Hinata-lou: fidèle au poste à ce que je vois xD merci pour ta review, je suis toujours contente de voir que ce que je fais te plait :D
James avait eu un peu de mal à croire à l'histoire de Gibbs au sujet des pirates fantômes.
Et s'il avait eu le choix, il aurait préféré ne pas avoir à le vérifier de si tôt.
Mais malheureusement pour lui, l'équipage de Low en avait décidé autrement.
C'est donc ainsi qu'au milieu de la treizième nuit de poursuite, alors que la plupart des hommes dormaient, qu'une terrible détonation retentit dans l'air nocturne.
Aussitôt, des cris et des coups de feu détruisirent l'ambiance paisible qui régnait jusque là sur les deux navires. Les hommes se bousculèrent pour atteindre le pont, où une dizaine de pirates fous furieux avaient déjà fait irruption.
Quand le jeune commodore arriva à son tour, il manqua se faire trancher la gorge par un poignard lancé à vive allure dans sa direction.
L'objet le frôla et alla se flanquer dans le mur derrière lui, tandis que le lanceur lui fonçait dessus en hurlant dans l'espoir d'achever le travail.
Il n'en eut jamais l'occasion.
A la place, l'épée de Norrington vint se loger dans son ventre, et il s'écroula sur le ponton, raide mort.
Le sang battant à ses oreilles, James n'entendit qu'à peine les ordres braillés par Groves depuis le gaillard avant.
Tout le monde se mélangeait sur le pont, militaires, pirates alliés ou ennemis... Tous s'amassaient dans une foule vibrante et hurlante dont James distinguait à peine les contours.
Il ne réfléchit pas, et plongea à son tour dans la mêlée, frappant, embrochant, tailladant...
-Vous n'auriez jamais du venir sur le territoire de notre capitaine! cria une voix à sa gauche.
-Vous n'avez qu'à nous rendre le notre! rétorqua une voix féroce que le commodore identifia comme appartenant à Anamaria.
-Il est déjà mort pauvre idiote! ricana un autre marin.
La jeune femme se figea un instant, avant de lâcher un hurlement rageur pour ensuite se jeter sur le type face à elle.
Et le combat reprit de plus belle, aucun des deux camps décidé à laisser le dessus à l'autre.
Néanmoins, le duo Pearl/Interceptor avait le net avantage du nombre, et leurs adversaires ne tardèrent pas à s'en apercevoir.
Bientôt, ils commencèrent à rebrousser chemin vers leur navire mais James, enragé sans vraiment savoir pourquoi par les paroles du pirate de tantôt, les suivit sans réfléchir.
Il entendit vaguement Théodore qui tentait de le ramener à la raison, en vain.
Sans réfléchir, le jeune homme se jeta sur le premier homme à sa portée et le renversa violemment au sol, prêt à l'épingler avec son épée.
Mais un autre brigand lui tomba dessus avant, et il lâcha un hurlement de douleur en sentant un sabre lui traverser l'épaule. Déséquilibré et endolori, James en vint même à lâcher son épée, qui tomba dans un tintement sec sur les planches du pont de l'Interceptor.
Sa vue commença presque immédiatement à se brouiller, à s'assombrir, puis il s'effondra au sol à son tour, inconscient.
XXXXX
Quand James revint à lui plusieurs heures plus tard, il était allongé dans le lit de sa cabine.
Torse nu sous ses draps, il sentait pourtant un bandage enserrer fermement le haut de son corps et, lorsqu'il tenta de se redresser, un éclair de douleur lui rappela ce qui lui était arrivé auparavant.
L'homme s'assit difficilement dans son lit, tous ses muscles criant de protestation.
-Ah, vous êtes réveillé, lui parvint une voix depuis l'autre bout de la pièce.
Groves était assis dans un coin, la tête toute enrubannée de bandes de coton.
-Théodore..? Où sont les pirates?
