Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.
Titre : Noir ramage.
Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.
« Je sais que ni l'argent, ni la bonne éducation ne sont des barrières efficaces contre la violence. »
-Liberté Lecay.
Chapitre 80 : Mercy Lecay, ou fin du premier acte.
Mercy était réveillée. Une autre personne serait en train de dormir, de se remettre de ses émotions, mais pas elle. Elle, elle continuerait à rester prête au combat, même avec deux jambes brisées, tant qu'il y aurait un affreux dans la nature. C'était cela que Bluesky avait vu chez cette gamine de dix-sept ans lorsqu'il était allé la recruter en personne dans un collège de magie perdu au fin fond du Bayou. Une survivante.
Pour l'instant pas de combats en perspective, elle veillait la personne allongée dans le lit à côté d'elle. Le retrouver avait été facile grâce à son sort, le libérer avait demandé un peu plus de finesse, le transporter une simple logistique…Ce qui avait présenté un vraie difficulté avait été d'ouvrir les cages des prisonniers… Maintenant, ils étaient tous pris en charge par les services de soins magiques dirigés par Sara. Percival dormait, assommé par les remèdes mais aussi par les mauvais traitements reçus pendant sa détention. Manifestement, depuis leur séparation, Grindelwald s'était vengé de tous ses ennuis sur lui.
Aussi bien les veines de la main de Mercy que celles de son poignet brillaient d'une légère aura bleutée. C'était dû au Remède des Neufs Herbes. Sous sa forme pure, cette potion faisait luire le sang des zones blessées sur lesquelles elle agissait. Un de ses effets secondaires qui augmentait avec la dose prise était le sommeil. Comme le disait si bien Liberté, la magie avait toujours un coût. Et il y avait très peu de zones du corps du Directeur qui ne brillaient pas et inutile de préciser qu'on aurait pu faire un feu d'artifice tout juste à côté de lui, il était trop shooté pour s'en rendre compte.
De son lit d'hôpital, elle avait suivi les évènements grâce à un Sort de Surveillance. L'histoire de Blanche-Neige comptait des parts de vérité : on pouvait facilement utiliser un miroir pour espionner. Il fallait juste l'imbiber d'une potion à base du sang d'un Clairvoyant. Et comme le pouvoir inné de Mercy était un pouvoir de Clairvoyance… Un chaudron rempli de cinquante centilitres d'eau, trois poils de Rougarou et six gouttes de son propre sang. Une fois que la potion fume, on y plonge un miroir et hop, on possède un moyen d'espionnage fort utile en moins d'une demi-heure. Pourquoi seulement six gouttes ? Simple, le sang donné volontairement était plus puissant que le sang arraché par la contrainte. La chose la plus compliquée avait été de convaincre Bluesky de lui donner de quoi exécuter son sort. L'argument « je reste à l'écart seulement si je peux voir ce qui se passe, j'ai besoin des ingrédients et objets ci-dessous, sinon je viens et tant pis pour vous, vous vous débrouillerez avec Sophie et ma mère » avait été redoutable. Armée de son miroir, elle suivait la progression de l'équipe d'Aurors.
L'expédition de secours était arrivée à bon port en suivant la Piste de Sang tracée sur la carte. Un vieil entrepôt délabré abandonné au sud de Manhattan, à South Street Seaport. Porte condamnée par des planches clouées, un écriteau annonçant sa prochaine démolition pour construire le futur marché aux poissons de la ville, ils auraient pu passer devant un certain nombre de fois sans remarquer la nouvelle prison de Grindelwald. Cela ennuyait Mercy. Tout simplement parce que Grindelwald montrait de nouveau son intelligence, et un criminel intelligent est toujours plus difficile à piéger. Elle ne savait pas comment elle allait le fourrer au fond d'une cellule avant d'en jeter la clef. Mais, elle commençait à avoir une petite idée de comment l'obliger à prendre la fuite. Le seul problème, était que cela tournerait au carnage. Il lui fallait un plan M. Oui, elle avait déjà usé douze plans avant celui-là. Ils ne pouvaient pas se permettre d'attendre. Pas maintenant que Mercy avait pris la fuite. Grindelwald allait se demander pourquoi elle ne s'était pas précipitée au Congrès Magique pour tout déballer à qui de droit… Et elle ne pouvait se permettre de le laisser réfléchir à ses motivations.
