disclaimer: les personnages ne m'appartiennent pas
rating et avertissement: K+. cet OS touche au vaste domaine de la sexualité, et plus précisément à l'asexualité de saiki. mais c'est très soft, il n'y a pas de descriptions sexuelles brusques, seulement un saiki qui n'est pas attiré par akechi et les corps, et un saiki qui n'aime pas trop le contact physique en général. rajoutez un akechi perturbé, et beaucoup de fluff. j'espère que cela va vous plaire.
bonne lecture à tous, et un grand merci pour prendre le temps de s'intéresser à ce modeste OS!
Sa mère lui a dit que Touma Akechi est un beau garçon, parce qu'il ne pouvait pas le voir.
Saiki a bien une idée de comment ses muscles se contractent quand Touma Akechi se lance dans ses discours infinis, et de la façon dont son cœur s'emballe à chaque fois que sa langue claque contre son palais ; Saiki, il sait beaucoup de choses, mais il ne sait pas de quoi Akechi a l'air, quand les cils de ses yeux mauves touchent sa peau, et quand Akechi sourit si fort que deux fossettes apparaissent sur ses joues. Saiki sait qu'Akechi sourit, parce que ses muscles se contractent et s'étirent : il sait qu'Akechi sourit, assez fort pour teindre ses promettes d'un rose timide et frileux ; Saiki le sait, parce qu'il voit la vasodilatation de ses vaisseaux sanguins et tout cet afflux de sang atteindre son visage et une partie de son cou caché par sa chemise blanche. Et Saiki le sait, et Saiki ne peut pas le voir. Bon sang, Touma Akechi doit avoir un beau sourire.
Touma Akechi ne sourit pas beaucoup, parce qu'il parle trop pour en avoir le temps. Alors, Akechi ne sourit pas beaucoup ; seulement quand Saiki frôle ses doigts entre les siens, l'air d'un hasard qui arrive trop souvent pour en être vraiment un, et lorsque Saiki laisse sa main ferme un peu trop longtemps sur son épaule frêle.
Saiki, il ne touche personne et il ne laisse personne le toucher. Parfois, il pose sa tête sur l'épaule d'Akechi, avec une fatigue et une vulnérabilité qui ne sont pas sincères, avec ses paupières qui palpitent comme s'il était sur le point de s'effondrer ; et le cuir brut des bretelles d'Akeshi frottent son menton, et Saiki ne dit rien, et entre des milliers de clignement, Saiki laisse ses yeux se balader sur le roman policier dont Akeshi caresse les pages, à défaut de pouvoir caresser la peau de Saiki. Ces moments-là sont de vrais trésors.
Akechi parle beaucoup, pratiquement autant qu'il peut penser. Alors, ses pensées sont un flot que Saiki ne peut pas lire. Akechi, il pense à la peau de Saiki assez de fois dans la journée pour qu'il puisse avoir envie de la toucher. La peau de Saiki est blanche, et elle pourrait être un peu rude un peu sèche, assez brusque. Ce ne sont que des suppositions, parce qu'Akechi l'a touché trop peu de fois pour réellement la connaître. Akechi, il estime que la peau de Saiki est sévère : il l'a vu, en tout cas à chaque fois qu'ils rentraient ensemble, et que ses yeux s'attardaient trop longtemps sur la main de Saiki, nageant dans le vide comme si elle demandait d'être prise, et la façon un peu trop rapide, celle que l'on peut nommer panique, quand Saiki l'a pressement rangé dans sa poche. Akechi n'avait jamais était quelqu'un de discret.
Alors Akechi veut toucher Saiki, et il ne fait rien. Parfois, Saiki vient de lui-même : il y a quelques secondes de douceur et d'intimité, et des doigts qui se touchent, et des baisers futiles sur le front tard le soir dont Akechi ne connaît pas l'existence. Saiki ne veut pas que sa peau touche la sienne, pour une raison qu'Akechi ignore. Et ç'aurait pu le déranger, si Akechi ne regardait Kusuo Saiki avec tant d'étoiles dans les yeux. Et ses étoiles, elles brillent dans le ciel Amour. La douceur de Kusuo Saiki, Touma Akechi ne la trouve pas dans ses baisers : seulement dans des regards inquiets, dans des murmures, dans des petits secrets.
(tu étais mon premier ami. mon tout premier.)
