Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.
Titre : Noir ramage.
Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.
Note : Lundi Notre Dame à bruler devenant « Notre Drame » pour tous les Français et le Monde. Je tiens à dédier ce chapitre à cette vieille Dame qui a traversé les siècles et les traversera encore.
Sur ce : Joyeuse Pacques à tous.
« Il faut que je sois cruel, uniquement pour être humain. »
-William Shakespeare, Hamlet, acte III, scène 4 (1603).
Chapitre 69 : Gellert Grindelwald, ou il est temps de s'asseoir et réfléchir.
Présentant des problèmes à venir, Grindelwald avait vérifié les protections de la maison de Graves avant de se rendre compte que quelque chose les rongeait… Comme de l'eau, du salpêtre qui s'infiltre lentement dans un mur et qui en détruit la solidité lentement mais surement. Il les avait donc passé une à une en revue jusqu'à se rendre compte que le problème venait de la cave, celle-là même où il avait enfermé Lecay pendant un temps. Celle-là même où elle avait fait des graffitis ne chantant pas ses louanges… Cette femme était une plaie. Une plaie intelligente et vicieuse qu'il serait dommage de tuer, mais une plaie quand même.
Pour en revenir aux protections… Quelque part dans ses gribouillis, Lecay avait glissé des runes. Il le savait car d'un sort, il avait effacé tout ce qu'elle avait gravé, mais les runes étaient revenues, le narguant au passage. Il avait essayé de passer outre… Mais, le sort qui imprégnait ses gravures s'était mis à s'attaquer aux nouvelles protections. Vu la réaction de Lecay lorsqu'il lui avait demandé le nom de son ancien professeur… Une personne pourtant avec qui elle n'avait aucun lien affectif… Elle allait refuser de lever son propre sort. Avait-il déjà dit que Lecay était une plaie ?
Contrarié par l'absence inexpliquée d'Higgins, la première en… il préférait ne pas compter le nombre d'années, on a sa coquetterie quand même. Depuis deux jours, il devait se servir lui même, une révolution pour un homme aussi important et occupé que lui. Au début, c'était parce qu'Higgins avait quelque chose à vérifier, mais maintenant… Son majordome manquait toujours à l'appel. Assis dans son fauteuil préféré au plus près de la cheminée, il faisait doucement tournoyer son vin dans son verre en cristal admirant les reflets rouges sur les parois, quand il comprit. Divide et impera. Diviser pour régner. Cette stratégie visant à semer la discorde et à dissocier les éléments d'un tout pour les affaiblir, les opposer, puis à user de son pouvoir pour les influencer et au final les détruire. Permettant ainsi de régner sur une population alors que cette dernière, si elle était unie, aurait les moyens de faire tomber le pouvoir en question. Et pour une fois, c'était lui la victime d'Eris, la déesse de la discorde.
En fait, il devait se résoudre à admettre que Mercy Lecay ne cherchait pas à diviser son groupe. Elle cherchait à éparpiller son attention. Elle le mettait sur des pistes… Ses potions, ses runes, ses affaires… Elle lui donnait un petit quelque chose… Et après, ce petit quelque chose lui occupait l'esprit : un os à ronger… Tout cela n'était qu'un vulgaire os à ronger… Elle avait eu moins de temps que lui, pourtant, elle avait réussi à faire un plan ayant plusieurs couches… Un plan qui lui permettait de continuer à lui mettre des bâtons dans les roues tout en étant officiellement hors d'état de nuire. Elle avait des alliés hors d'ici, des pions qu'elle avait soigneusement placé… Bluesky bien évidemment. Elle avait dû apprendre la fuite de l'Exterminateur, si elle ne l'avait pas aidé à fuir… Quelqu'un de haut placé dans la ville de Sleepy Hollow, ce qui expliquerait pourquoi aucun accident n'y avait été déclaré, à part l'explosion de la maison de cette foutue 3M… Un plan à plusieurs couches…
Maintenant qu'il y pensait, Reed lui avait parlé de cela lorsque Gellert lui avait demandé de lui décrire Mercy Lecay. Que lui avait-il dit au juste ? Ah oui, quelque chose comme : « Quand vous la regardez, vous ne voyez que la surface, un truc mignon. Mais à l'intérieur de ce joli paquet cadeau, il y a une énorme polyvalence. La plupart des personnes se spécialisent, même parmi les aurors. Mais Lecay est une généraliste. Elle s'y connaît un minimum dans tous les domaines, et pour les restes, elle sait à qui demander ». Et Lecay avait une nouvelle fois su à qui demander de l'aide.
Si seulement elle n'était pas du mauvais côté. Et il ne pourrait pas la retourner. Pas après qu'il lui ait lancé le sortilège Doloris : elle était une auror de formation, elle savait que le lanceur devait vouloir la souffrance de sa victime, mais surtout, que plus le lanceur y prenait du plaisir, plus c'était douloureux. Il devait avouer qu'il avait préféré torturer Graves qu'elle, mais, leur douleur-torture lui avait surtout permis de se défouler. Ces deux êtres étaient des problèmes.
