Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.

Titre : Noir ramage.

Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.


« Je suis venu te voir, parce que quand on réalise qu'on veut passer le reste de sa vie avec quelqu'un, on veut que le reste de sa vie commence le plus tôt possible ».

-William Wood à Liberté Lecay.


Chapitre 50 : Hector Bluesky, ou l'espionnage, y'a que ça de vrai...

Installé dans le petit salon propret de Sophie, il sirotait un petit verre d'alcool en réfléchissant. Sophie, sa Sophie cuisinait en chantonnant. Il adorait ce moment, essayant de monopoliser tous ses sens pour le garder toute sa vie dans sa mémoire. Ils repensait à leur arrivée et imaginait la déception de Grindelwald et sa fureur quand ses sous-fifres avaient dû lui avouer que le salon détruit de Mabel Marie était vide. Peut-être en avait-il éliminé deux ou trois ? Toujours ça de fait...

« Débarbouillés », ils s'étaient retrouvés dans cette pièce. Sophie avait déjà vidé le vase, les fleurs fanées étaient enlevées et la fenêtre ouverte pour aérer la pièce. Elle était mignonne à croquer dans sa petite robe à fleurs… Dans un coin, un carton adressé à une certaine Madame Rose Williams, 6 gardens street, New Rochelle NY.

-Madame Rose Williams ?

-Ma voisine à qui je confie mes clefs quand je m'absente. Une non-maj, nous nous connaissons depuis plus de soixante ans. Je lui ai envoyé ce carton pendant que vous avez rendu visite à ce cher Altair, en son entreprise, le premier jour de notre vie commune. Vous savez l'US Mail est très efficace, il n'a pas la rapidité de vos moyens de transport de courrier bien sûr, mais si on n'est pas pressé… Et il n'y a que trente kilomètres entre Sleepy Hollow et New Rochelle où nous sommes actuellement.

-Que contient ce carton ?

-Les archives de Mabel Marie. Je me suis dit que tôt ou tard, Palmer voudrait finir le travail, surtout que vous ne vouliez plus me laisser seule, Mon Cher Hector. Ça m'aurait bien embêtée de laisser les archives de ma sœur derrière moi, surtout qu'elles peuvent être passionnantes.

-Pourquoi ?

-Mais parce qu'elle a toujours vécu dans l'ombre des Palmer. Elle fut la secrétaire du père d'Altair, un escroc si vous voulez mon avis, qui avait pris la succession de son propre père : Archibald Altair, un très grand escroc, lui. Savez-vous qu'il a dû s'enfuir du Royaume de Grande-Bretagne précipitamment pour une sombre histoire de potions frelatées provoquant des troubles bizarres chez leurs consommateurs ? Certains grognaient comme des cochons, d'autres traquaient les vers comme les poules et avaient des plumes, etc... Quand Altair est devenu directeur de l'entreprise familiale, elle y est restée jusqu'à il y a un an quand elle a pris sa retraite. Elle était vraiment trop vieille, tous les non-maj's de l'entreprise se posaient trop de questions.

-Et ?

-Mabel Marie marquait tout sur ses petits carnets. Vous avez ici soixante ans des magouilles des Palmer et Cie et de leurs amis et connaissances. Et depuis sa retraite, elle passait son temps à espionner son village : vous avez entre autres, dans ces trois petits volumes, un an d'allées et venues vers le Manoir des Grayson, les étrangers du village, les petites choses bizarres. Je les ai feuilletés, elle était une très grande observatrice, vous savez ?

Et c'est vrai que depuis cinq jours, il s'était jeté dans la lecture des carnets. Très instructif, vraiment. Beaucoup de choses se passaient à Sleepy Hollow, si on prenait la peine d'observer. Personne ne se méfiait de Mabel Marie et elle avait beaucoup d'amis… Par exemple, elle connaissait, Marie, la cuisinière du Grand Prêtre du Coven. « Et figurez-vous, ma chère amie, que depuis quelques jours, Sam, le valet est bizarre, il ne veut plus manger mon ragoût de limaces à l'apache, lui qui en raffolait avant...» ou Déborah, la femme de ménage du maire de la ville « mon maître a changé d'habitudes, il ne veut plus que je change ses serviettes de bain tous les jours, même si elles sont sèches». Des petits riens qui devenaient significatifs si on lisait avec attention les lignes de Mabel Marie. Il établissait une liste de ces petites remarques, des gens qui avaient changé un tant soit peu ces derniers temps, qu'il passait quotidiennement à Reed, charge à celui-ci de vérifier entre autres que Sam et le Maire de Sleepy Hollow étaient bien ce qu'ils semblaient être...

