Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.

Titre : Noir ramage.

Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.


« C'est une des plaies de la société que ces gens que vous ne connaissez pas, avec lesquels vous vous êtes trouvé cinq ou six fois sans faire attention à eux, et qui se croient autorisés à en agir avec vous comme de vieilles connaissances. »

- Horace Raisson, Le Manuel de la politesse et des manières (1828).


Chapitre 52 : Gellert Grindelwald, ou il faut y croire.

Mercy Lecay n'avait rien perdu de son petit air légèrement arrogant. Certaines personnes étaient incapables de savoir quand plier, même quand elles le devraient.

-Savez-vous pourquoi je vous ai fait venir ? Lui demanda-t-il.

-Je ne suis pas devin.

-Cela est bien vrai, comme le fait que vous n'êtes même plus auror.

Elle prit une grande respiration, comme pour se retenir de lui lancer une ou deux répliques qui lui vaudraient des problèmes. Lecay était peut-être capable d'apprendre, mais il avait des doutes. Avec le bracelet qu'il lui avait imposé, il pouvait peut-être prendre le contrôle de son corps, mais pas celui de son esprit. Il ne pouvait pas la forcer à parler, mais, il pouvait la forcer à agir. Il n'y avait qu'une seule chose qui pouvait l'empêcher de lui faire faire ce qu'il voulait : que ce soit contraire à la nature de sa magie. Il ne parlait pas du type : blanche, noire, rouge ou grise. Il parlait de la nature même de la magie de la personne. Elle variait entre celle de l'Âme, du Cœur, de l'Esprit ou du Corps. Il arrivait que la magie des sorciers corresponde à ces quatre critères en même temps, comme c'était le cas pour la Présidente Picquery, comme l'avait révélé sa cérémonie de répartition à Ilvermorny. Mais généralement, la nature de la Magie d'une personne correspondait à un ou deux de ces choses, rarement plus même si cela pouvait arriver comme il venait de le dire. Le seul problème était qu'Ilvermorny était l'un des rares collèges de magie à répartir ses élèves selon ses critères et que Lecay n'y avait pas fait ses études. Il n'y avait donc aucun registre qui pouvait lui donner cette information.

-Approchez, lui ordonna-t-il.

Lecay fit un pas de mauvaise volonté, mais pas plus. Il lui avait dit d'approcher et elle avait approché. Higgings n'avait pu la faire reculer que de deux pas… Il fallait croire que sa magie était aussi inflexible qu'elle. Sa magie et sa baguette. Irene Fly avait dû maquiller sa propre baguette parce qu'elle n'arrivait pas à utiliser celle de Lecay. Cette dernière était donc dans un tiroir du bureau qu'utilisait Grindelwald chez Graves.

Devant cet échec de Fly, il avait consulté Abernathy, spécialiste de ces choses qui lui avait donné une explication. Armé du formulaire AE5078-327a, certifié conforme à l'original, délivré le 21mars 1913 pour les vingt ans de sa propriétaire après trois ans de probation, renouvelé tous les trois ans depuis sans exception, autorisant Mercy Lecay à la posséder, il était arrivé dès qu'il avait reçu sa convocation. Servile et empressé, comme toujours, il avait le don d'un peu exaspérer Grindelwald par ses manières ampoulées et sa propension à ne pas répondre directement aux questions. C'était la baguette qui choisissait le sorcier, pas l'inverse était sa phrase préférée.

-Le bois qui composait celle de Lecay était peu utilisée pour les baguettes à cause de la nature opiniâtre qu'il leur donne. Pour qu'elle accepte de servir un autre sorcier que sa légitime propriétaire, il faut que cette dernière soit vaincue : qu'elle soit tuée ou désarmée contre sa volonté. De plus, certaines baguettes restent fidèles à leur premier propriétaire quoiqu'il arrive, alors que d'autres étaient plus enclines à changer de maître, voir même, à le délaisser totalement pour se tourner vers quelqu'un de plus puissant. De plus son coeur d'un poil de Rougarou la rattache viscéralement à la Louisiane. Ce composant a mauvaise réputation. Beaucoup le considèrent comme réclamant de la magie noire pour fonctionner. Mais, beaucoup d'héros américain avait un poil de Rougarou comme cœur pour leur baguette.

