Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.
Titre : Noir ramage.
Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.
« Cela pèse lourd, une absence. Bien plus lourd qu'une disparition. Parce qu'avec les morts, c'est commode, on sait qu'ils ne reviendront pas. Tandis que les lointains nous narguent ou nous font espérer ».
-Philippe Besson.
Chapitre 78 : Le Cavalier sans Tête, ou la confiance est un véritable cadeau.
La fameuse prisonnière avait été délivrée. Bluesky le lui avait annoncé en lui faisant une accolade ! Du jamais vu, s'il avait eu sa tête sur les épaules, il aurait sans doute reçu deux grosses bises en plus… Bluesky riait, tout le monde riait. Il était impatient de découvrir celle qui engendrait une telle effervescence. Des bruits de cheminette et l'un après l'autre une dizaine de sorciers arrivèrent, ils sortaient de l'âtre un peu noircis et s'époussetaient d'un geste nonchalant le sourire aux lèvres. Deux sortaient du lot : une masse informe particulièrement comprimée ou plutôt compressée, couverte de suie et chiffonnée. Elle se divisa en deux parties : deux sorcières se tenaient par la main, enlacée comme deux amies intimes pourraient l'être. Elles se séparèrent. L'une était une vieille femme aux cheveux blancs bouclés toute mignonne, l'oeil encore riant d'une bonne farce, sur laquelle Bluesky se jeta.
-Sophie ! Ma Sophie ! Si tu me refais un coup pareil, je…
-Voyons Hector, il ne fait pas dramatiser, je n'ai couru aucun risque, j'étais bien encadrée tu sais.
L'autre, une femme d'une grande beauté et d'un âge indéfinissable entre trente et cinquante ans, intervint :
-Mon cher Bluesky, elle est formidable. Vous l'auriez vu organiser notre troupe, et puis le culot qu'elle a montré sur le perron en sonnant et en parlant avec celui qui a ouvert. Vraiment, elle a été fabuleuse ! Sans elle, nous n'aurions jamais réussit à délivrer ma Mercy sans perte.
-Ma chère Liberté, vous exagérez, je n'ai rien fait de bien spécial. Arrêtez, vous voyez bien que ce cher Hector va exploser.
-Sophie, je t'interdis…
-Mais bien sûr, mon cher Hector, tu sais bien que je fais toujours que ce que tu veux.
Là dessus, elle se dressa sur la pointe des pieds pour déposer un léger baiser sur la joue burinée du vieux briscard. Sur cette dernière affirmation, Bluesky resta la bouche ouverte, le souffle coupé. Manifestement pas une répartie appropriée ne lui venait à l'esprit. Reed et quelques autres éclatèrent de rire et lui même en aurait fait de même s'il l'avait pu. Tant de culot chez une petite bonne femme de soixante kilos toute mouillée et ce vieux dur à cuire maté en un tour de main. Voilà donc la fameuse Sophie, la Dulcinée de Bluesky dont tout le monde parlait… Étonnante. Y'avait pas à dire, le monde des vivants réservait de belles surprises.
Encore un coup de cheminette et apparut une jeune femme, brune, belle mais sale et négligée, soutenue ou plutôt portée à moitié par un sorcier. Elle paraissait vraiment en piteux état dans une chemise de nuit de gros coton sale et déchirée à plusieurs endroits. Même sans sa tête et malgré son manque de compassion légendaire envers tous les humains, le Cavalier Sans Tête voyait en elle une femme à bout de forces et de nerfs. Lorsqu'elle apparut en pleine lumière, son premier réflexe fut de regarder vers Sara Wood, mais la nouvelle arrivante n'était pas elle. Légèrement plus grande… Pâle et tremblante, les cheveux sales et emmêlés… Elle riait et pleurait à la fois, à la limite de l'hystérie. Sara Wood fit un pas et cette étrangère qui lui ressemblait tant se jeta dans ses bras.
L'assemblée se tourna vers elle, faisant spontanément un arc de cercle protecteur et respectueux. Son grand Gardien lui-même la regardait intensément. La fameuse prisonnière, suivie par une dernière femme à l'air imposant s'avança. Reed passa son vieux manteau de cuir sur les épaules de la nouvelle arrivante, un bras autour des épaules, comme un frère voulant réconforter sa petite sœur, doucement, il l'aida à s'assoir. Il lui murmura quelque chose à l'oreille avant de laisser place à celle qui devait être la mère de cette Mercy.
-Où est Graves ? Mercy, où est-il ?
Reed fusilla du regard Bluesky et se tourna vers cette Mercy… qu'on poussait, sans ménagement, un peu plus à bout. Maintenant que l'excitation de la fuite s'éloignait, l'épuisement reprenait ses droits. La rescapée bafouilla une réponse dans un langue étrange qui sonnait comme du français sans en être totalement.
-Ce n'est pas grave, Mercy, fit doucement Reed. Personne ne te reproche de n'avoir rien pu faire.
