Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.

Titre : Noir ramage.

Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.


« La morale n'est faite que pour ceux qui n'en ont pas. »

-Madame de Girardin, Les lettres parisiennes, le 12 avril 1837.


Chapitre 79 : Gnarlak, ou le sens des affaires.

Le Gobelin était préoccupé, son cigare n'avait pas son goût habituel : les contrariétés. Mieux que personne, il avait vu et mesuré les progrès de Grindelwald. C'était son métier de tout voir et tout savoir du monde des sorciers et des non-maj's, pas par intérêt pour eux, non, grand dieu, non ! Ils détestait cette race qui maintenait son peuple en esclavage depuis des centaines d'années dans certains pays. Tout comme ils contraignaient d'autres créatures, les elfes, les trolls, les lutins, nains, gnomes... et même les animaux magiques et non-maj's à servir leurs intérêts. Le pire, c'était qu'ils faisaient de même pour leur semblables : la majorité des sorciers aux pouvoirs innés, ou ceux avec du sang de créatures dans les veines, devaient cacher ce qu'ils étaient réellement. Des gens laids, cupides, capables de tout pour un peu d'or, de pouvoir, de jouissance… la nature humaine était à vomir. Un jour les opprimés s'uniraient et ce jour là… il espérait être encore là pour voir ce qui arriverait à ces gens.

Son métier consistait à profiter. Profiter de tout pour aider ses frères, et lui-même bien sûr, à faire des affaires. Les gobelins aimaient l'or, les transactions, les comptes, les flux et reflux des monnaies. La richesse était leur vie, pas par pur esprit mercantile comme les humains, mais par connaissance du véritable pouvoir. Au douzième siècle, en France un paysan normand avait pour la première fois aperçu l'un des leurs : Vrorsquak l'Idiot, l'Incapable. D'ailleurs depuis ce temps son nom était devenu la pire insulte de leur langue… Cet évènement avait mis la puce à l'oreille des sorciers qui dès lors avait toujours cherché à les coloniser et les exploiter. Forcément découvrir que des êtres supérieurs à eux vivaient dans des mines dont ils exploitaient les richesses… ça avait fait naître des envies de domination. Tout comme ils dominaient les elfes. Toutefois, contrairement aux elfes, les gobelins s'étaient rebellés à plusieurs reprises au fil des siècles pour revendiquer leurs droits. Et ils s'étaient fait respecter, eux ! Au fil des temps, c'est maintenant eux qui tenaient les rênes du monde magique, et, sans que les sorciers ne le soupçonnent… Vraiment des idiots sous leurs allures de grands seigneurs ! Comment ? Par la finance, tout simplement ! l'Argent. Ils dirigeaient notamment Gringotts, la banque attitrée des sorciers en Angleterre.

Bref, depuis toujours, ils regardaient les sorciers et non-maj's se battre, se débattre, s'exterminer entre eux. Il y avait maintenant quelques années, ils avaient bien cru que c'était la bonne. Près de vingt millions de morts en quatre ans et personne ne savait vraiment pourquoi… Malheureusement, ils s'étaient rabibochés avant de finir le travail… Depuis, ils étaient en paix paraît-il. Mais les Gobelins avaient bon espoir, un jour, sans doute bientôt les hommes remettraient ça et ce coup là leurs experts tablaient sur au moins trois ou quatre fois plus… A ce train là, ils seraient bientôt tranquilles, débarrassés des humains. Quoique il y a fort, fort longtemps, dans un temps bien meilleur, entre les années bénies 1347 et 1352, il y avait eu la fameuse peste noire qui a tué entre 30 et 50 % de la population européenne en cinq ans, faisant environ vingt-cinq millions de victimes. Les gobelins n'y étaient pour rien, tout le monde le sait... on ne peut quand même pas les en tenir pour responsables, au prétexte de quelques rats échappés d'un de leurs élevages au fin fond de la Chine, dans la province du Hubei, quand les gardiens s'amusèrent un soir de beuverie à ouvrir les cages car ils avaient parié sur leur capacité à en rattraper le plus grand nombre ! Leur grand Kromgold était passionné de fourrure et voulait devenir le plus grand fournisseur de vestes en peau de rat du monde et de ce fait son commerce était florissant : quoi de plus chaud, confortable et robuste qu'une veste de Porcivak pour travailler dans les mines ? Tout le monde sait cela ! Sa colère en découvrant que ses « bébés » s'étaient enfuis était devenue légendaire. De nos jours, les mères Gobelins menaçaient toujours leurs enfants turbulents de l'appeler pour les punir s'ils ne se calmaient pas... Du moins ces idiots de sorciers n'avaient même pas songé à enquêter dans cette direction, trop occupés à enterrer leurs morts et à échapper aux feux de joie des non-maj's... Son arrière grand-aïeul lui en parlait encore avec beaucoup d'émotion quand il était tout petiot. Bel essai, mais cette race maudite avait réussi à survivre, à prospérer et même à s'étendre sur les terres américaines… Increvables ! Comme des cafards…