-Et donc…

-Excessivement fidèle et impétueuse. Presque impossible à utiliser si la baguette ne le permet pas.

Ensuite, Abernathy avait posé des questions : qui Lecay avait-elle combattu ? Avait-elle lâché sa baguette d'elle-même ou la lui avait-on arrachée des mains? Sa conclusion avait été sans appel : faite d'acacia, les chances que cette baguette ait décidé de servir quelqu'un d'autre que sa première propriétaire était minimes, mais, à cause de la nature de son bois, si c'était le cas, elle ne marcherait que pour Grindelwald.

-En conclusion, excessivement fidèle et impétueuse. Presque impossible à utiliser si la baguette ne le permet pas, avait répété Abernathy avant de partir.

Tout ça pour ça. Perte de temps, comme chaque fois qu'il demandait quelque chose à Abernathy... Cet homme était compétant, mais il lui manquait l'esprit d'initiative nécessaire à un combattant efficace. Cette histoire de baguette était donc une impasse. S'il ne pouvait pas l'utiliser, il lui restait une autre option : la briser devant sa propriétaire, mais, il garderait cette éventualité en dernier ressort, pour détruire psychologiquement Lecay si elle essayait encore de s'enfuir.

À défaut de pouvoir convaincre Lecay de son point de vue, il pouvait essayer de lui donner envie de parler avec lui… Elle était brillante… Douée pour le mensonge et la tromperie, pour les potions également et c'était une bonne combattante… S'il l'entrainait sur une conversation sur la Magie, il pourrait peut-être la conduire à lui laisser une ouverture nécessaire pour qu'il la manipule. Le regard de la jeune femme allait sur les tas de papiers sur son bureau… Qui aurait pu croire que le pouvoir donnait autant de paperasseries à remplir ? Mais, il s'agissait d'un désagrément nécessaire pour quiconque voulait refaire le monde.

Pour l'instant, il prenait sur lui, mais, il avait d'autre chose à faire que de s'occuper d'une gamine capricieuse. C'était juste de la curiosité intellectuelle. Rien de plus. Le savoir de Lecay était précieux, mais, il contrebalançait à peine son caractère. Au début, il l'avait pris pour une faible femme, maintenant… C'était une peste. Rien de plus. Il se demandait ce que lui trouvait Graves. Comme l'avait si bien fait remarqué Fly, selon le point de vue, Lecay était soit trop femme, soit pas assez. Il n'avait pas vraiment d'avis sur la question, mais, il était d'accord sur le fait qu'il était difficile de savoir ce qui était faux ou vrai avec elle.

Il ne s'y était jamais vraiment intéressé à la magie traditionnelle, plus attiré par d'autres secteurs de la magie : les sorts, la magie interdite, la sangmagie, bien sûr les vieilles légendes et bien d'autres choses… La minutie nécessaire à la confection d'une potion lui avait toujours paru rébarbative, être enfermé toute une journée dans un caveau, penché sur des cornues et des alambics. Il n'avait jamais vu de beauté dans les vapeurs s'échappant d'une marmite ou d' un chaudron. Oh, bien sûr, il maîtrisait la plupart des recettes mais il lui manquait cette touche imperceptible qui faisait d'un honnête professionnel un bon, voire un très bon confectionneur : un artiste en la matière… Il avait besoin de mouvements, de vie, il était trop impatient. Certaines potions demandaient des semaines d'élaboration, puis il fallait encore l'administrer à son sujet pour obtenir un résultat et attendre pour des effets qui pouvaient être retardés, remplir son objectif prenait du temps tandis qu'avec un bon sort…

-Vous ne comprenez pas les potions… Murmura-t-elle.

Si. Ce sont des mixtures servant à remplacer des sorts. Il n'était pas stupide non-plus, merci bien. Et il n'y avait certainement pas de quoi écrire un roman sur les fumées qui s'échappaient d'un chaudron. En entendant la remarque de Lecay, il aurait cru entendre son ancien professeur de potions en train de discourir sur la beauté d'une limace bien découpée en fines lamelles régulières.

