Oooops, I did it again ...

Bonsoir ou bonjour à toutes/tous ... Tout d'abord, je souhaiterais m'excuser pour l'ENORME retard et pour ne pas avoir posté de chapitre plus tôt ... J'étais très occupée ces derniers temps ( la fac, c'est pas si génial qu'on vous le dit !) et j'espère que vous me pardonnerez ... J'ai quand même essayé de combler mon retard en postant deux petites OS dans un recueil intitulé "Etrangetés Olympiennes". Vous pouvez aller y jeter un coup d'œil si le cœur vous en dit ! ^^ (autrement, je ne vous en veux pas ! )

Voici donc le deuxième chapitre de cette fanfic .. il ne s'y passe pas grand chose mais j'espère que vous l'apprécierez quand même ... cependant, je dois vous prévenir, si jamais les événements ne correspondent pas avec ceux du livre, je m'en excuse mais je n'ai pas trouvé d'autres solutions pour écrire ma fanfic ... Donc, désolée. vraiment. J'espère que cela ne vous fera pas fuir ^^

Petite Déesse : Je suis contente que le premier chapitre t'ait plu et que les personnages te plaisent. Surtout Jazzlyn, car tu vas devoir la supporter pendant longtemps x). J'espère que ce chapitre te plaira tout autant ... Et désolée pour e retard ! Et merci beaucoup pour ta fidélité ... Tes reviews me font toujours extrêmement plaisir !

Yui19993: Merci beaucoup pour ta review. J'espère que la fanfic continuera à te plaire et je m'excuse pour le retard ... Jazzlyn n'a jamais eu de problème avec sa mère car ses sorties dans le monde réel étaient étroitement surveillées ... Mais j'ai déjà prévu un chapitre sur cela, ne t'en fais pas ! :)

MiraJane03 : Merci beaucoup ! J'espère que la suite te plaira tout autant et excuse-moi pour le retard ... Pour répondre ta question, je dirais qu'Apollon prend ici la forme d'un adulte d'une trentaine d'années. En tout cas, c'est comme cela que je l'imagine. car je suis d'accord avec toi, un jeune homme de 17 ans pour père, ce serait trop troublant ^^

Chapitre deux : It begins – part II.

Mercredi 21 juin,

Mont Olympe,

Salle des Trônes,

21h55.

L'ambiance dans la salle des trônes était plus qu'électrique. Pour dire vrai, il y régnait un carnage complet. Aucun des douze Dieux Olympiens n'étaient à sa place, trop occupé à se disputer avec son voisin, en brandissant armes et boucliers. Tous ? Pas exactement. Mis à part Apollon, qui, comme Jazzlyn, venait d'entrer dans la salle, Dionysos, le Dieu du Vin, était assis – pour ne pas dire avachi – sur son trône et, tout en jouant avec une vrille de vigne qu'il enroulait négligemment autour de son index, observait la scène, un air de profonde lassitude peint sur le visage.

« Je ne vois en aucun cas pourquoi je prendrais part à cette immense jérémiade, Jasmin, dit-il lorsqu'il croisa le regard curieux et insistant de la jeune fille. Ils affichent tous des opinions différentes mais quand tu sais qui claquera des doigts, tout le monde s'assoira gentiment sur son trône et, ô comble du miracle, ou de l'hypocrisie, à toi de voir, tout le monde sera entièrement d'accord sur les différentes actions à mener. Autant rester ici et observer le spectacle de loin, si tu veux mon avis. Tout ceci n'est qu'une dispute inutile. »

Face à ce discours des plus inattendus, Jazzlyn ne put réprimer un éclat de rire. Dionysos n'était pas le plus sympathique des Olympiens – il pouvait même se montrer particulièrement cruel parfois – mais ce que la jeune fille appréciait chez lui, c'était sa franchise. Car pour dire le fond de sa pensée, il n'y en avait pas deux comme lui. La demi-déesse était d'ailleurs presque sûre que le Dieu du Vin ne réfléchissait jamais avant de parler.

« Bien, bien, BIEN !, s'écria soudainement Zeus, en faisant face à ses frères et sœurs et en faisant sursauter Jazzlyn par la même occasion. Maintenant que tout le monde est là, et qu'Apollon ait bien voulu nous faire l'agréable surprise d'arriver à l'heure, nous allons commencer la réunion. Si vous voulez bien prendre place. »

Aussitôt, Apollon poussa gentiment Jazzlyn, lui intimant ainsi d'aller rejoindre ses camarades, au centre de la pièce. D'un mouvement de tête, la jeune fille jeta un coup d'œil aux chaises vides avant de soupirer bruyamment. La seule chaise restante se trouvait à côté de Rosalia Sanders.

