Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.
Titre : Noir ramage.
Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.
« On peut tout pardonner dans la vie, hormis la trahison et l'hypocrisie ».
-Marie-Geneviève-Charlotte Darlus, La pensées et réflexions morales (1760).
Chapitre 90 : Frederic Grayson, ou comment passer à la casserole au petit-déjeuner.
Après l'avoir enfermé dans le noir pendant un temps qui lui avait paru interminable, maintenant on lui mettait de la lumière en plein dans les yeux. Rien de bien nouveau sous le soleil dans les méthodes d'interrogatoire du MACUSA… Si on pensait l'intimider comme ça… Ebloui, il entendit une chaise que l'on tirait, il écarquilla les yeux, une ombre approchait, la silhouette s'affinait, il discerna enfin l'homme qui approchait : Hector Bluesky dans toute son arrogance. Cet homme… Il n'était rien avant d'entrer chez les aurors, un simple indien sorti de sa réserve et il osait se comporter comme s'il était plus important que lui, un Grayson.
-J'ai d'autres choses à faire, alors faut passer à table tout de suite, lui lança le vieil homme, on gagnera beaucoup de temps et de l'énergie.
-Tout cela est un terrible malentendu.
Bluesky leva les yeux au ciel…
-J'ai connu un type dans ma jeunesse, un cousin, qui pensait pouvoir toujours raconter n'importe quoi, c'était désespérant de le voir se démener pour nous faire gober ses bobards. C'est fou ce que vous pouvez me le rappeler...
Il ne devait pas perdre le fil de ses pensées. La difficulté quand on ment est de ne jamais se contredire au fur et à mesure de ses échanges. Il connaissait cette méthode qui consistait à interrompre celui qui était interrogé, plaisanter, casser le rythme… lui faire perdre le fil de l'histoire qu'il avait forgé en attente de sa confrontation. Pour l'instant, la seule personne qui pouvait détenir des preuves contre lui était Mercy Lecay. Il pouvait faire naître des doutes, argumenter que c'était une femme qui avait accepté de vivre de son plein gré avec Grindlwald, sous-entendre qu'ils s'étaient très bien entendus… Surtout ne pas insister, juste un trait de calomnie, normalement c'était suffisant, les hommes ont toujours tendance à vouloir punir les femmes plus libres et intelligentes qu'eux… Et même si ça lui faisait mal de le reconnaître, Lecay était très intelligente. Quand à la liberté… C'était un femme qui ne supportait tout simplement pas qu'on lui donne des ordres. Salir la réputation de cette sale petite garce à tel point qu'elle retournerait vivre au fond de son marais natal. En montrant qu'elle était pas la personne la plus stable émotionnellement… Elle s'était fait torturée pendant plusieurs semaines, c'était un problème. Comment expliquer que Grindelwald ait pu appliquer ce traitement à une maîtresse ? Une querelle d'amoureux ? Un peu de ridicule en sus, ça ne pouvait pas faire de mal. Bon, le problème était que Grindelwald n'avait pas la réputation d'être amateur de la gent féminine, mais ça c'était une rumeur, un vague bruit… Rumeur dont personne n'oserait demander confirmation ou infirmation au principal concerné. Sans doute parce que la société acceptait mal ce genre de relations et que personne était suffisamment suicidaire pour oser sous-entendre devant Grindelwald que ses préférences serait la fin de sa lignée familiale. Surtout en Europe où la « lignée » et l'« héritage » familiaux étaient sacrés. Rien n'était certain sauf ce qu'on disait suffisamment fort et souvent. Il allait rabâcher son histoire, encore et encore et ainsi, créer Son histoire à lui. Lecay pourrait toujours dire le contraire, qui la croirait en fin de compte ? Calomnier, calomnier, il en restera toujours quelque chose… La tenue de Lecay serait déterminante, elle ne pouvait pas être suffisamment bien pour ne pas avoir de problèmes comportementaux et plus elle paraîtrait bizarre, plus il aurait de marge de manœuvre… Quand elle s'apercevrait que même Bluesky avait un soupçon de doute dans son esprit… Douce vengeance.
-Ecoutez, il y a malentendu, j'ai fait semblant… J'ai voulu infiltrer le mouvement de Grindelwald pour mener ma propre enquête, le démanteler de l'intérieur.
-C'est en effet une probabilité… Un jour, mon cousin a volé une bouteille d'alcool à son père, il a voulu expliquer que c'était une bande de copains qui l'avaient fait et que lui n'avait participé à la fête que pour vérifier que la Tequila était de bonne qualité… Je vous raconte pas la tête de mon oncle, ni la sienne quand il a vérifié la qualité de la baguette de cyprès de son père.
