Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.
Titre : Noir ramage.
Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.
« Il avait besoin que quelqu'un le prenne dans ses bras, lui dise que le monstre sous le lit n'existait pas. De ce côté-là je ne pouvais rien faire pour lui. Les monstres étaient bien réels. Mais pour ce qui était de le prendre dans mes bras… Ça devait être dans mes cordes. J'ai beau être une tueuse de sang-froid, je pouvais peut-être partager une peluche avec lui ».
-Mercy Lecay.
Chapitre 58 : Ann Blanchard, ou promenons-nous dans le cimetière, voir si la Nécromancienne n'y est pas, si la Nécromancienne y est, elle nous terrifiera…
Ce n'était pas Mercy, sa Mercy. Elle n'avait pas besoin de l'approcher pour le savoir. Cette femme lui ressemblait, mais malgré un effort raisonnable, elle ne marchait pas comme son amie. Personne ne pouvait égaler Mercy. Elle exagérait un peu en disant cela, mais, on ne pouvait pas se faire passer pour quelqu'un comme elle sans passer des années à préparer son rôle. Il fallait apprendre la démarche, l'accent, la langue maternelle, acquérir suffisamment de connaissances académique pour pouvoir donner le change en cas d'échange de théories… Or, Ann était prête à parier que cette… Doublure de mauvaise qualité savait à peine lire le latin, quant à avoir des bases en magie traditionnelle, n'en parlons pas.
-Bonjour grognasse, la salua Ann en créole louisianais en lui adressant un sourire jusqu'aux oreilles.
Mercy n'aurait pas aimé l'insulte. Ann saisit cette femme par le bras. Elle avait fait exprès de la toucher là où sa peau était nue. Lorsqu'un sorcier du troisième cercle touchait quelqu'un, il ressentait l'appartenance de la personne au même cercle que lui… Ou même au quatrième. Et ce n'était pas le cas. Grindelwald avait dû faire ses fonds de tiroir en catastrophe pour trouver cette dinde.
-Tu as perdu ta langue ? Lui demanda-t-elle toujours dans sa langue maternelle.
Cette pauvre victime que Grindelwald lui avait jeté entre les griffes avait des airs de famille avec une biche prise dans les phares d'un véhicule. Sans doute parce qu'Ann lui parlait dans une langue qu'elle ne connaissait pas. La Nécromancienne lui arracha une mèche de cheveux. Avec ça, elle pourrait faire ce qu'elle voulait. Elle n'aurait même pas besoin d'être dans la même pièce. Juste de le vouloir, alors qu'importe la distance, ou le temps, son maléfice atteindrait sa cible. Ann avait juste besoin d'un cheveu, d'une goutte de sang, et d'une poupée vaudou pour faire des dégâts.
-Hey !
-Si vous ne voulez pas que je dise aux Prêtres du Coven que vous êtes une usurpatrice vous avez intérêt à me suivre sans faire d'histoire.
Ann ne la lâcha pas en la trainant jusqu'à sa voiture. L'intruse n'osa pas se débattre ni demander comment cela se faisait que celle dont elle avait volé l'identité avait deux langues maternelles. Beaucoup de personnes faisaient l'erreur d'oublier que les Acadiens et les Créoles ne parlaient pas la même langue. Et que chaque patois créole avait des différences. Mercy parlait couramment plusieurs variantes du français : celui de France, le français acadien, le créole louisianais et même le québécois. Après, les langues qu'elle avait étudié au collège de magie : le latin et le grec ancien. Ensuite venaient celles qu'elle avait apprises plus tard, au contact avec le Coven de la Nouvelle-Orléans : l'anglais et l'espagnol. Et pour terminer les deux acquises durant sa formation d'auror : le morse et le langage des signes. Bref, Ann aurait pu utiliser la moitié d'entre elles pour tendre à piège à cette femme, mais, elle avait décidé de rester simple. Enfin, aussi simple qu'on pouvait l'être en enlevant une personne au sus et à la vue de tous.
Par chance, c'était la nuit. Sinon, vu les sentiments de certains non-maj's pour les gens de couleur… Inutile de dire que ce serait pire si ces abrutis apprenaient qu'elle était métisse. À cet instant, ils se feraient un plaisir d'essayer de la lyncher. Tant pis si la garce qu'elle malmenait était complice de la mort de dizaines de personnes et de la disparition d'au moins du double. Qu'importe si cette garce était une terroriste. Tout ce que ces gens n'auraient vu qu'une noire malmenant une blanche.
Une fois dans la voiture, Ann roula en silence. Elle savait où elle voulait l'emmener et ce qu'elle comptait faire.
-Nous somme arrivées, annonça Ann.