Pour en revenir à l'intervention, arrivés là, Bluesky et ses hommes. avaient dû user de diplomatie, toujours la peur qu'un irréductible idiot se venge sur ses prisonniers. Ils avaient alors appliqué ce qui maintenant serait inscrit comme « La Méthode Sophie » dans les manuels d'instruction des Aurors : habillé de vêtements ayant connu des jours meilleurs, transformé en vieux poivrot par une bouteille presque vide de gros rouge, armé d'une canne à pêche et d'un filet contenant un poisson pas bien gros, Hector Bluesky pêchait assis sur le bord du quai en compagnie de son chien depuis le matin : un ridicule non-maj se gelait dans une activité idiote et sans intérêt. Quand la porte, s'était enfin ouverte, Achille avait bondit, joueur, accueillant le nouveau venu avec toute la joie dont était capable ce petit chiot si mignon… Lequel empêtré dans ses vêtements et gêné par les bonds du chien ne pouvait rien faire de plus que maugréer Sales non-maj's avec leurs cabots plein de puces ! Et supplier Hector de le délivrer. Achille, ici ! Achille veux-tu obéir ! Excusez-le, Monsieur, laissez-moi vous aider… Et voilà, en fait de délivrance un coup de poing américain dans les gencives et la porte de la prison était grande ouverte et son gardien neutralisé…
Achille avait déjà filé vers l'intérieur et ses aboiements de joie montraient qu'il s'était dégoté une nouvelle victime… Mercy ne savait pas où Bluesky l'avait trouvé, mais ce chiot était aussi adorable que génial.
-Dépêchez-vous Chef, on a du pain sur la planche, lui dit Reed en courant, baguette en avant.
-J'arrive, le temps de reprendre ma baguette dans ma poche, je le ficelle et je te suis.
Cette réplique avait surpris Mercy. Bluesky lui avait rabâché pendant toute sa formation qu'elle devait toujours pouvoir atteindre sa baguette d'un seul mouvement de poignet. Il lui avait même fait faire un étui à baguette spécial. Le vieux vieillit ou se ramollit avec l'amour...se dit-elle attendrie.
Le hangar était vaste, dans un coin des caisses de bois, empilées les unes sur les autres. Derrière l'une d'elle, un sorcier d'une quarantaine d'années, essayait par des mouvements vigoureux de se débarrasser d'Achille accroché à son poignet ce qui l'empêchait ainsi d'utiliser sa baguette.
-Impédimenta !
Au sort lancé par Reed, l'homme s'écroula, Achille s'en désintéressa pour courir en aboyant vers le coin le plus noir. Là accroupi derrière un tas de vieux détritus, un troisième sorcier attendait que quelqu'un passe à sa portée… ce qui n'allait plus tarder, deux aurors approchaient ayant relâché leur vigilance : l'endroit était calme et sécurisé.
-Attention les gars ! Lança Bluesky
À l'avertissement, ils se jetèrent de côté juste au moment où jaillissait : Avada Kedavra ! Et qu'une trace verte frappait l'endroit où ils se tenaient quelques secondes plus tôt.
-Expelliarmus ! Imobilis !
Maintenant, Achille revenait tranquillement, lécher la main de Bluesky, quêter une caresse. Le danger était passé.
-Super, mon chien, bravo, bon chien….
-Bluesky, de retour j'offre une tournée de scotch et un gros os à moelle !
Reed arrivait en souriant, la main tendue prêt à la caresse qu'Achille attendait en remuant le queue.
-Les gars, on embarque tout le monde et toutes les caisses, en vitesse, on les ouvrira tranquillement à la base Q, ordonna Bluesky. Il peut y avoir des Sorts de Défense ou d'Avertissement attachés qui vont rameuter d'autres gardiens. On s'arrache !
Transplaner une telle quantité d'objets avait nécessité un peu de temps. Mais maintenant, c'était devenu un routine et l'équipe se retrouva à la base Q devant des caisses hermétiquement closes qui refusaient obstinément de s'ouvrir. Manifestement Grindelwald avait introduit une sécurité. Si elle était personnelle, il fallait trouver quelle était la personne autorisée à agir. Sans doute le mage noir lui-même où l'un de ses très proches et plus dévoués serviteurs. Si elle était simplement liée à un rite, ce serait plus simple, la vieille magie ancestrale pouvait donner des indications sur la marche à suivre… Si c'était un rite de sang… Bref, les interrogations étaient multiples et il ne fallait pas d'erreur, une mauvaise manoeuvre pouvait automatiquement augmenter le degré de fermeture, ou détruire l'objet contenu, en l'occurrence le prisonnier, ou avertir le gardien… Là aussi, les possibilités étaient infinies…
-Bon, les gars, faut pas se louper. On va commencer par réfléchir avant de faire n'importe quoi. Quelqu'un a une suggestion ?
