Hola tout le monde ! Comment vous allez ? Vous surmontez le traumatisme d'une semaine sans chapitre hahaha ?
Pour me faire pardonner, je vous signale que j'ai passé un excellent séjour à Londres, et que je suis encore plus motivée qu'avant à vous offrir des chapitres de qualité. Et comme promis il y a deux longues semaines en arrière, aujourd'hui le chapitre est un peu plus long, et se concentra presque exclusivement sur la relation entre Finn et Poe ...
J'en dis pas trop, parce que je vous garde la surprise hahaa ! Mais j'espère tout de même que ça va vous plaire !
Comme d'habitude, je tiens tous à vous remercier personnellement pour les ajouts en fav, en follow où les nombreuses reviews que je reçois à chaque chapitre ! Milles merci ! Je suis vraiment touchée, et motivée à écrire ! Encore désolé d'avoir sauté la réponse aux reviews d'une semaine, normalement tout le monde a dû recevoir la sienne avant la publication du chapitre !
Bref !
Encore merci ! Bonne lecture !
Réponses aux reviews anonymes : ( du chapitre 9 et 10 du coup, désolééééé )
LaChapeliere : Je sais pas par quelle review commençer, aaaah. xD Comme tu le sais déjà, à défaut d'une grosses scène Reylo pour me faire pardonner, une grosse scène stormpilot ! Même si bon, tu l'as déjà lue, et bah, la fin tu l'as pas luuu, nananana ! *pan*
Titouan est assez jeune, oui, un peu immature, mais son âge est jamais précisé. Je dirais personellement qu'il a presque 19 ans. Encore un grand ado, si on peut le dire. Et c'est vrai qu'il est agacant, avec ses envies d'être un héros, et son côté lâche qui le fait prendre de mauvaises décisions. Un peu comme Drago Malefoy, mais avec 100 fois moins de charisme. Je n'aime pas Titouan, mais il fallait bien une victime dans mon histoire mdrr
Pour le Reylo, autant te dire que tu seras servie dans le prochain chapitre ! Et promis, cette fois, pas de spoil ! Je demanderai des conseils uniquement à Roze, pas à toi, mouhahaha !
Décidément, j'aime toujours tes longues reviews ! Je suis désolée, j'ai dû condenser un peu pour la réponse hahaha ! Certains trucs se passent au chapitre 9, et changent totalement au chapitre 10, c'est fou ça ! Et genre, ta pote elle ship le Snorey ? Euh ... Change de pote, lol. *pan*
Allez, bisou, et je me réjouis de te retrouver dans les commentaires ! Bonne lecture ma belle !
Manon : Merci de tes deux reviews, et désolée du retard de réponse ! J'espère que la suite continuera à te plaire ! Bisous et toute bonne lecture ! ^^
Lilou : Hahaha, ton commentaire m'a bien fait rire. Je poste chaque semaine, le mercredi soir, normalement, sauf la semaine passée, je rentrais tout juste de mon voyage à Londres, et j'avais pas eu le temps d'écrire haha ! Concernant la "grosse scène de boule" entre Rey et Ben, et bien, je pense que le chapitre de la semaine prochaine pourrait bien te ravir ... Merci du commentaire, et à tout bientôt, j'espère ! Bisous !
MissManga : Merci du commentaire et des compliments ! J'avoue que je fais mon maximum pour les fautes, et comme je suis maintenant assistée d'une bêta, c'est d'autant plus facile, hahaha ! En tout cas, si tu n'aimais pas le cliffhanger du chapitre 9, tu vas me détester, et détester ce chapitre hahaha ! Bonne lecture et à bientôt !
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Whisper, say my name
The lights are gettin' lower
Trouble, from your lips
One taste, I'm goin' over
Falling, between
This feel, is what I'm after
High – Sivik
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Il aurait été stupide ou méchant s'il avait affirmé qu'il n'avait pas vu de larmes dans les yeux de Rose. Mais avant même qu'il puisse intervenir et rectifier son erreur, la porte claqua et il se retrouva seul avec lui-même. Il fixa longuement le mur blanc délavé, un sentiment vicieux s'insinuant dans ses veines, poison des mœurs et retors.
Finalement, il détourna lentement la tête, et fit quelques pas dans la pièce pour chasser les fourmillements qui le dérangeait. Une espèce de nervosité et d'embarras mêlés le saisirent aux tripes, et il se mordit anxieusement les lèvres. Ses pieds le menèrent vers la fenêtre, et il s'assit sans se poser de questions à la place où siégeait Rose avant qu'il ne sème le trouble dans son cœur et son esprit.
