Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.

Titre : Noir ramage.

Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.


« Ce qui différencie la perfidie de l'abus de confiance, c'est la trahison personnelle car, sans elle, la perfidie ne serait qu'un abus de confiance ».

-Hypolite de Livry, Les pensées et réflexions (1808).


Chapitre 89 : Gellert Grindelwald, ou ce n'est que partie remise.

Comme des centaines de fois auparavant, il entra dans le Congrès Magique, mais, ce coup-ci, ce n'était pas par la grande porte ou une porte utilisée par les aurors. Non, c'était par la « Traitors Gate » (1), ainsi que nommaient ce genre d'endroit où l'on trainait les criminels, ces idiots d'anglais. Ils ne faisaient qu'obéir aux ordres, à se conformer au bien-pensants, les aurors et tous les autres ne comprenaient pas ce qu'il cherchait à faire. Un monde meilleur, un monde plus libre. Un monde où les sorciers ne vivraient plus dans l'ombre. Non, ils préféraient agir comme des moutons bien sages et obéissants plutôt que de voir naître ce nouveau monde… Un monde, que bien entendu, il dirigerait. « Vous n'êtes pas éternel »… Cette phrase… Lecay la lui avait jeté au visage et elle avait raison. Même s'il pouvait vivre plus de cent ans, voir près de deux cent ans, tôt ou tard, il aurait besoin d'un héritier. Mais qui ? Pour l'instant, les seuls personnes qu'il avait rencontré dignes de cette tâche… De son héritage… N'étaient pas du bon côté. Il pouvait toujours essayer de persuader une de ses personnes, même s'il n'aimait pas être contredit, avoir quelqu'un pour lui montrer les failles de son raisonnement était une bonne chose plutôt qu'une bande de béni-oui-oui. Depuis sa séparation avec Albus, il n'avait plus rencontré quelqu'un capable de le comprendre et de rivaliser avec lui. Quand on atteint son niveau de conscience, l'émulation est difficile, il faut tout d'abord rencontrer l'être capable de l'amener à se surpasser.

Enchainé, suspendu dans les airs, entouré de gardes, il suivait son chemin de croix comme disent les non-maj's, tous ces ignares le regardaient les yeux ronds sans comprendre le ridicule de cette situation : le plus grand mage de tous les temps traité ignominieusement par des gens incapables de comprendre leurs erreurs. Il entendit des voix qu'il n'avait pas envie d'entendre alors qu'il venait de perdre cette manche.

-Tu ne vas pas pouvoir lui coller ton poing dans la figure, tous comptes faits, lança Reed à Lecay.

-J'ai pu le faire à quelques uns de ses crétins de fanatiques, c'était bien aussi.

-Les enfants, calmez-vous… Les calma une troisième personne d'un ton amusé.

Eux ! Maxime Reed, Mercy Lecay et Hector Bluesky… Il les avait bien entendu. Curieusement, il n'était surpris qu'à moitié que le premier soit vivant. Quand il l'avait rencontré la première fois, il avait eu l'impression d'un chat, à la marche souple, pouvant se frotter à toi pour t'accueillir en ronronnant mais capable dans le même moment de partir sans se retourner en t'abandonnant. Et tout le monde sait que ces animaux ont neuf vies. Un mouvement des aurors le fit tourner légèrement et il les vit… Reed était tranquillement appuyé contre un mur pendant que Lecay soutenait celui d'en face, et au centre, Bluesky, ce vieux chacal, capable de rogner sa propre jambe pour se libérer d'un piège. Tous les trois le regardaient d'un air qui se voulait aussi innocent que possible. Cette femme l'avait roulé dans la farine, fait de lui un pantin, tourné en ridicule. Reed l'avait ignominieusement trahi, et, Bluesky avait organisé sa traque, directement responsable de la chute de son empire... Mais ce n'était pas grave, cet intermède en prison ne serait que temporaire, et il sortirait… Savoir tirer son épingle du jeu était une qualité dont il ne manquait pas.

