed, mort, il était libre d'agir comme il l'entendait. Et pour cela aussi, qu'elle avait envoyé Ann au loin, là où elle ne pouvait pas l'empêcher de mettre en exécution son plan consistant à se jeter dans la gueule du loup.
-C'est le genre de mission où l'on peut recevoir des médailles. Elles seront juste données à nos familles après notre mort, fit Reed avec désinvolture.
Regina le regardait apparemment étonnée. Ann se fit la réflexion qu'elle ne savait pas grand-chose d'elle à part qu'elle était un Chien Noir du Coven de Paris et la mère de la filleule de Mercy. Mais, comme tout le monde, Regina ne souhaitait sans doute pas mourir.
-Non, je plaisante, signala l'Exterminateur. Il n'y a jamais de médaille pour une opération noire.
Ce n'était pas drôle. Ce n'était pas drôle parce que c'était terriblement vrai. Qu'ils gagnent ou qu'ils perdent, ce qu'ils allaient faire ne serait jamais pris en compte. Ils avaient carte blanche, mais cela voulait également dire qu'ils étaient autant seuls que dans l'ombre de l'histoire.
(1)Marie Laveau (née probablement le 10 septembre 1801 et morte le 15 juin 1881 à la Nouvelle-Orléans) est une créole francophone libre et prêtresse vaudou renommée de la Nouvelle-Orléans, en Louisiane. Elle utilisait ses pouvoirs aussi bien pour faire le bien que pour faire peur. Elle a eu au moins quatorze enfants, l'une de ses filles reprit sa suite comme Prêtresse Vaudou.