-L'équipage du Pearl est sur cette dernière. Ils n'ont subi qu'une seule perte, mais les autres sont sérieusement amochés. Quant aux autres, ils ont disparu. Enfin... Tous sauf un. On l'a mis aux fers, mais il refuse de dire quoi que ce soit.
-Nos hommes...
-Nous déplorons six morts. Les autres ne sont pas au mieux de leur forme, mais ils sont déterminés.
James hocha la tête, sentant son cœur se serrer à l'idée que certains de ses hommes, de braves et loyaux amis, aient pu trépasser.
-Commodore nous... Nous n'avons pas retrouvé votre épée... Un de ces scélérats l'aura sûrement prise... finit par chuchoter Groves, regardant honteusement son supérieur.
Le jeune homme se retrouva encore plus touché par cette nouvelle. Son épée était un gage de reconnaissance de la part du Gouverneur Swann, mais aussi d'Elisabeth et de Turner. Cette lame lui avait sauvé plus d'une fois la vie, et il se voyait difficilement combattre sans elle.
Mais il n'avait pas le temps de s'apitoyer, il avait des pirates à attraper et à ramener à Port Royal.
Ni une ni deux, James s'extirpa de son lit, ignorant la douleur lancinante dans son épaule.
-Je dois voir le prisonnier de toute urgence. Nous devons savoir où ils se cachent.
Groves le jaugea un instant du regard, puis dut comprendre que rien ne dissuaderait son supérieur.
Sans un mot, l'homme tendit ses affaires au commodore et sortit de sa cabine, les yeux toujours rivés au sol.
James s'habilla en vitesse puis le rejoignit, et ils descendirent ensemble aux cellules, après que le jeune commodore ait remercié et félicité chaque membre de son équipage, ainsi que rendu un dernier hommage à ceux tombés au combat.
Une fois arrivés à destination, James s'approcha du prisonnier d'un pas assuré, les bras croisés dans le dos malgré les protestations de son épaule blessée.
Le captif était un homme d'une quarantaine d'année, à qui il manquait au moins trois doigts et une oreille. Il était assis à même le sol et semblait juste attendre que le temps passe, résigné.
-Où est Low? demanda James de but en blanc, avide de réponses.
Mais l'homme ne répondit pas, ne jetant même pas un seul regard dans la direction de ses deux geôliers.
-Comment faites-vous pour disparaître comme ça?
Toujours aucune réponse. James s'impatientait déjà.
-Répondez! ordonna ce dernier en s'agrippant brusquement aux barreaux, sifflant de douleur alors qu'il infligeait ce mouvement à sa blessure.
Lui-même se surprit à être aussi énervé. D'ordinaire, il se montrait beaucoup plus diplomate. Mais étonnamment, dès qu'il y avait un rapport de près ou de loin avec Sparrow, sa patience fondait comme neige au soleil. Et le fait de perdre autant le contrôle sur ses nerfs ne faisait que rajouter une couche à sa frustration... Un vrai cercle vicieux.
-Je dirai rien, finit par murmurer l'homme en secouant la tête.
-Vous le regretterez, vous le savez ça? tenta Groves d'un ton glacial.
-Rien de ce que vous me ferez ne pourra égaler la torture de Low, répliqua l'autre.
James plissa les yeux avant de soupirer et reculer de quelques pas.
-Et si je vous proposais un marché? finit par essayer Norrington, sa rage refluant pour laisser la place à plus de réflexions.
Cette fois-ci, l'homme releva la tête d'un air curieux.
Bien.
-Je m'engage à vous placer sous protection, et, une fois que Low sera pendu, vous serez gracié et pourrez reprendre une vie honnête.
-C'est alléchant mais... Comment savoir si vous tiendrez parole?
-Vous en aurez la preuve lorsque je laisserai Sparrow filer librement. De plus, vous n'avez pas vraiment le choix, je suis votre meilleure garantie de survie.