Plongeant son regard dans l'immensité ivoire, il poussa un long soupir, laissant retomber sa tête en arrière. Puis, la nervosité laissa place à de la culpabilité, et elle l'emprisonna entre ses filets déchainés.
Il s'était comporté comme un moins que rien avec Rose, la repoussant comme une malpropre. Quand bien même il ne partageait pas ses sentiments, ce n'était tout de même pas une raison pour la traiter comme il l'avait fait. En fermant les yeux, il revoyait l'expression d'horreur et d'humiliation qui avait traversé le visage de son amie, revenant comme un cauchemar incessant, ponctué par des contorsions d'estomac tourmenté. Il savait qu'il devait s'excuser, lui dire qu'il regrettait d'avoir été si froid et sec dans ses paroles, lui demander si elle souhaitait demeurer son amie … Rey était déjà partie depuis quatre jours, et Poe ne lui adressait toujours pas la parole. Il n'avait pas besoin de s'attirer le silence d'un autre membre de la Résistance. Et malgré tout, Rose était importante pour lui. Elle avait été celle qui avait boosté sa motivation et sa confiance en lui, qui l'avaient poussé à donner le meilleur de lui-même.
Oui, il devait beaucoup à Rose, et il ne pouvait pas laisser quelques sentiments et mots de travers briser leur amitié qui avait pourtant résisté à la guerre.
Et Poe …
Il secoua la tête. Il ne devait pas penser à Poe. Pas tout de suite, pas maintenant. Il ne voulait pas que son cœur se remette à saigner en silence, et que ses entrailles se tordent entre elles. Non, non. Il n'arrêtait pas de voir constamment le visage du pilote, de penser à lui, à ses paroles, à sa voix grave, ses yeux foncés. Il n'avait pas besoin de cela en plus du problème que représentait le possible éloignement de Rose. Si Poe voulait faire la tête pour une broutille de pacotille, et bien ainsi soit-il. Finn ne pardonnait pas les gens qui s'en prenaient à ses meilleurs amis. Et sa loyauté allait avant tout à Rey, malgré ses sentiments montants pour le pilote de la résistance.
Fidèle à son camp avant d'être fidèle à ses sentiments. Jusque là, cela lui avait toujours permis de faire les bons choix.
Lorsqu'il esquissa un sourire, se disant que Rey n'avait sûrement pas le même dicton que lui, il décida d'arrêter de vagabonder dans ses pensées. Il devait retrouver Rose, s'excuser de l'avoir sèchement repoussée, puis redevenir les meilleurs amis du monde.
Son plan sonnait bien, oui.
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Il se leva prestement, et fit les quelques pas le séparant de la porte. Il l'ouvrit à la volée, avant de se retrouver comme un idiot dans un couloir vide. Deux choix s'offraient à lui, et il plissa le front, fronçant les sourcils, se concentrant. Rose avait-elle bifurqué à gauche, ou à droite ? S'il voulait la retrouver, et ce efficacement, il fallait éviter de perdre du temps. L'après-midi était déjà bien entamée, le soleil descendant pour aller se mêler aux touffes glacées d'herbe de la toundra. Bientôt, dans quelques heures à peine, il ferait nuit, et la température chuterait. Et Finn préférait, de très loin, le confort d'un bon lit chaud, au lieu des couloirs glacés.
Il s'égara encore. Il secoua violemment la tête pour remettre de l'ordre dans ses pensées. Et finalement, il choisit : il tourna à droite, et s'engagea dans la large galerie enlaidie. Les couloirs étaient blancs, candides, un peu défraîchis peut-être par le temps et l'inhabitation. Depuis que la Résistance était arrivée sur Ord Lithone, quelques jours auparavant, ils avaient entrepris de retaper au maximum la base, et nettoyer les locaux disponibles. En longeant un mur, Finn se fit la réflexion que le fondement était un véritable labyrinthe, et qu'il était peut-être impossible pour lui de retrouver la trace de son amie, surtout qu'elle était partie depuis de longues minutes déjà.
Il ne se découragea pourtant pas. Il devait retrouver Rose. S'excuser. D'être un idiot. D'avoir été involontairement méchant. De ne pas partager ses sentiments.
