Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.

Titre : Noir ramage.

Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.


« On me dit de me souvenir de l'idée et non des hommes, parce que nous pouvons échouer, nous pouvons être arrêté, nous pouvons être exécuté et tomber dans l'oubli alors qu'après des siècles, une idée peut encore changer le monde. Je connais d'expérience le pouvoir des idées. On ne peut pas la toucher, ou la serre contre soi. Les idées ne saignent pas, elle ne ressentent pas la douleur… Et elles ne peuvent pas aimer. »

-Mercy Lecay, dans une lettre à sa mère écrite en juin 1918.


Chapitre 65 : Liberté Lecay, ou le fruit de l'amour.

Liberté avait toujours vécu sa vie en suivant un code de conduite simple. Aimer, être bonne et généreuse… Voilà ce qui avait dicté toute sa vie. Mais, à cet instant, alors qu'elle venait arriver dans une ville si loin de chez elle, elle apprenait la haine. Toute cette souffrance au nom de la folie d'un seul homme.

Elle avait quitté son village dans le Bayou après qu'elle ait appris par Ann qu'il y avait eu un gros problème dans le Nord et qu'il y avait beaucoup de personnes qui auraient besoin de ses services. L'ainée des enfants de Jade ne lui avait pas demandé de venir, mais Liberté était assez grande pour faire ses propres choix. De plus, cela lui permettrait de se rapprocher de l'endroit où sa fille avait disparu. Non, elle n'allait pas partir à sa recherche, elle ne serait pas par où commencer. Elle voulait juste être là pour mettre un bon coup de rouleau de pâtisserie sur le crâne du sale petit… De l'infâme… De l'être vivant qui avait osé toucher à son bébé.

La magie avait toujours un coût. C'était quelque chose qu'on lui avait appris petite fille, et lorsqu'elle voyait ses hommes et ses femmes qui avaient tellement souffert à cause d'un seul homme… Liberté se disait que le prix était trop élevé. Et elle comptait bien plus apprendre le coût de ce que ce dingue avait fait. Elle connaissait deux ou trois personnes qui seraient ravies de lui rendre ce petit service. Bon, ils étaient plutôt une cinquantaine, mais ce n'était pas de sa faute si elle était une très bonne guérisseuse.

Sara Wood, la fille du frère de son défunt époux, la logeait chez elle. C'était une gentille fille, polie, bien élevée… Et Liberté ne savait pas comment les gens pouvaient la confondre avec Mercy. Elles avaient le même nez, la même bouche, la même couleur de cheveux… Mais, ce n'étaient que des détails. Mercy avait les cheveux naturellement bouclés, la forme de ses yeux lui venait de sa grand-mère maternelle… Les petits détails font les grandes différences.

Liberté regarda autour d'elle. Un lit, un bureau, une armoire… Cette chambre était plus luxueuse que tout ce qu'elle avait connu au cours de sa vie. À vrai dire, elle avait toujours partagé sa chambre… Enfant, avec ses cousines. Jeune mariée avec son époux et après la mort de William, elle était retournée dans la maison de son enfance et avait partagé sa chambre avec sa fille. Non, elle n'avait jamais eu de chambres rien qu'à elle… Du moins jusqu'à départ de Mercy pour suivre une formation d'auror. À ce moment-là, elle avait appris ce que c'était de se retrouver toute seule.

On lui avait ramené la malle de sa fille. Elle revenait des années en arrière quand on avait ramené les affaires de son frère mort au champ d'honneur en Europe durant la guerre. Elle se rappelait les larmes contenues de son père et celles qui avaient coulé des yeux de sa mère. Et Liberté se rappelait bien la honte qu'elle avait d'être soulagée que ce ne soit pas les affaires de sa fille… Mais Dieu avait le sens de l'ironie cruelle. Il lui avait évité une peine pire que tout à l'époque pour la lui donner aujourd'hui.

-Madame Lecay…

Ann Blanchard se tenait dans l'embrasure de la porte. Elle l'avait connue lorsqu'elle était petite fille. Elle l'avait vu devenir une ravissante jeune femme.