-Mais je vous assure. Dans mes fonctions, après votre disparition, j'ai entendu des bruits de collusion entre des membres de la mafia des docks de New York et certains sorciers, j'ai voulu enquêter.
-Vous avez des noms ?
-Olivetti est le neveu de Giacomo Rossi, ce qu'il n'avait jamais signalé aux autorités du MACUSA. Et comme vous le savez, Rossi est avec Lucas Moretti, un non-maj', le patron tout puissant de la bande de la Quattro Mani qui met le quartier en coupe réglée.
-Vous voulez donc dire qu'un sorcier, disciple de Grindelwald s'est allié à des non-maj's pour prendre le pouvoir ? C'est un peu étonnant, non ?
-Justement, c'est ça l'idée !
Bluesky prenait des notes. C'était bon signe, il allait s'en sortir…
-Donc, vous êtes rentré en contact avec cette association mafieuse ? Comment ?
Là était la difficulté, en vérité c'était Olivetti qui servait de jonction, lui personnellement n'avait jamais rencontré son oncle ou son associé. Il allait devoir broder sur ce qu'avait raconté Olivetti dans ses rapports à Grindelwald.
-Leur quartier général est un bar The Old Sailor, 42ème rue. Il appartient à un membre de la bande, Toni Esposito. Rossi y vient régulièrement officiellement pour manger des tagliatelles aux huitres dont il est friand, en réalité pour percevoir ses gains sur les filles et les paris.
-En quoi les activités de ce truand non-maj' nous regardent-elles ?
-Ses hommes servent de petites mains, quand le Maître a besoin de se débarrasser de quelqu'un, il peut faire appel à eux ! Vous ne comprenez rien, ou quoi ?
-Le Maître ?
La boulette ! Il devait se surveiller et ne pas s'énerver… Une autre boulette comme celle-là et s'en était fini !
-Comment croyez-vous que j'ai fait pour survivre… Vous avez déjà mené des missions en immersion, non ?
-Je vous l'accorde… Donc, reprenez votre histoire…
-Quand Grindelwald s'est aperçu que Tim Major n'était pas fiable, il a donné le contrat à un homme de Rossi et ainsi Major s'est retrouvé prendre un bain avec un baquet de ciment aux pieds.
Ça, il pouvait en parler sans crainte, c'était lui qui avec un type de Rossi avait organisé la chose…
-Vous avez le nom de ce « type de Rossi » ?
-Non, malheureusement !
-Ce n'est pas grave, ne vous en faîtes pas, on va le trouver…
Bluesky d'un geste de la main appela un rat de papier, griffonna un mot et le renvoya…
-Poursuivons ! Quel était votre rôle exact dans l'organisation de Grindelwald ?
-Je vous arrête ! Je jouais un rôle… J'enquêtais ! Combien de fois, va-t-il falloir que je vous le dise ?
-Et voilà, vous me rappelez de nouveau mon cousin. Il commençait toujours à monter le ton quand il se sentait acculé… Une fois, il a hurlé pour m'expliquer que ce n'était pas lui qui avait fumé en cachette le calumet du Chef alors qu'il avait encore quelques brins de tabac sur lui…
Ce qu'il pouvait être énervant avec son crétin de cousin… Mais il ne devait pas se déconcentrer, il devait continuer à raconter calmement son histoire, il fallait y croire… il devait y croire… il allait s'en sortir !
-Venons-en à la disparition du Directeur Graves…
Là ça devenait délicat…
-Oui. Je ne sais pas comment Grindelwald a pu capturer un auror de la trempe de Graves…
-Certains disent qu'en réalité Graves avait rendez-vous avec vous le soir où il a disparu…
-C'est FAUX ! Je ne sais pas qui fait courir ce bruit infâme, c'est ignoble de mettre en doute ma loyauté envers le Directeur Graves et le MACUSA ainsi ! Je connais Percival Graves depuis des années, notre enfance sur les mêmes bancs d'école, nous sommes amis, les deux doigts d'une main, j'ai toujours été un fidèle soutien…
Il devait continuer, plus c'était gros, plus ça pouvait passer…
-Vous ne pouvez pas douter de ma loyauté, j'ai toujours servi fidèlement le MACUSA, tout comme mon père…
-N'était pas un escroc ? N'est-ce pas la phrase que vous cherchiez ?
