Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.

Titre : Noir ramage.

Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.


« Aujourd'hui j'ai retrouvé mon ennui et mon boulet quotidiens, l'irréparable et le perdu. »

-Henri-Frédéric Amiel, Journal intime, le 7 avril 1872.


Chapitre 77 : Seraphina Picquery, ou savoir sa juste place.

Elle était en réunion lorsque l'alarme annonçant une évasion raisonna. Il manquait plus que cela à cette semaine catastrophique. D'abord cette force inconnue qui détruisait des habitations et terrorisait les non-maj's, puis, la mort du Sénateur Shaw, dont le père était bien entendu un magnat de la presse, la réunion de la Confédération Internationale des Sorciers, et maintenant, ça ! Par chance, les Ambassadeurs n'étaient pas présents au Congrès Magique, cela aurait été la cerise sur le gâteau. Bien entendu, elle devait rester bien sagement dans son bureau jusqu'à la fin de l'alerte. Mais après, elle voudrait des réponses à ses questions.

Il fallait qu'elle voit le bon côté de la situation, cela lui donnait un peu de répit, dans un monde de brutes… Assise dans son fauteuil, un verre de remontant à la main, elle réfléchissait tranquillement. Aujourd'hui, un de ses rendez-vous la préoccupait. Elle devait rencontrer Percival Graves. Depuis quelques temps, il avait changé, plus préoccupé, plus abrupt, moins attentif à ses missions. Ce que Reed, Bluesky et les autres lui avaient révélé au fur et à mesure de leurs rencontres clandestines ne finissaient pas de la troubler. Un traître dans SON MACUSA. Au début, elle avait refusé d'y croire, IMPOSSIBLE, elle ne pouvait y croire, ne voulait y croire, refusait d'y croire. Puis peu à peu, elle avait dû se rendre à l'évidence : quelque chose clochait et ce depuis quelques mois… Depuis qu'elle reprenait les dossiers, elle devait admettre qu'il y avait des disparitions inexpliquées en nombre plus important qu'avant. Elle avait d'abord cru à une mauvaise passe, pas de chance, ça arrive… Mais si on introduisait la donnée d'un traître, tout prenait une couleur plus sombre et acquérait une cohérence : un complot de vaste ampleur. Et là, une seule motivation possible, prendre sa place et le pouvoir.

Elle n'était pas paranoïaque mais réaliste, elle se sentait en danger et elle l'était. Et tout pointait la même personne, la seule qui serait vraiment gagnante dans cette affaire : Gellert Grindelwald.

Graves et elle devaient discuter de ce sujet. Mais cette fois-ci, elle ne se contenterai pas de quelques phrases lénifiantes. Elle exigerait d'aller au fond des choses. Et en premier, où était passé l'un de ses gardes du corps ? Un soir, elle les avait salués tous les deux, le lendemain, Henricks était seul et il n'avait pu lui dire ce qu'était devenu son collègue. Il s'était absenté quelques minutes pour se soulager et n'était pas revenu. Un mystère de plus…

Elle ne pouvait pas s'en plaindre, son remplaçant Grehen était un garçon charmant qui en plus plaisait beaucoup à Marjory. Celle-ci était d'humeur très joyeuse et ne semblait plus à la recherche d'une âme sœur, pour une fois, elle semblait même réellement amoureuse. Ce qui n'était pas un problème en soi... jusqu'à maintenant Seraphina avait parfois du mal à suivre les changements de soupirants de sa secrétaire... D'ailleurs depuis un moment, Frédéric Grayson semblait morose, sans-doute leur rupture. Personnellement si elle avait dû choisir, elle aussi aurait préféré le charmant James à l'ombrageux auror peu sympathique au demeurant.

Oui, décidément, Graves était devenu ingérable, il devenait imprévisible, excessif dans ses réactions… Et jamais là quand on avait besoin de lui… Avant-hier, elle avait dû recevoir le responsable du personnel seule, pourtant le sujet de la réunion : disparition de plusieurs des membres du personnel du MACUSA, était de son total ressort !