Saiki ne peut pas entendre les pensées d'Akechi, mais il peut voir à quel point les pulsations de son cœur sont rapides quand ils sont tous les deux allongés dans son lit. Dehors, il pleut. Le vent claque contre sa fenêtre dans un genre de mauvais film d'horreur qu'il déteste, et Akechi sursaute à chaque fois. Peut-être pour se raisonner, Akechi parle de la pluie, et de son odeur, et de la molécule géosmine, et de l'évaporation de l'humidité qui se mélange à la masse d'air, et du pluviomètre, parce qu'il commence à beaucoup pleuvoir.
Saiki ne l'écoute pas, parce que les mots d'Akechi sont aussi rapides que la pluie qui touche le sol : et Saiki, il le regarde comme s'il pouvait voir autre chose que des tissus musculaires. C'est perturbant, ces milliers de tissus qui frissonnent à chaque fois que le vent claque trop fort.
Saiki ne peut pas le voir, et Akechi ne le sait pas. Akechi ne le sait pas, et il le regarde toujours avec ce trop d'amour que les yeux de Saiki ignorent. Saiki, il sait que le regard d'Akechi se fait doux et que ses cils palpitent comme un papillon sur le point de s'envoler, pour Saiki, seulement par Saiki ; et Saiki le sait, parce que sa mère lui a dit. Sa mère, elle peut le voir.
Sa mère était presque euphorique de cet amour si pur : elle dit que c'est un amour d'adolescent, un premier amour qui devrait marquer leur cœur. Le premier amour, c'est précieux : elle dit. Elle a trente-sept ans et elle a encore les souvenirs – ceux de Kuniharu et de son cœur qui battait et bat toujours trop vite. Alors Saiki, il peut voler dans les airs, Saiki peut détruire la terre, Saiki peut écraser la lune ; et Saiki ne peut pas voir son premier amour.
Saiki a quelques photos, pour compenser. Pas que ça change grand-chose. Puisque quand Saiki caresse les cheveux d'Akechi, il n'a aucune idée de la façon dont Akechi se mort la lèvre inférieure. Ses dents s'imprègnent sur sa lèvre charnue, et jouent avec la chair – pour essayer d'oublier que son cœur bat assez vite pour pouvoir le tuer. Parfois, tout cet amour tous ses gestes, toute cette délicatesse dans ses doigts, tous ses je t'aime que Saiki ne dit pas: c'est trop pour qu'Akechi puisse correctement respirer. Tout cet amour se bloque dans sa poitrine : et il est si grand, si imposant si absolu et si important, que ça lui prend à la gorge. Alors Akechi, il mord sa lèvre pour oublier son amour à la porte de sa bouche. Akechi se mord la lèvre pour ne pas le laisser sortir. S'enfuir. Embrasser tout le corps de Saiki. Puisque cet amour est chaste : et caresser Saiki, murmurer sur son torse des gémissements qu'il ne contrôle pas, bercer ses doigts à l'intérieur de ses cuisses, seulement pour l'amour de sa chair, ça serait le trahir.
Saiki peut sentir la douceur de ses mèches qui caressent le creux de sa paume, et elles sont assez longues pour qu'il puisse les enrouler autour de ses doigts. Mais Saiki ne connaît pas leur couleur : Saiki la apprise sur des photos. Vieilles photos – celles qu'il a retrouvé dans le fond de son tiroir. Il y avait quelques poussières sur leur visage d'enfant, et le coin de la photo était assez tordu pour qu'elle ait ce faux air d'antiquité. Cette photo est surprenante pour deux raisons particulières, Saiki pense. Pour être honnête, Saiki ne se souvient pas de cette photo. Alors, elle est surprenante, puisqu'il n'avait aucune idée de son existence. Le bouton avait été enclenché par sa mère, et Saiki, c'était peut-être parce qu'il n'était pas encore sur ses gardes, qu'il ne s'en n'est pas aperçu. Cette photo est étonnante, parce que Saiki n'avait pas empêché son existence. Et, pour une raison un peu plus douce peut-être, cette photo est joliment ahurissante. Saiki ne le dira pas, Saiki ne le pensera pas : mais Saiki est content qu'elle existe. Elle peint leur visage d'enfant qui ne sourit pas : Saiki et Akechi ont l'air trop sérieux pour des enfants de six ans qui jouent dans le sable. Et si Saiki ne souvient pas de cette photo, Saiki se souvient de cette journée. Saiki, il a mémorisé la façon dont le sable s'installait dans leurs chaussures, la façon dont le sablon était assez chaud pour brûler leurs petits doigts, la façon dont leur château s'est écroulé sous le vent trop fort. Saiki et Akechi ne sourissent pas, parce qu'ils sont trop concentrés à ne pas laisser filer le sable entre leurs paumes trop fines. Pourtant, si on se rapproche un peu plus, plus près : Saiki, il voit les étoiles dans leurs yeux. Surtout dans celles d'Akechi. Saiki ne se souvient pas de quoi elles avaient l'air, ses étoiles dans le ciel mauve Saiki, il se souvient seulement de leurs rires timides, de leur réussite éphémère – des petits secrets qu'ils laissaient filer entre la construction de deux ou trois tours. Alors, pour ces deux raisons, cette photo est surprenante. Cette photo est un bon souvenir.