Décidément, ce n'est vraiment pas mon jour …

« Tâche de ne pas l'électrocuter ou de la brûler. », lui glissa son père à l'oreille, conscient de la situation, et avec une pointe d'amusement dans la voix.

La jeune fille eut tout juste le temps de lui lancer un regard faussement indigné avant de le voir disparaître dans la foule présente. Ce n'est d'ailleurs qu'à ce moment-là qu'elle remarqua que certains Dieux mineurs étaient également présents. Pour être une guerre, s'en était bien une …

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Mercredi 22 Juin,

Mont Olympe,

Salle des Trônes,

22h10.

« Il n'est pas question que j'abandonne mon royaume, Zeus !, s'exclama Poséidon, l'air réellement agacé. Combien de fois devrais-je te le dire ? Mon palais est en danger et … »

« Typhon est un danger également, non ? Ne devrait-on pas unir nos forces au lieu de combattre chacun de notre côté ? »

« Je t'ai absolument rien demandé, Athéna. Et je ne t'ai pas non plus donné l'autorisation de m'interrompre. »

« Je te faisais juste remarquer que dans certains cas, l'union fait la force et … »

« Et moi, je vous faisais juste remarquer que je ne peux quitter mon palais. La menace est trop grande et Triton ne peut gérer cela tout seul … »

« Même avec l'aide d'Amphitrite et de Delphin ? Ils sont tout de même assez expérimentés, non ? », demanda Artémis, qui prenait la parole pour la première fois de la soirée.

« Certes. Mais je dois tout de même rester. Je n'ai en aucun cas envie de … »

« Perdre ta magnifique salle de jeux ?, intervint Dionysos, d'un ton ironique. J'ai cru comprendre que vous étiez assez attachés l'un à l'autre … »

« Cela suffit !, explosa alors Poséidon, en se levant brusquement de son trône et en provoquant un mini tremblement de terre. Qu'est-ce que vous avez tous à m'interrompre aujourd'hui ? Ne peux-je donc pas m'exprimer librement ? »

« Je te faisais simplement une remarque !, s'écria Athéna en se levant à son tour, le regard noir. Maintenant, si tu penses que tes intérêts personnels ont plus d'importance que les no... »

« Cela suffit ! Arrêtez ! Arrêtez tous !, cria Zeus, désormais debout lui aussi. Nous n'avancerons jamais si nous ne mettons pas nos querelles de côté. Nous sommes en guerre, le danger approche, il est donc plus que temps de prendre des décisions. Il nous faut nous décider avant qu'il ne soit trop tard. Et oui, oui, c'est bien moi qui vous dit cela ! », ajouta-t-il à l'adresse d'Apollon et d'Hermès qui le regardaient, éberlués.

« Poséidon, reprit-il après un instant de silence. Tu resteras dans ton royaume, tel que tu le souhaites. Nous autres, ajouta-t-il alors qu'Athéna s'apprêtait à répliquer, les sourcils froncés, nous nous occuperons de Typhon. Les Dieux mineurs nous aideront à attraper les monstres mineurs ainsi que les divinités qui ont changé de camps. Quant à eux, (il désigna les demi-dieux d'un geste de la main), ils resteront ici et veilleront à ce que personne n'essaie de détruire l'Olympe. Après tout, il s'agit d'un lieu de très haute importance pour nous tous, il est donc nécessaire qu'il soit surveillé. … Oui, Aphrodite ? »

Aussitôt, des grognements de protestation se firent entendre.

« J'aurais peut-être l'air bête, commença la Déesse, qui ne faisait absolument pas attention aux réactions des autres divinités. Mais comment sont-ils censés défendre un tel lieu à … cinq ? »

Aussitôt, des murmures approbateurs se firent entendre.

« Hum … eh bien … Je … je ne sais pas. », répondit le Seigneur des Cieux, soudainement blême. Ce problème ne lui avait même pas traversé l'esprit ...

Il régna un silence quelques instants puis Athéna prit la parole, sous l'air exaspéré du Dieu de la Mer.

