Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.
Titre : Noir ramage.
Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.
« Pas de viols, pas de mutilations, pas d'otages, pas de meurtres c'est si restrictif que ça ? »
-Hector Bluesky.
Chapitre 60 : Irene Fly, ou les deux Nott.
Lorsque Irene ouvrit les yeux, elle mit un instant avant de reconnaître le plafond de la chambre… Elle se sentait brumeuse, absente, désorientée. Sa nuit avait été mauvaise, un très mauvais cauchemar… Une histoire de peur panique, primaire, viscérale qui lui donnait encore le coeur au bord des lèvres. Les morts, la mort, sa mort plus précisément… Elle était de retour dans l'appartement qu'elle occupait sous le nom de Mercy Lecay. Elle attrapa la robe de chambre… Ce n'était pas la sienne, dans cet appartement, elle utilisait les affaires de la prisonnière. Ce n'était pas une robe de chambre en soie, mais une en lainage. Malgré ses vêtements « à la dernière mode », Mercy Lecay manquait de classe dans ses choix de vêtements d'intérieur. Une chemise de nuit en coton, une robe de chambre en laine… Irene ne comprenait vraiment pas les femmes modernes.
Elle passa dans la pièce qui servait de cuisine et marqua une pause, une femme était dans son appartement. Une femme à la peau foncée et aux cheveux bruns, tranquillement assise devant une tasse de café fumante lisait le New-York Ghost… De longs cheveux bruns et lisses noués en queue-de-cheval. Une coiffure d'enfant sur la tête d'une femme d'une trentaine d'année. Une image perturbante, mais moins que… Elle connaissait cette femme. Cette femme… Son sang se glaça en la reconnaissant.
-Je suis Ann Blanchard, et les cimetières sont mon territoire.
Irene sortit sa baguette, mais, elle sentit quelque chose lui saisir la cheville… Elle baissait les yeux. Cette odeur, insupportable qui prenait à la gorge, l'empêchant de respirer. Une main humaine, du moins ce qui avait été une main humaine avant que les chairs ne commencent à entrer en décomposition. Irene poussa un hurlement en bondissant sur le côté, mais tout ce qu'elle parvint à faire, c'était faire sortir un peu plus le mort de sa tombe. Le cadavre la lâcha. Que… Comment ? Irene voulut fuir, mais, elle se rendit compte qu'il y en avait d'autres qui lui barraient la route.
-Où croyez-vous aller ? Lui lança-t-elle. Vivante, vous ne pouvez pas fuir, et morte...
La… Nécromancienne ? Avant ce qui c'était produit dans le cimetière, Irene pensait que les Nécromanciens étaient des légendes, des histoires racontées aux enfants pour leur faire peur. Mais cette femme était capable de relever des morts sans user de magie noire… C'était donc réel, des gens étaient capables d'appeler les créatures de la nuit, de maîtriser la mascarade de la mort et de faire frémir bien plus que n'importe quel fantôme ne le pourrait. Elle était une Nécromancienne. Irene avait peur, véritablement peur. Avant, elle pensait qu'elle connaissait ce sentiment, mais c'était avant de rencontrer Ann Blanchard.
-Venez manger, une longue journée nous attend… Fit Blanchard.
Irene ne voulait pas manger. Elle voulait rentrer chez elle. Tant pis si Grindelwald la tuait pour sa désertion. Elle pouvait toujours se justifier en se disant que s'il la rattrapait, elle pourrait lui vendre une véritable Nécromancienne pour sauver sa peau, mais… Mais la vengeance d'Ann Blanchard serait alors terrible. La créole sortit une poupée… Une petite poupée faite avec des bout de ficelles dépareillées. C'était une petite chose dépenaillée… Irène ne savait pas si elle devait la qualifier cette chose… de pitoyable ou d'horrible.
-Ceci, ma chère, est une poupée vaudou. Grace aux cheveux que je vous ai pris, elle vous est reliée. Si je la jette du haut d'une fenêtre, votre corps en subira les conséquences, comme si c'était vous que j'avais balancée. Si je la jette au feu… Je vois à votre tête que vous avez compris l'idée. Bien entendu, la distance n'affecte pas ce genre de malédiction. Seul mon bon vouloir, ou celui d'un autre prêtre vaudou, pourra détruire cette poupée sans vous faire de mal. Étant donné les raisons qui m'ont poussées à la faire, je doute que vous souhaitiez rencontrer l'un de mes confères pour lui expliquer votre problème. Au cas ou vous seriez tout de même tentée, laissez moi vous expliquer que notre communauté est très soudée et que Mercy en est un membre très respecté même si elle ne pratique pas notre magie.