(quand j'ai peur du noir la nuit, je sers mon doudou un peu plus fort, et je pense à toi. kusuo.)
La nuit, Akechi s'accroche à Saiki comme s'il avait peur qu'il disparaisse. Saiki ne dit rien et Saiki ne bouge pas. Sur son annulaire, Saiki a la bague en géranium.
Akechi ne le sait pas, mais Saiki la met seulement quand il est à ses côtés. La plupart du temps, cette bague l'effraie : elle lui apporte une paix vulnérable. Mais Saiki n'a pas appris à être vulnérable – à être pris de cours. Saiki, il prévoit tout à l'avance ; même les choses qui n'existent pas. Cette bague est un risque suffisant pour que Saiki la laisse dans le fond de sa poche.
Pourtant, Akechi plonge son visage dans le cou de Saiki, et c'est agréable : de pouvoir se concentrer seulement sur les lèvres d'Akechi qui effleure sa peau. Il est ici - seulement lui; réel. Entre ces millions de pensées, ces centaines de peut-être propre à l'univers que Saiki doit empêcher, parfois; Saiki oublie de quoi la réalité à l'air. Saiki n'a pas besoin d'air pour exister; mais il y a des moments où il a besoin de respirer. Et il respire les cheveux d'Akechi.
Akechi ne le sait pas, car Saiki ne le dira jamais, mais Saiki aime Akechi, un peu beaucoup et à la folie ; Saiki aime Akechi Touma, alors il ne veut entendre que lui. Saiki ne prête plus attention aux centaines de voix qui murmurent à ses oreilles comme une playlist de complaintes et de pleures et de cris incessants : et cette douleur, et toute cette tristesse, elle s'évapore dans les soupires d'Akechi Touma. Et c'est précieux, tous ses mots que l'Amour lui chuchote. Tous ces traits que l'Amour lui montre.
Saiki aime Akechi Touma sans le voir. Il s'agit d'un amour aveugle. C'est un amour posé, délicat. Saiki, il n'a pas l'habitude l'envie de plaquer Akechi contre un mur et de l'embrasser jusqu'à il ne puisse plus respirer. Saiki aime Akechi Touma, et il ne peut pas expliquer pourquoi. Parce que Akechi est chiant, et peureux, et bavard ; il pose trop de questions auxquelles Saiki n'a pas le temps de répondre. Parfois, Saiki pense exploser. Akechi, il peut être trop. Akechi a la maturité d'un quarantenaire, et l'impatience et l'hyperactivité d'un petit garçon de cinq. Akechi, il n'a pas changé. C'est rassurant. Puisque quand le monde est sur le point de s'évanouir dans le chaos, Akechi reste le même – ses jambes tremblent toujours, ses pensées disparaissent dans l'infini, et Akechi Touma reste Akechi Touma.
Saiki n'a aucune raison d'aimer Akechi Touma.
Et c'est suffisant pour qu'il le fasse.
«Tu dors, Kusuo? Je ne peux pas arrêter de penser à la façon dont les serpents peuvent aider à prédire les tremblements de terre. Ils peuvent sentir un tremblement de terre venir à 120 km, jusqu'à cinq jours avant qu'il ne se produise. N'est-ce pas incroyable? »
Good grief, pense Saiki sans le dire. Je peux le faire aussi. Serpents, vous n'êtes pas spécial. (Fais attention à moi, Akechi-kun.)
«Les serpents sont des créatures tellement intéressantes. Tu sais qu'un serpent peut littéralement exploser tellement qu'il mange? J'ai vu le documentaire à propos d'un corps de python de 13 pieds trouvé qui a essayé de grignoter un alligator de 6 pieds. »
Pourquoi regardais-tu ça? Je pense à rompre.