Mais revenons à nos affaires. Depuis un temps Grindelwald avait installé son organisation ici, à New York. Le Grand Kromgold, leur Chef aux États-Unis, croyait beaucoup en cette nouvelle tentative de prise de pouvoir pour déclencher un nouveau conflit et libérer ainsi la Terre de cette race maudite. Lui, Gnarlak était plus dubitatif. Il vivait au contact des sorciers qu'il avait appris à les connaître, pas à les aimer, non, grand dieu, non ! Fallait pas exagérer ! Mais certains… l'amusaient, l'intéressaient. Même à cette épouvantable Mercy Lecay, il trouvait du charme, il devait bien se l'avouer… Bon, les soirs où il avait abusé un peu trop d'El Grifo, un petit rosé qu'il faisait venir de Lanzarote, une petite île des Canaries où un de ses cousins possédait des mines dans le volcan principal, le Timanfaya. Planque idéale, pas un de ces humains pour s'approcher de la maison du diable… Il exploitait tranquillement ses mines d'olivine dont les pierres taillées et serties dans un anneau inspiraient courage et étaient porteuses de richesse. Un type sage, Garlvork, lui au moins vivait une vie de tout repos. C'était pas comme lui, toujours sur la brèche, toujours à courir à droite, à gauche et pourquoi ? Je vous le demande ? Des clopinettes ! Bon, bien sûr, il avait une vingtaine, vingt-trois pour être précis, de caisses remplies d'or, d'argent et de pierres précieuses dans son coffre à la banque et deux autres dans les caves de son établissement… Mais pas de quoi pavoiser ! Peu de choses en comparaison avec sa vie de labeur. Sans compter le danger, et ses vieux jours, hein ? Qui assurerait ses vieux jours ? Personne ! Il fallait bien qu'il soit prévoyant… Il s'était acheté pour sa retraite, il y avait quelques années une petite maison dans les marais de Carentan, sur les terres de ses ancêtres en Normandie, en France. En vérité, Vrorsquak l'Idiot, l'Incapable, était un de ses aïeux, mais ça c'était un grand secret de famille et il tuerait le premier qui en parlerait. Et il avait bien l'intention de profiter de sa masure. La seule chose qui le retenait ici c'était qu'il n'aimait pas le cidre...

Mais revenons à nos affaires. A tout prendre, il n'aimait pas le mage noir. Pas seulement parce qu'il se prenait pour un super sorcier, et tout, et tout. Pas seulement parce qu'il voulait réduire en esclavage toutes les autres créatures vivantes, dont eux les Gobelins, c'était pas la première fois qu'on leur faisait ce coup-là… Non, il ne pouvait tout simplement pas le sentir, c'était physique ! C'était tout ! Et pour le savoir, il n'avait pas besoin de boire un peu trop de Lacryma Christi, un autre petit rosé, produit sur les flancs du Vésuve que lui envoyait un autre de ses cousins, Greukork qui exploitait une mine recherchant les vestiges romains enfouis le 24 août 79 de l'ère des hommes. Qui a dit que les Gobelins étaient des incultes ?