L'homme ne sembla même pas hésiter avant d'accepter l'offre de James, ce qui le déconcerta quelque peu. Il savait que les pirates n'étaient que rarement honnêtes et fidèles, mais là, c'était plus que surprenant.
-Je sais à quoi vous pensez m'sieur. Low n'est pas un homme avec qui vous voudriez travailler. Il nous buterait juste pour passer le temps. Mais la plupart de ses gars ont trop peur des représailles pour filer. Faut dire que le salaud a pactisé avec le Diable.. Il est tout puissant maintenant.
-Comment ça? De quel pacte parlez-vous? Est-ce que ça a un rapport avec la façon dont vous aparaissez et disparaissez?
Maintenant qu'il se savait protégé, le pirate semblait être devenu beaucoup plus loquace, au grand ravissement de James.
-Ouais. On fait ça grâce à des amulettes qu'il nous a filées. Comme je venais juste de rejoindre l'équipage, c'était la première fois qu'ils m'en filaient une. Elles nous permettent de nous déplacer instantanément d'un endroit à un autre. Mais elles sont maudites moi j'vous le dis.
Le commodore hocha la tête. Bon, au moins, il savait enfin comment faisaient ces types pour leurs attaques surprises. Le problème était qu'ils pouvaient sûrement recommencer à volonté.
-Comment mes hommes vous ont-ils attrapé dans ce cas? Vous auriez pu disparaitre aussi non?
-J'ai fait tomber mon amulette. Un de vos gars l'a chopée avant que j'ai réussi à la récupérer.
James se tourna vers Groves, qui confirma d'un signe de tête.
-On l'a rangée en sécurité, ne vous en faites pas.
-Comment s'en sert-on?
-C'est facile, lui expliqua le pirate. L'amulette est composée de plusieurs cercles. Sur chacun d'eux, il y a des chiffres. Vous n'avez qu'à tourner les cercles jusqu'à obtenir la latitude et la longitude que vous voulez. Ensuite, vous appuyez sur le cercle du milieu et vous atterrissez où vous le désirez.
Le commodore se sentit retrouver de l'espoir grâce à ça. Même s'il leur restait encore à trouver le navire de Low, au moins, il savait qu'ils pourraient s'y rendre facilement, au moins pour vérifier combien ils étaient ou pour semer un peu de pagaille avant une potentielle attaque.
En revanche, ce qui l'inquiétait, c'était la facilité avec laquelle cet homme dénonçait son capitaine. A quel point Low pouvait-il être monstrueux pour que l'un de ses matelots le balance sans hésiter?
Cela ne fit qu'accentuer la nervosité de James. Si Low terrorisait ses hommes et était réellement prêt à les tuer pour n'importe quel prétexte, avait-il encore seulement une chance de trouver Sparrow en vie?
-Où se trouve votre capitaine en ce moment? reprit le jeune homme en refoulant son angoisse du mieux qu'il put. Est-ce qu'il a un port d'attache à lui quelque part sur une île?
-Je sais pas vraiment, j'ai été recruté y a seulement quelques jours, j'avais besoin de me faire un peu d'argent vous comprenez... Mais d'après ce que j'ai pu entendre, il passe pas mal de temps sur une île au sud ouest... Elle est infestée de cannibales, du coup personne ose s'en approcher. Mais lui il a un marché avec eux, il leur ramène des prisonniers pour leurs festins, et en échange il peut s'amarrer quand il veut dans une de leur crique.
-Vous avez déjà vu cette île? Vous pourriez nous la décrire?
Mais le pirate secoua négativement la tête.
-J'y ai jamais mis les pieds... Et franchement, je vous le conseille pas.
James soupira et réfléchit un moment.
-Vous avez dit que grâce aux amulettes vous pouviez vous déplacer instantanément d'un endroit à un autre... Donc juste avant l'attaque, vous étiez proche du navire de Low?