«Les serpents n'ont pas non plus d'oreilles à l'extérieur! Terrifiant, n'est-ce pas? »
J'aurais aimé ne pas avoir d'oreilles aussi, maintenant.
Il est environ deux heures du matin, et Saiki se tourne sur le réveil sur sa table de chevet : trois heures, pour être plus précis. C'est peut-être à force de fréquenter Akechi que Saiki se rapproche de la précision, qui sait? En tout cas, si on avait dit à Saiki six mois avant que son copain le réveillerait à presque trois heures pour lui parler de serpents, croyez-le ou non mais; Saiki l'aurait cru. Sans froncement de sourcils.
Parce qu'il s'agit d'Akechi Touma. Il suffit de connaître son nom pour comprendre, pour se souvenir de ses paroles qui harcèlent. Parfois, Akechi Touma est synonyme de trop. Assez pour que Saiki ne puisse pas le contenir. Dans le fond de son esprit, contrôler est murmuré. Et c'est peut-être l'une des plus belles preuves d'amour, pour Saiki : d'être amoureux d'Akechi Touma bien qu'Akechi Touma lui échappe. Akechi Touma est ingérable et imprévisible – il pose des baisers sur ses joues, parfois, sans que Saiki s'y attend. (belle) surprise. Ce sont des minuscules morceaux de sables qui glissent entre ses mains. Glisser, c'est fuir. Alors, Akechi Touma est une surprise.
Et Saiki Kusuo, lui qui aime le contrôle, le calme, la stabilité ; lui qui aime le connu et l'ordinaire, il est amoureux d'une surprise. Belle surprise.
Être amoureux d'une surprise, c'est aussi être amoureux d'un rêve. Il est presque trois heures trente, et Akechi lui parle de serpents. Le monde est fait de coton. Akechi parle, et il n'y a que lui. Akechi ne le sait pas, mais Saiki n'entend que lui. Saiki ne parle pas – il n'ouvre pas la bouche. Saiki répond à tous les faits qu'Akechi lui énonce seulement dans son esprit. Il s'agit de remarques que Saiki garde pour lui. Le monde est fait de coton. Saiki n'aime pas beaucoup parler ouvrir la bouche, cela demande de l'énergie. Et Saiki, il est flemmard. Ses mots sonnent faux. Et Saiki, il est maladroit. Il ne sait pas prendre soin des choses. Dehors, la lueur de la lune se reflète sur ses carreaux ; ce soir, cette nuit, la lune est assez lumineuse pour pénétrer dans sa chambre. Elle glisse sur le nouveau Shonen posé sur son bureau, sur son uniforme scolaire accroché sur le ceindre de sa porte, sur son parquet ciré. Sur les cheveux bruns pâles d'Akechi que Saiki ne peut pas voir. Akechi est sur le dos, et leurs épaules se touchent. Akechi parle des serpents et de leurs deux cents dents. Saiki entrelace leurs doigts, et timidement, presque, Saiki pose ses lèvres sur la paume d'Akechi. S'il-te-plaît. C'est un baiser rapide, léger ses lèvres, trop sèches, gercées par l'hiver, ne s'imprègnent pas sur la peau d'Akechi. Elles ne sont pas aventurières ; elles sont chastes. Tais-toi. Saiki pose cette poigne unie sur son torse. Sous son t-shirt, Akechi peut sentir les battements de son cœur. Sa voix, trop forte pour une nuit à trois heures du matin, trop rapide pour les paupières fermées de Saiki, ne résonne plus. La lune aussi lumineuse que le soleil. Saiki n'a pas besoin de poser sa main sur le torse d'Akechi pour entendre les battements frénétiques de son cœur. Saiki les connaît assez pour qu'ils soient devenus une musique de son quotidien. Akechi ne parle plus, parce que sous sa paume, la force du cœur de Saiki est plus intéressante que les serpents qui peuvent voler dans le ciel.