Mais revenons à nos affaires. Non, en plus des sympathies qu'il ressentait pour certains sorciers, il avait une raison indiscutable. Grindelwald avait décidé de s'appuyer sur les pègres organisées de New-York et de tous les Etats-Unis : Italiens, Polonais, Juifs, Irlandais… Or lui était un indépendant ! Et quoi de pitre pour un indépendant, qu'une mafia qui voudrait se faire du fric sur son dos ? C'était inacceptable ! Et d'ailleurs, Le Grand Kromgold, leur Chef, le pensait lui-aussi. Il était donc or de question qu'il ne donne pas un petit coup de pouce, pour empêcher Grindelwald de réussir son Grand Projet, ou Grand Chambardement Idiot comme lui l'appelait. Si en plus on le rétribuait d'une façon ou une autre… C'est pour cela qu'il avait averti Mercy Lecay et d'autres. Bon, pas ouvertement, il est vrai… Fallait pas exagérer, non plus… Et c'est pour cela qu'il allait prévenir du danger et orienter le petit jeune, l'air un peu rêveur qu'il avait devant lui et lui posait des questions. Ça et le botruc qu'il venait de lui céder… Il allait avoir fort à faire, retrouver son animal invisible qui sévissait sur la cinquième avenue en évitant le MACUSA à ses trousses d'une part et les sbires de Grindelwald de l'autre.

-Une dernière chose. Un certain monsieur Graves travaille au MACUSA. Je me demandais ce que vous saviez sur lui.

Il regarda son verre de scotch, faisant tourner le liquide ambré doucement dans son verre. Oui, devant la clientèle, il marchait au scotch, il défendait ainsi une image de gobelin d'affaires mâle et puissant, mais son vrai plaisir, c'était un petit verre de rosé au calme de son bureau… Décidément, il devenait très gourmand, en plus... Il valait mieux pour l'anglais de se tenir très loin de toute cette affaire. Il n'avait pas une tête à faire le poids malgré toute sa bonne volonté. Ou peut-être à cause de sa bonne volonté ? Il ne semblait pas capable de comprendre la laideur et la méchanceté du monde. Un idéaliste plus préoccupé de ses bestioles que d'autres choses. Quand à la gamine qui l'accompagnait, c'était un auror, d'accord, mais si on lui pressait le nez, il en sortirait encore du lait… Et lui préférait le rosé ! Peut-être l'avait-il déjà dit ? Même si aimer le rosé, était une faute de goût, il était au courant… et on la lui avait déjà faite celle-là ! L'autre couple : un non-maj' et une dactylo. À eux quatre, renverser Grindelwald… y'en avait qui aiment rêver. À moins qu'ils n'aient réellement aucune idée de la profondeur de la merde dans laquelle ils avaient mis les pieds. Une bouffée de son cigare, un rond de fumée, une façon comme une autre de se donner l'air réfléchi...

-Vous posez beaucoup de questions, monsieur Dragonneau. Vous risquez de vous faire tuer.

Il avait donné ce conseil à une auror beaucoup plus expérimentée que Goldstein, et lorsque Mercy Lecay ne l'avait pas pris en compte, elle avait fini par disparaître.

Cette fois-ci, ça valait la peine : un Botruc, avec ça dans sa poche, les serrures les plus retorses n'auraient plus rien à lui refuser. Il enverrait un de ses elfes de maison à la chasse aux insectes pour le nourrir et lui ferait un petit nid douillet dans le second tiroir de son bureau. Il savait que c'était un animal timide et il tenait beaucoup à son bien-être. Il allait arrondir son magot… plein de projets se bousculaient dans sa tête… Mais revenons à nos affaires. Avant de rentrer dans la salle, il avait envoyé un message à un auror de sa connaissance pour lui signaler que leurs fugitifs faisaient leur entrée dans son établissement. Ce n'était pas une bien grande prime, mais c'était toujours mieux que rien. Y'a pas de petits profits lui disait toujours son père, tout est bon tant que ça rentre dans ta poche et n'en sort plus.

C'est à ce moment-là que son elfe de maison, portier de son emploi, transplana en hurlant : « V'la le MACUSA ! ». Affolement. Toujours, quand ces types font une descente, pas de quoi…

Puis plus rien ! Il se réveillait maintenant avec une migraine… dans son bar dévasté, sa clientèle en taule ou en fuite, partie sans payer, bien sûr et ses elfes en train de boire son fond de commerce ! Et son Botruc envolé ! Il allait tuer quelqu'un, mais d'abord un petit verre de rosé histoire de récupérer. Justement, Branksoik, une de ses cousines qui exploitait la mine de Fontsante dans le Gard, dans le sud de la France, pour en extraire de la fluorine mauve et bleue, lui avait envoyé une caisse de bouteilles de Côtes de Provence prometteuses… Après avoir remis de l'ordre dans le service, réfugié dans son bureau un verre à la main, il soignerait son mal de tête et d'égo en envisageant une façon de se venger de ces sales humains qui, une fois encore, l'avaient roulé dans la farine...