Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.

Titre : Noir ramage.

Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.


« Je jure devant Dieu, je jure devant Dieu que je ne me laisserai pas abattre ! J'aurais le dernier mot et lorsque ce cauchemar sera terminé, je jure devant Dieu que je ne connaitrais jamais plus la faim ! Non ! Ni moi-même, ni les miens ! Dussé-je mentir, voler, tricher ou tuer, je jure devant Dieu que je ne connaitrai jamais plus la faim ».

-Autant en emporte le vent, Scarlett O'Hara.


Chapitre 51 : Porpentina Goldstein, ou le retour de baguette.

Tina avait l'impression qu'elle… Elle ne savait pas. Grayson lui lança un regard compatissant pendant qu'elle mettait ses affaires dans un carton. La dernière fois qu'il s'était passé une scène comme celle-là… Personne ne l'avait vue. D'après ce qu'elle avait entendu dire, un matin, sans prévenir, le bureau d'un Exterminateur était totalement vide. Pas même une feuille de papier. Ce dernier avait profité de la nuit pour récupérer ses affaires. Il parait qu'il serait parti refaire sa vie à l'autre bout du pays. Personne ne connaissait les raisons de son départ. Mais, au moins, il n'a pas eu la honte de devoir affronter le regard de ses collègues. Cette histoire datait d'il y a deux ans, et plus personne n'en parlait vraiment. Tout ce qu'elle savait, c'est qu'évoquer cette histoire contrariait aussi bien Graves que Bluesky. À l'époque, Porpentina n'y avait pas prêté attention, maintenant, elle se disait qu'elle aurait dû. Peut-être que sa sœur se rappellerait qui était cet auror et ce qu'il avait fait pour être prié de disparaître ainsi.

Tina n'avait pas honte de ce qu'elle avait fait. Elle avait protégé un innocent. Si c'était à refaire, elle le referait. Mais, devant le scandale, le Présidente l'avait rétrogradée. Madame Picquery la laissait travailler encore au Congrès Magique uniquement pour enterrer le scandale au plus vite. Porpentina devait avouer que ce mois de novembre commençait mal pour elle : elle perdait un métier qu'elle adorait et avait depuis un emploi uniquement pour qu'elle ne fasse pas de vagues.

C'est monsieur Graves qui était intervenu pour empêcher son renvoi pur et simple. Une nouvelle fois, il était venu au secours de l'un de ses aurors, Tina lui en était reconnaissante, mais, elle ne savait pas si elle n'aurait pas préféré ne plus avoir d'emploi plutôt que de savoir que dans les semaines à venir, elle allait continuer à croiser ses collègues, anciens collègues, tous les jours. La nouvelle qu'elle allait travailler au Service du Permis de port de baguette magique… Même les femmes de ménages étaient plus considérées que ceux qui y travaillaient.

Croyance… Tina ne regrettait pas d'être allée à son secours. Elle aurait juste aimé pouvoir faire plus pour lui, plus pour l'aider. Sa mère était un monstre. Pas parce que Mary Lou Bellebosse prônait les Chasses aux Sorcières et un retour des Procès de Salem, mais parce qu'elle battait ses trois enfants. Et le faisait ouvertement. Lorsque Tina était intervenue, cette… mégère était en train de battre son fils devant une assemblée de ses cinglés de fidèles.

Mary Lou se donnait des airs de sainte en donnant gracieusement à manger aux enfants pauvres contre le menu service de distribuer ses tracts haineux. Pour continuer à se donner l'image de quelqu'un de bien, elle adoptait des enfants dans le besoin, bien entendu, elle les avait renommés selon des vertus qu'elle proclamait nécessaires : Chastity, Croyance et Modesty. Il en fallait bien plus pour tromper un sorcier nord-américain, cela faisait des siècles que les Bellebosse essayaient de détruire la Magie : leur ancêtre un Ratisseur (1), puis Bartholomé Bellebosse qui fut à l'origine de la plus grande infraction au Code du Secret Magique(2), et maintenant elle… Ce n'était qu'une liste de noms, mais une liste parlante. Par chance, Mary Lou n'avait pas d'enfant biologique, sa lignée maudite prendrait donc fin à sa mort.

Il ne fallait pas oublier que madame Bellebosse marchait sur les traces de ses ancêtres avec l'association qu'elle avait créé : la Ligue des Fidèles de Salem. Association qui se cachait derrière une idée de « plus grand bien » pour provoquer morts et carnages. Pour juger du danger, Tina avait été envoyée assister à quelques réunions. C'est à la dernière qu'elle avait craqué et attaqué Mary Lou alors qu'elle frappait son fils sous un prétexte futile sans que personne d'autre n'intervienne.

