Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.
Titre : Noir ramage.
Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.
« Observe bien leurs yeux, devine leurs désirs, devine de quoi ils ont besoin, anticipe avec un sourire dans les yeux ».
-Isabelle Herrat expliquant son travail de gouvernante à l'une de ses filles.
Chapitre 67 : Walter Albus Higgins, ou c'est le majordome le coupable !
Son rôle et son privilège : être invisible. Qui se méfierait d'un homme qui n'existe pas. Depuis des années il vivait dans l'ombre de son Maître, disponible, toujours là et prêt à tout pour tout. Telle était sa devise. Et sa fierté.
Grindelwald pensait réfléchir toujours et totalement par lui-même. En fait, lui, Higgins pouvait orienter ses pensées. Une allusion, un souvenir pouvaient donner une direction, influencer une réflexion. Parfois il lui faisait même l'honneur de lui demander son avis.
Depuis qu'ils étaient arrivés à New-York, il était là, protégeait la cellule la plus importante de l'Empire de Grindelwald : la maison de Graves, son grand QG. Chaque partisan qui en franchissait le seuil ne s'imaginait pas être évalué, or dès l'instant où il leur ouvrait la porte, il savait. Tel serait quelqu'un en qui on pouvait avoir confiance, tel autre ne valait rien, peu fiable, peu courageux, idiot… Après l'avenir parlait. Parfois son premier jugement était invalidé par l'expérience mais le plus souvent, il n'en était rien.
Le Maître le savait et lui faisait totalement confiance. Il était son âme noire ou damnée, diraient certains. Lui préférait se voir comme un second irremplaçable.
Quand il s'était débarrassé de Jones, il avait fait preuve d'inventivité. Sous couvert d'une mission à préparer, grimé en vagabond il l'avait rejoint sur les docks de New-York. Là ni vu, ni connu, un coup de poing dans le visage, un derrière la nuque, de l'alcool dans la gorge et adieu… un plongeon dans l'Hudson. Les non-maj's avaient enterré un pauvre type de plus dans le carré des indigents et un dossier non-résolu de plus en haut de la pile.
Grayson était son problème actuel. Il l'avait toujours considéré comme un prétentieux, imbu trop fortement de lui-même pour être vraiment utile. L'efficacité réelle nécessite l'intelligence et l'adaptation, or celui-là était dangereux, il ne se rendait pas compte de ses fautes et de ses errements. Son ressentiment le guidait souvent. La fois où il l'avait surpris narguant Graves et Lecay dans leur cellule… Tout à sa haine et sa sensation de victoire, il ne s'était même pas rendu compte qu'ils se rapprochaient de lui, imperceptiblement, prêts à l'attaquer et à prendre le dessus. Avec sa baguette dans la poche, il étaient la clé dont les prisonniers avaient besoin pour s'enfuir. Idiot mais pas tout à fait, il avait parfaitement compris l'avertissement et depuis il cherchait le meilleur moyen de trahir sans y laisser trop de plumes. Mais il était là et Grayson ne savait pas comment s'y prendre, trop mouillé pour faire chemin arrière… Higgins avait pris la précaution de changer la place de rangement de la boite de chaussures. Le lendemain, Grayson ne l'avait plus trouvée dans le placard et avait été très déçu ! Une monnaie d'échanges qui s'était envolée.
Un autre problème était la disparition des deux Palmer. Higgins le sentait, une embuscade, il ne voyait que cela comme explication. Le tout était de savoir comment. Altair n'était pas très puissant mais n'avait aucun scrupule, ce qui le rendait fort dangereux. Pour lui un Sort Impardonnable de plus ou de moins… Lucius Archibald était bien meilleur mais trop impulsif, toujours à croire que celui qui entrait le premier dans une pièce était le plus brave, le meilleur. Un grand besoin de reconnaissance c'est tout. Un défaut qui peut être mortel quand ce n'est pas compensé par de la réflexion. A son avis, il avait voulu se précipiter et était tombé dans le piège. Son cousin, plus pondéré l'avait évité mais avait du être tué dans un duel avec quelqu'un de plus puissant. Il y avait une chance pour que l'un des deux soit encore vivant et alors, il tablait sur le jeune. Dans ce cas, il était prisonnier. Les envoyés du MACUSA n'étaient pas des tueurs, trop englués dans leurs valeurs de probité et de justice. Il y avait forcément quelque part un lieu suffisamment grand, auquel personne ne faisait vraiment attention et isolé pour garder leurs hommes disparus en attendant leur jugement.
Ce devait être proche, facilement atteignable quand on a attaqué l'église de Stratton et qu'on en revient chargé de blessés et de prisonniers. Penché tout d'abord sur une carte de la région il avait noté les activités magiques relevées, il avait ainsi répertorié les lieux magiques compatibles. Il fallait un bâtiment non-officiel et non lié au MACUSA, sans cela Grindelwald sous les traits de Graves et tous leurs serviteurs le connaîtraient forcément… Ce qui en éliminait une douzaine...
Sleepy Hollow, l'activité magique était très forte. Logique, c'était un regroupement important de foyers magiques, logique aussi, eux-mêmes possédaient un quartier général dans les bois est de la ville : le manoir des Grayson. Mais depuis deux mois, depuis sa disgrâce, leurs réunions à cet endroit avaient nettement diminué… Or, l'activité magique croissait elle. Un autre point, les Palmer devaient retrouver cette vieille 3M et Bluesky, or le point de départ de leurs recherches était là. Oui, cette ville lui semblait une bonne piste.
En fouillant dans la bibliothèque de Graves, il avait trouvé de vieux livres sur la région. Dans l'un d'eux, il était fait mention d'un Coven… Ça pouvait être çà. Quoi de plus innocent qu'un Coven ? C'était un regroupement d'illuminés croyant qu'on pouvait apporter la paix en parlant d'amour et de pardon. Du moins en Europe et cela ne devait pas être différent en Amérique. Il allait y jeter un coup d'oeil...
Il avait trouvé, au centre du grand parc municipal de Sleepy Hollow deux immenses noyers noirs côte à côte dressant leur tronc à l'écorce foncée profondément nervurée. Des runes magiques prenant vie lorsque on approchait la main. Le tapis de feuilles au sol étouffait ses pas. Les oiseaux se taisaient, un peu de brume au sol. Ils servaient de portail. Il se préparait à entrer quand :
-Alors Higgins, vous êtes de sortie ?
Cette voix ! Impossible, il reconnaissait la voix de… Reed ! Il se retourna, baguette dressée.
-Monsieur Reed, vous n'êtes pas…
-… Mort ? La nouvelle de ma mort a été un évènement un peu exagéré.
-Oui, non ! Des nôtres !
-Là aussi je pense que c'était un évènement très exagéré… dit-il dans un grand éclat de rire !
Il s'était trompé, pour la première fois de sa vie, il s'était trompé….
