Chapitre sept :

Bonjor, bonjoooour ! J'espère que vous allez bien ! Je reviens aujourd'hui avec un chapitre (beaucoup) plus court que les précédents … j'en suis d'ailleurs quelque peu déçue mais il s'agit là d'un chapitre « charnière », qui permettra de relancer la fiction par la suite (qui vaudra le coup d'oeil, je vous l'assure :)) et il était donc quelque peu difficile de le faire durer plus longtemps ^^. J'ai eu quelques petites difficultés à l'écrire mais j'espère que cela ne se ressentira pas lors de la lecture ^^

J'espère de tout coeur qu'il vous plaira. N'hésitez pas à donner votre avis ainsi qu'à proposer vos différentes hypothèses concernant les événements à suivre … ;)

Je voulais également vous signaler – au cas où vous ne seriez pas passé par mon profil – que je risque de mettre un peu plus de temps que ce que je souhaiterais pour poster la suite à cause de quelques soucis de santé. Mais ne vous en faites pas, celle-ci devrait tout de même arriver ce mois-ci.

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture et je vous remercie de tout coeur d'être présents.

Bonne journée/soirée/nuit à vous,

SP17.

NotTheRealAthna : Merci du fond du coeur pour le soutien ! :) J'espère que je n'ai pas été trop longue à poster et que ce chapitre te plaira ! Bonne lecture à toi ! :)

Dimanche 25 Juin,

Colonie des Sang-Mêlés,

Long Island,

6h00.

« Maman ! Maman ! Maman, réveille-toi ! », s'écria Noëlie Jones d'un ton excité où l'on pouvait tout de même déceler une pointe de surprise.

Avec un léger grognement, Ambre Jones ouvrit les yeux avant de s'étirer et d'étouffer un bâillement. Un rapide coup d'oeil au réveil posé sur la table de nuit lui apprit qu'il était six heures du matin. Noëlie n'avait jamais été une grosse dormeuse, mais jamais elle n'avait encore fait preuve d'une pareille excitation à une heure si matinale. Même pas les matins de Noël.

« Que se passe-t-il, ma puce ? », demanda Ambre, d'une voix encore ensommeillée.

La mère de famille s'était redressée et avait maintenant le dos appuyé contre la tête de lit. À quelques centimètres d'elle, Noëlie était agenouillée sur le lit et la regardait avec un mélange d'impatience et d'appréhension, ce qui ne fit que l'intriguer d'avantage.

« On a reçu quelque chose., répondit quelque peu précipitamment la fille d'Hermès. C'est sur la table basse. Et ça t'est adressé. »

Il y eut un mouvement de flottement durant lequel Ambre parut plus que surprise : un sourcil levé en signe d'interrogation, la bouche légèrement entrouverte, la fille d'Iris observa sa fille durant quelques secondes, se demandant qui pouvait bien lui envoyer quelque chose. Personne dans son entourage n'était au courant que Matthew et elle étaient partis aider les jeunes de la colonie. Pas même Lisa Archer et Jade Brunley, ses meilleures amies. Les seules, par ailleurs, qui connaissaient l'adresse du camp. Et puis, Ambre ne se souvenait pas d'un quelconque service de courrier à la colonie. Seuls les Messages-Iris étaient autorisés …

Des dizaines de questions lui traversant l'esprit, Ambre cligna des paupières et tourna la tête vers la table basse. À peine son regard s'était-il attardé sur le meuble en bois blanc que les battements de son coeur s'accélérèrent : cinq paquets, de tailles différentes, y étaient posés. Des paquets soigneusement emballés dans du papier blanc et entourés dans du ruban bleu clair. Des paquets identiques à ceux qu'Hermès lui envoyait chaque année pour son anniversaire et ceux des enfants.

Le coeur battant désormais la chamade, la mère de famille se leva et se dirigea lentement vers la table, sous le regard interrogateur et impatient de sa fille. En temps ordinaire, recevoir ces paquets lui aurait fait chaud au coeur : bien qu'ils aient dû mettre fin à leur relation après que Zeus ait fait passer la fameuse loi interdisant aux Dieux d'avoir un quelconque contact avec leurs enfants, Hermès et elle étaient tout de même restés très proches. Le Dieu des Messagers lui rendait parfois visite et était souvent présent dans ses pensées. Il prenait souvent des nouvelles et se souvenait de chaque anniversaire, n'oubliait jamais Noël. Ambre se sentait privilégiée mais ne mettrait fin à cela pour rien au monde : Hermès était son premier et seul amour et le serait certainement éternellement.