Il avait encore une carte dans sa manche… un ami. Un vrai. Un lien qui remontait à leurs jeunes années. Une amitié qui date des apprentissages est éternelle disait-on… Quand on a vécu de telles émotions, élaboré de tels projets ensemble, partagé les mêmes rêves, on a tissé des liens indéfectibles que même l'éternité ne peut rompre ! Dit si bien le proverbe. Quand il aurait connaissance de son sort, il viendrait à son secours, il ne pouvait en être autrement. Bien entendu, pas de façon directe, ce n'était pas son genre, de façon détournée et en sous-main telles étaient ses habitudes. Mais il sèmera alors un tel chaos qu'une occasion lui permettant de mettre les voiles en découlera. Il fallait qu'il garde espoir… De là naîtrait des opportunités. Le tout était de savoir attendre. Ce revers est transitoire, le vent tourne toujours, après le calme la tempête et toutes ces sortes de choses lui montaient à la tête. Ces idiots avaient gagné la première manche et s'en gargarisaient… très bien, qu'ils soient heureux, avec le bonheur viendrait l'assurance, puis la tranquillité. Ils abaisseraient leur garde… et là… son ami dans l'ombre serait revenu vers lui, il aurait tissé sa toile de l'extérieur pendant que lui lancerait ses filets de l'intérieur même du domaine de leurs ennemis.

Peut-être était-ce dû à son génie, sans aucun doute, il était génial, il lui fallait bien le reconnaître. Il était aussi le plus grand sorcier vivant, avec Albus, bien sûr… mais lui, c'était un détail négligeable, leur histoire les liait pour la vie comme disaient les français si romantiques, il ne pourrait jamais lui nuire, tous deux étaient condamnés à cohabiter. Mais il restait une probabilité… il allait devoir s'assurer qu'il respecterait toujours leur pacte s'il décidait de rompre définitivement leurs liens. Dans ce cas, rien ne pourrait le retenir, il arriverait à trouver un moyen indirect de l'atteindre, si on enlevait Albus de l'équation, il serait seul, le plus puissant, le plus fort en sorts magiques de toutes sortes. Une nouvelle fois, il entendit une nouvelle pique de Lecay. Même après un mois d'enfermement, elle avait toujours eu remarque désobligeante à lui lancer. Au moins, elle avait du caractère à revendre, il fallait bien le reconnaître. Avant de la tuer, il jouerait peut-être un peu avec elle… La terrifier au point qu'elle le supplie. Ça, ce serait plaisant. Une bonne vieille vengeance.

Il y arriverait. Il arriverait à s'échapper et à se venger des aurors qui l'avaient arrêté. Une de ses plus grandes forces était que tous les crétins l'entourant le sous-estimaient. Dans le fond, tous ne voyait en lui qu'un criminel, un meurtrier certes puissant, parfois un fou, mais rien de plus. Tous sauf cette peste. C'était elle qui s'était fait sous-estimer. Une erreur qu'il ne ferait pas deux fois.

Il allait devoir réfléchir et mettre au point un plan. Mais en premier lieu, il lui faudrait les éloigner, elle et ses comparses. S'ils mourraient ? Ce serait fabuleux ! Il fallait qu'il organise cela. Mais, parce qu'il avait un mais, une difficulté à surmonter… Il fallait qu'il les tue en même temps, parce que sinon… Les survivants ne mettraient pas longtemps avant de remonter jusqu'à lui et lui causer des problèmes, gêner ses plans. Surtout Bluesky et Lecay. Reed, de son propre aveu n'avait pas la rapidité de déduction des deux autres, même s'il aurait pu mentir sur cela, vu les circonstances de cette conversation. Cela allait demander une organisation parfaite… Plus que celle qu'il pouvait espérer pour l'instant. Il allait avoir besoin d'un plan pour les mettre hors course. Une fois cela fait…

Le danger serait moindre, il pourrait organiser son évasion. Picquery était trop sûre d'elle, pour l'instant une foule d'aurors l'encerclaient fébrilement. Les mesures de protections étaient au plus haut. Ils étaient maintenant dans la prison du MACUSA, où il s'était si souvent rendu quand il occupait le poste de Graves, mais maintenant sur les deux côtés de l'allée centrale les cages individuelles s'empilaient sur cinq étages… Il planait au-dessus du sol, les bras tendus en arrière, les poignets dans des menottes magiquement verrouillées. Du coin du regard, il vit Higgins, Palmer, Olivetti, Smith… Une grande partie de ses fidèles disparus étaient là ! Son empire américain s'était effondré… Où était donc Grayson quand il en avait besoin ? Comment ce crétin avait-il pu manquer le fait que les autres membres de son groupe étaient emprisonnés ? Ce n'était pas possible d'être un tel incapable.

Mais ce n'était qu'un moment… Tel le phénix, il renaîtrait et il prendrait le pouvoir car tel était son destin… Il était sûr que les membres les plus importants de son organisation ne figuraient pas dans cette collection et en particulier son bras droit... C'est vrai qu'il l'avait souvent exaspéré avec son goût de la dissimulation, de la manœuvre occulte et insidieuse… Mais il devait aujourd'hui reconnaître que cette technique avait du bon. Et il saurait en tirer un enseignement pour le futur… Il renaîtrait et serait alors encore plus puissant… Et sa vengeance serait alors terrible. Lecay et tous les autres ne s'en tirerait pas avec une mort douce. Ils s'arrangeraient pour qu'ils sachent dans leurs derniers instants qui était responsable de leur mort.