« N'y-a-t-il pas quelques Demi-dieux à la colonie qui sont aussi puissants qu'eux ? Il me semble qu'Hermès a deux fils assez puissants, non ? », déclara-t-elle en se tournant vers le concerné.

« Heu … je … oui mais … en fait … »

« Très bien. Alors ils seront sept., s'empressa de s'exclamer Zeus, comme-ci il avait brusquement envie de partir. Faites en sorte que les deux autres demi-dieux arrivent avant demain après-midi. Ce sera tout pour aujourd'hui. Les opérations commenceront dans deux jours. Bonne nuit à vous. »

Là-dessus, il disparut dans un flash de lumière, bientôt suivis par les autres divinités.

Hermès, quant à lui, resta figé sur son trône durant quelques instants, désespéré. Il n'en croyait pas ses oreilles, tout cela ne devait être qu'une énorme farce ! Il s'apprêtait déjà à perdre Luke, et voilà qu'on l'obligeait à envoyait deux de ses fils ici, à l'Olympe ? Et puis, sept, pour protéger ce lieu de toute invasion, c'était du pur suicide … Elle allait le tuer !

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Jeudi 22 Juin,

Colonie des Sang-Mêlés,

Long Island,

07h35.

« Lysandre ! Ly-san-dre ! LYSAAAAAAANDRE ! »

Le jeune homme en question se réveilla en sursaut et se cogna, par la même occasion, la tête contre le lit au-dessus du sien. Avec un cri de douleur suivi d'un juron, il prit sa tête entre les mains et la reposa sur l'oreiller, ferma les yeux et maudit mentalement celui qui venait de lui crier dans les oreilles.

« Lysandre, tu m'entends ? », reprit Travis Alatir, d'un ton tout de même plus doux qu'auparavant mais toujours aussi pressant.

Qu'y avait-il donc de si urgent dès le matin ? Lysandre était prêt à parier que le soleil n'était même pas encore levé !

« Oui, oui, Travis, je t'entends ! Je ne suis pas sourd, tu sais ? Je suis même sûr que tu as réussi à réveiller tout le bungalow ! »

Des murmures et grognements approbateurs et mécontents se firent entendre.

« Tu vois ?, fit Lysandre, toujours allongé, les mains posées sur les yeux. Tout le bungalow. »

Mais Travis ne sembla pas prêter attention à la réaction générale et continua, à voix toujours aussi haute :

« Il faut que tu te lèves, mec. »

« Pardon ?! »

« Il faut que tu lèves. Chiron te demande. Toi et Noah. Il dit que c'est important. »

La première réaction de Lysandre fut de ricaner. Ou plutôt, de rigoler sincèrement. Chiron ? Les demander, lui et son frère ? Pour quelque chose d'important ? Travis lui faisait la blague du siècle ! Noah et lui n'avaient jamais eu de grands rôles à la colonie. C'est tout juste si on leur confiait une quête. Et voilà que du jour au lendemain, Chiron avait changé d'avis et décidé de leur donner des responsabilités ? Allons bon, tout cela ne devait pas être vrai !

« Elle est nulle ta blague, Travis., finit-il par déclarer après quelques secondes de silence, un léger sourire aux lèvres. Mais c'était tout de même un bel essai. »

Là-dessus, et après avoir adressé un clin d'œil complice à son demi-frère, le jeune homme changea de position et s'installa sur le ventre, histoire de se rendormir.

« Mais je ne rigole pas, mec !, s'écria Travis, un air affolé et contrarié sur le visage, tout en essayant de l'attraper par les épaules et de le secouer comme un prunier. Il veut vous voir le plus vite possible ! Ça a sûrement un rapport avec ce qui se prépare ! Il veut sûrement que vous essayiez de raisonner Luke ! Après tout, vous étiez assez proches tous les trois ! »

A l'entente du prénom, Lysandre ne put s'empêcher de ressentir un pincement au cœur. Luke avait été plus qu'un demi-frère pour lui. C'était son frère, son alter-ego, son meilleur ami. Un meilleur ami qui l'avait aidé dans les périodes les plus dures de sa vie, à commencer par son arrivée à la colonie. Ils avaient passé des moments inoubliables, tous les deux. Des moments de pure joie comme de tristesse. Et Lysandre l'aimait sincèrement. Mais Luke était aujourd'hui perdu. Plus personne ne pouvait le sauver. Le jeune homme avait déjà essayé de nombreuses fois et toutes s'étaient soldées par un échec. Un échec cuisant. L'emprise que Cronos avait sur Luke était trop forte, personne ne pouvait la briser. Et Chiron le savait. Qu'il veuille que Noah et lui essaient de raisonner le demi-dieu paraissait donc plus qu'improbable aux yeux du jeune homme. Lysandre ne put donc s'empêcher également de ressentir un certain énervement contre son demi-frère. Ce dernier savait pertinemment que Luke était un sujet sensible. Comment osait-il en plaisanter ? Il s'apprêtait d'ailleurs à communiquer le fond de sa pensée au concerné lorsqu'une troisième voix masculine se fit entendre :

