Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.
Titre : Noir ramage.
Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.
« Ne désespère jamais de la fortune : ce qu'elle te refuse a tort aujourd'hui, demain elle te le donnera, par caprice. »
-Proverbe oriental.
Chapitre 59 : Sophie Winters, ou une affaire de famille.
Depuis un mois, Hector et Sophie vivaient ensemble à New Rochelle, ils avaient même adopté un chien, un adorable petit labrador : Achille. Les voisins s'étaient d'abord étonnés de voir Madame Winters vivre avec un homme. Mais Monsieur Winters était maintenant mort depuis quinze ans, et, à son âge… ça ne prêtait pas à conséquences. Et puis, Monsieur Bluesky était un homme absolument charmant, même s'il avait un type un peu amérindien. Avec sa Ford T, ils se promenaient, découvraient tranquillement la région et Madame Winters semblait revivre. Oui, tout le voisinage de Sophie Winters avait rapidement adopté le magnifique petit couple de vieux qu'ils formaient. Ses enfants avaient été plus surpris… John, son aîné, avait d'abord explosé. La honte, le scandale, le qu'en dira-t-on. Puis, il s'était calmé quand Sophie lui avait fait remarqué qu'elle avait quatre-vingts ans et qu'à son âge, elle n'avait pas besoin de sa permission… Lui-même ayant cinquante-trois ans aurait dû ne pas attacher tant d'importance à ces choses. Sa femme, Justine était intervenue et l'avait calmé d'une main sur son bras. C'est elle qui dirigeait leur couple, Sophie l'avait toujours su. Ses deux filles et leur mari, surprises n'avaient pas été choquées. Elles trouvaient même du charme à Hector. Les cadeaux d'Hector à ses huit petit-enfants en avait fait un grand-père parfait. Et Lou son arrière-petite-fille avait passé la passé la journée sur ses genoux à jouer avec lui. Un monde parfait.
Son amie, Rose était charmante, leur apportant régulièrement des pâtisseries, c'était un cordon bleu et elle en était fière et les soirées passées à trois étaient des moments tranquilles plus qu'agréables. Depuis un mois, Sophie revivait. Elle avait été très heureuse avec Stephen, son mari, mais un bonheur tranquille, un train-train, un endormissement qui avait duré quarante-trois ans. Depuis quinze ans, elle vivait seule, une solitude qui la minait avec pour seules interruptions les soirées chez sa soeur. Rencontrer Hector avait fait entrer dans sa vie la folie en même temps que le danger. Elle ne riait jamais autant que quand elle le regardait combiner ses trucs, trafiquer ses sorts, ensorceler tout ce qui lui tombait sous la main, et raconter toutes ses histoires extraordinaires d'auror toujours sur la brèche aux quatre coins du pays. Elle était profondément attristée de la mort de Mabel Marie, mais elle pleurerait plus tard, tranquillement quand toute cette histoire serait terminée. Pour l'instant elle n'envisageait tout simplement pas l'avenir sans Hector.
Ils avaient repris à leur compte le système de cheminettes privées non-déclarées au MACUSA d'Oncle Paolus et Tante Carolina-Julie et maintenant, ils pouvaient communiquer plus facilement les uns avec les autres. Ce soir là, Hector et Maxime étaient partis enquêter sur une piste dont Julia Grehen leur avait parlé et cette dernière dormait dans la chambre d'amis. Comme à chaque fois qu'Hector s'absentait, Sara ou une des deux cousines de Maxime lui tenait compagnie. Ce n'est pas la peine Hector, que voulez-vous qu'il m'arrive? Et puis il y a Achille ! Je le sais bien Sophie, vous êtes tout à fait capable de prendre soin de vous seule, mais vous savoir avec l'un de nous me rassure, et puis ainsi, vous avez quelqu'un pour papoter cuisine ou tricot... Vieux macho, comme si les jeunes femmes de notre époque parlaient encore chiffons. Un jour elle lui expliquerait qu'il fallait vivre avec son temps et même à leur âge, être modernes.
