Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.
Titre : Noir ramage.
Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.
« Tout le problème est là. Il est mort depuis longtemps. »
-Ichabod Crane, Sleepy Hollow.
Chapitre 88 : Ann Blanchard, ou la Légende de Sleepy Hollow.
La majorité des gens ont peur du noir sans savoir pourquoi. Ann était une Nécromancienne et savait pourquoi elle avait peur du noir. Les morts l'appelaient, ils répondaient à son pouvoir. Dans la plus haute antiquité, les Nécromanciens Perses communiquaient avec les morts et pouvaient ainsi transmettre leurs volontés aux vivants. Les Grecs aussi les honoraient et les considéraient comme les portes-paroles des Morts et surtout d'Hadès, souverain des Enfers. Au Nécromantion de l'Achéron, les mortels venaient se soumettre à de terribles épreuves pour prouver qu'ils étaient dignes de recevoir un conseil de les ancêtres décédés. Oui, à une autre époque, elle aurait été honorée… Mais plus aujourd'hui. Les gens avaient compris à quel point les Nécromanciens pouvaient être dangereux et les avaient pourchassés et détruits… En Europe, les dernières lignées de ses semblables s'étaient éteintes depuis des dizaines d'années.
Elle était descendue dans la cave du Coven qui maintenant que les prisonniers avaient été transférés au MACUSA était redevenue ce qu'elle était depuis toujours : une cave à vin minuscule. Les différents Grands Maîtres de Sleepy Hollow n'avaient pas de grands œnologues, les vins étaient réservés aux visiteurs de marque et ils recevaient peu… cela devait être un point commun entre tous les Suprêmes. Avoir un rôle au premier rang, mais rester quand même dans l'ombre. Celle de la Nouvelle-Orléans faisait cela aussi. Toute la bonne société de Louisiane la connaissait et la fréquentait, mais personne extérieur à leur groupe ne savait qu'elle était à la tête du Coven local.
Ann ferma les yeux. Mercy était repartie. Le devoir avant tout. C'était admirable. Mais Ann avait besoin d'elle. Elle avait besoin que quelqu'un lui conseille de s'arrêter. Que c'était une mauvaise idée… Mais en réalité, à la réflexion, c'était la seule chose possible. Mathieu Lecay, l'oncle défunt de Mercy, disait toujours qu'être bon ou mauvais n'avait aucune importance, que ce n'était qu'une affaire de point de vue, tant ce que l'on faisait était juste. Et elle voulait faire de ce principe l'axe de sa vie. Ce qu'elle voulait faire était juste, après avoir pesé des jours et des nuits entières le pour et le contre elle en était sûre, tout comme ce que faisait Mercy. Par contre, ce qui était injuste était de se sentir blessée parce que Mercy devait faire son travail.
Dans les caves du coven, Ann était à la recherche du Cavalier sans Tête. Il devait se sentir bien esseulé depuis qu' il n'avait plus d'activité. Pendant plusieurs semaines, de nombreux prisonniers à faire puis à garder et depuis quelques jours la prison était vide et là était le problème : un geôlier dans une prison aux cellules vides était ridicule, que dire quand il n'avait plus de prison… Ces derniers temps, il avait beaucoup changé, les contacts amicaux des aurors, les missions de confiance en douceur et cerise sur le gâteau avoir retrouvé son sabre… Et maintenant, tout le monde était parti vers New-York à la chasse aux traîtres ou au bizarre. Paradoxalement c'est cent quarante-sept ans après sa mort, qu'Helmut Von Kirtsen était devenu un être humain au meilleur sens du terme et qu'il avait découvert l'amitié. Mieux vaut tard que jamais diraient certains…
Peut-être en serait-il de même pour Gindelwald… Parfois elle rêvait : on est en 1926, presque 27, si on l'attrape, on le juge, on le condamne, on rejette les appels, on l'exécute, 1928-29 on ajoute cent cinquante pour être sûrs, il pourrait être fréquentable en 2079… Raisonnement idiot, c'est certain mais qui la faisait un peu rire… En tous cas, le problème ne serait alors plus le sien et ça, ça faisait plaisir !
Pour en revenir à ce qui l'amenait, elle avait un mort qui avait payé le prix fort de ses crimes passés. Elle devait lui apporter la paix, mais la Magie a toujours un coût… Et elle n'avait aucune envie de payer celui du sort qu'elle connaissait et qui pouvait l'aider. Une vie pour une vie… C'était… Juste.
-Bonjour, monsieur Von Kirtsen, salua-t-elle le mort-vivant qui se tenait devant elle.
Elle l'avait évité pendant des semaines. Le pouvoir qu'il dégageait… Était enivrant. Elle sentait tout ce qu'elle pourrait faire si… Si elle aspirait la vie, si on pouvait dire, de cet homme. Si Mercy avait été là… Mercy ne l'aurait pas laissé seule avec une telle tentation. Si cette histoire avait appris quelque chose à Ann, c'est que Mercy… Mercy devait faire des choses plus importantes qu'elle-même. Se battre pour les autres lui prenait tout son temps et toute son énergie. Il était temps pour Ann se faire comme elle. Se battre pour quelqu'un qu'elle connaissait à peine… Quelqu'un qui, hier encore, n'avait pas la moindre importance pour elle…
-Je pense que vous savez pourquoi je suis ici.
Il ne dit pas un mot. Comme l'aurait-il pu ? Du moins physiquement. Mais, son âme était calme. Comme si… Comme s'il allait se soumettre à son jugement quoiqu'il arrive.
-Vous voulez être libéré… Retrouver votre liberté.
Elle ne pouvait pas le faire sans condition. Elle ne pouvait pas le laisser soumis à une malédiction qui l'obligerait à tuer sans pitié de nouveau. Elle ne savait pas quoi dire. À vrai dire, elle avait presque honte de ce qu'elle devait avouer.
-Je sais ce que vous voulez et ce à quoi vous avez droit aussi… Je dois vous rendre votre liberté mais aussi vous empêcher d'entrainer d'autres dans la mort. Je crois que je connais le moyen d'y arriver mais, pour l'instant, je ne sais pas comment faire sans en mourir moi-même. J'ai besoin de temps pour trouver un moyen d'y arriver… De faire quelque chose que beaucoup jugent impossible.
C'était étrange de parler à quelqu'un dont on ne pouvait pas voir la tête… Du moins, pas comme tout le monde. En tant que Nécromancienne, Ann voyait plus loin que l'enveloppe charnelle, l'âme du défunt. Et elle savait que si elle tendait la main, ce semblant de fantôme de tête serait pour elle aussi solide que le reste du corps.
-On se revoit à Samhaim, promit-elle au Cavalier sans tête. Et là, je vous libérerai.
Quoique cela lui en coûte. Il était temps que cette histoire aussi prenne fin.