« Il ne t'a pas donné plus de précisions ? »

Et voilà que Noah s'en mêlait. Non mais vraiment ! Son grand-frère était-il à ce point crédule ? Lysandre savait que lui aussi était très attaché à Luke. Mais ce n'était pas une raison pour croire tout ce que Travis disait à ce sujet. Après tout, leur demi-frère n'était pas réellement ce qu'on pouvait appeler une personne de confiance.

« Ooh, s'te plaît, Noah !, maugréa alors Lysandre, plus qu'agacé, la tête toujours dans l'oreiller. Tu ne vois pas qu'il tente de nous piéger ? On n'a jamais rien représenté pour Chiron, qu'est-ce que tu veux qu'il nous confie ? Le nettoyage des écuries, tout au plus. Et encore, ce n'est pas quelque chose qui nécessite de réveiller les gens à quatre heures du mat' ! Il blague, j'te dis ! »

« Il est sept heures et demi, Ly'. Et Chiron ne nous a jamais rien confié simplement parce que Maman ne souhaite pas que l'on prenne trop de risques. Mais tout est différent aujourd'hui. Une guerre se prépare et tu le sais. Tous les demi-dieux vont devoir se mobiliser pour vaincre le Titan du Temps. Et puis, si ce n'était qu'une blague, je doute que Travis affiche cet air affolé de quelqu'un qui va se faire pulvériser si on ne ramène pas bientôt nos fesses à la Grande Maison. »

Air affolé ? Un simple coup d'œil du côté de Travis permit à Lysandre de voir que son frère disait vrai. Travis était plus blanc que d'habitude et semblait sur les nerfs, mâchoire serrée. Une attitude qui n'était absolument pas habituel chez un fils d'Hermès.

Avec un profond soupir, Lysandre finit par se redresser, lentement et sûrement, sous le regard amusé de Noah et celui, impatient et légèrement inquiet de Travis. Il s'assit ensuite sur son lit, et, le regard fatigué et la bouche pâteuse, il lança un regard à son frère et demanda, d'un ton quelque peu contrarié :

« Je suppose que l'on doit y aller maintenant ? »

Son frère ne lui répondit pas, se contentant de lui lancer un T-Shirt au visage.

Bon réveil, M'sieurs Dames …

« Et dépêche-toi ! »

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Jeudi 22 Juin,

Colonie des Sang-Mêlés,

Long Island,

09h04.

Lysandre et Noah avaient longuement hésité avant de prévenir leur mère. Après tout, cette dernière était déjà assez préoccupée par l'état de santé de leur petite sœur, ils ne voulaient donc pas en rajouter. Mais après réflexions, ils s'étaient dits que la prévenir avant de partir était la meilleure solution. Certes, elle s'inquiéterait au moindre jour sans nouvelle mais au moins, elle saurait où ils étaient. Car il y avait un risque qu'arrivés à destination, les garçons ne puissent plus donner aucune nouvelle. Et ils ne souhaitaient absolument pas que leur mère reste dans l'ignorance. Cela pourrait la rendre folle et Noah et Lysandre détestaient la faire souffrir.

Avec un dernier coup d'œil en direction de son frère, qui hocha la tête en signe d'assentiment, Lysandre prit une grande inspiration, ferma les yeux et se concentra. Il imagina le plus beaux des arcs-en-ciel, et essaya de toutes ses forces de le rendre le plus réel possible. Quelques minutes plus tard, ce dernier se matérialisa pour de vrai, devant le bungalow 11 et sous le regard admiratif des filles d'Aphrodite. Noah donna alors un coup de coude dans les côtes de son frère, signe qu'il pouvait ouvrir les yeux, et lançant une drachme en direction de l'arc-en-ciel, lui adressa un sourire moqueur alors que Lysandre rougissait violemment sous les compliments des spectatrices.