Recevoir des cadeaux lui faisait donc d'ordinaire toujours plaisir : cela signifiait que ses enfants et elle tenaient encore une place dans le coeur du Dieu et cela suffisait à la rendre heureuse. Mais aujourd'hui, tout était différent. Aujourd'hui, une guerre se préparait et les cadeaux en dehors des dates habituelles ne pouvaient décidément pas annoncer quelque chose de positif. Armes ? Objets magiques ? La fille d'Iris était certaine qu'il ne s'agissait pas de simples jouets.

« On les ouvre, Maman ? », demanda Noëlie qui s'était avancée sans qu'Ambre ne s'en rende compte.

Le ton de sa voix s'était fait plus anxieux, comme-ci la petite fille avait senti la nervosité de sa mère. Celle-ci, qui avait sursauté lorsque Noëlie s'était manifestée, garda le silence quelques instants avant de répondre, le regard fixé sur une carte où Hermès avait écrit quelques mots :

« Oui, ma chérie. On va les ouvrir. »

oOoOoOoOoOo

Dimanche 25 Juin,

Colonie des Sang-Mêlés,

Devant la Grande Maison,

8h30.

« Parrain ! Parrain ! »

Matthew Jones eut tout juste le temps de se retourner qu'une tornade brune vint s'échouer dans ses bras. Avec un éclat de rire qui se joignit à celui de sa filleule, il rattrapa Noëlie de justesse et la prit dans ses bras, tournant rapidement plusieurs fois sur lui-même pour l'amuser. Les éclats de rire de la petite fille redoublèrent et Noëlie resta un instant dans les bras de Matthew, la tête dans le creux de son cou, avant de reposer pieds à terre.

« Hé, jolies chaussures !, s'exclama Matthew, une pointe de surprise dans la voix, tandis qu'il observait les converses noires et ailées de sa nièce. Où est-ce que tu as trouvé cela ? »

« Maman a dit que c'est Papa qui me les a offertes !, s'exclama Noëlie, l'air à la fois heureuse et légèrement gênée. Avec ça. »

D'un geste hésitant, la fille d'Hermès prit le pendentif qui était jusqu'alors caché sous son t-shirt entre deux doigts et le montra à Matthew. Il s'agissait d'un caducée haut de trois centimètres. Les yeux des deux serpents étaient verts émeraude et l'ensemble scintillait à la lumière du soleil, comme-ci le pendentif était composé de dizaines de diamants minuscules.

Matthew Jones observa le caducée pendant quelques minutes avant de lâcher un sifflement admiratif. Hermy avait encore frappé fort.

« Eh bien !, s'exclama le fils d'Iris, réellement admiratif. C'est un bien beau bijou que tu as là ! Est-ce qu'il est magique ? »

« Hermès a dit qu'elle découvrirait ses fonctions en tant voulu …, lui répondit une voix féminine familière. Excusez-moi de vous avoir effrayé. », ajouta-t-elle avec une pointe d'amusement dans la voix alors que Matthew et Noëlie s'étaient brusquement retournés, l'air réellement angoissés.

« Oh, non. T'en fais pas, on t'avait vu venir ! »

Matthew avait accompagné ces quelques mots, prononcés d'un ton faussement détaché, d'un geste de la main et d'un air exagérément outré, ce qui fit rire sa filleule et sourire sa sœur jumelle. Celle-ci, arrivée à leur hauteur, passa la main dans les cheveux de sa fille avec un léger sourire attendri avant de serrer brièvement son frère dans ses bras. Ces deux-là étaient tellement complices ! Ambre adorait les voir interagir ensemble, elle fondait à chaque fois.