Son cœur se serra à cette pensée, tandis que son esprit s'envolait ailleurs encore une fois. Il expédia bien loin au fond de sa tête la personne qui venait de se matérialiser dans son subconscient, sachant pertinemment que penser à Poe signerait sa fin. Il n'arrêtait pas de penser à leur dispute, à ce qu'il aurait pu dire ou faire pour empêcher les choses. Finalement, il était assez partagé. Enervé par la réaction de son ami, et d'être puni de la même manière que Rey, alors que, bon sang, il y avait bien un petit quelque chose entre eux, une étincelle qui faisait la différence, non ? Alors pourquoi recevoir un châtiment aussi lourd ? Devoir supporter ses silences, ses regards fuyants. La colère se mêlait à la tristesse. Mais Finn devait avancer, malgré tout. En pleine guerre, il n'avait pas le temps de se fourvoyer.
Voilà qu'il se perdait encore dans le méandre de ses pensées. Il soupira longuement. Sans s'en rendre compte, il était arrivé au bout du couloir, et il s'était arrêté. Là encore, deux solutions s'offraient à lui : soit tourner à droite, et plonger dans une artère mal illuminée ; ou virer sur la gauche, et rejoindre la civilisation, d'où il entendait quelques échos de voix venant d'un côté et pas de l'autre. Il opta pour la logique, et tourna sur sa gauche, longeant le couloir avec un petit sentiment de satisfaction. Il était évident que Rose avait pris la même direction. Il savait bien qu'elle aimerait sûrement rester seule pour ruminer sa tristesse, comme la fois où il l'avait surprise à pleurer sa sœur. Mais il savait aussi qu'il était plus facile de se dissimuler et de s'attacher à la solitude en étant entouré de personne qui ne remarquaient rien. Finn le savait, il faisait la même chose.
« Salut Finn ! » lança une voix, le tirant brutalement de ses pensées.
Encore une fois, il dut se secouer mentalement pour revenir sur terre. Il adressa un sourire de connivence à son camarade, un soldat tout comme lui, et reprit sa route. A force de ruminer, il ne se rendait même pas compte d'où il allait, et qui il snobait. Il était même possible qu'il ai déjà croisé Rose, mais s'il avait été trop absorbé par ses pensées, il ne l'avait certainement pas remarqué. Il soupira. A croire qu'il faisait tout pour empirer la situation.
Et puis, l'inévitable se produisit.
Bifurquant sans cesse dans des dédalles de couloirs innombrables, il perdit le fil de sa route, et se retrouva totalement perdu … Et Finn avait beau se traiter de tous les noms d'oiseaux possible et inimaginables, cela ne lui ferait pas retrouver son chemin. Le couloir avait bien des portes, mais le noir était incapable de dire où il se situait exactement. De toute manière, il n'avait jamais eu une excellente orientation.
La première option qui lui sauta à l'esprit fut d'entrer dans une pièce, de voir si âme y vivait et de demander son chemin. Aussi simple que cela.
Sans plus tarder, ni tergiverser, il toqua à la première porte qui se présenta. N'obtenant aucune réponse, il entra sans plus tarder.
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Poe était éreinté. Le départ précipité de Rey quatre jours en arrière l'avait laissé avec un kilo de contrariété, et beaucoup de responsabilités. Il prenait son rôle très à cœur, essayant de diriger le peloton avec dextérité. Mais il fallait le reconnaitre, il était peut-être un pilote renommé de la Résistance, mais certainement pas un chef expérimenté comme l'avait été Leia.
Les membres de la Résistance avaient constamment un œil sur lui, comme s'ils cherchaient à le juger, ou à lire dans son esprit. Il se sentait dépassé, oppressé par ce pouvoir qui lui donnait tant de possibilité. Il avait peur de se tromper, de faire quelque chose qui les mettrait tous en danger. Pire même, les faire tous tuer. En y réfléchissant bien, il se demandait comment Rey avait fait pour tout gérer, tout en gardant la tête sur les épaules.
Rey …
Il repensait sans cesse à ce qu'il avait dit à la jeune femme, avant son départ. Et dire était un faible mot, puisqu'il avait littéralement crié sur son amie, lui tirant larmes et impuissance. Il l'avait laissée en plan, après lui avoir durement asséné qu'il pensait qu'elle fuyait le combat, qu'elle allait tous les faire tuer. Poe s'en voulait. Enormément. Il n'aurait pas du réagir ainsi, ni lui crier dessus, ou singer ses inepties.
Il n'était pas spécialement réputé pour sa patience et sa réflexion avant de parler, mais il fallait réellement qu'il se calme. Son impulsivité et son agressivité lui avait peut-être valu une amitié, et une romance.
Finn …
En fermant les yeux, il revoyait les traits du noir avec précision dans son esprit. Son visage arrondi, son regard profond, ses lèvres foncées et son nez évasé. Il se souvenait aussi de la couleur de son regard tandis qu'il criait sur lui et sur Rey. Poe était une tête-brûlée, c'était un fait avéré. Surtout avec les personnes à qui il tenait.