Elles s'étaient couchées, Achille dormait au rez-de-chaussée dans son panier, quand une chouette argentée apparu devant elle. C'était un oiseau magnifique, ou plutôt un patronus magnifique. Mabel n'avait jamais réussi à en faire un, alors Sophie n'en avait jamais vu en vrai avant ce jour et elle était éblouie par la beauté, la grâce et la légèreté de l'animal.
-Le double idiot de Mercy accepte, fit-il avec la voix d'Ann Blanchard. Sara arrive pour mettre en place la suite pendant que je la surveille…
Sophie alla frapper à la porte de son invitée. Cette dernière ouvrit immédiatement, baguette à la main, prête. Les cheveux ébouriffés, vêtue d'une chemise d'homme, charmante.
-Ann nous a envoyé un message.
C'est le moment que choisit le petit nain de jardin poussant sa brouette normalement disposé au milieu des violettes plantées en cercles sur le parterre au milieu du jardinet pour apparaître en hurlant. Julia sursauta. Sophie se leva, très calme.
-Cave inimicum ! hurlait-il.
-Nous avons de la visite. Hector a disposé quelques nains avertisseurs autour de la maison. Ils les a enchantés pour donner l'alarme en cas d'intrusion. Savez-vous qu'il est très bricoleur et a toujours des milliers d'idées de transformation des objets non-maj's de la vie courante… Un vrai génie, il a aussi mis au point des sorts inédits à partir de sa culture amérindienne et de ce que lui ont appris les amis de Mercy Lecay pendant sa convalescence à la Nouvelle-Orléans.
Au rez-de-chaussée, Achille s'agitait et grognait doucement. Debout, oreilles dressées, il avait toute son attention dirigée vers la porte avant. Sophie, son rouleau à pâtisserie en main, Julia sa baguette, se tenaient chacune dans un coin de la pièce, attentives, les yeux dirigés vers l'entrée.
Tout un coup, la porte explosa dans un : Allohomora ! Expulso ! Aussitôt suivi d'un hurlement. Sous le sort le bois s'était transformé en un rideau de soie volant au vent. Quand Lucius Archibald avait voulu l'écarter de la main pour entrer, il s'était retrouvé entravé par des milliers de fils de soie incassables, qui se resserraient de plus en plus, le recouvrant maintenant comme le cocon enveloppe la larve d'un papillon. Cela n'expliquait pas les hurlements du sorcier qui se démenait au sol dans des mouvements désordonnés de plus en plus violents. Achille s'égosillait autour de lui ajoutant au désordre.
-Hector a enduit les fils de sucs concentrés d'orties du jardin. Ce n'est pas dangereux, juste très désagréable. Il ne devrait pas pouvoir opposer beaucoup de résistance quand les hommes rentreront s'occuper de lui.
-Je pense que vous allez délivrer mon imbécile de cousin.
Une voix glaciale venait de résonner derrière elles. Altair Palmer les regardait de la cuisine, sa baguette à la main. Julia se retourna mais avant qu'elle eut le temps de réagir, Altair lui envoya un sort d'Expulsion qui la projeta à travers la pièce.
Achille sauta sur Altair et attrapa la baguette de ce dernier avec ses petits crocs. L'assassin de Mabel la secoua vivement, l'assommant. Sophie sentit son sang faire qu'un tour. Son rouleau à pâtisserie brandi comme une massue, elle se précipita.
-Répulso !
D'un mouvement dédaigneux de la baguette, il la repoussa, l'envoyant à son tour heurter le mur.
