Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.
Titre : Noir ramage.
Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.
« Les artistes utilisent les mensonges pour dire la vérité et les politiciens le font pour cacher la vérité ».
-Morticia Graves.
Chapitre 70 : Seraphina Picquery, ou la réunion des emmerdeurs, pardon, des ambassadeurs.
Un non-maj' était mort. Et pas n'importe lequel. Et pas n'importe comment. Le Sénateur de New-York Henry Shaw Junior. Il fallait que ce soit un imminent politicien, héros de guerre dont le père dirigeait l'un des journaux les plus lus de l'État de New-York. Bien entendu. Comme si le meurtre d'une personne par une force inconnue n'était pas assez catastrophique… Et dans une de ces explosions mystérieuses, que même les non-maj's commençaient à trouver suspectes… Et pour qu'ils soient étonnés, il fallait vraiment que la situation soit plus qu'étonnante. Ils n'étaient pas des créatures très observatrices et plutôt faciles à berner, avec un peu de précautions... Et comme un problème ne venait jamais seul, le Conseil Internationale des Sorciers avait envoyé une délégation pour une réunion d'urgence.
Percival Graves arriva, vu son expression, il venait d'être mis au courant de la situation. Si seulement Bluesky avait été là, il aurait su comment faire fuir tous les ambassadeurs d'un seul regard. Ou leur faire prendre la sage décision de reporter leur réunion à une heure autre qu'en plein milieu de la nuit, pour leur plus grand bien, bien sûr. Le Chef des Exterminateurs avait une présence apaisante. Son directeur de la Sécurité Magique pris place, à sa droite, légèrement en retrait. Des aurors et autres employés du ministère étaient éparpillés dans toute la pièce. Elle fit un geste de main, et les portes s'ouvrirent, laissant passer les ambassadeurs.
Un centre de l'estrade, devant un trône d'or marqué du seau du MACUSA, bien en vue de tous, Seraphina s'apprêtait à essayer de diriger cette réunion d'urgence, même si elle se doutait bien qu'il s'agirait plus d'un lynchage en son encontre dans les règles de l'art qu'autre chose. Ceux qui avaient imaginé la disposition de la salle pour être imposante et mettre en valeur celui, ou celle en l'occurence, qui occupait le poste avaient fait du bon boulot. Des gradins le Président était superbe, imposant, tout puissant. Mais ce soir, il faudrait plus qu'une mise en scène habile pour museler la constatation.
Debout, de son air le plus digne, dans sa robe de cérémonie, Seraphina regardait les ambassadeurs prendre place. Heinrich Eberstadt pour la Suisse, ou République Helvétique comme ils disent, Ya Zhou pour la Chine, Hector Podmore pour l'Angleterre… Et bien d'autres, plus ou moins connus, mais ayant tous la caractéristiques de pouvoir être des problèmes en puissance. Et tous venus spécialement pour lui compliquer la vie en la mettant en accusation. Que voulaient-ils qu'elle fasse ? Qu'elle leur dise la vérité ? Qu'elle avait des Fanatiques de Grindelwald sur les bras qui lui pourrissaient la vie depuis des mois ? Qu'elle avait diligenté une contre-offensive en sous-main dans la plus pure illégalité, en mettant sur la touche tout son gouvernement ? Que cette enquête était confiée à une bande d'électrons libres sous le commandement d'un vieil auror réputé pour ses actions extrêmes et sans limites ? Que des sorciers, des traîtres il faut le dire, étaient retenus sans jugement dans les caves d'un Coven, gardés par un envoyé de l'enfer, et, qu'elle ne savait pour l'instant quoi en faire ? Que cette chose qui venait de tuer un non-maj' trop connu pour le bien des sorciers était sans doute liée à Grindelwald ? Non, elle ne le pouvait pas. À la place, elle devait faire face. Et surtout se taire et faire profil bas sur ces sujets sensibles pour apparaître encore plus majestueuse et omnisciente officiellement. Elle devait écraser toute contestation dans l'oeuf, pour ôter à tout hurluberlu l'idée de fouiner. Si on levait un bout du voile recouvrant ses agissements, théorie des dominos oblige, c'était la chute du gouvernement et Grindelwald aurait gagné.
-Mes chers amis du monde sorcier entier, permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue en Amérique, même si je dois m'étonner de l'heure et du caractère d'urgence absolue choisis pour l'organisation de cette réunion.
Voilà, c'était dit : ils te… reste polie, ne te laisse pas entraîner vers ce que tu veux justement éviter… Calme, discipline, main de fer dans un gant de velours, et toutes ces choses… Tu es la patronne, montre leur à tous ces types qui se croient supérieurs sous prétexte que ce sont des mâles de vingt ans de plus que toi en moyenne ! Tu vas les écouter bien poliment, prendre bonne note de leurs remarques, comme si tu avais besoin qu'on te rappelle tes devoirs et tes problèmes, les assurer de ta compréhension, deux ou trois paroles lénifiantes, autant de promesses que tu ne pourras pas tenir de toutes façons, et hop, tu les renvoie chez eux...
-Merci de nous recevoir, madame la Présidente Picquery, fit l'ambassadrice Ya Zhou.
Comme si Seraphina avait eu le moindre choix. Au moins le premier envoyé à prendre la parole était tout comme elle une femme qui avait dû se faire une place dans ce monde d'hommes, une femme qui comme elle avait une quarantaine d'année ce qui les mettaient dans les plus jeunes à être dans cette pièce, si on ne prenait pas en compte les employés du MACUSA.