S'il avait la possibilité de revenir quelques jours en arrière, et de revivre cette scène, il ferait probablement des excuses à Rey. Il lui dirait qu'elle a raison, qu'il a confiance en elle. Et qu'elle avait intérêt à ramener Kylo Ren.
Quant à Finn … Il lui dirait probablement qu'ils devaient arrêter de se tourner autour sans oser s'approcher. Il était fatigué de ce chassé-croisé, de cet amour tamisé.
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Après une longue réunion avec quelques soldats, qui lui faisaient un rapport sur les armements de la forteresse, le pilote avait décidé de prendre une petite pause, et d'aller se reposer dans sa chambre. Il dormait mal la nuit, repensant à ses paroles insensées, et il ne prenait même plus le temps de se relaxer. Ainsi, une fois le pied posé dans la petite pièce, il se déshabilla en deux ou trois mouvements, et fila se couler une douche brûlante.
L'eau coulant le long de son corps avait au moins le mérite de tirer avec elle les nombreux désagréments que lui conférait son nouveau poste. Il soupira longtemps, fermant les yeux, savourant le silence léger qui semblait planer sur la base.
Et puis, soudain, un craquement interrompit sa quiétude, et il fronça les sourcils. Il éteignit l'eau, puis d'une main tâtonneuse, s'empara d'une serviette pour l'entourer autour de ses hanches. Il sortit de la douche, et tira le tiroir du meuble, pour en sortir un blaster qu'il gardait spécialement pour des cas comme celui-ci.
Lentement, il se glissa par la porte et rejoignit la pièce d'à côté, s'attendant à tomber sur un intru, et non sur …
« Finn ?! » s'écria-t-il.
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Le noir semblait être entré dans une chambre, puisqu'un imposant lit couvrait l'intégralité de la place. La pièce, en soi, n'était pas bien grande, mais suffisante pour y habiter quelques temps. Il n'y avait pas beaucoup de meubles, juste une commode qui bordait le lit, à côté de la porte menant probablement à une salle de bain.
Finn s'apprêtait à sortir de la pièce. De toute évidence, Rose n'était pas ici, et il ne voulait pas déranger l'habitant de cette chambre, qui apparemment ; et heureusement ; n'était pas là. Lentement, il fit demi-tour et posa la main sur la poignée de la porte, quand …
« Finn ?! »
Il se retourna vivement, les sourcils froncés, avant d'écarquiller les yeux et d'en faire tomber sa mâchoire d'étonnement. Poe. A moitié nu. Devant lui.
Son cœur rata un battement, et son estomac se tordit violemment. Il était tout simplement incapable de détourner son regard du corps du pilote, de la petite serviette nouée autour de ses hanches carrées, des quelques gouttelettes d'eau qui coulaient lentement entre ses muscles tracés.
Finn dut se faire violence pour tourner les yeux. Il avait l'impression qu'un feu venait de s'allumer à l'intérieur de ses entrailles. La température de la chambre s'était, à son avis, réchauffée, rendant l'air irrespirable, tant sa gorge et sa bouche étaient sèches.
« Qu'est…ce que tu fais-là, Finn ? » demanda finalement Poe, au bout de quelques secondes, de légères rougeurs colorant ses joues rebondies.
Le noir secoua la tête et se mit une claque mentale. Rose ! Il devait penser à Rose, et s'enlever le corps de Poe de son esprit.
« Je … » Il déglutit lentement, avant de prendre sa respiration, par grosses goulées. « … cherchais Rose. »
Il fit un pas en arrière, baissant le regard et se mordant nerveusement les lèvres. Ne pas regarder Poe. Ne pas regarder son corps sculpté. Ne pas … Oh.
« Je ferai mieux d'y aller, maintenant. Désolé de t'avoir … dérangé. »
Il avala lentement sa salive, et tourna le dos à son ami, levant lentement une main tremblante vers la poignée de la porte. Il était dans tous ces états, incapable de se reprendre. Il devait s'en aller, souffler, oublier. Partir. Loin.
« Attends, non ! » s'écria Poe, avant de baisser à son tour les yeux et de maudire son impulsivité.
« Il faut … que l'on organise quelques détails concernant la bataille à venir … »
Pitoyable excuse, peut-être, mais la pilote n'était pas prêt à admettre ses faiblesses à voix haute.
Alors, lentement, Finn se retourna pour faire face au pilote, une lueur déterminée dans le regard.
