Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.

Titre : Noir ramage.

Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.


« Celui qui cherche la vengeance creuse deux tombes ».

-Mama Marie.


Chapitre 81 : Hector Bluesky, ou une femme amoureuse est dangereuse.

Grindelwald avait voulu maintenir Mercy en vie et dans une bonne santé relative jusqu'au bout, ce n'était pas le cas de son prisonnier clef, et cela se voyait. L'identité du Directeur de la Sécurité Magique était ce qui permettait au mage noir de se fondre dans la masse. Si Graves mourait… Cela voulait dire que le Bulgare pensait ne plus avoir besoin de lui. Hector frappa à sa porte et Mercy lui ouvrit presque immédiatement.

Ses yeux étaient redevenus de leur couleur brun-vert, ou bayou comme disait Graves, normaux. C'était bon signe, cela voulait dire qu'elle se sentait suffisamment en sécurité pour ne plus laisser sa part corbeau regagner sa cage. Le vieil auror n'était pas certain de vouloir savoir ce que Grindelwald lui avait fait pour qu'elle ressente le besoin d'enfouir son humanité tout au fond de son être.

Elle avait troqué ses vêtements de « malade » pour une robe qu'elle avait dû emprunter à sa cousine. De par son métier, Bluesky était habitué à voir les petits détails, et c'était ces petits détails qui lui prouvaient que Mercy était un peu plus grande que Sara et plus musclée aussi. Deux mois d'enferment n'avait pas réussi à ruiner totalement des années d'entrainement physique. Et Hector était certain que lorsque le personnel soignant avait le dos tourné, elle s'était pas remise à faire des pompes. Garde-malade ou pas, Mercy était Mercy. Elle n'attendait pas que le Prince Charmant vienne à son secours : dès que le dragon la lâchait des yeux, elle s'échappait. Et le rapport que lui avait fait Regina prouvait ce point. Lorsque le Chien Noir de Paris avait trouvé Mercy, cette dernière était sur le point de filer à l'anglaise. À cinq minutes prêt, Sophie et compagnie auraient trouvé la maison de Graves vide.

Cela lui aurait donné raison sur le fait qu'il ne fallait pas qu'elle y aille… Et bien entendu, le destin avait voulu qu'Hector ait tort et Sophie raison. Qu'est-ce qu'il était fier d'elle ! Même si les autres devaient en avoir assez de l'entendre dire sur tous les toits. Elle était unique, quand il prenait le temps de réfléchir il envisageait de prendre sa retraite et avec elle retourner sur les terres de son enfance, y profiter des jours qui lui restaient à vivre. Jusqu'à maintenant, et ses précédents mariages en avaient souffert, il avait toujours privilégié son devoir, son job et sa carrière. Ce temps là était terminé, vivre avec Sophie était son nouvel horizon, et cette affaire finie, il ferait tout pour la rendre heureuse et ne pas la perdre. À son âge, il avait enfin compris ce qui était important dans sa vie, certains diraient mieux vaut tard que jamais...

D'un geste de la main, son ancienne protégée l'invita à entrer dans la pièce. L'autre occupant, Graves semblait dormir à poings fermés sur l'un des lits.

-Il ne s'est toujours pas réveillé ?

Ou bien Mercy l'avait assommé pour l'empêcher de se lever dans son état...

-Quelques instants… Son noyau magique a été mis à dure épreuve. Après quelques jours de repos complet, cela ira mieux.

Graves s'en remettrait. Du moins physiquement, psychologiquement, ce serait un autre combat. Mercy saurait être là, pour l'aimer, le soutenir… Décidément, il devenait romantique ces derniers temps… Ça resterait tout de même un combat que Graves devrait gagner seul tout simplement parce que ce serait un combat contre lui-même. Et Mercy le savait. S'il avait eu une fille, elle ressemblerait sans doute à Mercy. Par chance, il n'avait eu que des garçons quoique, ses deux fils ayant embrassé la même carrière que leur père, il devait avouer qu'il n'était pas toujours serein. Parfois il se disait que ça aurait été fabuleux d'être à l'origine d'une telle merveille de la nature, même si être père de Mercy pouvait être une épreuve, il suffisait de voir l'état de stress de Liberté…

-Pourquoi êtes-vous là ?