Blanchard leva ses yeux sombres vers elle.
-Venez vous assoir, ordonna-t-elle.
Irene était sonnée par la menace contenue dans cette simple phrase. Elle s'avança machinalement. Elle était coincée, prise au piège… Et elle pouvait rien faire pour changer cela. D'un côté, Grindelwald qui la tuerait lentement si elle le trahissait. De l'autre, cette femme qui le tuerait beaucoup plus rapidement si elle ne trahissait pas le mage noir. De toutes façons elle mourait, chose qui lui était insupportable.
-Je ne vais pas vous poser de questions dont je connais déjà les réponses, mais, à la place, je vais vous demander votre nom.
-Irene Fly.
-Et votre véritable nom est ?
-Meredith Nott.
Elle aurait pu mentir, mais retourner auprès d'un époux qu'elle n'avait pas choisi était le cadet de ses soucis. Elle n'aurait pas dû l'épouser, faire comme sa sœur… Sa sœur, elle, avait fui avant le mariage. Pour se faire bien voir de leurs parents, Irene l'avait dénoncé, mais Regina avait tout de même réussi à s'échapper. Et leur mère n'avait jamais pardonné à Meredith d'avoir trahi sa sœur. Elle pourrait mentir, mais la vérité était qu'elle était indigne de confiance.
-J'aurais besoin d'avoir accès à la malle de mademoiselle Lecay.
-Pourquoi ?
-Je ne viens pas de vous poser une question.
Au moins, c'était clair. Avant qu'elle ne vienne vivre aux États-Unis personne n'aurait osé lui parler sur ce ton. Mais, il semblerait que ce temps était révolu.
Irene lui ouvrit la malle de Lecay et s'effaça. La reine des morts passa devant elle et referma la malle d'un coup sec. Elle tira un petit couteau de sa manche et s'entailla légèrement le doigt avant de le passer sur le bois. Irene entendit le bruit d'un mécanisme et se soulevant une nouvelle fois, le couvercle révéla un compartiment secret, caché grâce à de la magie du sang. Quelque chose murmurait à Irene qu'elle aurait pu se vider de son sang sur cette malle, elle ne lui aurait révélé aucun secret. Lecay avait autorisé cette nécromancienne à avoir accès à ses secrets.
D'où elle était, elle pouvait voir des fioles de potions, un sabre d'abordage bien sagement rangé dans son fourreau, un carnet et une enveloppe sur laquelle on avait simplement écrit « Ann ». C'était comme si Lecay savait que Grindelwald enverrait quelqu'un prendre sa place et ce faisant, donnerait à cette personne accès à ses affaires. Mais ce n'était pas possible. Personne ne pouvait avoir l'esprit aussi tordu, n'est-ce pas ? Si ? Irene ne voulait pas imaginer que Grindelwald pouvait s'être mesuré à une personne encore plus manipulatrice que lui. Elle ouvrit la bouche pour poser une question, au moment où le bruit caractéristique d'une arrivée par cheminette se produisit. À la réflexion, cette interruption venait peut-être de lui sauver la vie.
-Les Covens sont tellement… Je ne sais pas si je pourrai maintenir le statu-quo encore longtemps.
Cette voix… Irene la connaissait. Elle avait grandi avec sa propriétaire. Elle se retourna vers elle, Regina la regardait. Surprise, mais son regard était froid, elle venait interroger une personne ayant partie prenante dans la disparition d'une amie, et se retrouvait face à sa sœur. De la fureur et un peu de dégoût apparaissait maintenant. C'était la première fois qu'elles se voyaient depuis… Depuis le départ précipité de la cadette.
-Bonjour, Edith, fit froidement Gina.
-Bonjour, petite sœur.
Regina la regarda comme si elle ne savait pas comment se comporter avec elle. Par jalousie, Irene l'avait trahi. L'ainée avait voulu devenir l'enfant préférée… Prendre la place de Gina… Mais tout ce qu'elle avait réussi à faire était de briser sa famille.
-Ann, ma chère… Je crois que cette… ma grande sœur et moi devrions nous parler.
Le ton de colère contenue de Regina ne laissait pas de doute sur le fait que la conversation ne sera plaisante pour aucune des deux participantes. Irene jeta un regard vers la Nécromancienne. Cette dernière avait sorti la lettre de son enveloppe et vu la crispation de ses doigts sur le carnet, ce n'était pas de bonnes nouvelles.
-Je récupère les affaires de Mercy… Sauf les vêtements que… Votre sœur lui a emprunté. La connaissant, Mercy voudra les bruler.
Blanchard avait dit cela comme si c'était normal de bruler ses vêtements. Lecay devait vraiment avoir l'esprit tordu.
