Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.
Titre : Noir ramage.
Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.
« Il n'y a jamais eu de bonne guerre ni de mauvaise paix. »
-Benjamin Franklin.
Chapitre 87 : Porpentina Goldstein, ou la vérité dévoilée.
Elle avait tenté de ralentir le Directeur Graves, mais Tina l'avait à peine gêné. Elle savait que c'était un grand auror, un excellent combattant… Mais, elle avait espéré au moins lui donner un peu plus de difficultés. Elle avait à peine eu le temps de lui jeter un sort. Il lui avait jeté un simple « Vous avez le chic pour débarquer là où l'on ne veut pas de vous » avant de lui jeter une voiture. Il avait fallu Graves moins d'une minute montre en main pour la mettre à terre. Lorsqu'elle s'était relevée il avait déjà transplané.
Elle avait fini par les rejoindre à la station City Hall. Norbert et Graves étaient en mauvaise posture, attaqués par l'obscurial et elle s'était interposée pour les sauver. Croyance se montrait hésitant… La raison. Elle en appela à la raison et à sa reconnaissance, n'avait-elle pas été la seule à prendre sa défense quand son odieuse marâtre le battait, elle en avait même été traînée dans la boue et perdu son emploi... Ça marchait. Croyence reprenait le dessus sur son monstre interne. Ses traits revenaient, l'ombre s'effaçait. Pendant un temps, elle crut y arriver. Enfin, Croyance commençait à se calmer. Elle allait pouvoir le protéger, prouver au Congrès Magique qu'il n'était pas un danger…Mais… Graves ne l'aida pas, son attitude agressive envers Norbert, l'ambiance de violence et de combats… La colère remontait, Croyence luttait, mais s'affaiblissait de seconde en seconde… disparaissait sous la noirceur. Croyence et son obscurial luttaient pour la domination de leur être commun, ils étaient tous deux sur l'arrête d'un précipice, lequel tomberait ?
Tout ce jouait en cet instant, elle avait besoin qu'un sentiment de sécurité et de confiance supplante la violence et la peur. Elle pouvait y arriver, Croyence luttait, se raccrochait à elle comme un homme en train de se noyer à une bouée au creux des vagues déchaînées… Mais avant qu'il n'ait vaincu son monstre et retrouvé sa forme humaine, au moins une dizaine d'aurors envahirent le lieu. Sans un mot, ils se mirent à tirer malgré l'ordre de Graves de n'en rien faire. Elle n'eut pas le temps de s'interposer... Impuissante, elle entendait Croyance hurler alors que des sortilèges le traversaient sans pitié. Sous la pression, l'Obscurus implosa en une boule de magie blanche qui submergea la masse noire. La puissance du phénomène projeta en arrière Tina, Norbert et Graves. La jeune femme sentit des larmes couler le long de ses joues. Elle avait échoué. Croyence avait été sacrifié, inutilement, pour rien, et elle n'avait pu le sauver… Graves remonta sur le quai et s'approcha aussi prêt que possible de l'endroit où s'était tenu l'Obscurus. Les aurors firent quelques pas vers lui.
-Bande d'idiots. Vous vous rendez compte de ce que vous avez fait ?
La Présidente Picquery émergea de la foule d'aurors.
-L'Obscurial a été tué sur mes ordres, monsieur Graves.
-Oui. Et l'Histoire ne manquera pas de nous le rappeler, madame la Présidente, répliqua-t-il.
Graves s'avança vers la Présidente. Tina avait l'impression qu'il était bien plus furieux que ce qu'il laissait voir.
-Ce qui s'est passé ce soir était une erreur.
Elle ne pouvait pas le contredire. Croyance n'avait pas à payer de sa vie l'orgueil, la méchanceté et l'incompréhension des autres.
-Il était responsable de la mort d'un non-maj'. Il a mis notre communauté en péril. L'une de nos lois les plus sacrées a été enfreinte.
-Une loi qui nous contraint à nous terrer comme des rats. Un loi qui nous ordonne de cacher notre vraie nature. Une loi qui exige que ceux qui lui obéissent rasent les murs de crainte qu'ils ne soient découverts. Alors je vous le demande madame la Présidente… Je vous le demande à tous. Qui cette loi protège-t-elle ? Nous ? Ou eux ?
Tina n'arrivait pas à croire ce qu'elle entendait. Et elle pensait que c'était le cas de beaucoup de ses collègues. Percival Graves… Il ne pouvait pas… C'était tout simplement impossible.