-Je vous défends de parler comme cela de mon père ! C'était…
-Un type qui aimait les filles, le whisky et le jeu ! Ce qui en soit n'est pas une tare, tant que ça reste une activité marginale, ce qui n'était pas le cas de votre cher papa, il me semble… Ne nous prenez pas pour des idiots, nous connaissons les états de services de Frederic Almeric Grayson Senior… Revenons au Directeur Graves…
-JE VOUS JURE QUE JE NE SUIS POUR RIEN DANS SA DISPARITION !
Ça y est, il était très énervé par ce sang-mêlé de sauvage mal dégrossi ! De quel droit avait-on laissé un descendant de sorcier français trappeur de son état et d'une squaw Cheyenne intégrer le MACUSA et comment pouvait-il l'interroger ainsi ?
-Ce n'est pas ce que dit Graves.
Le ton froid de Bluesky le doucha, il frissonna. Bien entendu. Si Graves était vivant, cela compliquait tout. C'était celui dont les souvenirs pouvaient le faire condamner à mort pour traîtrise. Tout ce que Frederic pouvait espérer était que le Directeur soit suffisamment faible pour que son témoignage puisse être classé comme un délire dû à ses graves blessures. C'était encore jouable.
-Graves est vivant ? C'est une très bonne nouvelle ! Il va pouvoir vous dire…
-Que vous l'avez attiré dans un traquenard ?
-C'est FAUX ! Nous sommes partis tous les deux en mission, j'avais entendu dire que Grindelwald serait présent à la cellule de Brooklyn, et là nous sommes tombés dans un traquenard ! j'ai été assommé et quand je me suis réveillé, Graves avait disparu !
-Et ?
-Je me suis immédiatement rendu au quartier général de Grindelwald pour essayer de découvrir où était détenu le Directeur Gaves et essayer de le délivrer.
-Et ?
-Je n'ai trouvé aucune piste. Higgins, le majordome de Grindelwald avait organisé la détention du Directeur et je n'ai pas pu découvrir où.
Une seconde fois, Bluesky d'un geste de la main appela un rat de papier, griffonna un mot et le renvoya… Il y avait peut-être une chance, ça avait l'air de prendre… Quelques minutes passèrent, un second rat revint. Bluesky prit et lut attentivement le papier…
-D'après ce que dit Higgins, ce n'est pas tout à fait ce qui c'est passé…
Higgins était en leur pouvoir ! Et il parlait !
-Comment pouvez-vous croire ce type plutôt que moi, un auror ! Je vous rappelle Bluesky que nous faisons partie du même service !
-De un, vous n'avez jamais fait partie des Forces Spéciales. De deux, nous avons fait partie du même service, mais ce n'est plus le cas. Vous êtes révoqué !
-Moi ! De quel Droit ? Et par qui ?
-Par moi !
La Présidente Picquery sortit de l'ombre… Cette femme ! Qui avait bien pu avoir l'idée de nommer une femme à la tête de leur communauté ? Encore un truc « moderne » totalement idiot !
-Mais je n'ai fait que mon devoir ! j'ai mené une enquête difficile pour le bien de tous !
-C'est une façon de voir les choses… Nous, nous pensons que vous avez mené une enquête en nos rangs pour le compte de Grindelwald, votre maître comme vous l'appelez !
-Mais Madame la Présidente, je vous jure…
D'un geste de la main, elle l'interrompit et lui tournant le dos, elle sortit dédaigneusement.
-C'est Maxime Reed, la taupe au MACUSA, je l'ai vu recevoir ses ordres de Grindelwald !
-Au manoir des Grayson à Sleepy Hollow ?
-Exactement ! Je me suis dit que le plus simple pour l'espionner était de le pousser à me faire confiance et pour ça, lui prêter ma demeure familiale…
-C'est pas faux. Ça peut paraître intelligent. Mais ça peut être aussi une preuve d'allégeance…
-Je vous ai dit que j'étais en IMMERSION, bon sang !
-J'ai bien compris, ce n'est pas la peine d'hurler.
Le calme inébranlable de Bluesky était comme de l'huile sur le feu : il sentait sa tension monter, il devait lutter, contre ce sentiment, rester calme, suivre son histoire sans faillir…
-Je vous dit que Reed est le traître, je l'ai vu prendre ses ordres de Grindelwald. D'ailleurs quand j'ai eu la preuve de sa trahison, je me suis chargé de l'éliminer !
-C'est vous ?
-Bien sûr ! j'ai éliminé un traître dangereux pour le bien du MACUSA !
-Et comment ?
-Par un sortilège…
-Interdit ?