« Il y a un paquet pour toi., déclara-t-elle alors que Matthew lui rendait son étreinte. Je l'ai laissé en haut, tu pourras certainement y jeter un coup d'oeil après le petit-déjeuner. »

« Un paquet pour moi ? Ce serait bien la première fois qu'Hermès m'offre quelque chose., s'exclama Matthew, un sourire moqueur aux lèvres. C'est peut-être une vengeance pour toutes les mauvais coups que je lui ai fait. Tu crois que je devrais appeler une équipe de déminage, juste au cas où ? »

« Arrête ! »

Avec un sourire et un ton faussement réprobateur, Ambre donna un coup de coude à son frère, le gratifiant au passage d'un regard amusé. À leurs côtés, Noëlie regardait leur échange d'un air à la fois amusé et teinté de tristesse : ce n'était pas la première fois qu'elle entendait Ambre et Matthew parler de son père – les autres fois, c'était cachée dans les escaliers, tard le soir – et elle ne pouvait s'empêcher de penser que ses parents et son parrain avaient dû passer de très bons moments ensemble. Et cela lui donnait envie d'en savoir plus. Elle mourrait d'envie que sa mère lui raconte ne serait-ce que quelques anecdotes. Mais à chaque fois que la petite fille essayait d'obtenir plus d'informations, sa mère trouvait toujours le moyen de détourner la conversation.

« … très bien qu'il t'apprécie beaucoup !, s'exclamait Ambre à l'adresse de Matthew alors que le sourire de celui-ci s'agrandissait. Même si vous avez eu des débuts assez difficiles ! »

« Assez difficiles ? »

Cette fois-ci, Matthew éclata de rire comme-ci d'anciens souvenirs remontaient soudainement à la surface. Ambre venait-elle de dire « débuts difficiles » ?

Le fils d'Iris s'apprêtait à répondre, entre deux éclats de rire, que qualifier les débuts de « difficiles » étaient un pur euphémisme et Noëlie allait se lancer pour essayer de savoir ce que sa mère entendait par là, lorsque le bruit d'une conque retentit. Le petit-déjeuner était servi.

Alors, de bonne humeur et souriants, les trois Jones se dirigèrent d'un pas tranquille vers le réfectoire, loin de s'imaginer qu'ils allaient passer une très mauvaise semaine.

oOoOoOoOoOo

Mardi 27 Juin,

Devant l'Empire State Building,

New York,

10h26.

D'un geste rapide, Lysandre Jones trancha la tête de la gorgone et se rua sur le cyclope qui s'apprêtait à attaquer l'un de ses camarades par derrière.

Le jeune homme ne savait pas depuis combien de temps les sang-mêlés restés à l'Olympe et lui-même se battaient : trois heures ? Peut-être une de plus ? Le fils d'Hermès possédait bien une montre – présente en ce moment-même à son poignet droit – mais il se voyait mal interrompre son combat pour y jeter un coup d'oeil : cela paraissait totalement déplacé et mal venu. Cela pourrait lui coûter la vie et le jeune homme n'avait aucune envie de finir aux Enfers avec cette mort stupide qui le suivrait probablement pour l'éternité.

« Et sinon, t'es mort comment, toi ? »

« Ah, bah … j'ai voulu consulté ma montre en pleine bataille. Une très mauvaise idée, si vous voulez mon avis. »

« Y'a une nouvelle vague ! », s'écria la voix de Noah dans le dos de Lysandre.

Aux aguets, ce dernier s'assura d'avoir bien transpercé le cyclope d'un coup d'épée avant de se tourner vers son frère. Celui-ci, à quelques mètres de distance, regardait devant lui, l'épée pointée dans la même direction. Le cyclope que Lysandre venait de renvoyer au Tartare était vraisemblablement le dernier survivant du groupe qui leur avait fondu dessus quelques minutes plus tôt. Mais déjà, à une centaines de mètres de là, une dizaine d'autres créatures mythologiques affluaient, l'air plus affamés que jamais.

« Ça ne va donc jamais se finir ? », s'exclama Rosalia Sanders, son bonnet toujours sur la tête, l'air plus blasée qu'agacée.

La question étant purement rhétorique, personne ne prit la peine de lui répondre. Tous affichaient des visages graves et fatigués, et se demandaient avec inquiétude quand tout cela allait enfin se terminer.

