Hinata-lou: euuuh franchement si ça tu appelles du retard, qu'est-ce que je suis moi? XD

Merci pour ta review, je te guette encore et toujours, et ça me fait vraiment plaisir de voir que tu me suis avec autant d'intérêt, je ne cesserai jamais de le répéter :D

Sinon en effet, j'ai wattpad, j'écris (rarement) sous le pseudo Sushivore ;) j'ai aussi Ao3 sous le même nom, si jamais!

Et je serai ravie de te lire! :D

KuramaKyubi: j'essaie vraiment de trouver un équilibre en fait, parce que ni James ni Jack ne sont du genre fleur bleue, et qu'ils sont tous les deux bien maladroits question sentiments... Donc c'est assez compliqué à écrire pour moi, j'essaie de m'appliquer à démontrer leurs sentiments tout en respectant les personnages... En tout cas, merci pour ta review, j'essaie sincèrement de renforcer leur lien et de le montrer davantage (je dis ça alors que dans ce chapitre il est quasi inexistant nan mais quelle ironie j'te jure xD).. Encore merci de ta fidélité en tout cas, ça fait chaud au coeur :)

SparrowForEver: rien à faire, je n'arrive pas à voir Jack comme étant faible ou se laissant facilement battre. Pour moi, c'est un homme qui a été trop souvent trahi et abandonné, ce qui n'a fait que le rendre encore plus solide, du moins en apparence.

Je veux dire, il s'est quand même acharné dix ans, sans navire ni équipage, pour retrouver Barbossa! Dans le genre coriace on est quand même à un sacré niveau xD je pouvais donc juste pas en faire une lavette qui s'effondre au premier obstacle! C'est un pirate qui a grandi dans une famille de dur à cuire, j'étais obligée de respecter cet aspect là de sa personnalité!Donc ouais, j'essaie de montrer ce petit côté "vu de l'extérieur rien ne peut me battre, mais à l'intérieur je reste quand même un humain" qui va si bien à notre cher Capitaine!En tout cas, heureuse de savoir que ça te plait, et merci pour ta review :D


Il y avait un avantage considérable à avoir une jambe en moins, à se montrer docile et à faire semblant de dépérir tout seul dans son coin.

Au bout d'un moment, plus personne ne voyait en vous une quelconque menace. Surtout pas si vous étiez entouré d'idiots finis, incapables de voir plus loin que l'apparence que vous vouliez bien leur montrer.

C'est donc grâce à ses talents de comédien hors pair que Jack parvint à se faire passer pour une coquille vide, ne répondant que par monosyllabe, mangeant tout juste assez pour se maintenir en vie...

Même Low avait fini par baisser sa garde.

Grossière erreur.

Mais Jack n'allait certainement pas lui dire. A la place, il écarta plus largement les cuisses et ferma les yeux, essayant d'imaginer quelqu'un d'autre.

Son esprit fatigué ne lui offrit qu'une vague vision peu convaincante d'un homme avec une perruque, et il abandonna lorsque cela commença à raviver sa douleur. A la place, il se contenta de juste gémir de temps à autre pour essayer de passer le temps.

Lorsque Low eut fini son affaire et qu'il se fut rhabillé, il regarda Jack étendu sur son lit, légèrement haletant et couvert de fluides corporels, et émit un rire mauvais.

-Aller, lève toi. Je te ramène dans ta cage.

Mais l'autre pirate lui jeta un regard de chiot blessé, sans faire le moindre geste pour se lever.

-S'il te plait Low... Est-ce que je peux rester ici..? Juste cette nuit... Ma jambe me fait atrocement souffrir à cause de toute l'humidité de la cale... Je peux même dormir par terre, et puis si jamais tu t'ennuies cette nuit, tu n'auras pas besoin de marcher jusqu'en bas, commença à balbutier le plus petit alors que ses yeux se mettaient à briller dangereusement. Et puis tu sais, j'ai peur en bas tout seul... Tout le monde est parti... Il n'y a plus que toi pour t'occuper de moi...

L'avoir autant à sa merci sembla ravir Low, qui pensa qu'il avait enfin réussi à briser son captif. Son orgueil était tel qu'il ne pensa à aucun moment qu'il s'agissait d'un subterfuge.