« Très bien, je reste. Mais il faut … que l'on parle, Poe. Il faut vraiment qu'on parle. »
Il essayait de se convaincre, de se dire qu'il s'agissait de la bonne solution.
Poe écarquilla un instant les yeux, avant de les baisser. Un léger sourire effleura ses lèvres.
« Tu permettes que je m'habille, avant ? »
Finn laisse un rire nerveux s'échapper de ses lèvres, puis il acquiesça. Tandis que Poe s'éclipsait dans la salle de bain, le noir fit quelques pas, et s'assit sur le lit.
Et l'attente commença, attente qui sembla interminable aux yeux de Finn.
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Prendre une inspiration. Fermer les yeux. Croiser sagement ses mains sur ses genoux qui tressautaient. Essayer d'identifier les différentes odeurs de la pièce. L'odeur de Poe. De son lit. De son parfum. Se laisser guider par les tic-tacs lents de l'horloge. Compter les secondes. Les minutes. Essayer de ne pas penser à l'endroit où il se trouvait. A la personne qui se changeait dans la pièce d'à côté. Ne pas revoir la délicieuse vision du corps de Poe semi-nu dans sa tête. Ne pas essayer de s'en rappeler. Ne pas fantasmer. Espérer l'oublier. Ne pas réussir. Expirer. Inspirer. Expirer. Sentir la chaleur l'envahir tout entier. Se mentir. S'emballer. Paniquer.
Et rouvrir les yeux, enfin, quand Poe revint. Prendre une grande inspiration.
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Poe n'osa à faire qu'un demi pas dans la pièce, et il dut puiser dans son courage interne pour mettre un pied devant l'autre. Il osait à peine regarder Finn, et rien que de sentir sa présence dans la pièce le rendait nerveux. Mais il ne s'agissait pas d'une mauvaise nervosité, une de celle qui prenait aux tripes et ne vous lâchait que lorsque vous étiez à la limite de sombrer, non, non. L'angoisse qui l'assaillait était réconfortante, si on pouvait le dire, à en faire battre son cœur et trembler ses jambes. Il se sentait fébrile, prêt à s'écrouler aux moindres difficultés. Et d'après la tête de Finn, ce dernier devait se trouver dans un état similaire. L'atmosphère était, étrangement, chargée d'électricité.
Le pilote finit par réussir à rejoindre le noir, et s'assit à ses côtés. Il y eut un petit, voire un long silence embarrassé ; qu'aucun des deux ne souhaitait briser.
« Je … » dirent-ils simultanément, avant de s'interrompre brusquement, le souffle coupé.
Finn se tourna vers Poe, et capta une petite étincelle amusée au coin de ses lèvres. Soudainement, ils éclatèrent de rire, un peu nerveusement peut-être, sentant tout de même une sacrée pression s'évacuer.
« Je t'en prie, parle. C'est toi qui a commencé, de toute manière. » dit le noir, une fois son hilarité passée.
Un léger sourire flottait encore sur ses lèvres. Poe y répondit avec douceur, tournant la tête pour le regarder discrètement.
« Je suis un idiot. » commença le pilote.
« Ce n'est pas nouveau, ça … » soupira Finn, exaspéré, malgré le ton amusé.
Poe fronça les sourcils, avant de croiser ses bras sur son torse.
« Je croyais que tu me laissais parler ! »
Le semblant de sermon arracha un sourire au noir, qui mima fit semblant de fermer sa bouche via une fermeture éclair imagée. Poe leva les yeux au ciel, avant de perdre progressivement son sourire, signe que désormais, il était sérieux. Il semblait avoir réfléchit, pris sur lui. Et il fallait l'avouer, la sagesse lui allait au teint.
« Je me suis emporté, l'autre jour. Je n'aurais jamais dû dire à Rey ce que je lui ai dit … J'ai confiance en elle, c'est ma meilleure amie, et je donnerai ma vie pour elle. Mais la savoir entre les mains de Kylo Ren me révulse, et j'ai de la peine à concevoir qu'elle puisse voir de la lumière dans ce type … J'ai peur pour elle, bien sûr. Mais je sais que si elle est convaincue d'arriver à ramener Kylo Ren, alors elle le fera. J'ai confiance en elle. Et en son retour. »
Poe reprit son souffle à grande goulée, baissant les yeux, sentant un énorme poids s'enlever de son estomac. Finn sourit doucement. Son ami avait ouvert les yeux, et partageait son point de vue. Mais ce n'était pas à lui qu'étaient destinées ces paroles, et Poe avait beau les énoncer avec clarté, il devra tout de même en parler à Rey.
