Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.

Titre : Noir ramage.

Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.


« Un cœur endurci ne saurait être déchiré par le remords, ni attendri par la piété. »

-Saint Bernard de Clairvaux, La considération (1149-1152).


Chapitre 84 : Gellert Grindelwald, ou j'ai compris et c'est trop tard.

Il devait trouver le temps de retourner à son refuge. Un sentiment obscur d'urgence le prenait à la gorge depuis hier. Mais pas une minute de libre… Entre les réunions au MACUSA, les ordres à donner puisqu'il occupait toujours les oripeaux de Graves, les stratégies pour éviter Picquery, ses recherches de l'obscurus, câliner Croyance, Goldstein et Dragonneau qui revenaient sans cesse et qui maintenant s'étaient enfuis en plus… et il en passait, pas une minute ! Il savait qu'il devait rentrer s'assurer de l'emprisonnement de Lecay, cette pensée d'intermittente était devenue permanente, mais, il ne pouvait pas, pas le temps. Sa tension nerveuse montait et qui dit tension nerveuse, dit… mauvaise humeur ! Emprisonner Lecay était jouer avec une dose de dynamite dont la mèche allumée n'a pas de longueur connue, la situation explosait toujours mais jamais au moment où vous, vous vous y attendiez. Croyance, n'avançait pas dans ses recherches, il était désespérant de nullité… Lecay au moins, était un être magique, pas un cracmol sans aucune valeur. Sans oublier que de voir un peu de doute s'immiscer lentement mais surement dans son esprit… C'était distrayant, comme une expérience qui progresse et évolue comme prévu. Parce qu'elle n'était pas idiote, elle savait que révéler l'existence des sorciers déclencherait une guerre entre les mondes magique et non-magique. Ce n'était pas la fin du Secret Magique qui posait un réel problème à l'auror, c'était le renouveau des combats. Comme beaucoup de personnes, de soldats, ayant été confrontés de très, trop près aux hostilités, elle en était encore traumatisée. Grindelwald n'avait pas encore trouvé le moyen de la convaincre qu'il pouvait empêcher cet enfer de recommencer… Parce qu'elle était aussi méfiante qu'opiniâtre, l'animal. Mais, il pouvait y arriver. Il avait bien fait croire à tout le monde sorcier que Nurmengard se trouvait en Suisse, alors que son château était dans les Alpes autrichiennes. Certes, ce n'était pas loin, mais lorsqu'on cherche quelqu'un, un seul mètre de différence changeait tout.

Tout à coup, l'appel arriva. Croyance avait trouvé. Croyance venait de l'appeler par l'intermédiaire de son pendentif des Reliques de la Mort. Ça y était, il allait pouvoir mettre la main sur l'obscurus ! Ce misérable cracmol avait enfin prouvé son utilité, depuis des semaines, il supportait ses geignements, ses pleurs, ses doutes, le consolait, l'encourageait, c'était quelqu'un de faible, de répugnant, un dégénéré issu de sorciers qui avaient sans doute été eux-mêmes des êtres faibles et sans valeur aucune.