Lorsque la pièce approcha de la création de Lysandre, elle fut directement absorbée avec un tintement caractéristique, rappelant celui des cabines téléphoniques publiques. Noah s'exclama alors :

« Montre-nous Maman. »

Aussitôt, l'arc-en-ciel se brouilla et une image apparut, tout d'abord de manière floue, puis plus distinctement. Bientôt, on distingua l'intérieur d'une cuisine équipée, où une jeune fille d'une dizaine d'années, brune aux cheveux bouclés, était occupée à dessiner, la tête baissée vers sa feuille et le visage caché par ses cheveux. Cette scène familière fit sourire les deux garçons qui échangèrent un regard amusé et rempli de tendresse. Leur sœur leur manquait, indéniablement.

« Haz' ?, s'exclama Lysandre après quelques secondes de silence.

Presque qu'aussitôt, la dénommée Haz' (NDLA : c'est un surnom) leva la tête dans leur direction et esquissa un grand sourire. Sourire quelque peu gâché par la sonde qu'elle devait porter.

« Ly', No' !, s'exclama-t-elle en se levant brusquement et en approchant le plus possible, traînant son appareil avec elle mais toujours souriante. Qu'est-ce que vous faites là ? Pourquoi est-ce que vous nous contactez ? Vous rentrez à la maison ? »

Cette question, prononcée avec tant d'enthousiasme, provoqua un malaise chez les deux jeunes hommes. Mal à l'aise, Lysandre tourna la tête vers son frère, un air triste sur le visage. Avec une grimace, qu'il s'empressa cependant de faire disparaître, Noah lui jeta un regard avant de reporter son attention vers leur sœur, tout aussi mal à l'aise :

« Hum … Haz', est-ce que Maman est là ? »

Le jeune homme tentait tant bien que mal de garder un ton léger.

« Oui, elle s'occupe du jardin. Pourquoi ? »

Du jardin ? Cette précision contraria quelque peu Noah qui fronça les sourcils et eut un air perdu pendant quelques secondes. Puis, comme-ci rien ne s'était passé, il demanda, sur le même ton qu'auparavant :

« Cela te dérangerait d'aller la chercher ? »

Toujours aussi enthousiaste et de bonne humeur, leur sœur secoua la tête et disparut de leur champ de vision.

« Qu'est-ce qui ne va pas ? » , questionna alors Lysandre, pour qui le malaise de son frère n'avait pas passé inaperçu.

« J'ai demandé à Iris de nous montrer Maman. Elle aurait pu nous montrer le jardin directement, non ? Pourquoi est-ce qu'elle nous fait passer par Hazel ? »

« Quoi ? C'est ça qui te tracasse ?, demanda Lysandre d'un ton moqueur. Elle a sûrement voulu nous faire plaisir en nous montrant notre petite sœur. Après tout, c'est notre grand-mère, la famille doit compter pour elle. Tu n'es pas content d'avoir vu quelqu'un que tu n'avais pas vu depuis plus de trois mois ? »

« Content ?, lança Noah, d'un ton qui laissait croire que Lysandre était un parfait ignorant. Cela rend la décision encore plus difficile … »

« La décision ? Mais quelle décision ? »

« La décision de partir, tiens ! Celle de prendre part au combat ! Tu imagines si on ne la revoit plus jamais ? Si on meurt pendant la bataille ? Ce serait horrible pour elle … »

« Wooh mec ! Arrête ! Arrête ça tout de suite, t'entends ?!, s'écria Lysandre, totalement paniqué. Qu'est-ce qui te prends ? T'es censé être le plus courageux de nous deux. Si tu deviens dépressif, qu'est-ce que je vais devenir, moi ? »

Cette dernière réplique lui valut un regard noir.

« Tu sais très bien ce que je veux dire.,reprit-il après un instant de silence, le regard soudain attiré par ses chaussures. Si on commence à penser comme cela maintenant, on est foutus, mec. Alors, oui, y'a des chances que nous ne rentrions pas. Alors, autant tout faire pour pour rentrer, non ? Et ce n'est pas en pensant à la mort qu'on va y arriver. »

Cette fois, son discours fut accueilli par un soupir.

« T'as sûrement raison. », murmura ensuite Noah, en posant une main sur l'épaule de son frère, légèrement honteux de son comportement.