« Je suis content que tu ais ouvert les yeux. Mais tu sais bien que ce n'est pas à moi que tu dois dire tout ça … Et je voulais te dire que … Eh bien, je m'excuse de ne pas te l'avoir dit plus tôt. Rey et moi voulions justement éviter ce genre … d'esclandres. »
Le pilote hocha lentement la tête, prenant bonne note des paroles de son ami. Il n'était pas rancunier, et il avait très bien compris le silence des deux soldats. Seulement, il y avait encore quelques éléments qu'il ne comprenait pas, et puisque les deux hommes étaient partis pour poser carte sur table, et bien …
« Je comprend votre silence. Mais ce que je ne comprends pas, Finn, c'est ton silence. Tu as été si froid, si distant, comme si tu avais quelque chose d'autre à cacher. Je ne veux pas de secret. Je ne veux plus de secret. Nous sommes un trio, non ? On ne devrait rien se cacher. »
Finn déglutit lentement, et se leva du lit, essayant d'esquiver le regard du pilote. Poe fronça les sourcils, n'appréciant pas le nouveau non-dit de son ami. Sans s'en rendre compte, il attrapa la main du noir, pour le retenir.
« Finn. » répéta-t-il avec lenteur, essayant d'adopter un trop pas trop bourru pour essayer de le faire parler. « S'il te plait. »
Le noir fronça les sourcils, et secoua la tête, refoulant l'amertume qui lui montait en bouche.
« S'il te plait. » répéta encore une fois Poe.
« Je suis un assassin ! » lâcha lourdement l'ancien stormtrooper, détournant les yeux pour ne pas voir le regard du pilote. « Je ne peux plus vivre à vos côtés, comme si de rien n'était, après tout le mal que j'ai fait. »
Sa voix s'étrangla dans sa bouche, et il se recula d'un pas.
« Quoi ? Tu es fou ! Tu n'es pas un assassin, Finn, arrête un peu tes conneries ! C'est pour cette stupide raison que tu t'es éloigné de moi ? »
Le pilote s'était levé au milieu de son exclamation, écartant les bras pour donner plus de consistance à sa tirade. Il avait les sourcils froncés, signe de son irritation. La conversation prenait une tournure qui lui était désagréable. Il n'aimait pas se disputer avec ses amis, avec Finn surtout ; mais il aimait encore moins lorsque celui-ci sortait des âneries pareilles à son sujet.
« Je ne veux pas que … Que vous … Que tu … fréquentes une personne comme moi ! C'est pour ton bien si je m'éloigne ! » bredouilla ensuite Finn, faisant un pas en arrière, évitant le regard agaçé de Poe.
« Pour mon bien ? Et qui es-tu pour prendre des décisions à ma place ? Je fréquente qui je veux, si j'en ai envie ! Et si j'ai envie d'être avec toi, alors personne ne m'en empêchera ! » éructa le pilote, avant de se rendre compte de sa bourrade, et de se mordre les lèvres.
En s'énervant, ses paroles avaient dépassé sa pensée, et il s'était peut-être un peu emporté. Il s'était peut-être même trahi tout seul. Finn avait les yeux écarquillés, comme si les mots de son ami faisaient leur chemin et qu'il comprenait enfin le sens véritable de sa pensée.
Puis, rompant la distance avec le corps de son ami, Poe se rapprocha de Finn, avant de saisir sans vraiment réfléchir son visage. Il se pencha, avant que leurs lèvres ne se rencontrent, fougueuses, maladroites. Le baiser fut court, pressé, et Poe recula bien vite sa tête, un peu comme si cela ne s'était ps passé. Pourtant, leurs bouches réclamaient la jumelle, et ils ressentirent un besoin pressant ; non, vital, de s'unir à nouveau.
En quelques secondes, Finn avait réduit l'écart entre lui et le pilote, et avait collé ses lèvres aux siennes. Plus passionné et enflammé, le baiser n'avait plus rien de la maladresse et de la curiosité de leur première rencontre. Très vite, désir et passion se mêlèrent à la danse, et leurs langues partirent à la recherche de l'autre. Sans s'en apercevoir, ils perdirent l'équilibre, chutant en arrière pour retomber dans le lit du pilote, augmentant la proximité de leur corps, et par conséquent, la température de la pièce.
Baladeuse, la main de Poe décida d'aller explorer le corps de son partenaire, glissant sous son tee-shirt remonté, caressant avec précision le tracé parfait des muscles de Finn. Ce dernier, lui, avait laissé ses doigts s'emmêler dans les boucles foncées de l'autre homme, tirant doucement dessus pour le rapprocher encore un peu de lui.