Miracle. Akechi ferme les yeux pour voyager dans l'inconscience. Merci, Touma. Akechi respire fort sur l'épaule de Saiki, mais ce n'est pas grave. Akechi pense à la façon dont il pourrait avoir le cœur de Saiki entre ses mains. Akechi le pense, et il le dit. Doucement, comme si c'était un secret; « J'aurais aimé l'avoir, Kusuo, » il murmure. Parce qu'Akechi voit quand Saiki le repousse, lorsqu'ils s'embrassent trop longtemps ; trop fort. Akechi glisse sa langue sur ses lèvres, et Saiki pose ses mains sur ses épaules pour l'écarter de ses baisers. Akechi voit, et il n'en parle pas, même si ça l'obsède, la façon dont Saiki se tend lorsque leurs bassins se frottent l'un contre l'autre. Akechi y pense beaucoup. Akechi essaie de comprendre. Akechi a regardé, beaucoup de fois, son reflet dans le miroir – il a vu les petits défauts de son visage, la cicatrice au coin de son nez, ses rides au coin de ses lèvres, ses yeux trop grands comme deux balles de tennis. Un style d'une poupée effrayante, assez terrifiante pour repousser Saiki.
Et Saiki ne lui dit pas, et peut-être qu'il ne lui dira jamais, car Saiki n'est pas doué avec les mots; « Tu le possèdes déjà, Touma. »
Miracle.
Dehors, il neige.
C'est dur de dire à son copain que je ne suis pas attiré par toi car je ne vois que des vaisseaux sanguins. Saiki est amoureux d'Akechi Touma. Alors, Saiki ne veut pas qu'Akechi remette en question son amour. C'est dur à expliquer, cet amour qui existe sans raison de l'aimer.
Saiki n'est pas attiré par Akechi ; et en plus, Akechi, il est bruyant, harcelant, rapide, peureux, chialeur. Saiki n'a aucune raison d'aimer Akechi. Et Saiki ne pourrait pas lui expliquer, pourquoi il aime entendre son rire, et pourquoi il déteste entendre ses pleurs qu'il essaie de refouler, lorsque Toritsuka se moque de lui – une fois, en tout cas Saiki a frappé sa tête contre un mur, et Toritsuka n'a plus jamais rien dit. Saiki n'aime pas quand Akechi parle trop, mais il aime le son de sa voix – pour compenser. Saiki n'aime pas quand Akechi pose mille questions sur ses capacités de médium, mais il aime le fait qu'Akechi n'en ait pas peur. Saiki pourrait écraser le monde entier dans le creux de ses mains, et Akechi le regarde toujours comme s'il était le plus beau trésor du monde. C'est sa mère qui lui a dit. Parce que, vous savez, Saiki ne peut pas voir Akechi Touma.
Saiki ne comprend pas l'amour. Il n'a jamais compris pourquoi Yumehara était hystérique à l'approche de Kaido, pourquoi Teruhashi bafouillait assez pour être ridicule auprès de lui. Saiki est calme auprès d'Akechi. Son cœur est lent, comme s'il prenait le temps d'exister. Saiki aime être aux côtés d'Akechi ; l'odeur de lavande sur ses vêtements est rassurante. Akechi est une surprise. C'est une surprise familière. Depuis qu'ils sont gosses, Akechi le surprend. Saiki ne peut pas lire Akechi – il ne peut pas savoir à quoi il pense, quand Saiki met les mains dans ses poches et non dans les siennes. Akechi a les muscles tremblants – et les yeux brillants qu'il ne peut pas voir. Alors, Saiki s'empresse de frôler son épaule contre la sienne. Mais son rythme cardial est lent, et il ne s'affole pas, et il aime Akechi Touma.
L'amour n'a pas de sens, alors comment pourrait-il l'expliquer à Akechi Touma?
« Kusuo-kun… » Saiki sait que quelque chose ne va pas, puisque ce n'est plus simplement Kusuo. Akechi joue avec ses doigts. « Je peux te demander quelque chose? Tu n'as pas à répondre si tu ne le souhaites pas. Je ne veux pas te forcer à faire quoi que ce soit. J'y pense juste. Depuis un mois, huit jours et onze secondes. Mais tu n'as pas à répondre. Parfois, je ne peux pas dormir la nuit parce que je ne peux pas arrêter d'y penser. Et aussi parce que j'ai peur du noir. Et je suis presque sûr que je ne suis pas le seul. Saviez-vous que 40% des gens ont peur de l'obscurité? Cela a du sens, non? N'est-ce pas effrayant? Être dans un endroit où tu ne peux pas– »
Akechi-kun. Concentre-toi, s'il-te-plaît.
«Je suis désolé, Kusuo-kun! Ça ne fait rien. J'ai oublié ce que je voulais demander. La perte de mémoire est en fait très récurrente lorsque vous souffrez de stress, d'anxiété et –»
Est-ce que tu en souffres ?
Saiki, il s'arrête au milieu de la rue. Akechi se retourne, et il essaie de lui sourire ; il a arrêté de jouer avec ses doigts, c'est peut-être déjà ça.