-A la guerre, tous les coups sont permis, vous le savez bien ! Vous même le dîtes assez souvent aux nouvelles recrues, dans la vie, si on veut réussir, il faut parfois se salir les mains…
-Donc, vous avez tué Reed !
-Puisque je vous le dis ! Après la mort de Reed, j'ai aussi éliminé Jones…
-Jones ? Josuah Jones ?
-Celui-là même !
- Nous reparlerons de lui plus tard. Pour l'instant concentrons nous sur Reed. Donc, vous l'avez tué et…
-Et je nous ai débarrassé d'un traître dangereux !
-Il est vivant lui aussi… Vos sorts ne sont peut-être plus très bons, vous auriez peut-être besoin de cours de recyclage accélérés…
Et en plus cet abruti, ce vieillard dégénéré, se permettait de se moquer de lui ! Il allait devoir remettre les pendules à l'heure s'il voulait sauver sa peau...
-Je vous dis que Reed était le traître introduit au MACUSA, chargé par Grindelwald de nous espionner. Je l'ai vu diriger des opérations spéciales pour lui, prendre ses ordres de lui, faire la révérence devant lui, je vous dit que c'est LUI le traître ! Je ne sais pas comment il à pu réchapper à mon sort mortel, peut-être grâce à l'intervention de Grindelwald… C'est un grand sorcier…
-Un grand sorcier ?
-Ce n'est PAS de l'admiration, c'est un fait ! C'est un grand sorcier, capable de beaucoup de choses, bonnes ou mauvaises ! Et peut-être peut-il ramener un type mort dans les vivants… Ce serait la preuve de l'attachement de Grindelwald pour un de ses disciples.
-C'est une possibilité, en effet… Le problème, c'est que ce n'est pas vous qui l'avez tué. Et ça, nous le savons de sources sûres !
-Pourtant, il est mort, non ? Je le sais, j'ai vu son corps !
-En effet, il est mort. Il a même été autopsié !
Sur ces paroles, Bluesky éclatait de rire ! Mais il rêvait ! Comment pouvait-il hurler de rire en parlant de la mort d'un homme qu'il proclamait avoir été un ami très proche !
-Peut-être ne l'ai-je pas réellement pas tué, en effet !
-Peut-être, en effet !
De nouveau, il hurlait de rire ! Où allait-on si le chef du département des aurors avait le comportement d'un gamin de dix ans. Peut-être une séquelle de sa grave maladie ? S'il arrivait à s'en sortir et à reprendre sa place chez les aurors… Picquery virerait Bluesky sans doute, un dérèglement de conduite comme celui-là ne pourrait pas passer longtemps inaperçu… et la place serait libre !
-Qui l'a donc tué ? Si je n'ai pas réussi ? Quelqu'un l'a pourtant fait, non ?
-Oui et non.
-Oui ou non ? Il faut être plus clair que cela… Dans la vie on meurt ou on ne meurt pas, il n'y a pas de troisième voie !
-Ça dépend des fois… Bref, Reed est mort et a ressuscité, c'est aussi simple que ça… Et aujourd'hui, je peux vous jurer qu'il est bien vivant, qu'il a repris ses activités d'auror et lui aussi, dit que vous être un traître.
Bon. Qui est mort et qui est vivant ? Il fallait qu'il se mette à jour… Mais comment faire ? Il était enfermé dans une cellule de haute sécurité du MACUSA et placé à l'isolement, son seul contact était Bluesky qui le passait à la casserole. Il avait envie d'une chose qu'il n'aurait jamais cru espérer savoir de sa vie : que ferait Lecay à sa place ? Il ne savait pas. Tout ce qu'il savait était qu'elle aurait déjà un plan pour s'enfuir. Et le pire ? C'est qu'elle réussira haut la main comme si c'était une simple formalité.
-Même pas foutu d'inventer une histoire qui se tient… Grayson… Même en tant que traître vous êtes pitoyable. Même mon crétin de cousin était plus doué que vous ! Vu son niveau d'intelligence, je vous jure que c'est pas un compliment.
Il n'était pas pitoyable ! Ses informations n'étaient pas bonnes et périmées ce n'était pas la peine de rajouter une couche.
-Ce n'est pas ma faute… Une erreur, une petite erreur…
Rien ne s'était passé comme prévu. Cela aurait dû être un renouveau pour sa famille… Et maintenant… Maintenant lui n'arrivait pas à s'en sortir et sa famille allait mourir de honte.
-Vous avez vendu plusieurs aurors à Grindelwald…
-Ce n'était pas moi !