-De quoi devrions-nous la remercier ? De nous mettre tous en danger ? Attaqua un autre ambassadeur.
Seraphina serra des dents avant de fusiller cet énergumène du regard. Il devait avoir cent ans, était gros et chauve, en plus d'être désagréable. Et il avait la peau jaunâtre et luisante : il devait suer de trouille. Ce n'était pas lui qui avait sur les bras un possible déclenchement de chasse aux sorcières, dans l'un des rares pays où ces choses avaient réellement fait des victimes parmi leur communauté et cela se voyait.
-Nous sommes confrontés à une force que nos plus imminents spécialistes n'arrivent pas à identifier, se défendit Picquery. Avant l'attaque de ce soir, les seuls dommages étaient des dommages matériels…
-Des mots, toujours des mots, rien que des mots, la coupa l'impoli. Les États-Unis Magiques ont choisi une femme et une enfant pour les diriger, et voilà où cela nous mène !
Voilà l'argument suprême de ces dinosaures cacochymes et rétrogrades était lâché : femme, jeune. Frivole et jolie n'allaient pas tarder... Il eut un tollé et Seraphina eut l'impression de se retrouver à la chambre des Mages lorsqu'un représentant créait la polémique. Elle pouvait laisser la situation traîner ainsi, gagner du temps, mais, elle devait leur prouver qu'elle n'était pas une incapable et résolue à diriger son pays à travers cette crise. Royalement, elle fit un pas, et d'un discret mouvement de baguette fit retenir une explosion. Le silence se fit et tous la regardèrent.
-Nous sommes ici pour parler de la situation, de notre avenir. De nous tous. Pas de moi, fit-elle d'une voix aussi calme que posée. Avec la menace que fait planer Gellert Grindelwald sur notre communauté, nous devons nous unir, pas nous diviser.
Elle balaya l'assemblée du regard. Tous la regardaient. D'un signe de tête, elle fit signe au greffier que la séance pouvait reprendre.
-La parole est au distingué ambassadeur de la République Helvétique, annonça le greffier.
Seraphina eut envie d'hurler. Lorsqu'ils s'y mettaient les Suisses étaient des… Disons que ce n'était pas les personnes les moins… Pour être polie, ils avaient tendance à appliquer la règle du « faites ce que je dis, pas ce que je fais ». Elle ne savait pas si leur communauté non-maj' était de la même eau, mais du côté des sorciers, c'était des… Sales hypocrites.
-Par le passé, une assemblée s'est déjà réunie dans ce pays à cause d'un fait similaire : une nouvelle fois nos amis américains ont permis une violation du Code du secret magique ce qui menace de révéler notre existence, déclara Heinrich Eberstadt.
S'il savait que dans certaines villes, comme la Nouvelle-Orléans, ce même code était plus considéré comme une vague consigne qui disait juste qu'on ne devait pas jeter des sorts en pleine rue… Seraphina sentit son mal de tête augmenter. Et les « amis » suisse devraient apprendre à regarder les squelettes qu'ils ont dans leur placard avant de faire de grandes leçons de morales.
-Je n'ai pas de leçon à recevoir de celui qui a laissé Gellert Grindelwald lui filer entre les doigts.
Parce que c'était non seulement en Suisse que le mage noir avait été vu pour la dernière fois, mais c'était aussi dans ce charmant pays qu'il avait fait construire sa prison personnelle. Par conséquent, l'ambassadeur suisse était très mal placé pour lui faire la morale. Personnellement, Seraphina ne serait pas surprise d'apprendre qu'en plus Grindelwald y avait une maison… Un genre de manoir reculé par exemple, en haut des montagnes pour profiter du bon air, de la vue superbe et des edelweiss de juillet à septembre...
Et comme un désastre n'est jamais seul, c'est bien entendu à ce moment-là que Tina Goldstein fit son apparition, courant et tenant fermement une valise. À ce moment-là, Seraphina sut qu'elle aurait dû la renvoyer du Congrès Magique et l'expédier loin, très loin... plutôt que de faire preuve de mansuétude après la bavure précédente de l'ancienne auror. Pourtant travailler au Service du Permis de port de baguette magique aurait du permettre de la neutraliser… Si on ne pouvait plus se fier à Abernathy pour surveiller les fonctionnaires sous ses ordres, où allait-on ? Maintenant, des envoyés de toutes les communautés magiques pouvaient voir à quel point Goldstein était une charmante et énorme catastrophe ambulante.
-Madame la Présidente, excusez-moi de vous interrompre, mais il est urgent que…
Et bien entendu, c'est à ce moment là, qu'elle réalisa sa boulette : une assemblée entière la regardait, apparition d'une femme pressée, essoufflée, courant, portant une valise, prête à prendre un train qui va partir, incongrue… Goldstein s'arrêta de parler pour fixer, bouche ouverte, la projection représentant le corps mort et désarticulé du Sénateur Shaw qui flottait au plafond, émettant une lumière brillante. Oui, ce n'était pas beau à voir. On pouvait être surprise, décontenancée, mais, ce n'était pas une raison pour être ridicule, Tina avait encore du chemin à faire pour devenir un maître dans son métier même si elle en avait l'étoffe... Du haut de son estrade, Seraphina la regardait : Goldstein en fait, était quelqu'un de bien. Mais, elle avait le don pour choisir le mauvais moment et, surtout, le mauvais endroit pour apparaître.