« Tu suis assez chanceux, car contrairement aux personnes qui–»
Bon sang, arrête.
Ils se regardent. Saiki ne voit pas la lueur qui brille dans les yeux d'Akechi. Ils se regardent assez longtemps pour qu'Akechi sursaute, un peu, lorsqu'un oiseau quitte brusquement la branche de l'arbre planté dans le jardin du voisinage. Akechi, il ne sait pas mentir. Il ne sait pas regarder Saiki et mentir. Même à travers ses glasses vertes, même si les yeux mauves de Saiki ne sont pas si visibles, Akechi peut sentir l'accusation, peut-être aussi l'exaspération qui font froncer ses sourcils.
Le monde tourne. Le monde les écrase. Le vent glacial se glisse sous leur veste et l'humidité du sol traverse leurs semelles. Le monde entier est contre eux.
« Tu ne me trouves pas beau, Kusuo?»
Est-ce qu'il y a quelque chose qui ne va pas chez moi ?
Le ciel est gris. Ni blanc, ni noir. Tout à fait brumeux. Les rues sont sombres, parce que le soleil est parti. Le monde tombe en morceaux – Akechi a essayé de les rattraper entre ses doigts, mais ces milliers de bout cristallins ont juste filer entre ses paumes. Akechi ne pouvait que les regarder s'enfuir. Loin de lui.
Assez bizarre pour te faire fuir?
Des bouts de souvenirs glissés par le vent glaçant et aride.
Je pense que tu es la personne la plus jolie que j'ai rencontrée.
Et j'aurais aimé pouvoir te voir.
Saiki, il s'approche d'Akechi. Ni trop près, parce que ça l'effraie ; ni trop loin, parce que ça angoisse Akechi. Saiki s'approche assez pour qu'Akechi voit la douceur de ses yeux. Akechi est intelligent, et un jour, peut-être, Akechi réalisera que cette délicatesse ne contourne que lui. Cette attention est particulière, puisqu'elle est unique. Le monde est ennuyant, et Akechi ne l'est pas. Pour des raisons assez nombreuses pour que Saiki ne puisse pas les compter. Parfois, elles s'embrument toutes et Saiki peine à les voir. Un jour, peut-être Saiki pourra les regarder pour les comprendre. Et Saiki pourra expliquer pourquoi l'existence d'Akechi Touma n'est pas une nuisance. L'existence d'Akechi Touma résonne avec le mot trésor.
Good grief.
Saiki sourit. Saiki n'est pas doué avec les mots, parce qu'il a oublié comment les dire. Saiki parle, pour la première fois depuis longtemps et sa voix ne tremble pas, même si sa gorge est sèche, et même si sa langue a oublié où il faut se placer pour que les mots puissent exister. Et Saiki parle, sous le ciel triste, sous le ciel qui pleure devant les larmes silencieuses d'Akechi et Saiki dit:
« Touma, tu es une œuvre d'art. »
Et je suis désolé que je ne puisse pas te toucher.
Et c'est pourquoi je ne peux pas te toucher.
et je te regarde; et je regarde au fond de ton âme, les coups de pinceau qui permettent ton existence parmi les milliards d'autres coups de pinceau, ceux qui te distinguent des milliards d'autres œuvres d'art. Et me voici, devant toi; et je me tiens à tes côtés, alors que je pourrais être ailleurs – et ailleurs, c'est là où je ne veux pas être. Et je ne pourrais pas l'expliquer, car il y a des centaines de tes ombres portées que je ne comprends pas. Et certaines de tes couleurs sont si fines, si légères, si cachées; que mes yeux ne suffisent pas pour les voir. Je ne peux pas voir à quoi tu ressembles, mais j'aime regarder ce bouquet de beauté que je ne peux pas voir – parce que c'est toi. alors, c'est assez. tu es six cents muscles et deux cent six os. mais tu es Akechi Touma. c'est tout ce que je veux savoir. c'est tout ce que je peux voir.
et le ciel terne et morose est rompu par un éclair de clarté, espoir, on dit; le soleil, un peu timide, assez discret, peut-être furtif, que leurs yeux ne manquent pas. le soleil, qui se dresse dans les nuages, dans ce voile d'obscurité.
auparavant, ils les menaçaient de pluie.
encore merci d'avoir lu.
n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, bon ou mauvais, je ne souhaite que m'améliorer. alors, les reviews sont les bienvenues!
