Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.

Titre : Noir ramage.

Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.


« Les ennemis les plus à redouter ne sont jamais ceux qu'on s'apprête à combattre : ce sont les illusions par lesquelles on se laisse aveugler. Ce sont elles qui égarent les gouvernements et les peuples, les partis et les hommes. »

-Émile de Girardin, Les pensées et maximes (1867)


Chapitre 85 : Seraphina Picquery, ou l'Auror et la Présidente.

Elle était encore en train de travailler lorsque ça avait commencé. Elle ne savait pas trop quoi, tout ce qu'elle savait était que Bluesky avait débarqué dans son bureau. Il avait la mine sombre, celle des mauvais jours. Cela tombait bien, elle n'avait pas passé une bonne journée également. Graves était introuvable, Goldstein et Dragonneau avaient échappé aux aurors, et par la grâce de Merlin, avant d'être exécutés, ce qui lui évitait bien des paperasses et des ennuis avec les familles… Mais tout cela, Bluesky devait déjà être au courant, donc inutile de s'en plaindre devant lui.

-C'est l'heure ?

-Grayson est dans une cellule, prêt à être jugé pour ses crimes… Il manque plus que la tête de l'organisation et un peu de nettoyage par-ci par-là…

Grayson… Ce n'était pas surprenant. Grindelwald avait dû planter bien profondément ses griffes dans le gouvernement américain, et ce sale traître était… Seraphina était si en colère qu'elle ne trouvait pas de terme correct pour définir Grayson à cet instant. Étant donné son grade, elle allait laisser une note pour que ce soit Bluesky qui l'interroge. Le vieil auror n'allait pas le laisser s'en tirer facilement et lui réclamerait des preuves et des faits précis qui seraient soigneusement vérifiés.

Depuis la veille, la prison du MACUSA regorgeait de monde, on poussait les murs. Ou plutôt on empilait les cages les unes sur les autres. Chaque prisonnier était dans une cage aux quatre murs de grilles, deux avantages : ils ne pouvaient jamais échapper aux regards des gardiens, rajouter une cage pour un nouvel arrivant était facile. Inconvénients, pas de discrétion, ils communiquaient facilement entre eux et, elle devait l'avouer, les Droits de l'Homme de ces idiots de français pas vraiment respectés, mais ça c'était accessoire, ils n'étaient pas des hommes au sens littéral du terme mais des sorciers. Et puis la politique des sorciers ne regarde pas les non-maj's, après tout, que chacun s'occupe de ses affaires et les vaches seront bien gardées, comme disent encore ces maudits français, ou à peu près… On commençait à vider les geôles du Coven. Beaucoup de mauvaises nouvelles, de découvertes, de fidèles amis démasqués… Le monde des sorciers était en révolution, les certitudes disparaissaient, les problèmes de conscience apparaissaient… De quel côté se ranger, pourquoi avaient-ils trahi, qu'aurais-je fait à leur place ? Les conversations tournaient toutes autour de ça…

Ce n'était pas bon. Sans être auror, Seraphina savait que le moral était important lorsque la situation était aussi… Aussi compliquée. Mais se rendre compte qu'il y avait des traitres au sein même de leurs rangs… C'était un coup dur. Et sans doute pas le seul problème auquel ils devraient faire face.

-Avez-vous des nouvelles de Graves ? Lui demanda-t-elle.

Son Directeur de la Sécurité Magique était injoignable et elle avait besoin de mettre la main dessus. Le regard que lui lança Bluesky fit comprendre à Seraphina qu'il y avait avec lui un plus gros problème qu'une exécution injustifiée. Qu'est-ce que Graves avait fait ? Est-ce que quelqu'un le faisait chanter ? Si oui comment et pourquoi ? Est-ce que… Est-ce que cela avait un lien avec la disparition de Mercy Lecay ? Oui, cela devait être ça. Elle disparaît et Graves se met à agir étrangement… Il y avait quelques années, des bruits avaient couru sur un attachement mutuel, elle n'y avait pas prêté attention, elle mettait un point d'honneur à ne pas s'occuper des affaires personnelles de ses collaborateurs, préservation de leur vie privée et aussi prudence : elle ne prenait jamais parti en cas de séparation... Après la démission de Lecay, certains murmures insinuaient qu'elle était partie à cause de Graves… Seraphina ne pouvait pas croire à l'autre option qui serait… Serait qu'il se serait rangé du côté des ennemis des États-Unis de lui-même. Ce qui était impossible, cet homme avait toujours tout sacrifié pour son pays, il n'allait pas le trahir sur un simple coup de tête.

-Cela, madame, est une conversation que nous aurons dans quelques heures. Il y a trop de choses en jeu pour laisser les murs nous écouter.

Elle n'aimait pas quand Bluesky lui faisait ce coup-là. Elle savait que c'était pour son bien, mais ce n'était pas une raison, elle était la Présidente du Congrès Magique des États-Unis d'Amérique, nom d'un hibou ! Mais vu qu'il avait l'habitude de lâcher ses aurors sur des missions sans leur donner tous les paramètres… Elle ne pouvait pas se plaindre quand il lui disait qu'il lui en parlerait plus tard. Elle pouvait toujours taper du poing sur la table, mais elle doutait que cela marche, ce vieux lascar avait « dompté » d'autres Présidents avant elle. Tout ce qui pouvait la consoler était que son mandat finissait en 1928 et promis, juré, craché, elle ne se présentera pas pour un troisième !

Un bruit strident sortit de la poche de Bluesky. Ce dernier sortit un miroir de sa poche et ce qu'il y vit lui fit pousser une série de jurons inventive. Quelle catastrophe venait-elle de leur tomber sur la tête ?

-Si vous voulez bien me suivre, madame, je crois que nous allons avoir besoin de vous au Service des Affaires Majeures.

Seraphina n'était pas certaine de vouloir savoir pourquoi, mais, elle avait signé pour ce travail, maintenant, il fallait bien qu'elle en assume les conséquences.

Lorsqu'ils y arrivèrent, elle comprit pourquoi Bluesky avait soudainement vu sa journée empirer, ce qui par effet ricochet allait rendre la sienne terrible par la même occasion : la carte des activités magiques de New-York s'allumait en montrant les zones d'activité magique intense. Seraphina voyait la chose qui ravageait sa ville progresser ouvertement. Les Exterminateurs haut-gradés l'entouraient. Elle les avait fait venir pour avoir leur avis sur la situation. Et voilà que la chose avait échappé à tout contrôle. L'obscurus, si Dragonneau avait raison, était hors de contrôle, ils allaient devoir l'acculer et le détruire avant qu'il y ait plus de victimes et de dommages.

-Réglez ça… Ou nous serons découverts et ce sera la guerre.

Ils transplanèrent tous immédiatement sans poser plus de questions, sauf Bluesky. Elle n'avait aucun doute sur ce qu'ils allaient faire à cette chose. Elle ne serait même pas surprise si tous les aurors étant dans la zone de New-York se retrouvaient brusquement tirés de leur lit et ceux des alentours appelés en renfort.

-Je crois, madame la Présidente que nous n'aurons pas à avoir la discussion difficile que je vous ai promis.

C'est seulement sur ces mots que Bluesky transplana avant qu'elle ait pu lui poser la moindre question. Seraphina était seule avec ses gardes du corps. Elle avait le choix de rester ici, bien tranquille ou… D'un pas décidé, elle alla chercher son manteau. Dès que la menace sera localisée de façon fiable, elle se rendrait sur place et prendrait ses responsabilités.