Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.
Titre : Noir ramage.
Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.
« Une femme qui ne se contredit jamais n'est pas une femme ».
-Victor Cherbuliez, Les pensées extraites de ses œuvres (1913).
Chapitre 75 : Maxime Reed, ou on a tous besoin de sa maman !
La première chose que vit Reed en entrant dans la salle du Coven était Jane, morte de rire. Les autres personnes présentes semblaient se retenir difficilement, sauf bien sûr, le Cavalier Sans Tête qui lui était par définition impénétrable. Vu la tête de Bluesky, c'était lui le dindon de la farce. Qu'est-ce que sa cousine avait bien pu faire ? Une réunion urgente avait été convoquée, un évènement grave manifestement, qui ne cadrait pourtant pas avec l'ambiance... Lorsque la-dite cousine lui tendit un papier, Maxime le prit.
-« À bas le patriarcat », lut-il interrogatif.
-C'est Sophie, et elle a emmené la mère de Mercy dans cette folie, expliqua Bluesky en grinçant des dents.
Les rires de Jane redoublèrent. Le vieil homme la fusilla du regard, mais, cela ne servit à rien. Maxime se sentit perdu, mais les femmes avaient leur propre langage, quand une disait trois mots, une autre femme pouvait comprendre tout un discours et quand elle parlait pendant cinq bonnes minutes, une autre femme pouvait ne retenir qu'une unique phrase. Il ne voyait pas ce qu'une forme d'organisation sociale et juridique fondée sur la détention de l'autorité par les hommes venait faire dans leur lutte. Les hommes gouvernaient, c'était une réalité, la Présidente Picquery n'était que l'exception à la règle commune aux sorciers et aux non-maj's, ce qui confirmait une chose : tous les hommes quelques soient leurs compétences partageaient la même intelligence dans l'organisation de leur vie...
-Ce n'est pas une Révolte, Sire, c'est une Révolution, plaisanta Jane.
-C'est une folie, elle s'est mis en tête de pénétrer dans la maison de Graves car elle est persuadée que Grindelwald y garde ses prisonniers les plus précieux. C'est pas idiot, bien sûr. Elle m'a expliqué que les plus grands tyrans non-maj's voulaient souvent tout contrôler par eux-mêmes et elle pense que c'est un trait commun aux dingues, Grindelwald inclus, voulant régner sur le monde.
-Plutôt maligne, votre Sophie ! Intervint Reed.
-Maligne, oui mais inconsciente, totalement folle. Tu crois vraiment que Grindelwald ou l'un de ses sbires vont les laisser entrer comme ça ?
-Non, bien sûr, mais elle doit avoir un plan…
-T'imagine pas, écoute : elle veut former une troupe de petites vieilles bigotes inoffensives prêchant et faisant la quête pour l'Armée du Salut. Tu sais ces non-maj's illuminés et habillés en noirs, armés de petites clochettes, qui chantent des psaumes dans les rues pour dire combien l'amour de Dieu et des autres est important dans la vie. Elle compte sonner tout bonnement à la porte et se la faire ouvrir… Puis, à l'assaut ! Tu vois, c'est simple comme plan : on sonne, il ouvre, on fonce !
-C'est sûr, c'est simple et primaire. Mais en gros, c'est ce qu'on fait la plupart du temps… Je vous rappelle que parfois, on ne prend même pas la peine de sonner.
-Attend, Reed, tu parles de nous. Moi, je te parle de Sophie, Liberté Lecay et deux ou trois copines…
-D'un autre côté, quand nous on entre, ils comprennent vite qu'on les attaque… Ils ont donc tendance à riposter plutôt vivement, sauf bien sûr quand vous nous accompagniez, mon cher Helmut, dit Reed en se tournant avec un petit hochement de tête, vers le Cavalier Sans Tête qui écoutait attentivement. Avec une dizaine de petites bonnes femmes, l'effet de surprise est garanti, vous allez voir, ils vont pas comprendre quand ils vont recevoir des coups de missel sur la tête…
Non, vraiment ce serait trop drôle si quelques mamies lâchaient leurs tricots et réussissaient là où une équipe de super aurors sur-entraînés ne savaient comment régler le problème…
-Je vous rappelle que face à la maison, nous avons installé deux de mes cousins. Je vais envoyer un hibou à John et Julia pour qu'ils se joignent mine de rien à la troupe… Vous savez seuls ils sont plutôt efficaces, alors en duo, ils sont capables de vous la protéger votre Sophie…
Manifestement ce vieux Bluesky était partagé entre plusieurs sentiments : la trouille de ne plus revoir sa Sophie, la fureur de la voir lui désobéir et le prendre pour un idiot, mais aussi la fierté de constater qu'elle n'avait pas du sang de navet dans les veines… Pour l'instant, les deux premiers prédominaient, mais une fois l'action passée et si en plus ça marchait… Il ne tiendrait plus en place, tant il serait fier. Ce seraient des moments pénibles à supporter, il avait déjà tendance à dresser un panégyrique long et permanent de SA Sophie… Alors si ça marchait, le temps des planques en commun deviendrait long, très long, très très long… Si ça marchait le vieil homme retrouverait son poste au MACUSA, vu qu'il ne serait plus officiellement en congé maladie, Mercy prendrait sa place. Mercy qui lui avait interdit de tourner autour de sa cousine et dont la mère… Mais l'enfermement l'aurait peut-être amadouée, quoique… Sara était vraiment trop mignonne, et l'ambiance était à l'amour, alors pourquoi ne pas se caser ? Un gentil petit foyer, une petite femme à retrouver en rentrant de missions. Toujours la même, il est vrai, mais il sentait qu'il était temps de devenir grand et de se ranger. Fonder une famille, avoir des petits Reed courant partout… Son imagination s'emballait. Keep Cool mon vieux, finit la guerre contre cet enfoiré de Grindelwald et après, si tu es toujours vivant, tu pourras y repenser.