-Non... En fait, il a délimité son territoire sur une certaine partie de la mer des Caraïbes, et nous, on fait des patrouilles tout du long. On devait avoir fait trois ou quatre bonds quand on est tombé sur vous... C'était plus du hasard qu'autre chose. Comme la première fois que Low a attaqué la Pearl. Et si c'est le but de votre question, sachez que j'ignore totalement où le White Lady peut être en ce moment.
-Si je comprends bien, on va devoir continuer à naviguer à l'aveugle en espérant tomber sur eux, souffla Groves en se massant le front, désemparé. Écoutez Commodore, on devrait peut-être retourner à Port Royal pour essayer d'avoir du renfort... Si Low a une flotte entière on ne pourra pas-
-Et dans quel état va-t-on retrouver Sparrow si on prend encore un mois pour retourner là-bas et réclamer de l'aide?! éclata soudain James.
Théodore tressaillit et recula d'un pas, ahuri.
Son ami se figea brutalement, le fixa quelques secondes puis ressortit des geôles comme une furie.
Le plus jeune resta un instant stupéfait avant de lui emboiter le pas, soucieux de savoir comment allait Norrington.
Il le retrouva sur le gaillard arrière, appuyé contre le bastingage, la tête dans les mains.
-Monsieur, tenta Théo en s'approchant.
-Ne dis rien, murmura James, atterré. Je ne sais pas ce qui m'a pris. Mais l'idée de devoir abandonner un homme, aussi immoral soit-il, à un fou dangereux comme Low... Ça me révulse.
Groves n'en fut aucunement dupe, James en était convaincu. Mais son ami de longue date ne fit aucune remarque, il se contenta de venir tapoter l'épaule du plus vieux dans un geste de soutien.
-Nous allons aller à cette île pour commencer. Nous avons besoin de vivres, et avec un peu de chance, Low viendra aussi refaire ses stocks.
-Et si c'était déjà trop tard? Et s'il était déjà mort? chuchota James, les yeux dans le vague.
-Pensez-vous qu'il le soit? demanda doucement son ami.
L'autre le regarda avant de sourire tristement.
-Non. Il est trop coriace pour ça.
Théodore lui rendit son sourire, avant de reculer.
-Nous le retrouverons vivants Commodore, je n'en doute pas un seul instant.
-Mais dans quel état? questionna James une fois que Groves se fut éloigné pour donner de nouvelles directives.
Mais l'océan ne lui donna aucune réponse, et il soupira, avant de passer un doigt nerveux sur ses lèvres, l'esprit à nouveau envahi de souvenirs du pirate.
-Alors comme ça, mon petit oiseau refuse de s'alimenter? demanda Edward un matin qu'ils arrivaient en vue d'une grande île tropicale que Jack n'avait jamais vu.
Exceptionnellement, Sparrow avait eu le droit de sortir se dégourdir les jambes. Enfin, plutôt la jambe.
Mais il n'était pas stupide, Low ne l'avait fait sortir de sa cage que pour l'humilier, lui, le seigneur pirate des Caraïbes réduit à un infirme claudiquant à l'aide d'une béquille pleine d'échardes.
Sauf qu'en tant que Jack Sparrow, il réussissait tout de même à garder de la dignité, même vêtu uniquement d'un pantalon déchiré et troué au possible, et aux cotes presque saillantes. La tête haute, il encaissait les rires et les croche-pieds sans broncher, ce qui avait le don d'énerver tout le monde à bord, ce dont il était particulièrement fier.
-Ton petit oiseau se nourrira quand on lui donnera à manger. Pas quand on essaiera d'endormir ses sens avec de la drogue bon marché, rétorqua Jack, les yeux fixés sur l'océan.
Il ne prit même pas la peine de regarder une seule fois Low, même lorsque ce dernier lui agrippa le menton dans son énorme paluche, tournant de force son visage vers la face calcinée de son tortionnaire.
