Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.

Titre : Noir ramage.

Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.


« Avez-vous déjà rencontré le couple parfait ? Ces deux âmes sœurs dont l'amour ne meurt jamais. Ces deux amants dont la liaison n'est jamais menacée, le mari et la femme qui s'accordent une confiance totale. Si vous ne connaissez pas ce couple parfait, permettez-moi de vous le présenter, ils se tiennent droit au sommet d'un gâteau à la crème. Le secret de leur succès ? Eh bien, pour commencer, ils n'ont pas à se regarder dans les yeux ».

-Jade Blanchard.


Chapitre 72 : Sophie Winters, ou « À bas le patriarcat ! ».

Liberté Lecay était une belle femme. De longs cheveux blonds lui tombant élégamment sur les épaules, des yeux verts clairs magnifiques, un visage symétrique… Une grande beauté. Le genre qu'on regarde de loin sans qu'on ose aller vers celle qui la porte avec délicatesse, quasiment ignorante de son propre charme. Et en plus elle était intelligente. Pas étonnant qu'elle ne se soit mariée qu'une seule fois. William Wood avait dû être un homme d'exception pour passer outre tout cela et oser venir lui parler. Mais c'était il y a plus de trente ans. Elle était aussi une créature intimidante, face à elle, une femme se sentait petite, ridicule et insignifiante. Une chose minable tout juste bonne à une petite vie sans relief entre sa famille et son train train. Bref, sa vue la renvoyait à sa vie antérieure, insignifiante. Elle aurait pu lui en vouloir… En fait, non, nulle rancoeur, elle reconnaissait sa supériorité, telle une déesse descendue sur terre, côtoyant avec bienveillance une mortelle, Liberté était simple et rayonnante. A son contact, Sophie se sentait rajeunie et embellie, la présence de cette merveille de la nature était une cure de jouvence.

Aujourd'hui, c'était une mère dont l'unique enfant avait disparu environ deux mois. Une mère à qui on ne donnait pas la moindre information sur l'avancée de l'enquête. La seule chose que savait Liberté, c'était que les aurors qui étaient passés entre les mains de ces salopards… Sophie n'était pas une femme violente. Mais si l'un de ses enfants avait vécu ce que ces pauvres bougres avaient vécu…

Depuis qu'elle vivait avec Hector, elle avait beaucoup appris sur ce qui aurait pu être son monde si le destin le lui avait permis. Mais elle voyait les choses différemment de tous ses amis, son éducation non-maj'… Elle avait des idées, des théories basées sur une vie sans pouvoir. Tout tournait autour de Percival Graves, Mercy Lecay avait disparu après avoir pris contact avec lui à son domicile de New York, un de leur dernier prisonnier était le majordome de cette fameuse demeure comme le lui avait dit Reed… Tout tournait autour de ce lieu. A son avis, la solution était là…

Attaquer et investir pouvait être une option. Dans l'histoire des non-maj's certains dictateurs aimaient avoir tout sous leur propre contrôle. Petite fille, son professeur d'histoire lui avait parlé de Napoléon, Empereur des Français qui mettait ses frères et amis sur tous les trônes d'Europe mais passait sa vie à écrire des lettres d'instructions aux uns et aux autres. Ses courriers mettaient tant de temps à parvenir à leur destinataire que c'était une perte de temps irréparable, mais il ne savait pas déléguer… A son avis, Grindelwald était de la même eau, il voulait toujours tout connaître et maîtriser, incapable de faire confiance et cela impliquait une proximité de lieu pour ce qu'il jugeait le plus précieux. Une force qui se transformait en faiblesse…

Elle avait parlé de son opinion à Bluesky qui l'avait écoutée, manifestement intéressé par ses théories. Il en avait parlé avec Reed et tous deux étaient du même avis : OK, ça se tient. Mais y aller bille en tête, serait prendre le risque d'une bataille absolue en pleine ville… Sans compter qu'en cas d'attaque, les défenseurs s'en prendraient sans doute à leurs prisonniers… Récidiver le coup d'envoyer Helmut Von Kirtsen en ouvre-porte en plein quartier résidentiel de New-York, valait mieux ne même pas envisager. Dans un premier temps, ils avaient installé un jeune couple de jeunes mariés dans l'appartement d'en face : John et Julia Grehen, qui officiellement passaient leur temps chez eux à décorer leur parfait nid d'amour… Leurs rapports confirmaient l'intuition de Sophie, il y ait un réel passage de beaucoup de gens chez Graves de jour comme de nuit. Effet secondaire, des petits nouveaux avaient été identifiés comme traîtres, placés sous surveillance et éliminés sans bruit les uns après les autres.

