Disclaimer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.
Titre : Noir ramage.
Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.
Note : Pour vaincre de Covid-19, restez chez-vous.
« Je connais des tas de gens brillants, et il suffit d'allumer la TSF pour tomber sur un type doté d'un sens de la répartie éblouissant, mais la fiabilité… C'est une qualité assez rare ».
-Mercy Lecay.
Chapitre 93 : Walter Albus Higgins, ou j'ai une certitude...
Higgins avait toujours bien servi son maître. Il descendait d'une longue lignée de majordomes, travail privilégié rarement accordé à un humain dans le monde magique. Et il avait été trompé par une bande d'aurors.
Il avait perdu le compte des jours. Depuis combien de temps était-il enfermé ? Il y avait d'abord eu cette cave immense, divisée en cellules minuscules. Une par personne. Juste de quoi être immobile, à genoux devant une petite table basse, toute la journée, sans parler à quiconque. Puis de quoi s'allonger la nuit, la cellule était suffisamment petite pour que l'on puisse toucher ses deux extrémités en s'étirant une peu. Isolement total. Son seul contact était ce dingue sans tête qui leur apportait nourriture et soins.
Le manque de bruit. Non seulement le silence de tous les prisonniers, mais aussi et surtout le manque de bruit. Rien, rien de la vie extérieure n'arrivait jusqu'à eux. Ni bruits du vent, des oiseaux, d'animaux, paroles, ou simplement bruits de vie des autres prisonniers… Seuls les pas légers, les vas et viens de leur geôlier rythmaient leur vie.
Le manque de lumière. Une lumière blafarde venant d'un petit plafonnier. Le soir, ce qui logiquement devait être le soir, extinction des feux. Ils devaient alors s'allonger et ne plus bouger.
Mais le pire était la présence de ce spectre revenu des enfers. Sa mère, Louise Ann Higgins, avait réussi le prodige d'être une sorcière raisonnablement douée, une femme soumise attentive à son ménage et sa famille et une bigote convaincue. De son enfance, il avait retenu un amour immodéré de l'art de la magie et une admiration infinie pour ceux qui maîtrisent ces pratiques. Il avait aussi acquis une technique de gestion d'un foyer digne de tous éloges, il en avait fait son métier et était devenu un cador dans son domaine, Maman aurait été très fière de ses talents. Par contre, il n'avait jamais compris ses préceptes religieux… Pour lui, Dieu, paradis, enfers, vies des saints n'étaient que des histoires de bonnes femmes idiotes et crédules. Mais depuis son incarcération, il devait remettre ses idées en question : fréquenter un homme manifestement revenu des enfers posait la question de la réalité des croyances de sa mère. Si on admet la véracité des enfers, et ça il pouvait maintenant difficilement la nier, il fallait bien croire à son pendant : le paradis, et, si on admet les enfers et le paradis, que faire de l'idée de Dieu ? Dieu existait donc bien ! Mais que pouvait donc être ce Dieu ? Un homme sur-humain, capable de tout comprendre et maîtriser, omniscient : or, il en connaissait un, il le connaissait même très bien, le servant fidèlement depuis des années : Grindelwald ! Grindelwald était un Dieu. Si on reprenait l'histoire des sorciers, il y avait toujours un des leurs sortant du lot, à toutes les générations, un sorcier était totalement supérieur aux autres : un Dieu. Et lui, Walter Albus Higgins, avait la chance de le servir au plus près !
Cette certitude était devenue SA religion et chaque jour depuis son enfermement la renforçait. L'histoire ne pouvait pas s'arrêter comme cela, son Dieu allait renaître de sa chute et lui Walter Albus Higgins serait là pour le servir ! Il ne devait pas perdre espoir, ne pas se laisser aller et garder ses forces intactes pour garder à son Maître un serviteur au maximum de ses moyens. De ce jour, la vue du Cavalier sans tête ne l'avait plus terrifié elle renforçait même son engagement.
Puis un jour on était venu le chercher. Et maintenant, il était enfermé dans les geôles du MACUSA. Des cages de deux mètres dans toutes les dimensions. Trois pas dans tous les sens. Des barreaux tenant lieu de murs. Des cages empilées les unes sur les autres.