-Je refuse d'obéir plus longtemps, fit-il en tournant les talons s'éloignant des aurors.
-Aurors, confisquez sa baguette magique à monsieur Graves, ordonna la Présidente Picquery, et escortez-le jusqu'au…
Un mur de lumière blanche se dressa, barrant le chemin de Graves. Tina savait déjà que sa baguette serait du côté de celles de ses frères d'armes. À vrai dire, dès qu'il avait commencé à parler, elle avait compris qu'il fallait l'arrêter. Pourtant, lorsque le combat commença, elle resta pétrifiée.
Graves réfléchit un instant, un rictus de dérision et d'agacement sur les lèvres, il fit volte-face revenant en arrière d'un pas décidé, jetant des sortilèges sur les deux groupes d'Aurors qui lui faisaient face.
Les sorts fusaient de tous côtés et pourtant à chaque fois, le Directeur Graves, les bloquait d'un simple mouvement de baguette nonchalant. Il ripostait et déjà un auror était tombé ! Puis plusieurs autres ! Il faisait montre d'une très grande dextérité, telle qu'elle aurait eu du mal à y croire si elle ne l'avait vue… Bien sûr, elle savait qu'il était un duelliste hors pair, même si elle n'avait jamais eu le plaisir de le voir affronter un adversaire lors d'une joute rituelle, sa réputation était forte au MACUSA. Mais là, ça dépassait et de loin les meilleures performances des meilleurs jouteurs… Il donnait l'impression d'une grande fluidité, d'une vraie facilité, d'une immense expérience, et surtout de réels danger et pouvoir de nuisance : seul, il tenait la dragée haute à un groupe d'aurors expérimentés et se permettait même, en cet instant précis, de faire pencher les plateaux de la balance de son côté ! La probabilité non pas qu'il gagne le combat, mais qu'il s'échappe était devenue réelle et augmentait ! Le directeur Graves montrait une valeur au combat insoupçonnée…
C'est à ce moment-là que Norbert intervint. Comme toujours avec lui, il avait son petit sourire timide, et ...attendrissant- ne te laisse pas distraire ma fille- quand il sortit un tour, ou plutôt un truc-animal de sa poche et le jeta vers Graves. Ce cocon se déploya en un animal étonnant et magnifique qui volait autour du Directeur de toutes ses ailes, leur permettant de reprendre leurs esprits et de sortir leur baguette. Norbert lança alors à travers les airs une corde crépitante de lumière qui enveloppa Graves, l'immobilisant. Il essayait de la repousser, mais il trébucha et tomba à genoux.
- Accio !
Elle rattrapa la baguette de Graves d'un geste leste, pendant que l'animal planait majestueusement au-dessus d'eux avant de reprendre sa place dans son cocon vert, dans la poche de Norbert… Norbert pointa sa baguette sur Graves.
-Revelio, fit-il.
Graves se transforma. Ses cheveux bruns devinrent d'un blond presque blanc… Sa peau perdit sa couleur pour devenir particulièrement pâle… Ses yeux… Grindelwald… C'était Gellert Grindelwald. Ce… Ce n'était pas possible. Et pourtant, vu la tête des autres aurors, c'était la vérité. Pendant tout ce temps, cela n'avait jamais été Graves. Depuis quand ? Comment ? Ils avaient été particulièrement aveugles. Mais surtout, où était le véritable Graves ? La Présidente Picquery s'approcha du mage noir à pas mesurés… Telle une reine guerrière.
-Vous croyez que vous me garderez prisonnier ? Les mit au défi le Bulgare.
-Nous nous y emploierons, monsieur Grindelwald.
Le mage noir fixa la Présidente et deux aurors l'obligèrent à se relever et l'emmènent vers l'entrée du métro. En passant devant Norbert, il s'arrêta.
-Allons-nous mourir un peu ?
Les aurors l'obligèrent à avancer. La dernière phrase de Grindelwald mit Tina particulièrement mal à l'aise, mais plus que les mots, le petit sourire railleur… Elle sentit à ce moment là que l'histoire n'était qu'à son début.
C'est à ce moment-là que Queenie et Jacob apparurent. On pouvait dire qu'elle avait le don d'être où il ne fallait pas, ça devait en fait tenir de famille ! Amener un non-maj' en une pareille assemblée… Madame Picquery ne pouvait pas passer à côté…
-Nous vous devons des excuses, Monsieur Dragonneau. Mais la communauté magique est démasquée. Nous ne pouvons oublietter toute une ville.