A la place, il vint tapoter la joue de son compagnon, d'un air faussement attendri.

Jack ravala un sourire. Il avait gagné, il le savait déjà. Parfait. Ce soir, il serait enfin libre comme le vent et, une fois remis, il reviendrait tuer Low de manière aussi atroce que possible. Non seulement pour lui, mais aussi pour toutes les victimes -dont James, évidemment- de ce salaud.

A la pensée du commodore, sa rage s'enflamma, mais il la brida de toutes ses forces.

Il devait duper Low s'il voulait avoir une chance de s'en tirer, et éclater maintenant signifierait laisser tomber tous les efforts qu'il faisait depuis des semaines.

-Puisque tu demandes si gentiment... Très bien, je t'autorise à dormir ici cette nuit. Néanmoins! reprit le capitaine pirate alors que Jack se redressait un peu pour le fixer, je vais quand même t'attacher. Tu comprends, on sait jamais.

Sur ce, il saisit les fers attitrés de Jack, en attacha un à sa main droite, puis l'autre au montant du lit.

-Là, comme ça, je suis sûr que tu resteras bien sage.

Le plus jeune se força à sourire, avant de se rallonger. Bon, ça allait compliquer un peu les choses, mais des menottes ne l'avaient jamais retenu auparavant, ce n'était sûrement pas maintenant que ça allait commencer!

Low le regarda encore un moment, s'abreuvant de cette vision de soumission et d'abandon total, puis quitta sa cabine.

Dès que la porte se fut refermée derrière lui, Jack se jeta sur ses entraves et commença à se débattre pour se libérer.

Il lui fallut un long moment avant de réussir à glisser sa main hors du cerceau de métal. Il dut pour cela sacrifier son pouce, et réprima un gémissement lorsqu'il réussit à déboîter l'os de son doigt.

Une fois libéré de ce premier obstacle, Jack se glissa au sol, ignorant les éclairs de douleur dans sa main, enfila son pantalon qui avait été jeté dans un coin, puis claudiqua vers l'unique commode de la pièce, où il espérait que Low conservait ses effets.

Il devait absolument les récupérer, surtout sa pièce de huit!

Il finit par les retrouver, toutes jetées dans un petit sac de jute, qu'il attacha rapidement à sa taille. Puis il se mit en quête d'une arme, et trouva un vieux sabre totalement ébréché qui trainait sous le bureau.

Il semblait que sa chance insolente soit de retour, à son grand ravissement.

Sans attendre davantage, il sautilla jusqu'à la porte. Sa jambe allait lui poser problème, à n'en pas douter, mais il n'avait pas d'autre choix.

Alors, aussi silencieusement que possible, il se glissa hors de la cabine, constatant avec consternation et amusement mêlés que Low n'avait même pas pensé à verrouiller l'entrée. Consternation parce que l'autre le sous estimait vraiment, amusement parce qu'à cause de ça, il allait devoir dire adieu à son jouet préféré.

Lentement, s'appuyant sur les murs et les rambardes, Jack commença à avancer vers le bord. S'il atteignait l'eau, il serait sauf. Même sa jambe abîmée pourrait suivre le rythme une fois dans la mer, et d'ici, il n'aurait plus qu'à se glisser vers le rivage en espérant que personne ne le remarque. Il avait confiance en sa bonne étoile, son plan, bien que totalement ridicule, marcherait, il en était intimement convaincu.

Alors il continua à avancer, regardant avec émerveillement le parapet se rapprocher de lui.

Ça y était! Il était enfin libre! Il allait enfin..

Une main s'abattit sur son épaule, une vive douleur éclata dans son crâne, et il s'effondra sans un son.


Lorsqu'il rouvrit les yeux, ce fut pour les plonger dans ceux, inquiet, d'un parfait inconnu penché au-dessus de lui.

Jack voulut parler, mais seule une plainte presque inaudible s'échappa de ses lèvres.

Cela sembla néanmoins suffir à l'homme devant lui, qui afficha un sourire tendu.

-Bienvenue chez les vivants gamin.

Le pirate le regarda avec perplexité, puis remarqua que sa vision se troublait.