Un Memorandum Rodentium, ou MR, qui transportaient des messages urgents à travers le MACUSA arriva sur son bureau. Ils en avaient un élevage dans les sous-sols du Ministère, ces origamis en forme de rat pouvant se battre entre eux s'ils s'ennuyaient, s'entre-déchirant impitoyablement, d'où un besoin de les occuper en permanence et d'en produire en grand nombre… Ce n'était jamais bon lorsqu'on en recevait : ces rats n'étaient plus porteurs de la peste, comme au Moyen-Age, juste spécialisés dans les mauvaises nouvelles. Elle l'ouvrit et ce qu'elle lut la rendit immédiatement furieuse. Une chance qu'elle puisse compter sur la loyauté des Exterminateurs pour la prévenir de ce genre de choses ! Les hommes de Bluesky étaient sur-entrainés et d'une loyauté sans faille envers leur pays, pays qu'elle, Picquery avait l'honneur de représenter, du moins, pour sa partie magique, donc loyaux à son endroit. Comme preuve, un autre MR arriva, suivit d'un autre… Au bout du cinquième, elle devait se rendre à l'évidence que tous les chefs d'équipe au sein des Exterminateurs présents au Congrès Magique, donc au courant de l'affaire, la prévenaient du même problème. Et elle était prête à parier sa maison contre une pelote de laine qu'ils avaient d'abord prévenu Bluesky. Ce qu'elle comprenait, et acceptait dans la vie, il fallait reconnaître et son importance et sa place dans la hiérarchie lui disait souvent son père, lui-même haut-gradé du MACUSA en son temps.

Maintenant, il avait condamné Goldstein. La goutte d'eau ! D'après lui, elle avait tout avoué, mais… Cela sonnait faux pour Seraphina. Se pouvait-il que la demoiselle ait été soumise à un sort de Confusion ? Sans doute. De plus que pouvait-elle commis de si grave pour nécessiter une telle peine et dans une telle urgence ? Même pendant la guerre, le Directeur de la Sécurité Magique examinait les preuves avec le Chef des Aurors et celui des Exterminateurs, avant de passer l'affaire aux Procureurs, chargés d'instruire l'affaire, qui la présenteront aux Juges, chargés de juger et enfin confier le condamné aux Exécuteurs, chargés de la bonne application de la peine. L'exécution chez les sorciers n'avait rien à voir avec ces sauvages de non-maj's. Ici, on ne brulait pas sur une chaise, on passait de l'autre côté en étant immergé dans une potion et on disparaissait… Sans cri, sans sang, sans douleur et sans odeur ! Et même à l'époque, ces mesures extrêmes menaient rarement à une condamnation à mort. Même si c'était vrai qu'aussi bien le Président du Congrès que son Directeur de la Sécurité Magique avaient le pouvoir de condamner à mort quelqu'un. Un héritage de la fondation du MACUSA, lorsque l'urgence était de mettre fin aux chasses aux sorcières et traquer les Râtisseurs, ces sorciers traîtres qui traquaient leurs semblables, les massacrant par village entier, pour les livrer aux Puritains.

Mais les temps avaient changé, ni elle, ni Graves n'étaient des juges. Ils vivaient dans une démocratie que Diable, et elle vivante, les pouvoirs législatifs, policiers et juridiques respecteraient les règles ! Il était de son devoir d'y veiller ! Même si parfois un juge avait le don de lui taper sur les nerfs pour une décision qu'elle jugeait infondée, trop clémente ou à l'inverse trop dure, elle n'y pouvait rien… La Loi était là au-dessus d'eux tous, c'était tout ! Quelle mouche l'avait donc piqué ? En tout cas, elle était furieuse contre Percival Graves, lorsqu'elle lui mettrait la main dessus, il allait vraiment passer un mauvais quart-heure. Il allait falloir qu'elle envisage sérieusement son remplacement, depuis quelques temps, il ne remplissait plus aussi bien ses fonctions qu'avant, c'était sûr, mais là c'était une boulette de taille internationale…

À cause de sa notoriété, elle ne pouvait pas le démettre de ses fonctions sans plus de formalités pour un simple abus de pouvoirs, mais la Magie lui en soit témoin, c'était plus que tentant. À la place, elle lui envoya une convocation. Pour un homme de son pouvoir, c'était bien pire que tout. Par cela, elle lui rappellerait qu'il avait des comptes à rendre.

En parlant de comptes à rendre… Il fallait qu'elle demande à Bluesky de lui faire son rapport. Elle s'attendait à ce qu'il débarque lorsqu'elle était en train de dormir ou de prendre son bain comme la dernière fois, ou quelque chose comme cela.