Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.

Titre : Noir ramage.

Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.


« Nous sommes ici car nous avons péché. Ce lieu n'est pas un enfer, mais un purgatoire. Nous sommes ici pour épurer nos vies. Nous sommes dans un lieu de rédemption où nous allons essayer de racheter notre âme. »

-Le miroir de Cassandre, Bernard Werber.


Chapitre 74 : Le cavalier sans tête, ou est-ce le temps de la rédemption ?

Depuis quelques temps, il était débordé. S'il avait eu de l'humour il aurait dit qu'il perdait la tête à devoir être partout, tout le temps et faire tout et n'importe quoi. Depuis que le Grand Gardien avait mis son Coven au service du mouvement luttant contre Grindelwald, on poussait littéralement les murs pour accueillir les prisonniers et les blessés toujours en nombre croissant.

-Mon cher Cavalier, je vais vous demander de vous charger seul de nos soixante-dix-huit prisonniers. Nous souhaitons qu'ils perdent toute existence officielle, qu'ils soient retirés tout simplement de la circulation. Notre volonté est de créer une atmosphère de crainte et d'angoisse chez les partisans de Grindelwald. Et la discrétion et le secret sont les garants de notre stratégie.

Il avait mené l'interrogatoire du nouveau venu : le propre majordome du Mage Noir. Un dur à cuire qui, passé les premiers instants de rebuffade : un essai d'impressionner en montrant son importance, comme les autres n'avait pas longtemps résisté à l'envie de parler de tout, en remontant à sa petite enfance si on le lui demandait. Comme d'habitude avec beaucoup de doigté et sans un mot prononcé de sa part… C'est comme cela, que Reed, présent, avait entendu parler de la ruse d'Higgins de la boite à chaussures, geôle des prisonniers les plus importants. Impressionné tout de même, il était sorti se concerter avec Bluesky : cette révélation augmentait beaucoup leurs difficultés pour préparer leur mission de secours, localiser un endroit aussi petit, facilement camouflable au milieu d'un assortiment de boites identiques dans un dressing room par exemple. Sans compter qu'un Sort de Confusion pouvait lui donner l'aspect d'une réelle boite de chaussures contenant une paire de pantoufles ou d'escarpins inoffensifs.

Tous ses prisonniers étaient prostrés, recroquevillés et terrorisés, certains étaient blessés. Il leur apportait alimentation et soins et sentait bien que rien ne pouvait les tranquilliser, son aspect extérieur anéantissant tous ses efforts. Il les traitait pourtant avec toute la douceur et la compassion dont il était capable, essayait de les rassurer. Depuis un temps il se sentait gagné par des sentiments inconnus de lui jusque là : humanité était le terme qui aurait pu venir à l'esprit.

Quand il avait un temps libre, il s'asseyait dans le jardin du Coven, et là, de loin regardait Sara Wood et son équipe se dépenser auprès des blessés. Là aussi, des Sorts d'Agrandissement avaient poussé les murs pour faire de la place pour les accueillir.

Pour la première fois de sa longue mort, il regrettait sa vie. Il regrettait la violence, la soif de sang, de bruits, de carnage qui l'avaient poussé toute sa vie de soldat. Quand cela avait-il commencé ? Quand à quatorze ans Laurens, son frère aîné avait hérité de tout à la mort de leur père et l'avait jeté dehors quelques années plus tard, ne lui laissant l'armée comme seule option. Quand à quinze ans, il avait vu Franziska épouser Laurens… Il était devenu un des trente mille mercenaires allemands loués aux Britanniques, engagés contre leurs colons des treize colonies révoltés et avait bâti sa légende grâce à la seule force de sa cruauté. Qui se souvenait aujourd'hui de Laurens Von Kirtsen fidèle serviteur de Wilhelm VIII von Hessen-Kassellandgrave de Hesse-Casselde 1751à 1760, renvoyé ignominieusement dans ses terres pour avoir hautement déplu à son suzerain tout cela parce qu'il avait souri quand son suzerain avait renversé une cuiller de soupe sur son plastron ? De lui au moins, le monde se souvenait et se souviendrait encore longtemps… Il était la légende de Sleepy Hollow.

Mais maintenant, il était las de tout ce sang et cette peur. Il sentait que sa mort lui pesait, il regrettait les vingt ans de tranquillité qu'il avait connu dans sa tombe.

-Cavalier, le Grand Maître souhaite votre présence immédiate dans la salle de réunion.

Une autre mission… Il se leva pesamment, il se sentait fatigué… Dans la salle, Bluesky, l'Amoureuse des Morts et Sara et quelques autres sorciers l'attendaient. L'atmosphère était étrange, un peu légère comme si certains s'amusaient beaucoup pendant que d'autres, Bluesky seul en vérité, fulminait.