Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.

Titre : Noir ramage.

Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.


« Le mal se dérobe souvent sous l'apparence du bien ».

-Nicholas Machiavel


Chapitre 73 : Gellert Grindelwald, ou on ne demande pas à quelqu'un qui manque de sommeil d'être patient.

Entre la réunion du CIS, l'arrestation de Goldstein, Dragonneau et un non-maj' et la recherche d'informations sur ces trois individus… Gellert Grindelwald n'avait dormi qu'une heure cette nuit. Une petite heure… Comment Graves faisait-il pour enchaîner plusieurs nuits blanches d'affilée ? En tous cas, au matin de cette journée du sept décembre mille-neuf-cent-vingt-six, il était de mauvais humeur.

Il ne savait pas pourquoi, mais il avait un mauvais pressentiment. Comme si une catastrophe n'allait pas tarder à lui tomber dessus. Le ciel allait lui tomber sur la tête, il le savait, il le sentait, un homme de sa valeur était toujours capable de sentir ces choses, c'était sa force. Tant que ce n'était pas Graves qui débarquait au Congrès Magique, il pourrait gérer. Il savait que c'était risqué de confier Lecay au gamin Faucett. Il était à peine sorti de l'école, mais il ne lui restait plus beaucoup de monde disponible à qui confier la garde d'une femme enfermée et sans défense. Sans défense… Façon de parler. Lecay pouvait encore parler et jouer la comédie… C'était une ancienne Exterminatrice. Une tueuse et une menteuse professionnelle. La seule raison pour laquelle il pensait qu'elle ne ferait rien au gamin était que justement c'était un gamin, mais ça ne voulait pas dire que ça l'empêcherait de tenter de s'échapper. Son ulcère à l'estomac le brulait de plus en plus… Il avait intérêt à passer en coup de vent dès que possible, ne serait-ce que pour sa tranquillité personnelle. Il était hors de question qu'elle profite de son absence pour l'un de ses coups tordus. Mais en attendant, il avait une urgence : une tâche qui n'allait pas être désagréable.

Malgré cela, dans cette petite pièce nue, aux murs noirs, sans fenêtres, il se sentait d'humeur ni charitable ni miséricordieux. Grindelwald faisait face à Norbert Dragonneau, le petit frère de l'auror anglais chargé d'enquêter sur ses agissements et de l'arrêter au royaume de ces crétins congénitaux de Grande Bretagne. Il avait toujours envie de rire quand il entendait l'association de cet adjectif avec ce nom… Comme si on pouvait trouver de la grandeur chez ces gens imbus d'eux-mêmes et gonflés de leurs certitudes. Un message clair pour ses ennemis une fois qu'il ferait éclater la vérité. Prêt de la porte se tenait cette pauvre Porpentina Goldstein, cette chère Tina, qui s'était retrouvée une fois de trop sur son chemin, entourée par deux Exécutrices. Exterminateur, Exécuteur… Les sorciers américains aimaient bien les rimes en -eur, surtout lorsque c'est extrême.

-Vous êtes un homme intéressant, monsieur Dragonneau.

-Monsieur Graves, fit Goldstein désespérée.

Grindelwald porta un doigt à ses lèvres pour faire signe à l'ancienne auror de se taire. La jeune femme obéit en reculant un peu plus dans l'ombre. Le mage noir fit mine de consulter le dossier qu'il avait déjà lu un certain nombre de fois. Ce qu'il y avait appris était surprenant.

-Vous avez été renvoyé de Poudlard pour mise en danger de la vue d'autrui…

-C'était un accident.

-Avec un animal. Pourtant, l'un de vos professeurs a bataillé ferme contre votre expulsion. Alors pour quelles raisons Albus Dumbledore vous affectionne-t-il tant ?

Après une longue bataille, Albus avait eu gain de cause. Norbert Dragonneau avait pu terminer ses études à Poudlard. Il avait été un élève moyen et maintenant, il avait un poste minable au Ministère de la Magie anglais. Pitoyable. Cela valait bien la peine que quelqu'un comme Albus se donne la peine de venir à son secours.

-Je ne saurais le dire.

-Et lâcher une meute de créature dangereuses ici, c'était un autre accident. C'est ça ?

-Pourquoi le ferai-je délibérément ?

-Pour révéler l'existence des sorciers. Et provoquer une guerre entre les mondes non-magique et magique.

-Un massacre « pour le plus grand bien », c'est ce que vous pensez ?

Massacre… Dragonneau avait le même dictionnaire que Lecay, ils utilisaient les mêmes mots pour définir son œuvre. Pour un peu, ils seraient désobligeants.

-Oui. Tout à fait.

-Je ne suis pas l'un des fanatiques de Grindelwald, monsieur Graves.

Cela rassurait le mage noir, il n'avait pas d'excentrique dans ses rangs. Mais, être de son mouvement est l'une des rares choses qui aurait pu sauver la tête de l'anglais. Albus l'avait pris sous son aile… Il était intolérable que son ancien amant puisse préférer protéger quelqu'un d'aussi insignifiant que cet homme plutôt que de diriger à ses côtés. Décidément il était tombé bien bas depuis leur dernière rencontre...