Sara poussa un petit cri de surprise. Elle regardait le poignet de la femme… Poignet orné d'un bracelet en cuir noir. Elle commençait à tirer nerveusement dessus sans parvenir à le dénouer. Le cavalier sans tête remarqua des griffures… Mercy devait également avoir tenté de s'en débarrasser à de nombreuses reprises jusqu'à se blesser. Il sortit le poignard que venait de lui glisser Sara Wood. Reed et Bluesky firent un même mouvement pour le bloquer, mais d'un geste de la main, Sara leur interdit de bouger. Mercy avait levé son regard vers lui. Il y lu une chose qu'il n'avait jamais vu lui être adressé : de l'espoir. Elle n'avait aucune raison de lui faire confiance, mais…
Il glissa sa lame entre le cuir et la peau de Mercy, doucement, presque tendrement. Même après toutes ces années il aimait toujours le contact de l'acier d'une lame effilée, lisse, parfaitement tranchante et mortelle. L'ivresse de l'époque… Il ressentait de nouveau ce sentiment de toute puissante absolue, de pouvoir ultime, la jouissance la plus parfaite d'être celui qui détenait le droit de vie et de mort… D'un geste… Un seul et personne ne pourrait l'en empêcher… Il pouvait lui couper la main… Il devait avouer qu'après si longtemps à rêver de pouvoir refaire du mal, c'était tentant… Non, ce temps était révolu. Et, elles lui faisaient confiance alors que toute la raison du monde leur disait de ne pas le faire, pour rien au monde, il n'aurait voulu les décevoir. Sara et cette femme étaient primordiales, il était et serait toujours leur humble serviteur, ce lien de subordination librement choisi était maintenant tout pour lui.
D'un geste souple, il coupa le cuir, libérant la jeune femme. Là où elle avait été en contact permanent avec le bracelet, sa peau était comme brulée. Il n'était donc pas surprenant qu'elle se soit griffée au sang.
-Merci, souffla-t-elle.
-Vous êtes vraiment un Gentilhomme, Monsieur, lui dit Sophie en lui souriant, le saluant d'un mouvement de tête.
Sara le regardait presque tendrement, tout le monde semblait délivré comme en témoignaient les soupirs de soulagement et les murmures. Ces mots sonnaient étrangement à ses oreilles. Pas parce qu'il ne comprenait pas tout, mais parce qu'ils lui était adressés. Peu de personnes l'avaient sincèrement remercié durant son entière vie, et même durant sa mort de servitude.
La femme de haute stature se tourna vers le Grand Gardien du Coven. D'une mouvement de main, elle repoussa une longue mèche de cheveux noirs derrière une oreille.
-Mon cher grand Maître, laissez-moi me présenter : Je me nomme Regina Nott, Chien Noir du Coven de Paris. J'ai été dépêchée à la demande du gouvernement du MACUSA des Etats-Unis sur les conseils du Coven de la Nouvelle-Orléans pour m'entretenir avec vous des difficultés inhérentes à la propagation de la peste brune de Grindelwald.
-Je suis enchanté de vous rencontrer enfin. Il va sans dire que nous sommes prêts à tout pour soutenir votre action. Venez dans mon bureau, nous allons parler de nos projets communs.
Le Grand Gardien faisait comme s'il ne savait pas qu'elle était là depuis plusieurs semaines. Diplomatie oblige. Le Chiens Noirs étaient là pour préserver les règles, ils pouvaient faire tomber les prêtres d'un Coven si besoin en était et ils n'avaient des comptes à rendre qu'à la Magie.
Mercy était assise et reprenait son souffle, Sara armée d'une éponge et d'une bassine d'eau tiède commençait à la débarbouiller avec toute la délicatesse dont elle était capable, Sophie avec une brosse démêlait ses cheveux avec tendresse. Sa mère lui tenait les mains et la dévorait des yeux. Les sorciers sortaient, retournaient à leurs affaires. Restaient autour des femmes Reed, Bluesky et lui.
-Mercy, nous devons retrouver Graves. Nous savons que vous avez été enfermés dans une boite à chaussures dans le placard des communs. Manifestement vous avez été séparés, sais-tu où il peut être ?
Elle leva les yeux vers Bluesky, des yeux remplis de larmes qui ne couleraient pas… De larmes et de désespoir. Mais une lueur d'espoir existait elle aussi...
-J'ai besoin d'une carte, de New York. Quand nous avons été séparés, j'ai entendu un des gardes qui l'emmenait parler d'un immeuble abandonné sur les docks.
Mercy se coupa légèrement le doigt et laissa une goutte tomber sur la première carte. Ensuite, elle passa sa main au dessus… et le sang traça une ligne suivant les routes dessinées.
-Je suis reliée par un lieu psychique avec Percival… Mon sang va vous indiquer le chemin jusqu'à lui.
Un sort de pistage… Et elle avait pensé à cette ruse alors qu'elle était visiblement épuisée et à bout de nerfs. Lorsqu'elle était au mieux de sa forme, cette femme devait être un chasseur redoutable.