Elle descendit de la voiture et l'autre lui emboita le pas. D'un d'un mouvement nonchalant de baguette, Ann ouvrit les grilles rouillées et grinçantes. L'autre la suivait d'une démarche mal assurée. Deux ans à seconder Mercy, la nécromancienne avait appris quelques petits trucs de son amie, comme voir ce que faisait la personne derrière nous sans que cette dernière ne s'en aperçoive. Le deuxième était de créer une ambiance adéquate. Pour cela, le vieux cimetière aux tombes anciennes marquées par les ans, recouvertes de mousses, effondrées, pierres tombales ébréchées et brisées, le tapis de feuilles mortes qui recouvrait le gravier. L'ange à l'aile unique recouvert de mousses et de lierre penché vers eux était impressionnant. La nuit noire sans une étoile, la brume montant du sol, le froid enveloppant, les bruits assourdis, la totale y était. Du grand art vraiment ! Son arrière-grand-mère, Marie Laveau, serait tellement fière d'elle et de sa capacité à faire peur juste en marchant. L'ombre tombait aux alentours, minuit était proche et les créatures allaient ramper à la recherche du sang… De quoi terroriser tout un chacun, sans âme pour se cacher… L'usurpatrice devrait rester et faire face aux chiens de l'enfer.
-Lorsque Bluesky a fait passer le message à Grindelwald qu'il voulait récupérer « son » corbeau, il était sérieux. Il ne parlait pas d'une pâle copie.
-Je ne sais pas de quoi vous parlez… Et que faisons-nous ici, nom d'un hibou ?
-Nom de Dieu, la corrigea Ann.
Troisième truc, le ton sec et cassant, méprisant signifiant tu n'es pas grand chose et dans quelques minutes tu ne seras plus rien. Tout est souvent question de mise en scène. La femme qui se prenait pour Mercy semblait perdue. Normal la peur annihile le jugement et maintenant elle était à point. Estocade finale, la reprendre sur un point de détail incongru et sans réelle importance... L'inattendu. Peu de sorciers étaient de confession chrétienne, alors encore moins d'entre eux juraient en blasphémant et un blasphème bien senti déstabiliserait n'importe qui, même quelqu'un de non-croyant se disant détaché de ces choses.
-Généralement, Mercy Lecay dit « Nom de Dieu » ou « Par tous les Saints de l'Enfer et du Paradis » lorsqu'elle jure. Lorsqu'on vole l'identité de quelqu'un, la moindre des choses est d'utiliser ses jurons fétiches.
Alors qu'Ann était trois pas devant elle, elle sentait sa peur. Sous leurs pieds, le gravier faisaient un léger grincement que très vite la brume engloutissait.
Irène était en face d'une inconnue qui savait comment jurait la femme dont elle avait volé l'identité, quelqu'un qui ainsi lui imposait sa supériorité. À sa place, Ann aurait déjà jeté un sort à cette personne, qu'elle ne le fasse pas prouvait son désarroi. Sauf si... cette garce pensait peut-être pouvoir encore la manipuler. Elle pensait avoir si bien réussi avec Sara.
-Vous dites n'importe quoi. Je sais comment je jure quand même.
-Peut-être, mais, vous n'avez pas le bon accent régionaux, répliqua Ann. Je sais que celui de Mercy a presque disparu, mais en cas d'émotions fortes, il revient au galop.
-Je ne vois pas ce que…
-Arrêtez ! J'ai fréquenté la même école primaire que Mercy, le même collège également ! Je l'ai connue lorsqu'elle avait des couettes, puis les cheveux jusqu'aux genoux, quand elle les a coupé pendant la guerre pour qu'ils soient plus faciles à entretenir et enfin lorsqu'elle les a laissés repousser jusqu'aux épaules. Vous ne me tromperez pas en faisant comme si vous étiez elle surtout si maladroitement.
Tout cela énervait Ann. Elle n'avait jamais été diplomate. C'était toujours Mercy ou Catherine qui recevaient ses clients. Mais pour une fois, ce sale trait de caractère allait lui servir.
-Votre maître va perdre cette bataille…
-Gellert Grindelwald est le plus grand mage noir de tous les temps !
Devant cette remarque, Ann éclata de rire. Pas parce qu'elle trouvait cette phrase amusante, pas parce que cette femme lui avait dit comme si cela devait la convaincre de la laisser partir.
-Je suis Ann Blanchard, et les cimetières sont mon territoire. S'il veut me défier, qu'il vienne me voir, qu'il ne vole pas l'identité d'une tierce personne.
Ann envoya un peu de pouvoir vers les tombes des alentours. Un zombi émergeant lentement du sol, enveloppé de volutes méphitiques irrespirables saisit Irene par la cheville de ses mains glacées, gluantes et glissantes. Elle hurla en faisant un saut spectaculaire, essayant d'essuyer convulsivement sa peau. Quand elle voulut s'enfuir à toutes jambes, deux autres cadavres aux grognements inarticulés et en état de décomposition avancée, chancelants les bras tendus vers elle lui barraient la route. Ann devait prendre garde à ne pas laisser son pouvoir lui monter à la tête. C'était à cause de ce danger d'emballement, que Mercy était toujours la méchante sorcière pendant qu'Ann la regardait faire en lui tenant son sac. Aujourd'hui, la bonne fée avait pris un congé. De toutes manières, elle n'avait jamais été celle que l'on croyait.
-Où croyez-vous aller ? Lui lança-t-elle. Vivante, vous ne pouvez pas leur échapper, et morte...
Preuve supplémentaire, s'il en fallait une, que ce n'était pas Mercy, l'usurpatrice tourna de l'œil. Petite nature, va.