-Parlez-moi de celle-ci…

Il lui tendait une chaine au bout de laquelle pendait une petite fiole remplie d'une potion bleue qui brillait dans le noir. Elle portait ce bijoux lorsqu'il l'avait assommé par traitrise. Cette potion.. Il y avait dedans, comme dans le poison dont elle s'était servie contre Reed, un ingrédient qu'il ne parvenait pas à identifier. Et ce n'était pas le même dans les deux cas. Délicatement, elle prit la fiole. Il aurait pu croire qu'elle caressait quelque chose de délicat, de fragile… Ou juste la joue d'un amant.

-N'importe quel guérisseur de Louisiane pourrait vous dire ce que c'est. Mais, il s'agit de magie traditionnelle. Savoir n'est rien, c'est comme avec la poussière de fée.

Il ne comprenait pas ce que Lecay voulait dire par là. La poussière de fée… Il ne voyait pas une propriété de la poussière de fée qui pourrait donner du sens à ce qu'elle disait.

-Peter Pan, Fée Clochette, Capitaine Crochet, énuméra-t-elle en faisant tourner la potion entre ses doigts. Wendy ?

Malgré la note de désespoir mise dans ce dernier mot, cela n'éclairait toujours pas sa lanterne. Aucun de ces noms lui était familier. Il allait faire des recherches, s'il découvrait qu'il s'agissait encore une référence tirée d'un livre écrit par un sans-pouvoir, il le lui ferait payer. Il n'avait pas besoin de perdre son temps précieux à entendre les fabulations des inférieurs. Le petit air moqueur de Lecay était plus qu'énervant, mais toujours moins que lorsqu'elle osa soupirer. Elle se moquait de lui et elle ne s'en cachait même plus. Il s'était montré trop tendre avec elle. Il lui avait fait quitter la cave pour éviter qu'on la retrouve facilement et il lui avait fait la grâce de l'autoriser à partager la même cellule que Graves. Comme il avait été occupé, il avait délaissé ses devoirs d'hôtes, mais, maintenant, il avait un peu de temps pour régler un où deux problèmes. Il allait commencer par son insoumission.

Mais avec cette femme et ses fioles il sentait qu'il se heurtait à une branche de magie qu'il aurait besoin de maîtriser pour atteindre son but : devenir le meilleur sorcier de tous les temps et établir son empire sur la masse des cloportes composant la grande majorité du monde sorcier et du monde tout court… Il était déjà le meilleur, il le savait mais l'évidence était là, en ce domaine, cette pimbêche lui était supérieure et il ne pouvait le supporter, ça devait changer et ça changerait dut-il la réduire en cendres pour ça… Après qu'elle ait dit ce qu'il voulait savoir. Avant, il se contenterait de son âme.

Il ne faudrait pas qu'elle prenne les quelques privilèges qu'elle avait pour de l'approbation. Elle avait à manger tous les jours, un grabat… Bon, elle n'en avait pas eu dans la cave, mais elle avait une couette à l'époque. Il n'aurait pas fallu qu'elle lui fasse une pneumonie. Et actuellement, elle devait partager sa couche, mais avec son amant, ceci pouvait compenser cela, non ? Mais, ce n'était pas cela l'important. L'important était qu'elle avait des privilèges. Le point majeur prouvant qu'il prenait soin d'elle, était que tout le monde n'avait pas le droit à son attention. Pourtant, elle se comportait comme si elle ne lui devait rien.

Cela ne l'énervait pas. Ce qui l'exaspérait était son ingratitude… Et le fait qu'elle refuse de coopérer. Ce n'était pas comme s'il lui demandait quelque chose impossible : il voulait qu'elle lui dise ce qu'elle savait et il lui laisserait la vie sauve. Il lui avait même promis qu'une fois qu'il quitterait le sol américain, il la laisserait partir sans lui effacer la mémoire. Il ne pensait pas tenir sa parole, mais elle ne le savait pas et c'était la seule chose qui comptait… C'était tout de même un calcul assez simple que malgré toute sa mauvaise foi et son foutu caractère, Lecay pouvait comprendre.

Mais, elle refusait obstinément, lui ôtant toute option pour éviter ce qu'il allait faire. Pour le Plus Grand Bien.