Une des choses qu'il pourrait utiliser était qu'en ces semaines de supercherie, il avait appris à connaître le MACUSA sur le bout des doigts. Autant la disposition des services que les sorties officielles et secrètes, les entrées discrètes, les outils de magie alternative remisés dans le service de confiscation des objets interdits, les salles magiques qui n'existaient pas si on ne connaissait pas le mot de passe les créant et les ouvrant tout à la fois… Il connaissait tout cela, sur le bout des ongles ou plutôt de la baguette. Même la prison avait ses faiblesses si on savait où les chercher...

Il connaissait aussi beaucoup de gens et pas seulement ses ex-subordonnés, il avait tissé des liens avec de simples fonctionnaires de toutes qualifications et tous niveaux. Certains occupaient des postes suffisamment bas dans l'organisation du MACUSA pour que personne ne prête attention aux agissements de leurs détenteurs, ils étaient libres d'aller et venir. Personne ne prêtait jamais attention aux cloportes, sauf lui : même le plus insignifiant insecte pouvait être utile si on le guidait convenablement. Mais il n'avait pas perdu son temps, ils avaient parlé, discuté des choses, de la vie des sorciers et des non-maj's et ainsi posé des jalons menant à ses théories sur le Plus Grand Bien. Maintenant, il allait être temps d'activer ses contacts…

En attendant, il allait étudier ses geôliers. Ils ne pouvaient tous être insensibles à son charme. Il avait toujours été quelqu'un de très persuasif, à Durmstang déjà, il influençait ses condisciples, les amenant à faire ce que Lui décidait. C'est là qu'il avait fait ses premières armes et conquis son premier ami. Du moins autant que l'un comme l'autre puisse avoir un ami.

Depuis bien de l'eau était passée sous les ponts et il avait renforcé de beaucoup sa technique. Son plus haut fait d'armes était d'avoir établi une relation étroite avec le seul sorcier capable de rivaliser avec son génie : Albus Dumbledore. Ils s'étaient mutuellement séduits dans leur jeunesse, physiquement mais aussi et surtout intellectuellement… Ensemble, ils avaient bâti les bases du Plus Grand Bien pendant de longues heures de discussions passionnées. Malheureusement, Albus avait manqué de cran : à la mort d'Ariana, regrettable il est vrai, il s'était déballonné et avait été anéanti. Il avait laissé tomber leurs projets et maintenant, il végétait dans un poste de professeur de Défense contre les Forces du Mal, un comble d'ironie, dans une école minable. Bon, d'accord. Il avouait que Poudlard faisait partie des dix meilleures écoles du monde. Mais, c'était un boulot minable alors qu'Albus était promis à tant de grandes choses à ses côtés.

L'autre problème était Croyance. Picquery et comparses pensaient l'avoir détruit, mais lui en était pas si sûr… À son avis, l'obscurus survivait quelque part, et s'il y était, son obscurial aussi… Il suffisait de le retrouver. Mais après, il faudrait dialoguer avec lui et là, il devait avouer qu'il avait lamentablement échoué. Que voulait Croyence au plus profond de lui même ? Aidez-moi… De l'aide, de l'amour, du secours. C'était pas son point fort, il devait bien l'avouer. Il allait devoir trouver quelqu'un capable de comprendre cet idiot et de servir d'interface entre eux, pour que Croyence rejoigne son parti. Et surtout quelque chose que cet Obscurial voulait plus que tout au monde. Quelque chose qu'il serait alors le seul capable de lui offrir… Il allait devoir charger un de ses disciples d'enquêter pour découvrir tout de la vie de cet adolescent, son passé, ses besoins, ses désirs les plus profonds. Après seulement, quand il connaîtrait absolument tout de lui, il pourrait définir un angle d'attaque et réussir à l'attirer.

En plus de préparer son évasion, de découvrir les « petits soucis » de cet attardé de Croyence, il allait devoir préparer sa vengeance, il devait apprendre au monde entier qu'on ne pouvait pas s'attaquer à lui sans en subir les conséquences. Il allait être très occupé.


(1)The Traitor's Gate : est une entrée donnant sur la Tamise par laquelle de nombreux prisonniers des Tudor entraient à la tour de Londres. Édouard Ier l'a fait construire afin de fournir une porte donnant sur le fleuve à la forteresse.