Trois jours. Trois jours que des vagues de monstres ne cessaient d'affluer, mettant leurs nerfs et leur moral à rude épreuve : plus ils renvoyaient de monstres au tartare, plus vite les autres arrivaient, donnant aux combats un aspect d'éternité dont ils se seraient bien passé. Coups d'épée, vitesse, réflexes, mouvements de défense … toute leur attention et leur énergie étaient sollicitées durant de longues heures – voire toute au long de la journée, comme la veille où les monstres n'avaient pas arrêté de les attaquer - et cela commençait réellement à affecter leur forme générale : le soir, lorsque le soleil se couchait et lorsque les derniers monstres disparaissaient, ils rentraient à l'Olympe, trempés de sueur et épuisés, et allaient directement se coucher, ne prenant même pas la peine de s'attarder devant un vrai repas. Un verre d'eau et un sandwich étaient pleinement suffisants avant de sombrer dans un sommeil agité qui ne les aidait pas le moins du monde à récupérer : certains d'entre eux étaient tellement stressés par ce qu'ils vivaient durant la journée que leurs rêves ne faisaient qu'illustrer des combats avec les monstres qu'ils avaient combattu peu de temps auparavant. Les demi-dieux se réveillaient ainsi aussi épuisés qu'ils ne s'étaient couchés, la tête pleine d'images pas très réjouissantes et le coeur battant à tout rompre. Combien de temps allaient-ils supporter cette situation ? Cette question les hantait tous un peu plus chaque jour.

« Pourquoi est-ce qu'ils avancent aussi lentement ?, maugréa Holly Archer, poignard en main, des vrilles de vigne se balançant nerveusement autour d'elle. Ils ont trop mangé au p'tit déj ou quoi ? »

A l'évocation du premier repas de la journée, l'estomac de Lysandre se tordit douloureusement. L'unique petit pain au chocolat et la gorgée de jus d'orange qu'il avait réussi à avaler avant que l'alarme ne se déclenche une nouvelle fois n'avaient pas suffit à combler sa faim qui se faisait de plus en plus présente et ce, même au milieu des combats.

« Je propose qu'on les attaque en premier., s'exclama Lysandre après quelques instants de silence, simplement rompu par les grognements de plus en plus audibles des monstres qui continuaient d'approcher. Histoire qu'on montre à qui ils ont affaire. »

Des images de bacon grillé et d'œufs sur le plat accompagnés de viennoiseries toutes plus succulentes les unes que les autres avaient commencé à envahir son esprit et le jeune homme essayait tant bien que mal d'ignorer son estomac qui se faisait de plus en plus douloureux.

« Ne pense pas à ça, ne pense surtout pas à ça … »

Mais au bruit que fit l'estomac de Noah et à la grimace que lui esquissa discrètement le concerné, Lysandre sut qu'il ne pourrait, malgré tous ses efforts, exclure la nourriture de ses pensées. Et des pensées de son frère, par la même occasion.

« Ça me paraît une bonne idée., trancha Timéo Rosedale, qui n'avait pas failli une seule fois à son statut de leader depuis que Lysandre et Noah avaient rejoint les rangs. Cela les prendra sûrement de court. »

« Peut-être pas. Si ça se trouve, ils n'attendent que ça. »

L'intervention de Rosalia provoqua des soupirs d'exaspération chez ses camarades. Pas une seule fois, la jeune fille ne s'était montrée d'accord avec les décisions qu'ils avaient prises. Des décisions pourtant pas si mauvaises que cela.

« Mais les enfants d'Athéna pensent toujours compliqué, Lysandre. Toujours. »

« Qu'on reste ici à les attendre ou qu'on leur saute au cou, le résultat sera le même, Sanders. Dans les deux cas, on sera obligés de les affronter. »

L'agacement se faisait nettement entendre dans la voix de Jazzlyn James. La fille d'Apollon s'était avancée et regardait désormais la fille d'Aphrodite d'un regard noir, l'orage grondant au-dessus d'elle. Lysandre ne savait pas ce qu'il s'était passé pour que les deux jeunes filles se haïssent autant mais il était prêt à parier que ce n'était pas qu'une simple question de personnalité. Il était prêt à parier qu'Alexandre Johnson avait également un rôle au sein de cette histoire.

« Bon, on se bouge ou quoi ?, lança Holly. Je vous rappelle qu'il y a toujours des monstres à côté de nous ! »

Cette remarque, prononcée sur un ton sarcastique, agit comme un électrochoc sur ses camarades, jusqu'alors absorbés par l'échange de regards meurtriers entre Rosalia et Jazzlyn. Secouant la tête comme pour se remettre les idées en place, les demi-dieux s'échangèrent des regards et hochèrent imperceptiblement la tête, se mettant ainsi d'accord sur la marche à suivre. Seule Rosalia leva les yeux au ciel en soupirant exagérément mais, cette fois-ci, personne ne prit la peine de réagir. Arcs, lances, épées … les jeunes gens raffermirent leur prise sur leurs armes et, après une dernière grande inspiration, se mirent à courir en direction des monstres.

oOoOoOoOoOo

Le même jour,

Position exacte inconnue,

10h30.