-En vérité, je crois que si.
Là il avait posé sa valise grande ouverte sous l'immense trou de la voûte du métro et un magnifique et immense oiseau en sortit en un tourbillon de plumes et de vent. Elle, elle connaissait certaines des créatures de Norbert mais elle pouvait imaginer la surprise des autres.
-Je voulais attendre qu'on soient arrivés en Arizona. Mais il semble que tu sois notre seul espoir, Frank.
Ils s'embrassèrent, et s'étreignirent avec un telle tendresse… Tout le monde, même le plus obtus, pouvait sentir l'amour et la confiance qui unissaient ces deux êtres.
-Tu me manqueras aussi.
L'oiseau-tonnerre s'envola haut dans les airs, la fiole de liquide bleu lancée par Norbert dans le bec. De plus en plus haut, il était devenu invisible, maintenant dans les nuages d'orages qui s'accumulaient sur la ville. Des éclairs, parfois d'un bleu étincelant, jaillissaient de tous côtés… et la pluie commença à tomber, drue, abondante et surtout agréable. On ressentait un appel de l'eau, une envie irrépressible de ressentir sa fraîcheur bienfaisante et apaisante, une promesse de plaisir, une façon subtile de s'assurer que tout les non-maj's seraient oubliettés… Les passants reprenaient leur chemin, dociles, leurs mauvais souvenirs effacés. Chacune et chacun retournait à ses affaires quotidiennes comme si rien d'inhabituel ne s'était produit.
Les aurors sillonnaient les rues en lançant des sortilèges de Réparation pour reconstruire la ville : immeubles et voitures étaient reconstitués, les rues retrouvaient leur aspect. Les rails du tramway tordus reprenaient leur aspect normal. Le plafond se répara.
-Ils ne se souviendront de rien. Ce venin a un pouvoir oubliettant incroyablement puissant.
-Nous vous devons une fière chandelle, monsieur Dragonneau. Maintenant, faites sortir cette valise de New-York, ordonna la Présidente Picquery d'une voix douce.
-Oui madame la Présidente.
Madame Picquery commença à partir avant de se reprendre, comme si elle avait oublié quelque chose.
-Est-ce que ce Non-maj' est encore ici ? Dit-elle alors que son regard se posa sur Jacob. Oubliettez-le. On ne peut faire aucune exception. Je regrette, mais… un seul témoin et… Vous connaissez la loi. Je vous laisse dire au revoir.
Ça y était, ça devait arriver, leur formidable aventure avec Jacob allait devoir prendre fin. Elle avait bien vu l'attachement naissant de Queenie pour le non-maj', elle connaissait sa sœur, si charmante, si jolie, si attirante pour la gent masculine. Monsieur Abernathy, par exemple en était fou, il perdait tous ses moyens devant elle… et elle en profitait honteusement pour faire ce qui lui convenait, comme par exemple quand elle les avait fait sortir cachés dans la valise de Norbert… Tina ne pouvait qu'imaginer la tête de son patron quand Queenie lui avait innocemment proposé de lui montrer ses affaires féminines… Jusqu'à maintenant aucun des sorciers qu'ils avaient rencontrés n'avait retenu son attention, et comble de l'ironie c'était un simple non-maj', aspirant boulanger, qui semblait retenir son attention et la séduire… Que de problèmes à venir… Secret magique, regards des autres, conséquences, opprobre, jugement et pas seulement moral, emprisonnement au cas où ça se passerait mal… il allait falloir qu'elle lui parle et lui fasse comprendre l'absurdité et surtout le danger de la situation.
Mais avec Queenie, il serait difficile de lui faire entendre raison, sous ses dehors timides et doux, elle pouvait montrer un entêtement absolu et d'une volonté inébranlable. C'était sans doute un peu la faute de Tina qui n'avait jamais su vraiment lui dire non… Depuis la mort de leurs parents, sa petite sœur avait peur de se sentir rejetée ou abandonnée, elle s'était fortement attachée à Jacob en ces quelques jours et aurait sans doute beaucoup de mal à surmonter son départ… Bien sûr, elles n'en avaient jamais parlé mais Tina connaissait les failles de sa sœur et lui faire changer d'avis serait peut-être impossible. La soutenir dans ces moments très douloureux pour elle allait être sa prochaine mission, si elle le lui permettait...