Sans plus attendre, il replongea dans l'inconscience, vidé de ses forces.


La seconde fois qu'il émergea, il était plongé dans une obscurité presque totale. Il n'y avait qu'une faible lueur, qu'il identifia comme celle d'une bougie, pour illuminer d'un doux halo ce qui l'entourait. De sa position, il devinait qu'il était allongé sur le flan, mais c'était à peu près tout ce dont il était sûr.

Sa vision était pourtant toujours trouble, et son corps refusa de bouger lorsqu'il le lui ordonna, ce qui l'angoissa profondément.

Pourquoi ne sentait-il que de la douleur dans chacune des parties, même les plus petites, de son anatomie?

Un bruissement à sa droite le ramena au monde réel, et il réussit à lever les yeux jusqu'à la source du son.

Cela lui prit un petit moment avant d'identifier la masse difforme devant lui comme étant un homme, probablement assis sur un tabouret ou quelque chose d'approchant.

Le type devant lui ronflait faiblement, la tête enfouie dans ses mains.

Jack le regarda, sentit un maigre espoir fleurir dans sa poitrine, et se rendormit de nouveau.


La troisième fois qu'il reprit conscience, il se sentait mieux.

Par mieux, il entendait qu'il n'avait plus l'impression que tout son corps brûlait. Non, maintenant, il avait plutôt la sensation de tanguer, et sentait une profonde nausée tenter de lui écraser l'estomac. Mais c'était toujours mieux que brûler.

Du moins, c'était son opinion.

Un gémissement étranglé lui échappa, et, aussitôt, une ombre se profila au-dessus de lui.

-Oh mon Dieu, chuchota une voix rauque près de lui. Vous êtes vivant...

Jack voulut répondre quelque chose de cinglant, mais rien ne vint.

Sa voix refusait tout bonnement de fonctionner. Il attribua cela au fait d'avoir la gorge desséchée, ce qui commençait d'ailleurs à le démanger désagréablement.

L'ombre au dessus de lui se déplaça, se baissa et, bientôt, une paire d'yeux d'un vert éclatant apparaissait juste devant lui.

-Bonjour Sparrow, murmura la voix de tantôt.

"Bonjour" tenta de répondre le pirate, en vain.

Seul un piteux croassement quitta sa bouche.

-Vous devez être mort de soif, approuva la voix avant que l'ombre ne s'éloigne.

Bientôt, deux mains solides le redressaient en position assise, et il manqua de crier en sentant tout son corps protester.

La nausée revint à la charge, mais il parvint encore à la contrôler.

Le goulot d'une bouteille fut bientôt pressé contre ses lèvres, et il lapa avec avidité le liquide qui en coulait.

De l'eau.

Hm. Ça ne valait pas le rhum, mais il était trop assoiffé pour chipoter.

Il réussit à boire trois gorgées, avant de se mettre à tousser violemment, son estomac se révoltant contre cet apport soudain de liquide non désiré.

Les mains qui le tenaient le rallongèrent en douceur, remontèrent le drap sur ses épaules, et s'éloignèrent.

-Reposez vous, vous êtes en sécurité, lui assura la voix de tout à l'heure.

Étrangement, Jack lui accorda toute sa confiance, et lui obéit.

Ses paupières se baissèrent encore, et il s'assoupit une fois de plus.


James le regarda faire avec inquiétude, avant d'humidifier un linge et le passer sur son front.

Sa fièvre ne baissait pas, elle ne faisait même qu'empirer, et Sparrow s'affaiblissait de jour en jour.

Il leur était presque impossible de le nourrir sans qu'il vomisse juste après, et le pirate refusait catégoriquement de se réveiller pour de bon.

Alors James se retrouvait là, à veiller un homme qui naviguait entre la vie et la mort, agonisant de ne pas savoir s'il allait s'en tirer.

D'après le médecin de bord, il avait passé le cap des 48h, le plus dur, s'il en croyait les dires du vieil homme.

Néanmoins, le pirate était loin d'être tiré d'affaire: les lésions causées par le fouet s'étaient infectées et avaient entraîné une septicémie.

Si Jack survivait à ça, James s'engageait à ériger une statue en son honneur en plein milieu de Port Royal, et à aller réclamer devant le roi une grâce immédiate.

