Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.
Titre : Noir ramage.
Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.
« Tu regardes d'un œil d'envie les richesses d'autrui, mais ces vains désirs ne t'enrichiront pas : ne vaudrait-il pas mieux fermer ton cœur à cette folle cupidité ? Tu nourris la volonté de nuire à ton ennemi, mais cette volonté ne lui nuit pas : ne vaudrait-il pas mieux lui pardonner de bonne foi ? »
-Les sentences et adages et morales chinoises (1782).
Chapitre 64 : Le Niffleur, ou ça brille !
Certains vont dire que je suis une misérable petite chose poilue, à la fourrure noire couverte de puces et pourquoi pas de tiques, capable d'attirer les pires ennuis. Que mon museau pointu est luisant de bave, que mes pattes à quatre doigts aux griffes longues et acérées sont des armes dangereuses dont il faut se méfier. Ils vont vous dire que je suis un voleur qui ne mérite que la punition et l'enfermement.
D'autres ne vont voir en moi qu'une petite bébête à sa mémère, adorable et craquante. Que ma fourrure est un délice de douceur et de chaleur, que mon museau pointu est idéal pour embrasser et câliner et mes pattes fort utiles. Ceux-là sont de gentils idiots.
Peu me jugeront à ma juste valeur : une bestiole mignonne mais pas trop, très maligne, volontaire et entêtée, capable de tout pour un truc brillant. Que je vis dans des terriers creusés à cinq ou six mètres de profondeur et aussi dans les mines. Que nous sommes des parents attentifs pour notre portée de sept ou huit petits niffleurs. Que les Gobelins m'élèvent et me privent de ma liberté pour mes capacités.
Norbert lui, capable de tout me pardonner, ne verra mes bons côtés mais n'oubliera pas mes défauts. Il n'y a qu'un seul problème dans notre relation : il refuse que je garde les trésors que je trouve même si je les cache au plus profond de ma poche ventrale. C'est un véritable ami, capable de tout pour me protéger même s'il ne me comprend pas.
Depuis une semaine, Norbert nous tient enfermé dans sa valise. Au fond de mon terrier, je fouine, creuse, déblaie et ne trouve rien. Pas de filon de matériaux précieux, pas de pierres de couleurs, même pas d'anthracite dont j'aime tant la dureté et la couleur gris-noirâtre et brillante. Je m'ennuie. Je suis un chapardeur, j'aime la beauté et je ne comprends pas pourquoi quand on apprécie comme moi la joliesse des choses, on ne peut pas juste les prendre pour les regarder tout le temps… J'ai ma propre collection, mais depuis que je suis dans la valise de Norbert, je n'ai pas pu l'augmenter, je connais par coeur tous mes objets, pas de nouveauté, pas d'étonnement, je m'ennuie. Je sais que si je pouvais sortir, je trouverais de nouvelles merveilles… Dieu merci, si on appuie au bon endroit, on peut glisser une griffe et… la serrure saute ! À moi la liberté et la découverte.
Norbert est empêtré avec sa valise, ses grandes jambes, son grand manteau, le voir me courser, essayer de m'attraper, tendre les mains pour me saisir et… ne trouver que le vide, toujours ! Il est mon humain préféré, il m'amuse tellement !
Quand enfin il me rattrape, il me câline en me faisant la leçon : il ne faut pas… Pourquoi ? Si c'est ma nature et mon amusement ?
Aujourd'hui, nous quittons le bateau, Norbert m'a bien expliqué qu'il fallait que je sois sage, ne pas sortir, qu'ici les humains n'aiment pas les animaux, qu'ils les chassent et les tuent et que je devais rester caché au fond de mon terrier dans la valise. Je n'ai rien contre, mais… je m'ennuie dans sa valise et ça il ne veut pas le comprendre.