-J'ai une idée Hector, Liberté et moi, pourrions peut-être se présenter à la porte comme deux missionnaires de L'Armée du Salut (1), quêtant pour le salut total des malheureux en « luttant contre la misère, le vice et le péché ». Personne ne se méfierait de deux bonnes et braves dames quêtant. Une fois entrées dans la place…

-Mon Dieu ! Sophie, ce n'est pas un jeu. C'est dangereux ! Il est hors de question que tu prennes ce risque insensé !

-Mais, Hector, ça peut marcher, plus un mensonge est gros, plus il a de chances d'être avalé. Liberté est tout à fait capable de maîtriser un groupe de sorcier le temps que toi et tes amis investissiez…

-C'est absolument hors de question, Sophie !

-Mais...

-Ce n'est pas une démocratie, c'est un patriarcat, Sophie ! Lui avait lancé Hector.

C'était la première fois qu'il s'énervait contre elle. Il ne fit pas un seul geste violent, c'était juste son ton. Mais, elle savait que ce n'était pas contre elle qu'il était en colère. Il était frustré parce que plus le temps passait, plus la liste des victimes s'allongeait, parce que cet Higgins qu'ils avaient attrapé refusait de coopérer, parce qu'il devait envoyer un autre agent sous couverture et que ce dernier, Regina, n'était pas un auror… Parce que, parce que, parce que… La liste était très longue. Mais, Liberté se mourait à petit feu. Hector pouvait dire qu'elle s'occupait à soigner tous ceux qui avaient été blessés… Sauf que cela ne suffisait pas. Elle avait besoin de faire quelque chose de concret pour son enfant. Et même s'il était risqué c'était le seul plan viable qu'ils avaient.

Et c'était pour cela qu'elle se retrouvait devant la porte de la chambre de Liberté. Sophie n'avait pas encore frappé et elle devait avouer que vu le peu de repos qu'arrivait à prendre son amie, cela la dérangeait de venir la réveiller alors que le jour se levait à peine. Mais, Hector venait de partir, c'était maintenant ou jamais. Hésitante, elle leva la main, prête à toquer… Quand la porte s'ouvrit.

Liberté portait une vieille robe de chambre qui avait connu des jours meilleurs, pourtant, elle était plus élégante que beaucoup de demoiselles allant à leur premier bal. Il fallait croire qu'elle faisait réellement partie de ses femmes frôlant la perfection.

-Je suis navrée de vous déranger à une telle heure…

-Des amies ne se dérangent jamais, ma chère Sophie, De toutes manières, je n'arrivais pas à me reposer.

Oui, Sophie pouvait le comprendre. L'incertitude devait tourmenter cette pauvre femme et les rares fois où elle arrivait à dormir un peu… Elle devait faire des cauchemars. Hector avait tort. Même si ce n'était que du repérage, Liberté devait faire quelque chose. C'était une femme forte, une femme qui n'avait pas l'habitude de se reposer sur quelqu'un, une femme qui avait élevé seule une enfant… Mais, ce n'était qu'une femme. Et maintenant, elle avait besoin d'être réveillée et d'agir.

-Habillez-vous et arrêtez de vous morfondre, tant que les hommes ont le dos tourné, nous allons fêter le début du matriarcat.

Liberté la regarda. Tristesse, une pointe de désespoir… Un regard qui vous brisait le cœur. Hector lui avait dit que la gestion de leur groupe n'est pas une démocratie, mais un patriarcat. Dommage pour lui, Sophie avait laissé son défunt époux être la tête de leur couple, elle en avait donc été le cou et la tête suit toujours les mouvements que lui donne le cou, même si elle n'en a pas conscience... Et elle ne pouvait pas laisser cette pauvre femme se morfondre tout en passant son temps à craindre le pire en soignant des personnes.

-J'ai eu une idée… Une piste, je pense savoir où est retenue votre fille…

Ce n'était pas une promesse, mais, elle voyait l'espoir renaitre de ses cendres et rallumer la flamme de Liberté. Sophie n'avait pas vraiment de plan, elle avait juste noté quelques adresses qu'elle avait entendu. La seule piste qu'elle avait était le nom de Percival Graves. De toutes manières, l'idée n'était pas de réussir. C'était de permettre à Liberté de se sentir vraiment utile pour sa fille. En utilisant les moyens non-maj's, elles seraient à New-York dans deux jours tout à fait incognito. Deux jours… La situation ne pouvait pas évoluer de façon catastrophique en si peu de temps, n'est-ce pas ?


(1)Armée du salut : Fondée par William Booth (1829-1912), pasteur méthodiste en 1878, dans une Angleterre écrasée par la misère. Mouvement insiste sur la certitude d'un salut offert à tous par Christ et de la transformation possible de tout être humain par sa grâce.