Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.
Titre : Noir ramage.
Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.
« L'identité de sang et la ressemblance de beaucoup d'habitudes entre frères et sœurs engendrent naturellement une forte sympathie, te pour la détruire, il ne faut rien moins qu'un horrible égoïsme. »
-Silvio Pellico, Des devoirs des hommes (1834).
Chapitre 68 : Irene Fly, ou deux sœurs.
Regina la regardait. Elle ressemblait terriblement à leur mère. Le même regard d'éternelle déception qu'Enola Nott avait toujours adressé à sa fille ainée. À l'époque où elle s'appelait encore Meredith, Irene n'avait pas le souvenir que sa mère lui ait un jour adressé un autre regard. Mais à cette époque, Regina avait toujours un regard admiratif pour elle. Il faut croire que ce temps était bel et bien révolu comme le prouvait le fait qu'elle était en train de jouer avec une poupée vaudou comme si elle songeait réellement de l'utiliser sur sa propre sœur. C'était une Regina qu'elle ne connaissait pas et qu'elle n'était pas certaine d'apprécier.
-Edith… Soupira Regina. Tu ne peux pas continuer comme cela. Grindelwald va te conduire à ta perte.
-Gellert Grindelwald est le plus grand sorcier de notre génération ! Ann Blanchard est terrifiante, mais, c'est toi qui a la poupée vaudou. C'est à toi, petite sœur, qu'elle a confié ce pouvoir.
Toi qui ne l'utiliseras jamais. Tout comme Grindelwald ne partagera jamais le pouvoir. Irene n'avait pas dit cette phrase à voix haute, mais Regina la regardait comme si elle était une personne stupide. Hors, Irene ne l'était pas. Elle suivait cet homme parce qu'elle était d'accord avec lui et qu'il pouvait la protéger de l'homme qu'elle avait épousé pour l'honneur de la famille Nott.
-Tu vas m'obliger à coopérer en m'ensorcelant ?
-Les sorts de Confusion et d'Amnésie peuvent abimer le cerveau de façon permanente s'ils sont mal faits. Si je devais t'en jeter un, grande sœur, je ferais appel à un professionnel.
Regina semblait sérieuse. Elle l'avait dit avec le même sourire que leur mère le jour où elle avait fait ses valises pour quitter le domaine familial. Inutile de dire Enola Nott n'était jamais retournée auprès de son époux. Et une nouvelle fois, Meredith avait porté le blâme. Après tout, la matriarche était partie après la fuite de Regina parce qu'elle ne supportait pas de voir son époux salir le nom de cette chère Regina. Et c'était Irene qui avait révélé le projet de fuite de la fille parfaite et chérie de sa mère. La fille qui ne voulait pas faire son devoir et avait trainé la famille dans son déshonneur. Quoiqu'elle fasse, Irene avait toujours porté le blâme. Et maintenant, Regina la blâmait. Comme si c'était sa faute si Mercy Lecay s'était fait piégée par Gellert Grindelwald.
-Mercy est comme une sœur pour moi ! En tout cas, elle s'est toujours montrée digne d'être considérée comme telle.
-C'est moi ta sœur ! C'est pour moi que tu devrais d'inquiéter ! Pas pour une vulgaire sang-mêlée sans importance ! Cracha Irene. Par une personne insignifiante ! Elle ne compte pas ! Elle ne devrait pas compter pour toi !
-Elle a été là lorsque j'en avais le plus besoin !
-Tu ne m'as jamais demandé de l'aide !
-Une fois ! Et tu m'as trahi !
Vrai. Mais là n'était pas le sujet. Le sujet était qu'elle préférait une personne qui n'était même pas de son sang. Elle préférait une sale… Irene n'avait pas de mot pour définir l'horreur qu'elle pensait sur ceux qui avait des moldus pour parent. Et Mercy Lecay avait un sale moldu comme père ! Alors qu'elle était américaine ! La loi de son pays interdisait de fréquenter un homme sans pouvoir !
-Tu refuses. Tu refuses de sauver quelqu'un que j'aime… Juste par jalousie, souffla Regina.
Regina semblait choquée… Comme lorsqu'elle avait dix-sept ans et qu'elle entendait Irene refuser de la suivre dans sa fuite. Regina n'avait jamais vu le mauvais côté des autres avant de connaître la trahison de sa sœur. Non, une nouvelle fois Irene ne serait pas comprise par son propre sang. Il y aurait toujours quelqu'un pour lui voler ce qu'il lui revenait de droit. L'amour de sa mère. L'amour de son père. Il n'y en avait que pour Regina. Puis, que pour Regina et leur petit frère. Et maintenant qu'elle avait tout perdu, il n'y avait pour une autre personne. Jamais elle. Ce n'était pas juste.
-Avoir détruit ma famille une fois ne t'a donc pas suffi, chère sœur…
-Que vas-tu me faire Gina ? Me lancer un sortilège qui va me changer la peau en rose ?
-Je suis un Chien Noir du Coven de Paris… Tu as volé l'identité d'une de mes sœurs du Coven de la Nouvelle-Orléans…
Elle n'allait pas… Non ! Jamais Regina ne fera quelque chose d'aussi bas juste par vengeance.
-Ne penses pas que les protections m'empêcheront de passer. Toi et moi sommes du même sang… Avec ta baguette et ton apparence, je passerai.
Irene aurait voulu dire non, mais, elle n'avait pas passé plusieurs années à fréquenter des accrocs à la magie traditionnelle. Si Regina disait qu'elle pouvait passer… Grindelwald avait bien réussi à passer les barrières de protection de la maison de Percival Graves.
-Gina, ma chère petite sœur… Tu n'as pas le cran de faire ce qu'il faudrait que tu fasses.
Irene sentit une vive douleur dans son bras. Regina sortit sa main de sous la table. Elle tenait la poupée vaudou à laquelle elle tordait le bras.
-Une guerre change les gens, grande sœur. Alors tu vas coopérer où sinon, je m'assurerais que lorsque cette histoire sera finie que tout le monde croira que tu l'as fait.
-Si Grindelwald pense que je l'ai trahi, je serais tuée dans la semaine.
-C'est la première fois que j'entends dire que tu avais un problème avec la trahison.
Regina la regarda comme si elle était une parfaite étrangère, une personne qu'on pouvait voir mourir sans en être vraiment affectée. Et elle offrait un choix très simple : une longue peine de prison ou une longue mort. Dans les deux cas, la vie d'Irene était finie.