Le Niffleur était heureux. Il était même comblé. Norbert l'avait conduit jusqu'à un endroit rempli de nouveaux trésors ! Bon, il avait du affronter un chien, éviter de se faire marcher dessus par des gens qui ne faisaient attention à rien… Et éviter Norbert qui ne voulait pas le laisser s'amuser. Ce n'était pas comme la fois où ils avaient été dans un marché du Caire… Et ce coup-là, c'était Norbert qui l'avait laissé sortir de sa valise. Pourquoi quand il voulait que une diversion, il laissait le niffleur de faire ce qu'il voulait, mais pas quand le niffleur voulait faire ce qu'il aimait ? Ce n'était pas juste.
Il avait donc quitté la valise. Ce n'était quand même pas de sa faute si quelqu'un avait jeté une belle pièce d'argent dans un vieux chapeau... Et il était entré dans un bâtiment remplis de trésors pendant que Norbert lui courrait après. Il n'avait plus qu'à espérer que son ami le rattraperait uniquement une fois qu'il aura bien rempli sa poche ventrale. Et hop, hop, hop ! Et on évite une nouvelle fois Norbert.
Bien entendu, l'humain ne l'entendait pas de cette oreille et le pauvre animal avait juste le temps d'acquérir un nouvel objet avant de devoir fuir sa cachette et en trouver une nouvelle. À chaque fois, Norbert semait un peu de chaos sur son passage et après on allait encore dire que c'était la faute du Niffleur !
Alors que le niffleur était assis tranquillement sur un chariot surchargé de sacs d'argent et qu'il remplissait tranquillement sa poche ventrale. Norbert le repéra. Le niffleur leva sa patte pour le saluer alors qu'un garde poussait le chariot sans s'en rendre compte. Certaines personnes ne voyaient pas ce qui était sous leur nez.
Le gentil humain le conduisit devant un endroit… Où il y avait un énorme coffre. Si sa mémoire était bonne, c'était dans ce genre d'endroit que les humains cachaient leurs plus beaux trésors. Le Niffleur se glissa dans une petite fente alors qu'il entendait Norbert l'appeler. Pour une fois qu'il s'amusait autant, Norbert pouvait toujours courir pour qu'il lui obéisse.
Alors qu'il était tranquillement en train de remplir sa poche de nouveaux trésors trouvés dans une bonne centaine de coffres individuels qu'il venait d'ouvrir… Un record, même pour lui… Norbert entra dans la pièce. L'animal lui jeta un regard de défi tout en enfonçant un lingot dans sa poche déjà pleine, tendue à mort, débordante...
-Sérieusement ?
Norbert saisit fermement le niffleur et le retourna en le secouant pas ses pattes arrières. Brutalités sur un animal ! Pourquoi les sorciers n'ont-ils pas de loi contre ça ? Une quantité prodigieuse d'objets précieux tomba sur le sol faisant un tas conséquent aux pieds de Norbert.
Norbert lui adressa un léger sourire avant de se mettre à le chatouiller. Non ! Pas les chatouilles ! Le niffleur ne put pas supporter cela longtemps et il laissa tomber un peu plus de son larcin. Ce n'était vraiment pas juste. Pour une fois qu'il s'amusait tranquillement. Et il ne dérangeait personne ! C'est Norbert qui avait ravagé la banque pas lui ! Bon, il avait peut-être cassé un ou deux trucs, mais rien de grave.
-Non.
Bon, ça va. Il avait compris. Pas la peine de lui prendre un peu plus de trésors. On ne secoue plus, espèce de sauvage ! Soudainement, Norbert arrêta ses tortures et le Niffleur vit des gens en noirs pointant des baguettes magiques étranges sur eux. Bon, il avait peut-être fait une bêtise. Mais, une toute petite, fallait pas exagérer quand même.
Il eut un tourbillon et l'air froid qui vint se perdre dans sa fourrure lui apprit qu'ils se trouvaient dehors… Loin de ses nouveaux trésors. Il voulut partir, mais Norbert ne le laissa pas faire. Voilà qui n'était pas très gentil. Pourquoi c'était toujours les mêmes qui étaient punis ?
-Pour la dernière fois, vilain voleur, bas les pattes ! On ne touche pas aux affaires des autres.
Comme si Norbert allait réellement le punir… Il n'y croyait pas une seule seconde.