Pas un instant ses yeux ne quittèrent l'étendue bleutée près de lui. Low avait commis l'erreur de lui laisser la revoir, et il sentait déjà ses forces et sa détermination lui revenir, gonfler dans son cœur comme les voiles de sa Pearl un jour de grand vent.
Sans la mer, il devenait fou. Avec elle, il devenait dangereux.
Même estropié, même aveugle, même agonisant.
-Tu mourras plus vite, c'est tout ce que tu vas réussir à faire, grogna son geôlier, plantant ses ongles dans les joues de son captif.
-Et comme ça je serai débarrassé de ta queue de rat, rétorqua Jack avec verve.
Oh certes, il avait déjà fait plus poétique. Mais il était fatigué, affamé, et surtout, furieux. Autant dire qu'il avait laissé toute sa fausse gentillesse au fond de la cale.
Low plissa son unique œil valide et resserra sa prise sur le visage tuméfié de Jack, qui se contenta de grimacer.
-Attention petit moineau, n'oublie pas où l'insolence te mène. Il ne te reste plus grand chose à perdre, mais je pourrais encore trouver des choses à couper.
Son autre main se glissa entre les jambes de son adversaire et serra. Jack se sentit aussitôt pâlir. Low éclata de rire en le voyant, et relâcha bientôt sa prise.
-C'est bien, je vois qu'on s'est compris. Alors sois un bon poussin, et évite de faire ou de dire trop de bêtises, compris?
Jack hocha faiblement la tête, encore coincé par la grosse main de l'autre.
-Je savais qu'on arriverait à un terrain d'entente. Bien, on va te raccompagner à ta cage avant qu'il te vienne plus de mauvaises idées, finit par annoncer Low en faisant signe à un de ses hommes.
Jack nota avec joie que Low avait demandé à un de ses hommes les plus musclés. Soit il était le seul disponible, soit son geôlier avait vraiment peur de lui. Si tel était le cas, il en était ravi.
Le gaillard s'approcha et saisit rudement le captif par son bras droit, avant de le trainer derrière lui.
Mais, alors qu'il allait le pousser vers les escaliers, un navires apparut brusquement à côté du White Lady.
Sur le pont, un homme maigre au visage cireux faisait des signes à Low.
-Ah Harris, te revoilà! s'écria ce dernier. La chasse a été bonne?!
-Merveilleuse cap'taine! répondit l'autre type. On a pillé trois navires marchands, on a de quoi se payer tout un bordel avec ça!
-Parfait! On va déposer le surplus sur l'ile et repartir s'en jeter un p'tit à Tortuga! s'enthousiasma Low en hochant la tête d'un air approbateur.
Jack regarda l'échange sans grand intérêt, avant qu'un des marins d'en face, debout sur le bastingage, n'attire son attention.
Ou plutôt, ce qu'il tenait à la ceinture.
-Cette épée... balbutia Jack.
La réalisation le frappa de plein fouet, et les griffes de la panique vinrent aussitôt lui enserrer le cœur.
Avec un hurlement d'effroi, il parvint à se libérer de l'homme qui le tenait et qui visiblement ne s'attendait pas à une telle rébellion de sa part, et se précipita vers le parapet, prêt à se jeter sur le type à l'épée, toutes griffes dehors.
Il ne sut même pas lui-même comment il parcourut la distance le séparant du bord aussi vite avec une jambe invalide, sûrement grâce au savant mélange de peur, de fureur et d'envie de meurtre qui coulait dans ses veines.
Toujours est-il qu'il failli parvenir à son objectif, malheureusement, alors qu'il allait plonger, les deux bras de Low se refermèrent sur sa taille et le jetèrent au sol.
Il s'effondra lourdement sur le pont et resta immobile, le souffle coupé, sa jambe criant au supplice.
-Je peux savoir ce qui t'a pris?! gronda Edward en venant écraser sa jambe avec sa botte.
Jack cria et essaya aussitôt de le chasser, sans succès.
Des larmes lui brûlaient les yeux, mais il n'en versa aucune.
