Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.
Titre : Noir ramage.
Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.
« Toute action entraine une réaction. »
-Hector Bluesky.
Chapitre 53 : Mercy Lecay, ou les conséquences.
Mercy dut se faire violence pour ne pas reculer devant le regard que lui lança Grindelwald. Elle savait que tôt ou tard ce moment allait arriver : celui où la pression et les mauvaises habitudes du mage noir allaient reprendre le dessus sur son bon sens. Elle en avait parlé avec Percival. Ils savaient déjà ce qu'il allait se passer… Pourtant, elle avait la gorge nouée et elle dut se faire violence pour ne pas faire marche arrière et dire au mage noir tout ce qu'il voulait savoir.
-Qui vous a appris à faire de telle potion ? Lui demanda-t-il d'un ton trop calme.
Sa mère. C'était sa mère qui l'avait initiée à l'art délicat des potions. C'était elle qui lui avait appris à aimer la beauté des volutes scintillantes s'échappant d'un chaudron. L'odeur aux essences multiples exhalées, leur suavité, leur douceur ou aigreur, mais aussi leurs possibles traîtrises : une odeur pouvait être comme un parfum, enveloppant et ensorcelant, reconnaissable entre tous, mais dangereuse, créant la torpeur, l'addiction voire la mort... C'était elle qui lui avait appris la délicatesse d'un liquide qui s'insinue dans les veines d'une personne pour l'ensorceler… Et le talent de Mercy dans ce domaine n'arrivait pas à la cheville de celui de sa mère. Et il était totalement hors de question qu'elle la vende. Surtout si c'était pour sauver sa peau. Même pour préserver Percival. Pardonne-moi, mon amour. Tout ce qu'elle pouvait faire était de refuser de parler, une nouvelle fois.
-N'êtes-vous pas fatigué que je vous dise toujours non, quoique vous me fassiez ? Si j'ai toujours refusé de vous parler de mes potions, croyez-vous vraiment que je vais vous révéler quoi que ce soit sur des gens bien fusse au prix de ma vie ? Répondit-elle.
-J'ai essayé la patience, la violence, rien ne vous a fait quitter vos détestables manies…
Elle avait juste dit « non »… Une bonne centaine de fois. Pas de quoi en faire une maladie. Elle avait refusé de lui dire ce qu'elle savait sur les évènements à Sleepy Hollow… Ce n'était pas de sa faute si comme tout bon corbeau, il lui arrivait de manipuler les autres pour qu'ils fassent le travail à sa place. Ou qu'elle était particulièrement douée pour détourner l'attention de ce qu'elle faisait vraiment. Cela aussi était un trait commun chez ces oiseaux.
-Endoloris !
Le sort la frappa en pleine poitrine, sans qu'elle ait vu le coup venir, elle se sentit projetée en arrière, une douleur extrême l'empêchait de respirer, prenait possession de son cerveau, remplissait chaque cellule de son corps qui toutes criaient, hurlaient leur souffrance. Chaque infime partie de son corps lui paraissaient avoir une vie autonome et toutes lui semblaient dissociées, luttant pour prendre le contrôle sur les autres et être celle, la seule, la première à être assouvie : sortir de cette horreur. La douleur, la douleur infinie prenait le pouvoir en son corps… Elle ne respirait plus, ne pensait plus ou plutôt ne pensait plus qu'à une chose : que ça cesse, que ça finisse, que ça s'arrête, stoppe, s'évanouisse, se taise, disparaisse, s'annule… Tous les mots pour une seule chose, le repos.
Elle essaya de reprendre le contrôle, réorganiser son être, respire, commande elles vont obéir, tu peux le faire, respire calmement, compte : un, deux, un ,deux… Elle voulait se convaincre que ce n'était pas pire que le jour où les guérisseurs avaient dû l'opérer à vif durant la Guerre parce qu'ils n'avaient plus d'anesthésiant… Un semblant d'ordre revenait en son corps, son cerveau reprenait le dessus…
-Endoloris !
Grindelwald la surveillait, il avait perçut sa reprise de pouvoirs et la lui interdisait. La douleur revint, plus intense, plus prenante, plus complète,… Elle ne savait plus, ne pouvait plus, ne voyait plus comment, quoi faire… tout devenait confus, mélangé, douloureux. Mon Dieu, je vous en prie, Mon Dieu, faîtes que ça cesse… Cette pensée surnageait au milieu du chaos, du flot de douleurs qui la commandait. Elle se raccrocha à elle de toutes ses forces. Elle se raccrocha à elle comme elle se raccrochait à son amour pour ses parents, Percival, ses amis, son art, sa certitude de servir le droit chemin, la vérité, l'honneur, toutes ses choses en qui elle croyait et croirait toujours…
-Endoloris !