L'un murmura le prénom de l'autre, mais la voix se perdit entre le ballet endiablé de leur lèvres serrées. La main du pilote s'aventurait en terrain dangereux, descendant titiller les abdos du noir, le faisant tressaillir d'un étrange sentiment.
Et puis, rompant l'équilibre précaire et magique, une alarme retentit, et tout deux sursautèrent, se séparant avec regret. Poe aurait bien voulu continuer là où ils s'en étaient arrêtés, mais ce n'était pas une petite alarme ridicule qui signalait que non, le stagiaire n'avait pas remis d'eau dans la cafetière, ou qu'il n'y avait plus de papier toilettes dans les latrines communes. Non, non. L'alarme était stridente, perçante, comme si elle vous criait au visage. Et son cri était terrifiant, parce qu'elle signifiait qu'un vaisseau non identifié venait de pénétrer dans les radars de la base.
Autant dire que les deux hommes déguerpirent bien vite de la chambre réchauffée, laissant derrière eux le souvenir de leurs baisers partagés, et de la discussion bien méritée.
La guerre, maintenant.
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Blanc comme un linge, Titouan revint à la base au moment où les alarmes se mettaient à hurler à l'agonie. Il était resté de longues minutes à fixer, sans bouger, l'image immobile de son père agonisant. Si l'hologramme était de faible qualité et d'une couleur bleutée, les blessures de son paternel étaient tout de même voyantes. Un immense poids s'était abattu sur son estomac, vidé par ses multiples vomissements. Il venait de faire voler en éclat ses nombreuses résolutions.
Il avait commencé par se demander comment Hux pouvait être vivant. Rey avait pourtant dit que sa source anonyme avait révélé son décès, et le jeune garçon en avait soufflé de soulagement. Maintenant qu'il le savait en vie, il paniquait deux fois plus … La Résistance n'avait aucune idée du statut du Supreme Leader, et cet avantage dont ils s'étaient tous réjouis pouvait bien se retourner contre eux … Hux était fort, très fort, et nul doute qu'il avait le pouvoir de renverser la guerre. Surtout que, maintenant, Titouan était pris dans les mailles du filet, dans un engrenage qu'il avait lancé de lui-même et qu'il était incapable d'arrêter.
La photo de son père blessé était une pure provocation, visant à le faire sortir de ses gonds, et à lui mettre la pression. Et Hux avait réussi. Le soldat avait peur, terriblement peur, et il ne cessait de se demander quoi faire. Prévenir la Résistance de la survie d'Hux, et révéler ainsi son statut de traitre, écopant de l'emprisonnement à vie une fois la guerre gagnée, peut-être, s'il était chanceux ? Ou alors, renoncer à la Résistance, à Rose, et aller livrer ses secrets à Hux, mais en rééchapper vivant, et sauver son père ?
Et peut-être qu'avec l'aide de son père, la Résistance allait pouvoir trouver une solution pour gagner la guerre. Sa deuxième solution était celle qui sonnait le mieux, et qui, sans doute, lui permettrait une survie assurée. Titouan n'était pas très courageux, peut-être même un peu lâche sur les bords, et il avait terriblement peur de perdre la vie, tout comme il ne voulait pas perdre ceux qu'il aimait. Et dans son cas, il devait faire le choix entre un père aimant, et une possible petite-amie adorable. La question ne se posait même pas, finalement.
La famille avant tout.
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« Qu'est-ce qu'il se passe ? » demanda Titouan à Rose lorsqu'il la trouva dans l'agitation de la base.
Elle lui adressa un pâle sourire, avant de pointer les alarmes du doigt.
« Elles sonnent depuis quelques minutes pour annoncer la présence d'un intru dans le radar de nos appareils. Nous avions peur qu'il s'agisse du Premier Ordre, mais les vaisseaux se sont déclinés, et il s'agit des alliés de Chandrila ! Ils sont venus dès qu'ils ont perçus le signal de détresse. »
Titouan poussa un soupir de soulagement, essayant tant bien que mal de répondre au sourire de Rose, repoussant l'image de son père torturé au fond de sa tête.
« Tout va bien, Titouan ? Tu as l'air tout blanc … Tu es malade ? »
Le jeune garçon esquiva le regard de son amie ; petite amie ? ; et haussa les épaules. Il tenta de lui offrir un sourire, mais ne parvint qu'à une grimace indistincte.