-Cette épée... Où tu l'as eue?! hurla le pirate à la place en lançant un regard meurtrier à l'homme qu'il visait quelques secondes avant.
Low, ainsi que le reste de l'équipage, parut stupéfait.
Jamais auparavant Sparrow n'avait semblé si débordant de haine.
Intrigué, le capitaine fit signe à son homme de main.
-Réponds à sa question, que je sache ce qui le met dans cet état!
-Je l'ai prise à un crétin qui essayait de venir sur le Ranger! Je l'ai embroché bien comme il faut et il l'a lâchée... J'me suis dit que ce serait dommage de gâcher, comprenez...
Jack sentit sa fureur disparaitre d'un seul coup. A la place naquit un profond sentiment de chagrin et de solitude. Il se laissa retomber au sol, les yeux grands ouverts, inexpressifs.
Low le regarda avec curiosité, avant qu'un sourire ignoble ne vienne étirer ses lèvres écorchées.
-Dis donc Jack, tu n'aurais pas oublié de me dire quelque chose? Tu as un chéri Sparrow? Eh bien, quel dommage que je n'ai pas eu la chance de le rencontrer de son vivant, on se serait bien amusés tous les trois. Enfin, ce n'est pas grave, tu le rejoindras bientôt de toute façon!
Mais le plus petit ne l'écoutait même pas. Son esprit vagabondait aléatoirement, tandis qu'il revoyait en boucle le visage de James Norrington dans sa tête.
Puis il se souvint du jour où l'équipage de monstres les avaient attaqués.
Juste avant d'être pris, parce qu'il savait, au fond, que Low venait pour lui, il avait confié son compas à Gibbs. Il l'avait prié de le remettre au commodore, parce qu'il était persuadé qu'il était le seul à pouvoir le retrouver. Son instinct avait toujours bon pour ces choses là, il ne doutait pas un instant que James viendrait le chercher.
Contrairement à ce que tout le monde pensait, le jeune homme et lui s'étaient revus de nombreuses fois après sa suite de Fort Charles.
La première fois avait été catastrophique. Jack venait prendre des nouvelles de Élisabeth et Will, manque de chance, il avait débarqué au beau milieu d'un dîner avec Norrington. Sans l'intervention de ses amis, il aurait fini trucidé par le commodore. Heureusement, il avait réussi à filer avant que ça n'arrive.
La deuxième fois, il était allé directement à Fort Charles, où il savait qu'il pourrait trouver James, dans l'intention de s'excuser d'avoir gâché son rendez-vous avec les Turner. Ça s'était soldé par lui plongeant encore une fois dans la mer pour échapper aux coups de feu des soldats. Mais au moins, le commodore avait semblé amusé par sa démarche, bien qu'il ait voulu le cacher sous une expression d'agacement qui ne trompa absolument pas Jack.
Et puis il avait réussi à le revoir à de nombreuses reprises, son obsession pour cet homme grandissant au fil des jours. Il en venait même à rêver de lui parfois, tantôt d'une manière amicale, tantôt d'une façon qui aurait fait rougir même la pute la plus dévergondée de l'histoire. Eh, il restait un pirate tout de même!
Et l'idée de jouer avec le feu, et surtout d'atteindre le si parfait et si incorruptible commodore James Norrington avait de quoi l'émoustiller au plus haut point. Il était un homme de challenge, et celui-là lui donnait du fil à retordre, ce qu'il appréciait grandement.
En tout cas, il était ravi de se dire qu'ils s'étaient découvert de nombreuses affinités, une fois la barrière du "je dois vous pendre espèce de pirate" dépassée.
Et ils s'étaient lentement rapprochés au fil de ses visites, jusqu'au jour où Jack en avait eu assez de tourner autour du pot.
Sans réfléchir, il avait franchi les limites qu'il s'était lui-même imposées et avait osé embrasser le commodore, avant de se volatiliser dans la nuit, sans intention de revenir.