Leurs rassemblements n'étaient que des déchainements de haine, ces extrêmistes prônaient la destruction pure et simple de tous ceux qui étaient différents : les sorciers, les malades mentaux, les marginaux, les homosexuels, les mères célibataires, les minorités… Bref, en un mot tous les autres. Le pire dans l'histoire, c'est que certains des membres emmenaient leurs enfants à ces « réunions ».

Bien entendu, très vite, Tina avait compris qu'elle n'était pas la seule auror dans la pièce, quand les sortilèges de Stupéfaction avaient commencé à frapper les témoins de la scène. Cela avait sauvé la tête de la jeune femme, car si un seul non-maj' s'était mis à parler de sorciers avec pour preuve ses souvenirs, elle aurait connu un sort similaire à celui de Dorcus Douzebranches(2). Peut-être même pire, car elle, étant orpheline quasiment sans famille, elle n'avait pas de puissante famille pour la protéger.

Lorsqu'elle entra dans l'ascenseur, son carton dans les bras, Rouxi ne lui demanda pas à quel étage elle allait. Maintenant, tout le Congrès Magique devait savoir qu'elle était rétrogradée… Surtout après la remontrance que lui avait fait subir la Présidente Picquery.

Tina déposa son carton sur le bureau. Elle avait pour seuls collègues visibles des machines à écrire qui tapaient seules. C'était un endroit où elle ne risquait pas de faire de vagues… Maintenant, elle regrettait vraiment de ne pas s'être fait renvoyer pour avoir enfreint le Code du Secret Magique. Non, c'était faux. Elle avait fait ce qui était juste. La seule chose qu'elle regrettait, c'était d'être punie pour cela et de ne pas avoir totalement pulvérisé cette folle de Bellebosse.

-Tout va bien, Tina ?

L'ancienne auror se retourna vers sa petite sœur. Au moins, elle ne sera pas seule avec Queenie dans les parages. Queenie, si ravissante avec des cheveux blonds coupés court et parfaitement coiffés, son large sourire si franc, ses yeux bruns largement ouverts qui donnaient à ceux qui la regardaient l'impression d'être les personnes les plus importantes du monde, sa robe parfaite qui mettait élégamment en valeur ses formes, était là pour l'accueillir, lui prouver qu'elle n'était pas seule et que son monde n'était pas fini, son tour reviendrait. L'espoir reprenait sa place en son coeur, elle s'en sortirait tant qu'elles seraient ensemble.

-Bonjour Mademoiselle Godstein. Je vois que vous êtes arrivée à l'heure et que vous avez pris possession de votre bureau. Comme vous le savez certainement, je suis Monsieur Abernathy, votre chef de service et en tant que tel, j'entends que vous me respectiez et que vous observiez toutes mes recommandations à la lettre. Je sais que vous pensez faire maintenant partie d'un service de second ordre, sans réelle importance où vous pourrez faire ce que bon vous semble. Il n'en est rien ! Sachez qu'au contraire j'estime que mon service est primordial, en référençant toutes les baguettes émises et utilisées par les sorciers, nous sommes un rouage indispensable à la bonne marche de ce MACUSA. De plus, j'estime de mon devoir de chef de ce service d'être intransigeant avec mes subordonnés. Je vous surveille et n'hésiterai pas à sévir à la moindre incartade. Avec moi, vous n'aurez pas loisir à faire des incongruités telles celles que vous avez commises précédemment… Au moindre écart, je vous casse ! Avez-vous bien compris Mademoiselle Godstein ?

-Oui, parfaitement, Monsieur Abernathy.

-Très bien dans ce cas, mettez-vous au travail. Vous trouverez là-bas, sur l'étagère cinquante-six un tas de formulaires de demandes de permis de port de baguette à réactualiser et à classer. Vous devez pour chaque demande vérifier l'identité du demandeur, son âge, son habilitation au port de baguette, le type de baguette qui lui est destiné, ses antécédents d'abus d'usage de baguette, s'il n'a pas commis l'erreur impardonnable de faire plusieurs demandes et ainsi de posséder plusieurs baguettes ce qui est rigoureusement, vous m'entendez bien, Mademoiselle Goldstein, rigoureusement interdit. Quand vous aurez fait cela, que tout est conforme aux règlements en vigueur dans ce MACUSA, vous délivrerez un permis provisoire de port de baguettes, que vous transmettrez à Madame Zezabelle Smithy, votre collègue qui ré-effectuera les contrôles afin de pratiquer un « double-tamponnage » du permis provisoire. Ensuite, si tout est aux normes, Monsieur Arturo Sanchez, mon adjoint émettra un permis probatoire de trois mois. Puis si tout est en règle à la fin de ce délai, JE délivrerai un permis définitif de port de baguette magique, soumis bien entendu à un ré-examen dans deux ans. Comme vous le voyez, Mademoiselle Godstein, j'ai institué un fonctionnement dans mon département très minutieux et je vous demanderai de vous y conformer. Ici, pas d'initiatives, le règlement et rien que le règlement. Quand vous en aurez terminé, Monsieur Arturo Sanchez se fera un devoir de vous indiquer quelle autre tâche sera la vôtre.