Quand Le Plus Grand Bien serait advenu, il prendrait des mesures pour limiter ces faux-sorciers… Déjà, quand il était élève de l'école de Durmstang, il était réputé pour son intelligence et son intérêt envers la magie noire. Certains le disaient renvoyé de l'école à 16 ans, en vérité, c'était lui qui était parti quand il avait compris que personne ne pourrait plus rien lui apprendre dans cette école de minables. Le seul point positif de sa scolarité avait-il coutume de penser, était qu'il avait tissé des liens avec un élève un peu plus jeune, un peu moins doué que lui mais qui avait tout de même de réelles compétences… Puis en 1899, lors de son voyage à l'étranger, Gellert Grindelwald avait rencontré Albus Dumbledore quand il était rentré à Godric's Hollow suite au décès de sa mère, Kendra Dumbledore. Grindelwald était à cette époque hébergé par sa grande-tante Bathilta Tourdesac. Et là, tous deux avaient jeté les bases du Plus Grand Bien, qui visait à supprimer le Code International du Secret Magiquepour établir une domination des sorciers sur les Moldus dans leurs propres intérêts bien sûr, quand ils s'étaient séparés, après une grande dispute, il était parti et avait continué seul à travailler pour la mise en œuvre de ce qui avait été leur projet commun. Tout cela à cause de cet imbécile d'Abelforth et de la mort d'Ariana, son seul regret. Il regrettait amèrement le précipice que cela avait creusé entre Albus et lui, mais aussi cette mort inutile, chose qu'il avait en horreur. Mais, il avait tourné la page et continué à tracer son chemin pour le Plus Grand Bien. Il savait que tôt ou tard, il lui faudrait éliminer Albus. Le Pacte de Sang qu'ils avaient passé, les empêchait de s'attaquer directement. Mais avec cet Obscurial… Dumbledore ne serait plus un problème. Maintenant, près de trente ans plus tard, il touchait au but !

Il transplana jusqu'à l'église des Fidèles de Salem, détruite, Chasteté et Mary Lou mortes étendues au sol au milieu des décombres. L'obscurus avait encore sévi. Cette fois-ci, la piste était chaude. Croyance, les doigts crispé sur son pendentif était réfugié au fond de l'église, pelotonné dans un coin, pleurnichant, terrifié. Insupportable.

-L'obscurial… était là ? Où est-il allé ?

-Aidez-moi. Aidez-moi.

Mais idiot, tu ne Veux pas comprendre… Comprendre combien il est important que je retrouve l'obscurial ! Avec lui, je serais enfin le maître des sorciers, il me le faut. Dragonneau peut penser ce qu'il veut, un obscurus n'est pas un simple parasite tueur de son hôte, c'est une force de la nature ultime, capable de dompter toutes les oppositions, d'imposer son possesseur au monde entier. Dragonneau lui avait raconté qu'on ne pouvait pas séparer l'animal de son porteur sans leur décès commun, mais il avait réussit à en enfermer un dans cette bulle d'énergie après la mort de la gamine. Quand il l'avait tenue entre ses mains, il avait ressenti la puissance infinie qui l'habitait. Or celui qui sévissait en ce moment à New-York était des centaines de fois plus puissant… Il lui fallait capturer l'hôte et l'amener à le servir…. Et maintenant ! Avant que cet idiot d'idéaliste ne lui mette la main dessus et ne réussisse à le maîtriser. Il ne faisait pas partie de ceux qui le sous-estimaient, estimant que le Dragonneau le plus dangereux était Thésée sous prétexte que c'était un héros de guerre honoré et un grand auror. Foutaises, le pire des deux était celui-là avec ses grands yeux bleus d'ahuri, son sourire timide et son air rêveur. Il était capable de déplacer les montagnes pour sauver un Billywig, alors que ne ferait-il pour sauver un humain et un animal indissociablement liés. La preuve, cette cruche de Godstein et lui avaient réussi à s'échapper du MACUSA, alors que leur sort était sensé être réglé par des Exécuteurs compétents.

-Ne m'avais-tu pas dit que tu avais une autre sœur ?

Voilà que Croyance se remettait à pleurer. Grindelwald dut faire un effort pour garder son calme. Il y avait des choses à faire bien plus importantes que de voir un pitoyable sans-pouvoir pleurer. Comme s'assurer que cette sale Lecay était toujours enfermée. Le manque de nouvelles venant de son repère l'inquiétait profondément.

-Je vous en supplie, aidez-moi.

Il ne savait plus que dire ça… Ça y était, il avait craqué et avait giflé Croyance.

-Ta sœur court un très grand danger. Nous devons la trouver.