Mais le jour où Low avait pris le Pearl, la partie la plus noire de son esprit, celle où se terraient ses plus sombres désirs, il avait pensé que, peut-être, avec un peu de chance, James Norrington, le prodige de la Royal Navy, la personnification même du devoir, de la loyauté et de la justice, s'était entiché de lui, et qu'il allait tout mettre en œuvre pour le retrouver.
Pendant un bref instant, Jack s'était vu secouru par un homme ayant pourtant juré de le faire pendre, comme s'il était un genre d'héroïne de conte de fée, et James son preux chevalier.
Mais on n'était pas dans un conte de fées.
James était mort à présent, et lui était seul.
Les paroles de Low lui revinrent en tête au moment où ce dernier le jetait dans sa cellule.
Il était abandonné, personne ne viendrait le chercher désormais. Il finirait sa vie sur ce rafiot, à servir de putain à tous ces ivrognes.
Un grognement rauque lui échappa à cette pensée.
Oh non, il ne se laisserait pas faire. James était mort, son équipage sûrement en fuite à l'heure qu'il est. Il n'avait donc plus rien à perdre.
Une terrible pensée se fraya aussitôt dans son esprit, et il sourit, enfin décidé.
Low allait payer, il y veillerait.
-On arrive en vue de l'ile, on devrait y être dans la soirée, annonça Gillette alors qu'ils apercevaient une grande masse verte et brune au loin.
James hocha la tête, puis se tourna vers ses hommes.
Il attendit un instant, avant que Gibbs et Anamaria n'apparaissent sur le pont de l'Interceptor. Le duo avait été envoyé sur l'ile en éclaireurs quelques heures auparavant, afin de voir où ils pourraient accoster, si leurs ennemis étaient là etc.
-Le navire de Low est dans une crique à l'est de l'ile, ainsi que deux autres bâtiments, informa la jeune femme. Ils refont leurs stocks de vivres d'après ce que j'ai pu voir. Je n'ai vu qu'un ou deux gars sur les bateaux, le reste est à terre, occupé à picoler comme des porcs.
-Avez-vous réussi à localiser Sparrow?
-Malheureusement non. M'est avis qu'il est détenu quelque part dans le White Lady, répondit Gibbs.
-Bien. Merci à vous deux. A présent messieurs, nous allons vous exposer notre plan.
Tous les hommes se turent, aussi bien pirates que militaires.
-Premièrement, nous attendrons la nuit, puis enverrons trois hommes sur le White Lady pour essayer de trouver Sparrow. La priorité est de l'éloigner des navires avant de passer à l'attaque. Il s'agira donc d'une mission d'infiltration, qui devra se faire dans la plus grande discrétion. Je serai le chef de cette opération. Une fois Sparrow hors de danger, nous enverrons le Pearl. Comme démontré à Fort Charles, sa couleur, sa vitesse ainsi que son talent pour la dissimulation sont des atouts majeurs pour ce genre de choses. Le but sera de canonner un maximum les navires, puis l'Interceptor se joindra à eux afin d'achever le travail. Des questions?
Personne ne broncha, mais James savait qu'ils étaient tous à cran.
Ils n'avaient qu'une seule chance, une fois dans la crique, il serait trop dur d'en sortir, surtout avec trois navires ennemis les bombardant.
Et ils n'avaient plus le temps de préparer un plan plus complexe et travaillé que ça, le commodore le sentait.
Avec un frisson, l'homme tourna la tête vers l'ile qui se dressait devant eux.
-Ne faites rien d'idiot Sparrow, je vous en prie. Notre survie en dépend, murmura James en levant les yeux vers la lune, comme une prière silencieuse.
J'essaie vraiment de bosser sur les sentiments de James et Jack, est-ce que vous arrivez à ressentir leur attachement l'un envers l'autre ou est-ce que vous pensez que je devrais m'appliquer davantage dessus?