Le Grand Maître du Coven de Sleepy Hollow n'avait pas été ravi d'apprendre leurs soupçons envers son valet et son entourage plus généralement. Sa première réaction avait été de vouloir convoquer Sam puis Alexander Bankers, le maire de Sleepy Hollow, pour leur proposer de s'expliquer face à son cavalier, il avait fallut toute la force de persuasion de Blanchard pour l'en dissuader et le convaincre d'attendre le bon moment pour agir. Il ne savait pas ce qui avait été dit, mais vu l'ambiance de la réunion à laquelle il assistait, ce n'était sans doute pas un concours de gentillesses. Sara Wood se tenait très droite. Malgré sa ressemblance avec Mercy, il pouvait voir leur différence. Là où l'ancienne auror aurait éclaté et fait les cent pas, sa cousine ne bougeait pas.

Ils étaient réunis pour mettre au point la suite de l'action. Le démantèlement de la cellule du MACUSA était en bonne voie, ils avaient identifié de façon certaine trente-six traîtres ou apparentés. Et avaient encore six suspects. Pour Sleepy Hollow, ils n'en étaient qu'au début. Max semblait avoir beaucoup passé de temps avec le lad et la soubrette ces derniers temps. Le maire voyaient beaucoup de gens ce qui était normal dans ses fonctions… Ça faisait autant de personnes sur qui mener l'enquête.

Hector jeta un coup d'œil à l'assemblée devant lui. La seule véritable inconnue, c'était Regina. Tout ce qu'il savait d'elle était sa fonction. Cette femme avait refusé plusieurs fois de lui donner son nom de famille. Soit elle ne voulait pas le voir fouiner dans sa vie, soit elle se cachait… Était-elle une « sang-pure » fuyant un mariage arrangé ? Vu qu'elle venait d'Europe, c'était possible. À moins qu'elle ne cherche à échapper à un époux violent. En Europe, dans la société magique, non seulement le divorce n'existait pas et l'épouse était la propriété de son mari. Elle pouvait avoir aussi des secrets qu'elle ne tenait pas à révéler… et pas forcement inavouables. De toutes façons, quelqu'un qui éludait ses questions était quelque chose qui lui mettait la puce à l'oreille. Déformation professionnelle. Quand on arrivait à son âge, on avait ses habitudes et comme il était toujours vivant et entier, il devait reconnaître que lesdites habitudes avaient du bon. Il s'efforcerait de découvrir le fin mot de l'histoire, pour lui, pour sa satisfaction personnelle. Pas par curiosité malsaine, non mais parce que dans certains métiers, la méfiance est seule garante de survie et auror était ce type de job. Après, il savait garder les secrets, même la tête sur le billot, il n'en soufflerait rien à personne il était aussi ce genre de types.

Pour ce qui était de Graves et Mercy, ils n'avaient pas la moindre idée de l'endroit où ils pouvaient être retenus prisonniers. Ils espérait qu'ils soient réunis ce qui augmentaient leurs chances de sortir par eux-mêmes ou leurs chances à eux de les délivrer sans bobo. Aux dernières nouvelles données par Mercy, Graves enfermé auparavant dans sa propre chambre avait été transféré ailleurs. Leurs liens de magie familiale avaient été coupés, elle ne savait pas exactement pourquoi et elle ne pensait pas que la raison en soit sa mort. Pour trois raisons, elle serait automatiquement inscrite sur les registres, empêchant Grindelwald d'accéder à l'intérieur du MACUSA pour y continuer son travail de sape. Contre-productif. Deuxièmement, pour produire son Polynectar, ou réussir des sorts de Transfigurations aussi réalistes, selon la méthode choisie par le Mage Noir, il avait besoin de Percival vivant. Troisièmement, et cette raison là n'était pas raisonnée, elle était juste le fruit de ses espoirs, elle l'aurait su, elle ne pouvait ne pas le ressentir au plus profond d'elle.