Avant que les aurors américains ne mettent la main sur elle. S'ils pensaient ne pas pouvoir la contrôler, ils la tueraient sans la moindre hésitation, ce qui serait un gâchis incommensurable. Même s'il pourrait alors utiliser l'exemple de cette pauvre enfant assassinée par les aurors, etc, etc, pour convaincre d'autres personnes de le rejoindre. Dans toutes les situations, il y a du bon à prendre pour quelqu'un d'aussi intelligent que lui. Et puis, ses fidèles n'avaient pas besoin de savoir combien d'humains avait tué l'enfant en question. Et puis, ses victimes n'étaient que des non-maj's. Pas de quoi en faire un plat. Il fallait agir vite, il attrapa Croyance, stupéfait qui ne bougeait plus, au moins il ne pleurniche plus non plus, c'est déjà ça ! Et transplanèrent avant que quiconque ne s'aperçoive de la destruction de l'église des Fidèles de Salem et ne pose trop de questions.

Guidé par Croyance, ils arrivèrent au domicile de l'ancienne famille de Modestie. Encore un immeuble miteux, décidément, il vaudrait mieux raser tout le quartier pour tout reconstruire en une fois, économie de moyens. De toutes manières, c'était des non-maj's qui vivaient ici, alors, ce ne sera pas une grande perte, surtout si c'était pour garantir aux sorciers de la classe ouvrière des logements confortables… Oui, en utilisant cet argument, il pourrait faire passer cette pilule sans aucun problème.

Lorsqu'il aurait l'Obscurial à son service, les contre-temps qu'il avait eu à cause de la disparition de certains de ses adeptes ne seraient plus importants. Il pourrait même se servir de lui pour les retrouver, augmentant son prestige auprès d'eux en leur prouvant qu'il se souciait réellement d'eux et avait le pouvoir de les sauver.

Il avait enfin retrouvé Modestie recroquevillée dans un coin, terrorisée, tremblante, totalement affolée par la mention du nom de son frère. Et c'est là qu'il avait compris son erreur, sa plus grande erreur : Croyance ! Croyance était l'Obscurial.

-Croyance… Je te dois des excuses…

-Je vous faisais confiance. Je croyais que vous étiez mon ami. Je croyais que vous étiez différent.

Et il se permettait de se mettre en colère, en plus ! Sa rage le déchirait de l'intérieur, ses traits se déformaient, l'obscurus allait prendre le pouvoir. De sa voix la plus calme, il devait lui parler, le ramener vers lui, renouer leurs liens de confiance. Rien à faire, la fureur augmentait, l'animal allait prendre le dessus. Maintenant, il avait un problème de première grandeur à gérer, de taille internationale, même… Il comptait trouver son obscurial tranquillement, sans prévenir personne et surtout pas le MACUSA, l'amadouer, le tranquilliser puis l'embrigader et le mettre à son service. À ce moment là, seulement informer le monde magique… Ou plutôt le mettre devant le fait accompli quand il aurait pris le pouvoir. Picquery et toute sa clique en prison, et lui et ses disciples à leur place… Après mettre au pas les moldus aurait été une formalité. Plan simple et jusqu'à maintenant en bonne voie !

-Tu peux le contrôler, Croyance.

-Je crois pas que j'en ai envie, monsieur Graves.

Mais voilà, la boulette ! Il n'avait pas su reconnaître l'obscurial, il avait trop écouté les experts, ceux qui se croyaient bien informés… Un enfant, tu parles ! La peste soit les crétins qui se croient utiles… Et maintenant cet imbécile était en colère ! Et il en profitait pour se transformer en boule d'énergie, un grondement effroyable, inhumain, son corps tout entier explosant en une masse obscure qui bondit par la fenêtre, le manquant de peu avant de partir passer sa rage sur la ville… Tout en nuances et discrétion !

Il aurait quand même pu lui dire que c'était lui le possédé, depuis qu'il lui en parlait, avec deux sous d'intelligence… En premier, il était urgent de le retrouver, de le calmer s'il le pouvait ou de le maîtriser dans le cas contraire et en tous cas de le soustraire au MACUSA.

L'explosion genre je détruis le ville entière n'allait pas passer inaperçue…