Il régna un instant de silence, seulement rompu par les rires et les cris des pensionnaires de la colonie. Aucun des deux n'y faisait attention, tous deux étant plongés dans leurs pensées respectives. Ils n'avaient mené qu'une seule quête, et voilà qu'on les envoyait défendre l'Olympe ? Hallucinant …

« Les garçons ? »

En face d'eux, une femme d'une trentaine d'années venait d'apparaître. Blonde, les cheveux bouclés et les yeux bleus, elle ressemblait davantage à Noah qu'à Lysandre, le garçon ayant hérité de ses cheveux blonds. Mais la ressemblance s'arrêtait là, et si on les croisait dans la rue, il était impossible qu'on les pense de la même famille. Cette simple pensée attristait les deux garçons. Après tout, il s'agissait de leur mère. La meilleure des mères, belle, compréhensive et courageuse, supportrice et sévère lorsqu'il le fallait … Noah et Lysandre regrettaient parfois de ne pas avoir hérité de ses traits.

« Maman !, s'exclama Noah, surpris dans ses pensées et adoptant soudainement un air grave. Il faut qu'on te dise quelque chose … mais ne panique pas, d'accord ? On le fait de notre plein gré et … quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? »

Leur mère affichait un air amusé, contrastant avec l'expression attentive qu'elle prenait habituellement, lorsque ses fils lui expliquaient ou demandaient quelque chose. Ses yeux brillaient, mais il ne s'agissait pas d'un éclat de malice. A vrai dire, Lysandre était prêt à parier qu'elle se retenait de pleurer.

« Je suis déjà au courant, chéri. Répondit leur mère à l'adresse de Noah, une pointe de tristesse dans la voix. Votre père m'a prévenue hier soir. »

« Il … Quoi ?, balbutia Noah, dépité. Il … Papa t'a prévenue ? »

Leur mère se contenta de hocher la tête, sans se départir de son sourire. Un sourire étrangement triste.

Lysandre, quant à lui, sentit une vague de colère l'envahir. Il détestait que leur père se mêle de leurs affaires et accomplisse des tâches qui leur étaient destinées. Et puis, qu'est-ce que le Dieu des Voleurs avait pensé ? Qu'ils n'allaient pas dire « au revoir » à leur mère ? Pour qui les prenait-il ? Avait-il une aussi mauvaise image d'eux ?

« Il aurait pu nous laisser faire, tout de même … », bougonna-t-il tandis que son frère hocher la tête en signe d'assentiment.

« Il pensait que vous n'en auriez pas le temps. Il a voulu bien faire., prononça leur mère, d'un ton quelque peu sur la défensive. D'ailleurs, ajouta-t-elle avec un petit sourire, réellement amusée cette fois, je suis surprise que vous soyez déjà prêts. »

« A vrai dire, Maman, nos sacs ne sont pas encore prêts... »

« Pas encore prêts ?!, cette exclamation fit sursauter les deux jeunes hommes. Mais enfin, les garçons ! Vous partez dans moins d'une demi-heure ! »

« On voulait être sûrs de pouvoir te prévenir … », compléta Noah avec une grimace d'excuse.

Leur mère soupira et marmonna quelque chose comme « Ils ne changeront jamais ». Puis, après un rapide coup d'œil à l'horloge au-dessus d'elle, déclara :

« Comme il ne nous reste peu de temps … (elle se mordit la lèvre inférieure, signe de grande nervosité) sachez que je vous aime, les garçons, et que j'ai totalement confiance en vous. Je sais pour quoi vous partez et je sais que cela s'avérera très risqué … mais … mais … j'espère que vous y arriverez et que vous rentrerez sains et saufs … »

Elle s'interrompit quelques instants, chassant ses larmes d'un geste rapide. Elle ferma les yeux à plusieurs reprises et tenta de reprendre une respiration plus calme. Face à elle, Lysandre et Noah tentaient tant bien que mal de ne pas pleurer.

« … Promettez-moi seulement d'être prudents et de veiller les uns sur les autres. »

« On te le promet, Maman. », répondit Lysandre d'une voix faible.

La concernée ne put que hocher la tête, les mots semblant être coincés au fond de sa gorge. Il régna encore quelques instants de silence, puis se fut le tour des au revoir et des derniers conseils. Cinq minutes plus tard, l'image produite par le message Iris se brouilla, mettant fin à la conversation et laissant les deux jeunes hommes encore plus inquiets et nerveux qu'auparavant.