Mais des problèmes qui seraient réglés avec le temps. Bientôt, il n'aurait plus besoin de Graves. C'est avec une grande joie qu'il le tuerait. Quand à Lecay… Dans quelques jours, elle quitterait les États-Unis pour Nurmengard (1). Là-bas, elle ne ferait plus la fière très longtemps. Pour l'instant, il l'entendait marcher dans la chambre de Graves. Oui, il avait retiré les sorts qui faisaient qu'on entendait pas ce qui s'y passait. Avec elle, il préférait pouvoir dire ce qu'elle faisait à chaque instant. Surtout depuis qu'Higgins avait lui aussi disparu.
Il restait l'Obscurus. Pour l'instant, il n'avait pas encore réussi à le découvrir et à le capturer, mais lorsque cela viendrait… Il lui faudrait un moyen pour s'assurer de sa soumission. Un moyen qui faisait qu'il n'aurait pas à l'écouter pleurer à longueur de temps comme il le faisait avec Croyance Bellebosse. Cet garçon était quasiment un adulte et il pleurait comme un bébé. Il préférait encore traiter avec Lecay et son éternelle sourire moqueur.
D'ailleurs, en parlant d'elle… Elle était bien silencieuse. Qu'est-ce qu'elle manigançait encore ? La dernière fois qu'elle avait été calme, elle s'était débrouillée pour faire une faille dans les défenses de cette maison.
Il entra dans la chambre sans frapper et la trouva assise sur le lit, un livre posé sur ses jambes et ses yeux rivés sur une page. Il se disait bien qu'elle était un peu trop calme. Qui est le sombre imbécile qui lui avait donné un livre ? Ce crétin voulait-il la mort de tous ses partisans présents à New-York ? Non, il n'était pas paranoïaque, il avait juste vu ce qu'elle était capable de faire avec une épingle à cheveux, alors un livre…
-Rassurez-vous, je ne peux toujours pas vous sentir, l'accueilli-t-elle.
-Qu'est-ce que c'est que ça…
-Un livre ?
Elle avait dit cela comme si elle n'était pas certaine de la réponse à dire. Il avait deux solutions : s'énerver ou ne pas relever l'impertinence. Il choisit une autre option, peut-être celle qu'il aurait dû utiliser dès le début. Non, elle ne l'attendrissait pas. C'était juste qu'il n'avait pas envie de se battre ce soir. Il s'assit près d'elle et il la vit se tendre. Il fit semblant de ne rien remarquer.
-De quoi parle-t-il ? Lui demandait-il.
-Des Maledictus.
Il s'agissait des femmes atteintes d'une malédiction de sang. Cette malédiction transforme l'individu atteint en une créature et se transmet de mère en fille. C'était un sujet assez neutre en sachant qu'elle ne pouvait pas s'en servir pour s'enfuir. Elle avait arrêté sa lecture pour le fixer. Si elle n'avait pas été entrainée, elle se serait déjà réfugiée à l'autre bout de la pièce. Ce n'était pas surprenant, quand ils s'étaient vus précédemment, il l'avait torturé avant de s'en prendre à Graves devant elle. Pour la première fois depuis qu'il avait compris qu'elle n'était pas une petite chose délicate et manipulable, elle semblait fragile. Elle ne lui céderait jamais, elle préférait qu'il la détruise plutôt que de lui dire ce qu'il voulait savoir. Et il avait déjà commencé à franchir la limite. Ce constat lui donnait aucune satisfaction. C'était étrange. D'habitude, il aimait avoir du pouvoir sur les autres.
Il toucha la joue de la jeune femme et elle se leva d'un bond comme s'il venait de l'électriser, faisant tomber le livre par terre au passage. Jamais elle n'avait reculé devant lui jusqu'à présent et il adorait qu'elle change de comportement. Il nota qu'elle se tenait le poignet de sa main intacte. Etrange, l'endroit qu'elle voulait protéger ainsi ne comportait ni blessure, ni bracelet ensorcelé pour justifier un tel acte.
-Je vois que vous mettez à profit vos derniers instants aux États-Unis…
Il n'avait pas dit cette phrase fort, mais à la tension dans les muscles de Lecay, elle n'aurait pas eu plus d'effets s'il l'avait hurlée. Il la laissa alors qu'elle essayait de contrôler sa peur. Au passage, il récupéra le livre. Ce n'était pas pour rien qu'il laissait aucune distraction possible à ses prisonniers. En tout cas, maintenant, une bonne soirée s'annonçait.
C'est au moment où il commençait à prendre un peu de plaisir à son verre de vin vespéral, un hibou du MACUSA se posa sur le rebord de la fenêtre. Ça sentait les ennuis. Il l'ouvrit et prit l'enveloppe qu'il lui avait apporté. L'oiseau s'envola sans demander son reste. Cela voulait dire qu'une seule chose : il était convoqué et sa présence n'était certainement pas discutable. Il lut rapidement la lettre. C'était une réunion d'urgence du Congrès Magique provoquée par l'arrivée subite d'une délégation de la Confédération Internationale des Sorciers (2). Quelque chose que la Présidente Picquery avait voulu éviter à tout prix. Mais que s'était-il passé ?
(1)Nurmengard est une prison pour sorciers bâti sous les ordres de Gellert Grindelwald pour y enfermer ses opposants.
(2)La Confédération Internationale des sorciers est une organisation des sorciers semblable au Nations Unies des non-maj's. Elle est dirigée par un Manitou suprême.