La lumière était omniprésente. Éblouissante et presque continue. Une autre sorte de torture, presque aussi terrible. Jours après jours, ils étaient surveillés par leurs gardiens. Sans possibilité de se cacher, de s'isoler pour quoi que ce soit. Mais ils avaient retrouvé une dimension humaine, matin-soir, jour-nuit, tours de garde, changements des gardiens, changement des menus…
Ce nouveau régime d'incarcération était une chance : le Cavalier sans tête n'imposait plus sa terreur, et, beaucoup des prisonniers relevaient la tête, des geôliers humains et normaux… Le moral des prisonnier remontait en flèche et avec lui leurs vitalité, projets et espoirs ! Le temps était revenu de redresser la barre de l'organisation de Gellert Grindelwald, et il allait s'y employer ! De plus le système de cages empilées et ouvertes permettait une bonne surveillance, fini l'intimité protectrice, mais avantage certain pour les détenus, autorise la communication entre eux… Et ça c'était parfait ! Depuis qu'il était interné au MACUSA, il avait pu faire le point. Qui était arrêté, qui ne l'était pas… Qui avait trahi en déballant tout ce qu'il savait, qui s'était tu… De qui ils devraient se débarrasser pour créer un mouvement renaissant plus performant et ceux en qui on pouvait avoir confiance… Il avait fait le point, ses listes étaient prêtes, quand il sortirait, le passage à l'action serait rapide et facile car soigneusement préparé.
Pendant longtemps, la plupart des prisonniers avaient perdu toutes notions du temps, de l'extérieur, de ce qu'était la vraie grandeur. Mais à partir d'aujourd'hui, ça allait changer : leur maître les avait rejoints. Ses ennemis pensaient l'avoir vaincu, réduit à néant. Mais en réalité, c'était totalement idiot. Avec son esprit, leur Maître allait trouver le moyen de les sortir de là.
Tous le prisonniers l'avaient vu entrer, ces idiots pensaient l'humilier en le traînant comme un animal… en fait comme un martyr de leur cause. Tous les Dieux devaient en passer par là et ce depuis toujours ! Maintenant que Grindelwald était à leurs côtés, rien ne leur était plus interdit, l'espoir avait changé de camp, il leur était revenu. Lui, Walter Albus Higgins, allait prouver sa valeur : réorganiser, remettre en ordre de marche leurs troupes et éliminer les traîtres, cet imbécile de Frederic Grayson en premier… Ainsi que préparer leur évasion et pour finir leur victoire !
Il avait commencé par étudier leurs gardiens. Ce n'étaient plus un homme mort-vivant incorruptible, au-dessus de la mêlée, mais des sorciers comme leurs prisonniers, ça créait des liens, certains se découvraient une proximité certaine. Des échanges prenaient corps, et Higgins donnait ses directives : montrer que nous sommes les mêmes, que nos buts sont proches, que nous ne sommes pas de dangereux extrémistes… Qu'une certaine indulgence envers leurs prisonniers naisse, et de l'indulgence à la permissivité puis à la complicité, il n'y avait qu'un pas…
Depuis seize jours, leur Maître était enfermé au secret au sous-sol. La surveillance de leurs gardiens se relâchait, ils s'endormaient dans un train-train quotidien tranquillisant et trompeur. Durant cette période, il avait bien travaillé, deux de ses gardiens adhéraient maintenant à leurs objectifs. Ils étaient prêts à les aider ! Et ce n'était qu'un début, il ne relâcherait pas la pression.
Un grattement de gorge, Pietro Esposito, un des deux gardiens retournés, lui tendait son plateau repas de midi. Il le prit et s'installa pour manger. Il souleva le bol et vit un papier qu'on avait plié en deux. En prenant garde de ne pas être vu, il l'ouvrit. On avait tracé le symbole de Grindelwald. Juste ce symbole. Soit c'était de nouveau un piège, soit il n'était plus seul. Son Maître avait trouvé le moyen de communiquer avec son plus fidèle lieutenant et prévu quelque chose. Son Maître ne perdait jamais.
Il allait se mettre au travail de plus belle, le premier point positif était que nombre de leurs partisans étaient encore libres. Espisito faisait le lien entre eux et lui, pour l'instant, ils avaient réussi à échapper aux meutes d'aurors à leurs trousses, et le calme revenant, ils allaient se remettre au travail. En premier organiser des bases de repli, des structures d'accueil et de refuges. Quand ce serait fait, il allait organiser l'évasion de son Maître et celle de ses partisans et libres, ils se fondront dans la nature pour afin de repartir à la conquête du monde.
Cet intermède en prison n'était qu'un contre-temps qu'ils pouvaient tourner à leur avantage : un moyen de séparer le bon grain de l'ivraie, d'éliminer les tièdes, ceux qui ne méritaient pas de suivre le Maître, de remotiver les troupes avant l'assaut final.
Le monde leur appartiendrait, il en était sûr, il ne pouvait en être autrement ! Dieu était de leur côté.