Ceci dit, « Monsieur » Abernathy repris son souffle. Plus que tous les revers et les vexations subis ces dernières heures, cette tirade avait achevé Tina. Jamais, elle ne pourrait supporter tant d'inutilité dans l'exécution de son travail. Du haut de sa quarantaine, rasé de frais, peigné la raie basse sur le côté droit, les cheveux passés à la brillantine, la cravate serrée sur un col blanc amidonné, le costume sombre fermé, « Monsieur » Abernathy se voulait une stature de haut fonctionnaire du MACUSA. Pour cela, il avait pris l'habitude d'un regard hautain et distant, d'un ton de voix froid et sévère envers tous. Il prenait un plaisir certain à user de sa position d'obscur chef du plus pitoyable département du MACUSA pour écraser ses subordonnés. Ce n'était pas possible autrement.

Sauf… quand cet homme impitoyable se tournait vers la si délicate, fragile et surtout si blonde Queenie… Avec elle, il devenait miel et indécis, prêt à sortir un mouchoir si par hasard une de ses demandes lui était insupportable et la faisait pleurer. C'était une des grandes forces de Queenie : sa gentillesse et sa délicatesse affichées cachaient une énergie et une volonté peu communes.

Même si Queenie le menait pas le bout du nez. Porpentina prit la décision de se faire suffisamment petite pour un jour pouvoir retrouver sa place d'Auror, tout en gardant un œil sur les Fidèles de Salem.


(1)Les Ratisseurs sont des sorciers corrompus opérant aux États-Unis aux XVIIe siècle qui pourchassaient leurs semblables par appât du gain. À l'origine, le but premier du MACUSA était de les combattre. Leur plus grand fait d'arme a été Les Procès de Salem : ils y ont vendu aux puritains des non-maj's mais également des sorciers.

(2)Bartholomé Bellebosse est né au XVIIIe siècle, il est le descendant d'un Ratisseur. Un jour de pique-nique, Bartholomé rencontre une jeune fille du noms de Dorcus Douzebranches qui tombe amoureuse de lui. Celle-ci exécute quelques sortilèges pour lui plaire, mais Bartholomé ne tomba pas sous le charme. Il la manipula pour qu'elle lui révèle l'emplacement du Congrès Magique et d'Ilvermorny, lui donne plusieurs informations sur la façon dont la Confédération Internationale des Sorciers protège et dissimule la communauté magique et lui prendre sa baguette. Bartholomé montre la baguette de Dorcus à un maximum de journalistes. Il rassemble ensuite des armes et des amis avant de se mettre en quête de persécuter et tuer tous les sorciers aux alentours. Ensuite, il écrit à des non-maj's influent et certains d'entre eux estiment qu'il faut ouvrir des enquêtes sur la présence ou nom de groupes occultes dans leur pays. Obsédé par son désir de révéler l'existence de la sorcellerie, Bartholomé s'emporte et tire sur ce qu'il croit être un groupe de sorciers du MACUSA, qui était en réalité de simples non-maj's qui se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment. Personne n'est tué, mais Bartholomé est arrêté et emprisonné sans que le MACUSA n'ait besoin d'intervenir.

La Présidente du MACUSA de l'époque, Emily Rappaport, est obligée de reconnaître qu'il n'est pas certain que toutes les personnes sans pouvoir ayant été mises au courant des informations révélées par Dorcus avaient bel et bien été amnésifiées. Suite à ces événement, la présidente créa la loi Rappaport, imposant une ségrégation stricte entre les sorciers et les Non-maj's.

Quant à Dorcus Douzebranches, elle fut emprisonnée un an, son père perdit son emploi, et elle finit ses jours isolée avec une seule compagnie un miroir et un perroquet. De plus, son prénom donna naissance à une insulte en argot américain désignant une personne inapte à la réflexion, incapable de prendre une décision, dépourvue d'intelligence…