-J'ai trouvé cela dedans.

Ann lui tendit un petit carnet à la couverture de cuir. C'était un vieux carnet. C'était le carnet de Mercy. Celui qu'elle lui avait offert quand elle avait commencé à apprendre à faire des potions. C'était un cahier enchanté où des pages s'ajoutaient au besoin de son utilisateur. Il lui avait couté plus d'un an d'économie de bouts de ficelles. Liberté tourna les pages… Elle pouvait revoir son enfant grandir. Elle voyait l'écriture de Mercy évoluer… Devenir plus délicate… Elle leva la tête pour dire quelque chose à Ann, mais cette dernière était déjà partie. Pauvre petite. Bien plus à l'aise avec les morts que les vivants.

Elle tourna une nouvelle page et dû s'obliger à respirer. Cette page ne comptait pas de sorts, d'explications de théories magiques ou de potions, voir quelque chose d'autre de ce genre… C'était un message qui lui était adressé.

« Maman

« J'ai toujours su ce que je voulais faire de ma vie. Te rappelles-tu lorsque j'étais enfant ? Déjà à l'époque je rêvais de découvrir ce qu'il y avait hors du Bayou. Combien de fois m'as-tu empêchée de quitter ce territoire où j'étais en sécurité ? Plus de la moitié de ton temps…

« Des années se sont passée depuis cette époque et j'ai tellement de fois quitté de bayou pour toujours y revenir. Toujours te revenir.

« La dernière fois, c'était après que j'ai eu le cœur brisé par un homme… Si j'avais eu le courage de te le présenter… Mais, j'ai préféré faire comme si cela ne pouvait pas durer. Voler du temps au temps… Il m'avait offert un rosier. Un magnifique rosier aux fleurs rouges. J'adorais leur odeur qui embaumait mon petit appartement… Ce fut les plus belles années de ma vie.

« Je pourrais te mentir. Te dire que tout était de sa faute… Mais en réalité, grâce à lui, j'ai eu des roses rouges tous les jours sans avoir une seule fois demandé pardon.

« Je l'aime. Tu vas peut-être me trouver folle, mais, je vais… Je vais aller jusqu'au bout pour le retrouver. Pour le sauver.

« Si tu as cette lettre, c'est que je n'ai pas réussi à m'en sortir seule. Je ne peux pas te promettre que je rentrerais à la maison. Pas cette fois. Il y a trop de choses en jeu. Une guerre se prépare et ce que l'on fait aujourd'hui pourra l'empêcher d'éclater. Peut-être pas indéfiniment, peu sont ceux qui ont compris réellement les leçons de la dernière… Les vainqueurs ont bien trop humilié les perdants en oubliant leurs propres fautes.

« J'espère que le monde changera et trouvera la paix. Et j'espère que tu me pardonneras.

« Je voulais tellement te voir vieillir, te donner un petit-enfant… Mais tout cela semble impossible en l'état. Nous sommes ce que nous sommes et je suis un auror. Mon rôle est de me battre même si je suis la dernière debout.

« Pardonne-moi de ne pas être là pour pleurer et rire avec toi, t'embrasser… Je t'aime. De tout mon cœur, je t'aime maman.

« Ta fille, Mercy.

Oui, elle lui pardonnait. Liberté avait tout abandonné au nom de l'amour… Et son enfant… Son unique enfant était le fruit de cet amour. Mercy n'était pas folle… Elle était juste son bébé. Et comme elle, lorsqu'elle aimait, c'était entièrement, totalement, sans compromis. Elle avait défié la loi des hommes par amour, alors allez se jeter dans la gueule du loup pour avoir une petite chance de le sauver… Bon sang ne saurait mentir. Peut-être que Mercy ressemblait physiquement plus à son père qu'à sa mère, mais dans les faits…

Grindelwald lui apprenait la haine, mais Mercy lui rappelait ce que c'était d'aimer quelqu'un quand tout était contre nous. Liberté devait à tout prix se raccrocher à l'espoir que tout finirait bien.