Malheureusement, il était réaliste.

Sparrow avait perdu énormément de sang avant et pendant son sauvetage, et à présent, le peu qui lui restait était infecté.

Avec un soupir de désespoir, James enfouit sa tête dans ses mains.

Le pirate le plus rusé et coriace de tous les temps allait mourir comme ça, infirme et amoindri au possible, sans une chance de se battre?

C'était trop injuste!

Et ça l'était d'autant plus que James n'aurait par conséquent jamais l'occasion de mettre les choses au clair dans ses sentiments, ni dans ce qui se passait entre le forband et lui.

Il n'aurait jamais l'occasion de savoir s'ils auraient eu une chance de s'entendre, voire d'aller plus loin.

Tout ça parce qu'un taré avait décidé que la vie d'un homme ne valait rien.

Et le pire dans tout ça, c'est qu'ils n'avaient même pas attrapé Low!

Ce salaud s'était enfui dès les premiers coups de canon, abandonnant même ses propres hommes pris par surprise.

Ah par contre, il avait bien pris le temps de se glisser jusqu'à sa cabine et de taillader les veines de son captif, comme pour dire "si je ne l'ai pas, personne ne l'aura", avant de disparaitre dans la nuit.

Quand James avait trouvé Jack, il avait senti son cœur sombrer dans sa poitrine.

L'homme était allongé dans un lit maculé de sang, et respirait à grand peine. Ses yeux vitreux regardaient le plafond sans le voir, et ses poignets saignaient abondamment.

Sa peau d'ordinaire couleur caramel était grise, et il semblait que tout son corps était passé sous un gigantesque rasoir à plusieurs lames.

James en aurait hurlé s'il n'avait pas été si occupé à essayer d'endiguer l'hémorragie.

Et il y était parvenu, avec l'aide de Théodore, qui le suivait encore et toujours de près.

Ensuite, tout était plutôt flou dans sa mémoire. Comme lors de l'attaque de l'Interceptor par les pirates de Low, son esprit semblait s'être réfugié dans une bulle hermétique. Les sons des canons et les cris des hommes sur le pont y étaient étouffés, de même que les ordres hurlés par Groves à moins d'un mètre de lui.

Dès que le calme était revenu, le médecin militaire s'était précipité jusqu'à eux et s'était débrouillé de son mieux pour leur permettre de déplacer Sparrow sur leur propre bâtiment.

Anamaria avait bien sûr essayé de le convaincre de le ramener sur le Pearl, mais James avait grimacé à l'idée d'installer le pirate dans un endroit aussi insalubre.

Jack avait donc eu droit à la cabine de commodore, James ignorant superbement les regards médusés de ses hommes lorsqu'il avait annoncé ça.

Lui dormait dans un hamac près de son lit, afin d'être présent au moindre petit souci que pourrait rencontrer le pirate.

Et pour avoir des soucis, il en avait!

C'était simple, il n'y avait pas un instant où James avait droit à du répit.

Jack hurlait et gémissait en permanence, délirant de fièvre et de douleur.

Le nom de Norrington semblait revenir régulièrement dans ses appels, mais le jeune commodore essaya de ne pas trop y prêter attention.

Il était déjà bien assez occupé à essayer de maintenir le pirate en vie.

Groves avait d'ailleurs fini par organiser un tour de garde, pour surveiller James, lorsqu'il comprit que ce dernier avait cessé de s'alimenter et de dormir au profit de Sparrow.

James n'était pas ce que l'on pouvait appeler un fervent protestant, néanmoins, il adressait chaque jour une prière silencieuse au ciel et à la mer pour maintenir Jack en vie jusqu'à leur retour à Port Royal, prévu pour dans un peu moins d'un mois.

En effet, Norrington savait que si Jack s'en tirait, il lui faudrait de longues semaines de rétablissement, de rééducation, et de soins. Et le meilleur endroit pour tout ça n'était certainement pas sur un navire, mais à terre.

James avait donc prévu de le ramener chez les Turner, où il savait que le pirate serait à l'abri.

Il aurait bien emmené l'autre homme directement chez leurs amis grâce à l'amulette, mais le subordonné de Low lui avait déconseillé.