-J'ai mis du temps à te retrouver Mabel Marie. Tu m'as vraiment compliqué la vie ces derniers temps. J'ai fini par retrouver ta piste grâce au colis que tu as expédié à Rose Williams. Tu vas d'abord m'expliquer comment tu peux être encore vivante après le sort que je t'ai jeté il ya un mois. J'aurais dû me méfier alors, tu as toujours été une peste qui m'a empoisonné la vie à tourner en permanence autour de moi, depuis que je te connais. Puis je remplirai mon contrat et cette fois là je vérifierai que le travail est bien fait, tu peux en être sûre. Au fait c'est malin d'ensorceler ces ridicules petits nains, mais tu sais quand j'ai vu le premier détaler pour avertir de l'arrivée de Lucius Archibald, il m'a suffit de détruire tous les autres avant qu'ils n'aient eu le temps de bouger. Après, quand cet abruti est tombé dans le piège de la porte, je me suis créé un double, qui a ouvert celle de la cuisine pour moi, l'enjamber pendant qu'il était immobilisé dans son cocon n'a plus été qu'une formalité. Mais j'admire l'esprit d'invention de Bluesky, au fait, où est-il ?
-Quand on jette un sort, on raconte pas sa vie.
Altair se retourna vers Sara qui se tenait nonchalamment dans l'embrasure de la porte, un feu vert mourait dans la cheminée du salon. Altair Palmer pointa sa baguette sur la jeune femme, mais cette dernière se contenta de lever les yeux au ciel en soupirant.
-Avada Kadavra !
La lumière verte jaillit de la baguette ébréchée par les crocs et se retourna contre celui qui la tenait qui parut l'espace d'un instant pétrifié de surprise avant de s'écrouler d'un bloc.
Lorsque la fumée se dissipa, Julia se tenait debout et Altair Palmer était allongé sur le sol.
-Je ne comprendrais jamais pourquoi personne ne me croit lorsque j'explique ma capacité inée, soupira Sara.
-La chance n'est pas un pouvoir.
Reed venait d'apparaître lui aussi par la cheminée, il regardait la scène mi-admiratif, mi-goguenard. Il avait toute une série de théories sur ce qu'étaient les pouvoirs efficaces et valables dans la lutte contre les mages noirs et la chance n'en faisait pas partie. Plus d'une fois il s'était chamaillé avec Sara à ce sujet. Sophie connaissait la scène que ces deux jeunes gens jouaient. Elle la connaissait même très bien pour en avoir été l'interprète un certain nombre de fois avec Stephen.
-C'est de l'art, lança Sara.
Poussée au plus loin, la chance était une donnée essentielle pour la survie et devenait alors primordiale pour celle qui comme Sara la possédait. Devant la réplique de la demoiselle, Maxime leva les bras comme s'il renonçait. Sara alla voir dans quel état se trouvait Julia.
-Coupure de l'arcade sourcilière. Cela saigne beaucoup, mais loin d'être fatal. Ça te donnera un charme d'aventurière et ainsi, on pourra te différencier plus facilement de Jane.
-On va confier notre prisonnier au grand prêtre, il tiendra compagnie à Sam et ses amis. Le cavalier sans tête saura le garder bien au chaud. Ainsi, Grindelwald aurait du mal à en retrouver la moindre trace.
Reed organisait déjà la suite. Tôt ou tard Grindelwald et les siens s'apercevraient que leur nombre diminuait, l'essentiel était qu'il ne puisse en comprendre la cause exacte. L'incertitude est le pire de tous les maux jusqu'au moment où la réalité vient nous faire regretter l'incertitude.
-Ce n'est que Justice, Mabel Marie est vengée.
Sophie à côté de Sara regardait le corps de l'assassin de sa sœur à ses pieds. Des larmes coulaient en silence sur ses joues, sa sœur pouvait enfin partir et trouver le repos. Elle n'avait pu l'accompagner en sa dernière demeure, sécurité oblige, mais elle savait que Sara et Ann avaient alors fait ce qu'il fallait pour que Mabel Marie ne soit pas seule malgré son absence.
Il était temps qu'elle aille lui dire au revoir.