Puis, Reed réalisa quelque chose. Même en passant outre cette histoire de cousines, Sophie avait entrainé Liberté Lecay… Mercy allait être furieuse. Et une Mercy furieuse… Déjà que calme, qu'elle l'avait violemment empoisonné pour officiellement lui sauver la peau, alors si sa mère avait une seule égratignure… Il fit un rapide calcul si elles utilisaient un moyen de transport magique, elles étaient déjà à pied d'oeuvre, si c'était un moyen non-maj' ils avaient plus ou moins quarante-huit heures.
-Rassure-toi, cousin, à mon avis, votre Mercy n'est pas comme elle est par hasard, lança Jane. Le fruit ne tombe jamais loin de l'arbre.
-C'est censé nous rassurer ? l'attaqua Bluesky.
-On ne devient pas une femme d'aussi mauvais caractère en étant élevé par une fille-mère faite de sucre. Liberté Lecay a l'air délicate et douce, mais je suis prête à parier qu'en ce moment, il y a plus de douceur dans tout l'être du Cavalier Sans Tête que dans madame Lecay. Sans vouloir vous vexer, monsieur Helmut.
Un peu comme une maman ours dont on menace le bébé, remarque que Maxime ne fit pas à voix haute, il tenait à la vie.
-C'est ridicule ! On parle d'une femme qui a consacré sa vie à soigner les autres ! Une femme qui n'a jamais tenu une arme de sa vie ! Lança Bluesky.
Le patron était inquiet et il préférait hurler que de le reconnaître.
-On parle d'une mère célibataire dans une société qui opprime les femmes ! On parle d'une femme indépendante dans une société où cela ne se fait pas ! On parle d'une femme spécialisée dans la magie traditionnelle ! J'ai vu ce que cette magie peut faire au combat, et c'est aussi impressionnant qu'une tornade ! D'ailleurs, le sorcier en question avait lancé une tornade…
-On ne change pas de sujet !
-Bluesky ! Si c'était Mercy, vous demanderiez combien il faut prévoir de sacs pour ramasser les restes !
Ce n'était pas faux mais Bluesky aurait préféré le contraire. Si c'était Mercy, il aurait même demandé qui tenait son sac pendant qu'elle faisait le boulot.
-Je vais prévenir tes frères et sœurs d'ouvrir l'œil et de se tenir prêts, lança Reed à Jane.
Sara l'attendait dans le couloir.
-Je ne vois pas pourquoi Bluesky est surpris, lança-t-elle.
-Il n'a pas l'habitude d'être désobéi.
-Ma tante n'a pas l'habitude de vivre confinée dans une petite maison, pourtant elle s'y est faite sans rechigner pour lui simplifier la vie.
-À peine quelques jours !
-Sa fille est en danger.
Il y avait une pointe de regret dans la voix de Sara et Maxime réalisa ce qu'elle venait de dire. Elle avait sous les yeux deux exemples de parents près à tout pour leur enfant… Ceux de Sophie qui l'avaient cachée pour pouvoir continuer à la voir malgré son handicap, la mère de Mercy qui allait affronter l'un des pires mages noirs de l'Histoire dans son antre… Il ignorait à quel âge Sara avait été retirée à ses parents, mais, elle ne devait pas être très vieille. Est-ce que ses parents avaient été soulagés de ne pas devoir élever une sorcière ? S'étaient-ils battus pour le retrouver ? Avaient-ils eu une autre fille ? Toutes ses questions pouvaient expliquer ses réactions. Ne pas avoir eu une mère absolue, prête à tout, à se battre bec et ongles pour protéger sa progéniture… Elle ne comblerait sans doute jamais ce manque.
Il sut à ce moment là qu'il devait envoyer tout de suite une missive à la sienne, elle serait sans doute bien étonnée, il n'était pas un grand épistolier, la plume l'avait toujours fait fuir mais il ressentait juste le besoin de lui dire qu'il aimait bien sa maman à lui… Il ferait suivre un petit bouquet de fleurs. Pas de roses, c'était trop classique… Des acacia peut-être ? Ou mieux, des camélias blancs, il croyait se souvenir que ses fleurs voulaient dire « perfection ». Il n'était pas certain, il dormait à moitié après une garde de quarante-huit heures quand sa petite-amie de l'époque lui avait parlé du langage des fleurs.