Tout d'abord parce que le voyage était tout de même violent, et serait sans aucun doute fatal pour Jack, vu son état, mais aussi parce qu'ils étaient de toute façon bien trop loin pour se téléporter.

Apparemment, les amulettes avaient un rayon d'action limité.

Cela rassurait tout de même James sur un point: Low était coincé sur sa fichue île pour un bon moment.

Les pirates du Pearl et les matelots de l'Interceptor avaient en effet réquisitionné le White Lady et le Ranger, puis coulé les bateaux plus petits et jugés inutiles qui étaient amarrés dans la crique.

A présent, Low et ses quelques hommes survivants étaient piégés sur une île infestée de cannibales, James n'était donc plus vraiment inquiet à son sujet.

Il aurait tout de même bien laissé le Pearl pour surveiller l'île, mais son équipage n'avait pas de quoi tenir un blocus de plusieurs semaines, sans compter qu'ils ne pouvaient pas se réapprovisionner dans la jungle, au risque de tomber sur Low ou sur les cannibales.

Alors à la place, ils faisaient tous voile vers Port Royal, où James comptait fermement soigner et sauver Jack Sparrow.

En parlant du loup, voilà qu'il se remettait à marmonner dans son sommeil, s'agrippant à sa couverture comme si sa vie en dépendait.

Inquiet, James reposa reposa le célèbre compas qu'il observait depuis tout à l'heure, l'aiguille encore et toujours pointée en direction du lit où gisait le pirate, et s'approcha de l'homme, afin de vérifier sa température et le réinstaller correctement sur ses oreillers.

Sa main n'atteignit jamais le front de Sparrow qui, vif comme un serpent, lui agrippa brusquement le poignet.

James lâcha un jappement de surprise, mais ne fit rien pour se dégager.

Jack avait ouvert les yeux.

Et le regardait directement, comme s'il était totalement lucide.

Il n'y avait même plus cette lueur de folie, preuve de sa fièvre, au fond de ses prunelles chocolat.

Alors James se retrouva là, figé, comme un rongeur hypnotisé par un cobra.

-Sparrow..? tenta le jeune homme alors que le silence s'éternisait.

-Tu es mort, siffla Jack d'une voix éraillée.

Le commodore haussa un sourcil, avant de secouer la tête.

-Il semble que vous vous trompiez, désolé.

-Mais cet homme...

La voix du pirate se brisa avant qu'il ait fini sa phrase, et James vit avec effarement que l'homme devant lui pleurait.

De toutes les personnes qu'il avait croisées dans sa vie, Sparrow était bien le dernier que James s'attendait à voir fondre en larmes.

Et c'est pourtant ce qui se passa.

La poigne du pirate se desserra autour du poignet de James, et, à la place, Sparrow s'accrocha à la chemise de son soi-disant rival. Avec une vivacité que James n'aurait jamais soupçonné pour un mourant, il réussit à se redresser suffisamment pour venir enfouir sa tête contre son torse, tremblant comme une feuille.

Devant un tel affichage de détresse et de vulnérabilité, Norrington sentit son cœur se serrer, au point de lui couper pratiquement le souffle.

Alors, incapable de parler, il se contenta de passer ses mains dans les cheveux emmêlés du pirate, et le serra contre lui.

-Vous êtes sauf maintenant, chuchota le militaire. Je ne laisserai rien vous arriver, vous en avez ma parole.


Quand Jack avait ouvert les yeux ce soir là, il se sentait presque d'attaque.

Son corps ne lui semblait plus empalé sur des centaines d'aiguilles, et son esprit était quelque peu apaisé.

Néanmoins, en entrouvrant les yeux, son instinct de survie s'était mis en branle à la vue du riche décor autour de lui.

Il était dans une cabine inconnue, qui, d'après ce qu'il voyait, devait provenir d'un navire militaire.

Autant dire que même épuisé comme il l'était, il se sentait prêt à s'évader à sa manière, et ce, dans l'immédiat.

Malheureusement, il avait vite remarqué qu'il n'était pas seul.

Aussi dos à lui à un bureau, un homme semblait plongé dans la contemplation de quelque chose devant son nez.