Silence gêné. Ils étaient des hommes d'action, intelligents bien sûr, mais ils préfèreraient toujours un sort ou un coup de poing… une de leur force était de connaître leurs limites. Mercy avait envie de se lever, de les rejoindre, de leur conseiller d'aller voir sa mère. Liberté Lecay était une maîtresse guérisseuse spécialisée en magie traditionnelle. Mais, elle ne pouvait pas. Elle avait reçu l'ordre de se reposer et de rester dans son lit… Et même si Mercy n'était pas la fille la plus obéissante du monde, après ce qu'elle avait fait à sa mère, elle n'allait pas lui désobéir. Surtout quand elle avait raison. Après avoir été prisonnière pendant plusieurs semaines, sa magie était devenue quelque peu… sauvage. D'après Sara, cela finirait par s'arranger dans quelques temps, mais en attendant, il valait mieux qu'elle évite de participer à des missions où la discrétion était de mise. Une explosion de magie était possible et ne collait pas vraiment avec la nécessité du secret.
-À mon avis, faudrait demander à Sophie… hasarda Nicholas. À tout prendre, elle est drôlement maligne votre femme, Chef !
Et c'est comme ça, que Swifft était allé la chercher.
-D'après moi, Higgins doit pouvoir nous renseigner. Il va bien sûr essayer de tricher, c'est un roublard convaincu de la justesse de sa cause. Aussi un jusqu'au boutiste. On a deux solutions, lui prouver qu'il y va de son intérêt propre, mais avec ce type… Ou qu'il y va de l'intérêt de son maître. Ça, ça a peut-être plus de chances de réussir…
Mercy adorait cette femme. Elle voyait où Sophie voulait en venir et elle aimait beaucoup l'idée.
-Voyons Sophie, comment veux-tu obliger Grindelwald à lui demander d'ouvrir ces caisses ?
-Grindelwald lui-même, non bien sûr, il faudrait déjà mettre la main sur lui… Mais qui a dit que nous avions besoin de Grindelwald lui-même ? Nous avons juste besoin qu'Higgings croit que c'est Grindelwald, Hector…
-Tu penses…
-Bien sûr, mon chéri, vous ne faîtes pas de théâtre, chez les sorciers ?
Et c'est comme ça que dans la salle d'interrogatoires du Coven, en clair-obscur, Reed, leur spécialiste en infiltration, s'était retrouvé dans la peau de Grindelwald-qui-prend-la-place-de-Graves-mais-maintenant-on-le-sait, en très mauvaise posture, prostré, salement interrogé par le Cavalier Sans Tête, vraiment très menaçant, à deux doigts de perdre tout contrôle de ses nerfs, mais-c'est-un-psychopathe-vous-savez-et-on-a-du-mal-à-le-maîtriser… Pour enfoncer le clou, Helmut avait sa vieille épée aux côtés et un cadavre de sorcier noir, Smith, décapité aux pieds. Un mannequin convenablement maquillé peut-être très convainquant, vous savez ! Tout est toujours affaire de mise en scène… Dans la pièce à côté, Higgins, Palmer et trois autres attendaient. Ils avaient pris soin de choisir Demetrios, maillon faible, peu enclin à combattre, un peu et même totalement trouillard… capable de faire monter la pression rien que par sa présence. La porte légèrement entre-ouverte, quand-on-est-débordé-on-peut-commettre-quelques-erreurs-non?, les prisonniers ne perdaient rien de la scène… Au bout du second cadavre décapité, ce coup-ci, Palmer nous avait quitté à son tour après un interrogatoire musclé. Bluesky avait encore trois mannequins en réserve… Le Cavalier Sans Tête s'était alors ressaisi de Grindelwald-qui-prend-la-place-de-Graves-mais-maintenant-on-le-sait qui semblait avoir recouvré quelques forces et le secouait sans ménagement, visiblement hors de lui. Les quatre sorciers restant s'étaient immédiatement mis à table pour sauver leur Maître, le si terrible Higgins le premier, et, leur avaient indiqué les pièges disposés à l'ouverture des cellules !
Ceci fait, ils avaient libéré vingt de leurs compagnons à bout de forces après, pour certains, plusieurs mois de rétention et des interrogatoires répétés… Percival Graves faisait partie d'eux.
Un des grands moments de sa vie resterait quand Reed était apparu à l'infirmerie, un pansement sur la tête, le bras en écharpe et boitant bas.
-Sophie est géniale, mais ses plans sont aussi pourris que les tiens ! Je te jure que c'est la dernière fois que je te sers de punching-ball à toi ou à Helmut pour vos expériences extrêmes !
-Voyons Max, c'était une toute petite potion et si le Cavalier avait vraiment voulu tenter l'extrême, t'aurais plus de tête… Demande aux mannequins ! Rajouta-t-elle dans un grand éclat de rire. Là, Sara va te faire quelques Sorts D'Arnica, et un peu de Poussos… Et tu seras comme neuf !
-N'empêche, vous n'êtes pas prêtes de m'y reprendre…
C'était bon d'être aux côtés de Perce, de rire avec ses amis, d'être de retour aux affaires… Il faudrait quand même qu'elle les ait à l'oeil, il lui semblait que les soins de Reed étaient bien longs, et Sara bien près de lui...