-Je me demande ce que vous allez pouvoir me dire de ceci, monsieur Dragonneau.

D'un geste lent de la main, il fit sortir de la valise de Dragonneau l'Obscurus qu'il avait amené aux États-Unis. C'était grâce à cela qu'il allait pouvoir définitivement se débarrasser de la seule personne réellement prête à croire au fait qu'il y ait un Obscurial dans cette ville. Grindelwald la posait sur le bureau. La chose palpitait, se tortillait et sifflait dans la bulle qui la retenait prisonnière. Vu la tête de Goldstein, elle n'était pas au courant et elle comprenait à présent à quel point elle avait fait fausse route en protégeant cet homme. Comment Dragonneau avait-il fait pour séparer cette obscurus de son porteur ? C'était un point de détail qu'il devait découvrir avant de s'en débarrasser.

Dragonneau se retourna vers Goldstein, comme si c'était la seule personne dont l'opinion comptait. Même s'il n'avait rien à faire de cet homme, et qu'il voulait même le voir mort, être ignoré ainsi énervait quelque peu Grindelwald. C'était lui qui avait le droit de vie et de mort sur les autres personnes présentes dans cette pièce, nom d'un hibou !

-C'est un Obscurus, reconnut Dragonneau. Mais vous faites fausse route. J'ai pris soin de le séparer de la petite Soudanaise quand j'ai essayé de la sauver. Je voulais l'emmener chez moi pour l'étudier. Mais il ne peut pas survivre hors de cette enveloppe. Il ne peut blesser personne, Tina !

-Donc sans son hôte, il est inutile ? Interrogea Grindelwald.

C'était une information qui avait son importance. Un détail qui changeait tout. Il avait vraiment besoin que l'enfant de sa vision le rejoigne de son plein gré.

-Inutile ? Inutile ? C'est une force magique parasite qui a tué une enfant. Quel usage voudriez-vous en faire ?

Maintenant, Dragonneau semblait à la fois outragé et en colère, le regardant comme s'il était quelque chose de particulièrement horrible. Goldstein l'observait également, de l'inquiétude et de la peur plein de regard. Maintenant, il n'avait plus de choix. Il allait devoir la tuer également pour ne pas qu'elle parle. Et Grindelwald allait devoir inverser la situation. Apprendre le plus possible de choses sur l' Obscurus pour lui permettre de le maîtriser quand il aurait mis la main sur son hôte. S'il pouvait les séparer et maintenir les forces de l'objet intactes, pour se les approprier par la suite, ce serait idéal pour son combat. Mais il devait faire vite. Trop de curiosité, de questions en suspens, Picquery n'allait pas tarder à montrer son nez… Celle-là aussi était un problème. Il sentait qu'elle lui cachait des informations. Et il allait mettre les choses au point avec elle. À la dernière réunion du CIS, elle aurait sans doute réussi à maîtriser la fronde, c'était une vraie politicienne capable de renverser une situation difficile, mais ça n'était que partie remise. La prochaine fois, les idiots affolés auraient plus de temps pour préparer leur attaque. Et quand le gouvernement serait renversé, la voie serait dégagée. Elle ne serait pas toujours aidée par Goldstein qui avait servi de diversion… Revenons à nos niffleurs.

-Personne n'est dupe, monsieur Dragonneau. Vous avez amené cet Obscurus à New-York dans l'espoir de causer un massacre, d'enfreindre le Code du secret magique et de révéler l'existence du monde des sorciers…

-Il est inoffensif et vous le savez ! Se défendit l'Anglais.

Non ! Justement, il ne le savait pas ! À vrai dire, il espérait bien le contraire… Dragonneau commençait à lui courir sur le haricot à force de l'interrompre à chaque phrase. Il ne lui apprendrait rien de plus, trop borné et le garder en vie était un danger, quelqu'un pouvait réaliser sa valeur.

-Par conséquent, vous êtes coupable de trahison envers les autres sorciers et condamné à mort. Mademoiselle Goldstein qui est votre complice…

-Non, elle n'a rien à voir là-dedans.

Goldstein le regardait les yeux ronds et incrédules. Décidément tous ces gens ne comprenaient rien, des moutons bons à suivre le chef.

-Elle subira la même peine.

Les deux Exécutrices s'avancèrent d'un pas. Elles étaient parfaitement calmes comme si elles n'allaient pas tuer quelqu'un qu'elles connaissaient.

-Exécution immédiate. J'informerai moi-même la Présidente Picquery.

Une fois la sentence prononcée, exécutée de suite, ça c'était de l'organisation. Il ne fallait pas que la présidente puisse intervenir et l'empêcher d'agir. Pour sûr qu'après son humiliation, elle voudrait qu'ils soient jugés publiquement et sans doute même avec un jury populaire histoire de faire bonne figure et de prouver qu'elle tenait bien les affaires en main. A ce moment là, déballage et incertitude, un jury de sorciers anonymes facilement influençables pouvait les acquitter. C'était ce qu'il reprochait à ce que les gens appelaient la démocratie et le système judiciaire indépendant : l'incertitude du résultat… Son gouvernement à lui était plus efficace au moins !