« Oui. » mentit-il. « J'ai juste un peu flippé en entendant toutes ces alarmes et je suis venu voir ce qu'il se passait. Je vais … retourner faire ce que je faisais, du coup… »
Sa voix était faible, mal assurée, et il pria mentalement pour que Rose ne le suive pas. Il ne voulait pas lui faire de la peine, voir des larmes dans ses yeux tandis qu'il prendrait son envol. Il avait quelque chose à accomplir, avant de revenir et de ne plus jamais repartir.
Alors que Rose hochait la tête, et lui tournait le dos pour repartir vaquer à ses occupations, Titouan la retint par la main, et l'embrassa doucement. Il caressa lentement sa joue, et s'ancra dans ses yeux pétillants. Il essaya d'y puiser du courage, de la force, et de la bonté, peut-être.
Et pour répondre au regard interrogateur que posait la jeune femme sur lui, il sourit, et relâcha son étreinte.
Puis, il s'en alla, sans un regard en arrière. Direction l'infini et l'au-delà, et plus paradoxalement parlant, le vaisseau-mère du Premier Ordre.
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Kylo Ren poussa un long soupir d'épuisement, passant lentement sa main sur son visage pour apaiser sa migraine naissante. La journée avait été longue, avec l'arrivée de cette idiote de Rey en fin d'après-midi, leur combat enflammé, et l'agitation des élèves vis-à-vis de la Jedi. Certains avaient eu peur d'elle, et d'autres avaient été tellement intrigué qu'ils en avaient oublié l'entrainement pour aller la harceler de questions.
Ren, quant à lui, avait essayé de l'éviter au maximum. Il avait, par exemple, forcé un de ses chevaliers à trouver une chambre confortable à Rey, ainsi qu'à lui faire visiter le camp. Il s'était, par la suite, enfermé dans la salle des radars, avait interdit quiconque d'y pénétrer, et n'était ressorti que pour aller manger. Et encore, il avait le ventre tellement noué et la tête pleine de pensée, qu'il avait à peine touché à l'assiette remplie devant lui.
Finalement, il avait opté pour la solution la plus simple : Rey n'étant pas en vue ; probablement couchée après plus de 4 jours en hyperespace ; il avait décidé de rejoindre sa chambre, et de ne plus en ressortir avant le lendemain. Son plan s'annonçait bien, plaisant, et il n'avait plus envie de se prendre la tête.
Quand au problème qui se nommait Rey, il aurait tout temps d'y spéculer le lendemain. Il n'avait pas envie d'y penser maintenant, et de passer sa nuit à réfléchir, plutôt qu'à dormir. Cette idiote n'avait pas besoin de le déconcentrer un peu plus, sa simple présence le faisait déjà.
Il retient un léger sourire en arrivant devant son appartement, et appuya légèrement sur le bouton bleuté pour ouvrir la lourde porte. Il ferma les yeux, soupira longuement, et rentra, une fois le feulement robotique indiquant l'ouverture vers la pièce principale.
Les appartements mis à disposition des Chevaliers étaient grands, mais celui de Ren encore plus. Il n'y passait, certes, pas beaucoup de temps, mais avoir un endroit luxueux où venir se poser en cas de désagréments, exactement comme aujourd'hui, était un véritable trésor dont il ne savait se passer.
La pièce était plongée dans l'obscurité, et la fenêtre était probablement ouverte, puisqu'un léger coup de vent faisait voler les cheveux du Chevalier Noir. Il respira l'air frais à plein poumon, avant de se raidir et de prendre une posture de combat, ayant senti quelque chose d'anormal. Il n'était pas seul dans sa chambre.
Il ferma les yeux, faisant appel à la Force, et … Relâcha toute sa méfiance, pour laisser une frustration grandissante prendre place. Il ne devait, en aucun cas, s'emporter tout de suite.
« Qu'est ce que tu fais-là, Rey ? » soupira Kylo Ren, tournant la tête pour regarder la silhouette de la jeune femme, assise dans un coin de la pièce.
Le retour du cliffhanger, TATATA ! *musique épique*
J'espère que ce chapitre vous aura plu, et aura réchauffé les coeurs des fervents shippeurs Strormpilot ! J'ai dû reprendre plusieurs fois mon chapitre pour bien l'adapter aux caractères des personnages, j'espère que vous trouverez ça bien respecté !
Puisqu'il s'agissait d'un chapitre full ( ou presque ) strompilot, le prochain sera consacré sur le Reylo, avec un autre événement que vous attendez tous ... Mouahahahaa. Mine de rien, on arrive gentiment à la fin.
Comme d'habitude, j'attends avec impatience vous retours sur le chapitre, et vos théories pour les chapitres à venir ! J'espère que Binarité continuera à vous séduire longtemps !
Des gros bisous à tout le monde ! A la semaine prochaine !