« Hermy, attention ! »

D'un geste rapide, le Dieu des Messagers se retourna et lâcha un juron en grec ancien avant de se baisser rapidement. Encore un peu et le rocher l'aurait assommé.

Avec un soupir, le énième de la journée, Hermès finit de bâillonner le dieu mineur dont il avait oublié le nom. C'était le quinzième qu'il attrapait durant ces deux derniers jours et, aussi déprimante que cette pensée pouvait être, ce ne serait sûrement pas le dernier. Depuis que la guerre avait été officiellement déclarée il y a quatre jours de cela, les Olympiens se rendaient peu à peu compte que bon nombre de divinités mineures leur avaient tourné le dos. Et, si cela ne semblait pas affecter le roi des Dieux, Hermès ne pouvait s'empêcher d'en éprouver une certaine inquiétude : même s'ils étaient considérés comme mineurs, et donc n'avaient pas grande incidence sur le monde mythologique en lui-même, certains de ces dieux et déesses étaient tout de même assez puissants. Et s'ils continuaient de s'allier … le Dieu des Messagers secoua la tête, pris soudainement d'un frisson. Non, il ne valait mieux pas y penser.

« Je crois qu'on les a tous., s'exclama Apollon. Deux dieux mineurs ficelés, une dizaine de monstres renvoyés au Tartare. C'est du bon boulot ! »

Le Dieu du Soleil se trouvait désormais à côté d'Hermès, un sourire aussi aveuglant qu'un soleil d'hiver aux lèvres. Il portait une armure tout aussi éblouissante, de telle sorte que son demi-frère en avait les yeux qui pleuraient à chaque fois qu'il le regardait.

« C'est aussi assez préoccupant. »

La déesse Artémis se posta à leurs côtés et observa les alentours. Des arbres déracinés, des rochers que l'on avait lancé et qui avaient explosé, des trous béants dans le sol et quelques cadavres de pauvres animaux pris entre deux feux. Le combat n'avait duré que quelques instants – un quart d'heure, vingt minutes tout au plus – mais la nature avait tout de même bien souffert et cela lui faisait mal au coeur. La nature était, après tout, son terrain de jeu préféré : la déesse y passait le plus clair de son temps et elle adorait cela. Elle adorait observer le fonctionnement à la fois surprenant et si simple de la nature. Et voir tout ce paysage et cette vie naturelle et magnifique réduits à néant … Elle en avait des nausées.

« Je ne pensais pas qu'autant de dieux mineurs s'étaient ligués contre nous., reprit-elle après un instant de silence, le visage grave. Père ne va pas être content de l'apprendre. »

« Père n'est jamais content, de toute façon., répliqua Apollon, en haussant les épaules tandis qu'un grondement de tonnerre retentissait au loin. Et ce n'est que des dieux mineurs, sœurette. Y'a pas de quoi s'inquiéter. »

« Au contraire, Apollon., intervint Hermès, soulagé qu'Artémis partage son point de vue. (être deux à penser la même chose pouvait aider à s'affirmer lors d'un conseil.) Ils ont beau être mineurs, s'ils sont suffisamment nombreux et qu'ils combinent leurs pouvoirs … »

Le Dieu des Messagers s'interrompit brusquement, le visage soudainement blême. Les yeux écarquillés, Hermès semblait observer avec une peur profonde et authentique un événement que les jumeaux ne pouvaient pas voir. Inquiets, Artémis et Apollon s'échangèrent un regard et s'approchèrent un peu plus de leur demi-frère qui s'était mis à trembler et à murmurer des choses incompréhensibles.

« Hermy ? »

Le regard fixé sur son meilleur ami, Apollon posa lentement sa main sur son épaule, dans l'espoir de le ramener à la réalité. Mais à peine avait-il touché le Dieu des Messagers que celui-ci chancela et tomba lentement à genoux, l'air plus malheureux qu'il ne l'avait jamais été.

Ces ordures avaient vraisemblablement décidé de détruire toutes les personnes à qui il tenait.