Jack ne s'y attarda pas trop, et réprima ce fol espoir qui lui criait "James! C'est James!" ; à la place, il referma les yeux et se mit à baragouiner, dans l'espoir d'attirer l'autre assez prêt pour lui en coller une.

Oui, c'était stupide et suicidaire, mais comme toujours, il s'agissait du capitaine Jack Sparrow, le roi de l'évasion intempestive.

En attendant, son geôlier était tombé dans le panneau, Jack l'entendait se rapprocher de lui.

Dès que l'ombre du bras se découpa sur son visage, il l'attrapa et rouvrit les yeux, prêt au combat.

A bout de force, il n'avait sûrement aucune chance, mais qu'à cela ne tienne, il tenterait tout de même le coup!

Ce qu'il vit le rendit pourtant incapable de se mouvoir davantage.

Là, devant lui, à moins de trente centimètres de son visage...

-Tu es mort, s'entendit-il dire à l'apparition qui hantait ses songes depuis des années.

James le fixa, sceptique, puis agita la tête de droite à gauche.

-Il semble que vous vous trompiez, répondit le commodore avec douceur, comme s'il avait peur de l'effrayer.

-Mais cet homme...

Il ne terminal pas sa phrase, l'émotion devenant beaucoup trop forte pour lui.

Toute l'adrénaline, la rage, la peur et le chagrin qu'il avait emmagasinés durant sa détention se vaporisèrent avec la violence d'une tempête, laissant un trou béant dans son esprit, bientôt comblé par un sentiment de soulagement intense.

Ce changement aussi soudain que brutal lui fit monter les larmes aux yeux.

Mais cette fois-ci, il ne les retint pas, bien au contraire.

James le regardait toujours, mais avait à présent un air d'incompréhension totale sur le visage.

Ses iris d'un vert rassurant donnèrent le vertige au pirate.

Son corps bougea de lui-même devant cette vision, alors qu'il s'agrippait au commodore, faisant fi de toutes ces maudites convenances si chères au cœur de l'autre homme.

Tout ce qu'il voulait maintenant, c'était serrer Norrington contre lui, s'assurer qu'il était bien là, vivant, réel.

Et James le lui permit, lui arrachant un sanglot étranglé.

Quand des mains hésitantes se faufilèrent dans ses mèches rebelles, Jack se sentit craquer définitivement.

Il entendit vaguement le murmure de James, étouffé par les battements assourdissants du cœur du commodore sur lesquels il se concentrait à présent:

-Vous êtes sauf maintenant. Je ne laisserai rien vous arriver, vous en avez ma parole.

Et pour la première fois de sa vie, Jack se sentit véritablement en sécurité, lové dans les bras d'un homme qui avait pourtant juré sa mort il y a de cela des années.

Que le monde changeait, quand même...


Pour ceux qui se demandent, non, cette fic n'est pas finie, je compte faire encore au moins 3-4 voire 5 chapitres, pour bien montrer l'évolution de leurs sentiments (pour une fois, j'arrive à y aller en douceur :D) et pour créer d'autres petits événements et rebondissements, donc ne vous en faites pas, ça continue :D

Désolée si ce chapitre est un peu plus court, ça fait plusieurs jours que je suis dessus, incapable d'aligner plus de trois mots. Là, j'ai écrit ce que je voulais, ni plus ni moins, donc je n'ai pas voulu forcer, au risque de rendre tout ça mauvais. Néanmoins, je n'en suis pas à 100% satisfaite, et si c'est votre cas aussi, n'hésitez pas à me le dire, à me noter ce qui manque dans ce chapitre d'après vous. J'en tiendrai compte, et j'essaierai de le modifier en conséquences... De toute façon il y a de fortes chances que je le fasse moi-même, mais j'aimerais quand même votre avis ;)

En tout cas, encore un grand merci à ceux qui me lisent, et surtout à ceux qui mettent des review et qui me suivent, ça me fait extrêmement plaisir de recevoir ce genre de notif dans ma boite mail **

Au fait, si vous avez des messages à me faire passer, je vous conseille de passer par mon compte instagram @azzzryel, ce sera toujours plus rapide que poster une review à laquelle je ne pourrai répondre qu'après avoir écrit un chapitre!