Elle allait fouiller les moindres recoins de de la demeure de Graves, pour trouver des indices concernant ce transfert. Elle ne pensait pas qu'il soit très loin. C'était illogique et imprudent. Grindelwald en bon dictateur, était paranoïaque et n'aurait pas confié un prisonnier si précieux à n'importe qui. Vu ce trait de caractère, affirmé chez lui, à qui que ce soit à part lui.

C'était il y a plusieurs semaines. Malgré sa demande polie… Oui, elle l'était étant donnée que son messager, également un Fanatique de Grindelwald, avait délivré le message encore en un seul morceau… Grindelwald ne lui avait toujours pas rendu Mercy. Bon, en l'appelant « son corbeau », il n'avait pas été des plus clairs, et c'était volontaire. Cela lui donnait officiellement une bonne raison de pourrir la vie du mage noir et disant que lui, il était raisonnable parce qu'il avait essayé de trouver un terrain d'entente. Oui, il préparait déjà sa défense dans le cas où la situation dégénérerait et qu'il se retrouvait devant un jury. Maintenant, il était l'heure pour lui de motiver ses troupes.

-Regardez-nous… Nous n'avons rien au commun, sauf une chose. Nous sommes là parce que pour une raison où une autre Mercy a estimé que nous devrions travailler ensemble, déclara Hector. Bien entendu, des personnes non-négligeables sont venus se rajouter. Mais au départ, qui a-t-elle choisi ? Une Nécromancienne, une magicomage-légiste et deux Exterminateurs. Elle n'a pas prévu que le travail soit propre, ou même facile. Elle a prévu qu'il serait nécessaire. Faites comme vous le voulez, mais moi, je continuerai à suivre un plan que je ne connais pas. Parce que je ne peux pas croire qu'elle n'ait pas pensé que nous aurions besoin des uns des autres.

Hector se retourna vers mademoiselle Regina non-je-n'ai-pas-de-nom-de-famille-et-même-si-c'est-faux-je-ne-veux-pas-vous-le-dire-et-puis-zut-à-la-fin-allez-embêter-quelqu'un-d'autre-nom-d'une-licorne-albinos-et-non-je-ne-suis-pas-vulgaire-Sophie-venez-lui-dire-d-arrêter-de-m'ennuyer-avec-ses-questions et sa petite souris.

-Vous n'étiez pas prévues, mais, si vous acceptez, ce sera un honneur pour moi de bénéficier de votre aide pour protéger ce pays pour lequel j'ai sacrifié tant de choses sans un seul regret.

-Mon Cher Hector, c'est une question qui ne se pose pas, nous sommes les deux doigts de la même main, ce que vous ferez, je le ferai avec vous, lui répondit Sophie en remuant posément sa cuiller dans sa tasse de thé.

Elle aimait son thé très fort et très sucré, c'était vraiment là son sens son seul défaut.

-Vous croyez que Mercy avait prévu de se faire enlever ? Demanda Regina.

-Je crois qu'elle était prête à tout pour retrouver le véritable Graves. Et que c'est pour cela qu'elle a prévu une seconde ligne d'attaque envers Grindelwald. Parce qu'elle savait que tôt ou tard, elle ne serait plus là pour prendre les décisions, fit mademoiselle Blanchard.

Oui, c'était ce qu'il semblait à Hector également. Mercy était bien du genre à prévoir un plan B à son plan Z. Même si elle n'appliquait ni l'un ni l'autre. La seule question était : quel était ce plan ? Est-ce que son ancienne protégée avait pris en compte le fait qu'ils n'oseraient pas bouger de peur que Grindelwald ne « panique » et tue ses otages ? Peut-être, peut-être pas. Impossible à dire tant qu'ils n'auraient pas remis la main sur l'animagus corbeau.

Ils allaient devoir trouver un moyen pour accéder à Grindelwald, découvrir où il pouvait avoir choisi de garder ses secrets les plus précieux.