Une seule sensation : la souffrance, une seule choses à faire : se rouler en boule, et arrêter. Arrêter tout, la douleur, la vie, sa survie… Oui, c'est ça : mourir. Je veux mourir, le repos sera mien pour toujours.
Le calme revenait, l'ordre reprenait ses droits, tout son corps reprenait son souffle… Sa respiration devenait plus régulière et une idée naissait : c'est fini, fini, fini, fini...
Grindelwald s'était désintéressé d'elle. Il la contemplait d'un air songeur, un fin sourire triomphant… Elle n'avait pas la force de faire autre chose que lever les yeux vers lui. Et encore, l'effort monopolisait toutes les forces dont elle disposait encore.
-Maintenant, que vous savez ce que ça peut être, nous allons voir comment vous supporterez ce que Graves va ressentir à partir de maintenant. Vous êtes prête à souffrir vous-même, êtes-vous prête à le voir souffrir, lui, celui que vous prétendez aimer plus que tout ?
Non. Absolument pas. Mais, elle n'avait pas le choix. Seigneur Dieu. Notre Père qui est aux cieux, que ton Nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous sommets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal. Amen. Elle priait avec la même ferveur que lorsqu'un ouragan frappait son bayou natal, faisant trembler la maison jusqu'à ses fondations… Oui, elle avait peur. Elle avait peur de faillir. Non. Elle était terrifiée à l'idée de faillir.
Higgins et un autre entrèrent, ils encadraient Percival. Celui-ci, le regard fixe ne regardait rien ni personne. Mercy savait, il était en lui-même, perdu en ses pensées, en son esprit. Il s'était replié, dans le combat qui allait opposer son corps à un autre, son esprit resterait hors d'atteinte, libre d'aller et venir, de penser… Le corps n'est rien, seul l'esprit compte. Ils en avaient longuement parlé quand ils avaient envisagé la possibilité, ou plutôt leur certitude que Grindelwald serait assez borné pour n'envisager que la force comme solution pour les faire plier. Comme ci la violence était une réponse à tout ! C'était la réponse des faibles, des lâches, des incultes, des imbéciles, des égoïstes, mais sûrement pas celle des vrais… hommes, ceux capables de croire et servir les intérêts de leur société, leur famille, leurs amis, leurs connaissances même vagues, avant les leurs propres… Ils avaient des valeurs, ils vaincraient pour elles dussent-ils en mourir ! Sacrifice et sens du devoir… Ces mots étaient importants et avaient du sens. Ils étaient des aurors, ces mots étaient la définition même de ce qu'ils étaient. Pour le meilleur et pour le pire, jusqu'à la mort et même après.
Avant même de savoir qu'elle allait une nouvelle fois lui dire « non », le mage noir avait prévu de torturer Percival sous ses yeux. Il attendait d'elle un prétexte pour que cela se justifie dans son esprit malade. Tricheur ! Il a triché ! Hurla le corbeau qui était en elle. Oui, Grindelwald avait triché et Mercy était la seule à avoir le droit de le faire.
Mercy n'avait pas failli. Elle n'avait pas pleuré, elle n'avait pas crié, elle n'avait pas parlé. Les hurlements de Perce, les convulsions de son corps ne l'avaient pas fait fléchir. Qu'importe ce que pensait Grindelwald et ses sbires de son indifférence, de la réalité de ses sentiments, de la profondeur de son amour, de son égoïsme, elle n'avait pas cédé. À la place, elle avait laissé l'homme qu'elle aimait se faire torturer. La seule chose qui était pire que cela était qu'elle avait été incapable de faire face aux conséquences de ses choix. Passe-moi les commandes, murmurait son corbeau au fond de son esprit. Laisse-moi les commandes, je nous protègerai, et ils payeront. Imperceptiblement, au fur et à mesure des souffrances de Perce, son double animal prenait des forces, s'imposait à ses pensées, ses sentiments et ses sens jusqu'à supplanter totalement son esprit. Même si elle avait conservé forme humaine, elle était devenue son animagus. Elle ne gémirait pas et n'abdiquerait pas ! Nous n'avons pas le droit de le laisser gagner. Pas si nous voulons protéger notre Volée. Il a déjà profané le nid de notre compagnon, nous ne pouvons pas le laissez s'en prendre au reste du groupe. Il faut protéger les plus faibles.
Cinq, dix fois, Grindelwald avait jeté le sort impardonnable. Percival n'en pouvait plus, il n'était plus capable de réfléchir, de maîtriser ses actes, il ne ressentait plus qu'une chose la souffrance, le désespoir et l'anéantissement de tout son être. Mercy voyait cela, le sentait, mais ne pouvait rien faire, elle était coincée, ils étaient coincés l'un et l'autre, ensemble, pour toujours unis.