Parce qu'il s'inquiétait pour elle. Parce qu'il refusait de la laisser dans l'ombre. Pas après ce qu'elle avait sacrifié pour leur faire gagner du temps.

-Il y a du nouveau, nous devons agir vite si nous voulons avoir une chance pour enfin mettre un terme à cette histoire.

-Et ?

À ce moment, Mercy lui faisait penser au Directeur d'Ilvermorny lorsqu'il était convoqué dans son bureau pour… La liste des choses qui lui avait valu une convocation durant sa scolarité était assez longue. Trop pour être détaillée ici. Bref, elle agissait comme cet homme pour lui tirer les vers du nez.

-Le moment est venu de lancer un dernier coup de filet.

-Mais ?

Mercy était calme, mais, Hector avait senti une légère montée de… danger ? Son instinct lui soufflait de se mettre à l'abri, côtoyer Mercy était encourir les conséquences du port prolongé d'un artefact empêchant l'utilisation de la magie par un sorcier : plus il était puissant, plus cet effet négatif était rapide à apparaître et important. La Magie n'aimait pas être emprisonnée et elle trouvait toujours le moyen de s'exprimer, quitte à faire exploser un quartier ou deux. Pour l'instant, celle de Mercy était légèrement instable, comme un enfant ayant ses premières manifestations magiques. Sara et Liberté étaient tombées d'accord sur le fait qu'un sorcier moins maître de son pouvoir que Mercy pourrait avoir des accidents de magie à la moindre contrariété. En cas de poussée d'adrénaline trop forte, sa main droite, celle qui tenait sa baguette, tremblerait le temps que cela se règle. Ce qui voulait dire qu'Hector avait enfin une occasion en or de la battre au poker !

-Nous avons pensé que Grayson revenait à l'un d'entre vous deux. Mais étant donné l'état de santé du Directeur Graves…

Il comprendrait qu'elle ne veuille pas partir se battre. Comme si elle avait lu ses pensées, Mercy le regardait sans bouger. Un instant, il crut voir le reflet de sa propre pensée. Grayson était celui qui avait livré Graves à Grindelwald. Elle pouvait peut-être « oublier » les actions du mage noir, mais jamais celle de ce sale traître. Elle concevait ce que l'on pouvait faire par idéalisme, mais pas ce que l'on pouvait faire pas égoïsme. Si Grindelwald lui proposait de lui livrer Grayson contre le fait qu'elle détourne les yeux pendant qu'il prenait la fuite… Mercy aurait dû mal à refuser cette proposition. Elle le ferait parce qu'elle ne voulait pas d'une nouvelle guerre, mais, elle serait tentée de dire « oui ». Certains aurors finissaient par se concentrer sur les points communs entre eux et un criminel qu'ils traquaient depuis des années, mais, ce qui comptait vraiment était leurs différences. Oui, Mercy était intelligente et manipulatrice, mais, même si elle s'en défendait, elle avait de l'empathie pour les autres.

-Laissez-moi le temps de mettre des vêtements plus adaptés. Je dois quelques petites choses à Grayson…

La jeune femme avait parlé d'une voix douce, le genre qui donnait froid dans le dos. Le genre qui aurait dû décider Hector à la confiner dans sa chambre jusqu'à ce qu'un psychomage la déclare apte à reprendre du service. Mercy était une femme amoureuse, donc dangereuse. Il fallait mieux tomber nez-à-nez avec un Dissimuleur (1) qu'avec ce genre de femme en colère. Il n'aimerait pas être à la place de Grayson quand elle lui mettrait la main dessus.

Quand on joue avec des allumettes, le feu s'allume toujours à un moment ou un autre.


(1) Le Dissimuleur est une créature hybride, résultat de l'accouplement d'une Demiguise et d'une goule. Il s'agit d'une créature maigre, à l'apparence mi-paresseux, mi-homme, douté de yeux verts et d'une fourrure argentée, originaire des forêts du Massachusetts. Il vit aujourd'hui dans toute l'Amérique du Nord, bien que le Massachusetts reste sa région de prédilection. Il s'agit d'une créature nocturne dotée du pouvoir de se rendre invisible en se dissimulant derrière n'importe quel objet. Les humains sont sa proie favorite.