-Graves est un auror. Et vous l'avez vendu. Vous avez abandonné plusieurs de vos subordonnés en laissant Grindelwald les enlever, les torturer, puis les tuer parce qu'ils s'étaient aperçu que quelque chose n'allait pas. Pire encore, vous n'avez pas levé le petit doigt pour les protéger.
Bluesky le fixait de ses yeux sombres et Frederic comprit pourquoi les gens qu'il interrogeait passaient à table en moins de cinq minutes. Ce n'était pas le genre de regard que l'on aimait avoir fixé sur soi.
-C'est une question de circonstances…
-Parce que Grindelwald vous a menacé ?
-Oui !
-Il a torturé, ou fait torturé, chacun des aurors qu'il a « capturé »… Et vous avez été le seul à trahir notre pays.
-Je n'ai pas eu le choix ! Je risquais ma peau ! J'étais menacé, vous DEVEZ me comprendre ! J'étais en immersion, je risquais ma vie en permanence, Grindelwald, ce serpent d'Higgins, toujours là à espionner, à menacer, à essayer de me surprendre en train de trahir, Lecay qui joue maintenant les saintes nitouches, passait son temps à baver d'admiration devant Grindelwald. Et tous les autres ! Vous ne pouvez pas imaginer ce que c'est que de vouloir démanteler une organisation criminelle pareille, tout seul, pendant des mois, la trouille au ventre et maintenant découvrir que personne ne me croit et que tout le monde considère que je suis un traître ! C'est pas juste, je ne mérite PAS un tel traitement !
-Vous avez trahi vos compagnons ! Sans aucun remord, sans aucune pensée pour eux, leur famille, leurs amis…
-C'est FAUX ! Je vous le jure ! Je suis INNOCENT !
-On peut imaginer que vous dîtes la vérité… Mais je vous avoue qu'il faut vraiment beaucoup d'imagination pour cela !
Ça y était ! Il avait réussi ! Il allait s'en tirer ! Il était vraiment le meilleur !
-Mais je dois vous avouer, qu'ayant eu un cousin comme le mien… je n'arrive pas à gober vos bobards !
Non, mais c'était pas vrai ! Il n'allait pas le lâcher avec son crétin de cousin !
-Je pense que vous avez trahi vos camarades sans vergogne, uniquement pour pouvoir gagner un peu plus de pouvoir ! Vous êtes un minable, vous méritez de croupir le restant de vos jours dans la plus sombre et la plus profonde de nos geôles. c'est d'ailleurs ce que je vais recommander de ce pas à notre Présidente Picquery.
-Mais pourquoi ? Je suis innocent !
-Ces dernières semaines, nous avons délivré beaucoup des nôtres, et incarcéré beaucoup des autres… Et tous ceux qui parlent racontent la même histoire : vous étiez le second de Grindelwald, celui qui relayait ses décisions, qui organisait les traquenards permettant de retirer de la circulation tous ceux qui vous gênaient...
-Ce n'est pas vrai… Vous ne pouvez pas croire ces mensonges… Ce n'est pas possible !
-Je pense que si ! Mais il reste une façon de prouver vos dires, si vous le voulez, nous pouvons vous faire boire du Veritaserum, et là, nous en aurons le coeur net !
Coincé, il était coincé ! Il pouvait résister à une version classique du Veritaserum, comme tous les aurors, mais avec Lecay dans l'équation… Il était sûr que cette bâtarde avait dans son grimoire une version « améliorée » qui marcherait sur lui. Accepter, il était condamné, refuser, il était condamné ! Quoiqu'il fasse, quoiqu'il dise, il était coincé ! Comment s'en sortir ? Il ne voyait plus, il avait joué toutes ses cartes et maintenant, il était fini. Il avait trahi son pays, ses amis et il avait loupé son coup ! Mais était-ce une véritable trahison ? Ce pays était pourri. Des gens comme Lecay étaient bien considérés alors qu'ils n'étaient rien en fin de compte et des gens comme lui étaient roulés dans la boue alors qu'ils étaient bien nés ! Au moins en Europe, c'étaient les sans-purs qui tenaient les rênes et les rats d'égout restaient à leur juste place.
-Ecoutez ! Je sais des choses… Je peux vous apprendre des choses importantes… si vous me laissez vous expliquez… donnez-moi une seconde...
-Ce n'est pas tout cela, mais ma compagne m'attend, ce soir nous devons promener notre chien au parc.
C'est sur cette phrase que Bluesky quitta la pièce d'un pas tranquille.
