Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.

Titre : Noir ramage.

Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.


« Paraître trop sensible à la peine d'un ennemi nous fait, c'est lui donner la satisfaction qu'il désirait, le plaisir de nous chagriner. Ne faisons point attention à ce qui nous vient de sa part, ou ne faisons qu'en rire : il prendra le parti de nous laisser tranquilles. »

-Jean Baptiste Blanchard, Les maximes de l'honnête homme (1772)


Chapitre 54 : Percival Graves, ou le seul choix possible.

Lorsqu'il ouvrit les yeux, la première chose qu'il vit était le visage inquiet de Mercy. Il lui fallut à peine quelques instants pour que les souvenirs lui reviennent. Voilà qui expliquait pourquoi ses yeux fuyaient les siens, elle avait honte de ne pas avoir cédé.

-Tu as fait le seul choix possible, Mercy. C'était notre seule option, tu le sais, nous le savons tous deux.

Elle secoua la tête. Lorsqu'il lui toucha la joue, elle releva les yeux vers lui. Ils étaient noirs. Ce n'était plus Mercy qui était aux commandes, mais son corbeau. Elle avait abandonné le combat et préféré fuir. La moitié animale de Mercy était moins sentimentale qu'elle, plus dure et résistante. Percival pouvait refuser d'en comprendre les raisons, mais s'il avait eu le choix… Lui aussi aurait baissé les bras. Maintenant, deux options s'offraient à lui : soit la repousser alors qu'elle était en cet état, soit accepter ce qu'elle avait fait.

-Un corbeau, c'est bien aussi, lui dit-il en lui caressant la joue. Je n'ai rien contre les plumes, c'est doux.

-Je ne lui ai pas laissé le choix, c'est ce qui est le mieux pour elle et toi aussi…

L'Autre prenait la parole. C'était la voix de Mercy, mais, ce n'était pas tout à fait elle qui parlait. Ou si, après tout, ce corbeau faisait totalement un avec elle. Il avait beau savoir qu'un animagus avait deux « esprits », cela lui faisait un choc de s'en rendre compte.

-Il va falloir que tu fasses semblant de ne pas exister tant que tu seras aux commandes.

Un sourire tout sauf humain se dessina sur les lèvres de Mercy.

Génial, il pourrait se reconvertir en clown pour oiseau. Il fallait qu'il trouve un moyen de les sortir de là rapidement. Lorsque c'était son côté féminin aux commandes, Mercy n'aimait déjà pas être prise au piège, alors son côté corbeau…

Tout d'abord, il fallait qu'ils se reposent un peu, reprennent leurs esprits et leurs forces. Pour l'instant, le plan se déroulait parfaitement. Grindelwald se concentrait sur eux, sur ce qu'ils refusaient de lui donner. Il devait baisser son attention sur les choses essentielles : défendre ses acquis, son implantation dans le MACUSA et le pays. Ainsi, Bluesky, Reed et tous les autres avaient les coudées franches pour agir. Ce qui était le plus terrible pour eux deux, pire que leur réclusion dans cette boite à chaussures ridicule, pire que leurs souffrances et leur incapacité à agir, était leur ignorance des choses du monde extérieur. Ils en étaient à supposer que tout se passait bien, selon les plans établis par Mercy, que ses directives étaient suivies ou si besoin adaptées à la situation... Et qu'à l'époque, elle ne s'était pas trompée dans ses évaluations er ses prévisions...

-Tu vas voir, nous allons nous en sortir.

-Je le sais. Ne crois pas que je vais baisser les bras devant ces sales types. Jamais je ne laisserai quiconque m'imposer ses volontés, je suis libre. D'autant plus libre qu'un oiseau n'est pas vraiment sensible à toutes leurs fadaises de soumission.

-De plus ils n'ont pas trouvé Wild Bill. Sa planque dans un coin masquée par leur grabas, derrière une pierre descellée avait été bien choisie.

-Tu verras, il a une certaine efficacité, Tantine s'en est souvent servi pour se dégager de situations difficiles. De plus, nos adeptes du Plus Grand Bien sont des idiots pour négliger de tels outils.

Un sourire maintenant narquois… Un bracelet de cuir de Rétention valable pour un humain, n'était même pas une bague de marquage à la patte d'un volatile. Mercy, se pouvait-il qu'elle ait anticipé cela aussi ? Peut-être. Sans doute. Surement. Elle en était capable. Tout comme elle était capable de simplement s'adapter. Les corbeaux étaient joueurs, mais surtout, dans toutes les situations, ils s'arrangeaient pour reprendre le pouvoir. Ça ne jouait pas franc-jeu un corbeau. Sa Mercy, fabuleuse mais si terrible Mercy. Il ne lui restait plus qu'à espérer n'être jamais l'objet de sa mauvaise humeur… Il avait déjà promis à quelqu'un de le poursuivre jusqu'au bout du monde s'il le fallait, mais alors il ne le pensait pas vraiment. Elle, elle l'avait déjà fait un certain nombre de fois. C'était rancunier un corbeau.

-Ne te reproche rien, dit murmura-t-il au creux de l'oreille. Je t'aime, tu m'aimes… Mais je ne serais jamais ton plus grand amour comme tu ne seras jamais le mien. Je le sais, car nous avons le même. Ce pays est notre plus grand amour… Reed m'a un jour dit que tu avais fait des choses horribles, des choses que tu ne ferais jamais devant moi. Tu les as faites pour les États-Unis d'Amérique, tu les as faites pour les protéger. Tu les as faites car tu es incapable de te donner à moitié.

Il la prit dans ses bras. Elle n'allait pas pleurer. Ce n'était déjà pas le genre de Mercy, alors de son animagus… Il le faisait surtout pour lui, pour se raccrocher à quelque chose, à quelqu'un de vivant. C'était un besoin primaire qui lui était vital à cet instant.

-Pourquoi faut-il qu'on se dise qu'on s'aime quand au moins l'un d'entre nous risque de mourir ? Demanda-t-elle.

-Parce que l'on est…

-Nous ? Proposa-t-elle.

-Oui, aussi.

-Tu ne vas pas mourir, Percival. Sinon, avec qui vais-je me disputer ?

Maintenant c'était à son tour d'être amusé. Comme quoi, même dans les ténèbres les plus profondes, il suffisait d'un rien pour rallumer le feu de l'espoir.

-Tu les portais encore… Fit-elle soudainement.

Il ne répondait pas. Percival pensait savoir de quoi elle parlait. Il savait bien qu'il aurait dû les jeter, mais, il n'avait jamais pu s'y résoudre, comme il n'avait jamais pu se résoudre à laisser mourir le rosier d'intérieur qu'il lui avait offert et qu'elle lui avait laissé lorsqu'elle était partie.

-Les épingles de col en forme de scorpions que je t'avais ramené d'Égypte… Si Grindelwald les porte lorsqu'il se fait passer pour toi, cela veut dire que tu les portais encore.

Il aurait dû parier. C'était bien de cela qu'elle parlait. Il ne lui répondit pas, parfois, les mots sont superflus.

-J'ai menti à Grindelwald… Je lui ai dit qu'il y avait eu d'autres hommes. Mais, ce que j'ai omis de lui dire, c'était qu'il s'agissait de rendez-vous arrangés par des bonnes amies. Je n'ai jamais choisi d'autres hommes, avoua-t-elle.

C'était du Mercy tout craché. Elle voyait un détail, elle comprenait quelque chose… Alors, elle disait une vérité qui avait le pouvoir de tout changer. Mais son côté corbeau était encore plus direct qu'elle. Il ne lui laissait pas le temps de trouver une courbette avant de lui donner le coup final.