Hola ! Autant vous dire que j'ai fini le chapitre il y a 10 minutes, et que je suis à la bouuuuuuuuurre ! J'avais pas d'inspiration hier, et elle est venu d'un coup-là, à 19h30 et j'ai pondé 2000 mots en deux heures ! Wow !

J'espère que ce chapitre vous plaira quand même ! En tout cas, je tenais à tous vous remercier pour vos nombreuses reviews sur le chapitre précédent ... On peut dire que ce petit moment d'intimité entre Rey et Ben vous a plu, bande de coquin !

Malheureusement, j'ai tout simplement pas le temps de répondre aux reviews ce soir, désoléééée, je suis vraiment nulle, mais j'ai tellement de choses à faire ces temps que j'ai de la peine à trouver du temps pour moi ;_; J'y répondrai demain, promis !

Sinon, on arrive gentiment au bout de Binarité. Moins d'une dizaine de chapitre, et je dois vous dire que ça m'arrange, parce que mes examens commencent dans un mois et c'est dur de tenir le rythme de chapitres, et le rythme de révision. Il va sans dire que je mettrai ma carrière en avant, au profit de mon histoire, et j'en suis désolée. Comme dit ma mère quand elle me gueule dessus parce que j'écris au lieu de réviser : "il y a des priorités dans la vie." (et appremment, répondre que Binarité est une priorité n'est pas une réponse qui lui a plu, mais bref)

Merci pour vos retours, pour votre soutien ! Je vous aime inconditionnellement.


Réponses aux reviews anonymes :

Manon : Héhé, c'est vrai que ça fait toujours plaisir d'avoir plusieurs chapitres en continu ... J'espère que la suite te plaira ! Bisous !

Lilou : Oui, bon, j'avoue, éclipser cette scène aurait été une grosse erreur hahaha Courage pour ton diplôme ! J'ai moi aussi mes examens dans 1 mois, et c'est un peu la guerre pour trouver du temps, alors quand on me dit que mon histoire est un rayon de soleil, ça fait toujours giga plaisir ! En espérant que la suite de l'histoire, et que le chapitre à venir te plaire, du coup hahah ! Et tkt pour la review précédente, le côté "trash" m'a fait très rire. (c'est mon humour, en plus, alors bon)

La_Chapeliere : J'ai plus besoin de te répondre ici parce que tu as ENFIN créé un compte, mais je tiens à te dire que je t'aime, et que j'espère que ce chapitre te plaira !

Elino : Ouiii, le Reylo, c'est ce qu'on aime le plus ! Eh pas de souci, pour le strompilot, je sais bien que ça ne plait pas à tout le monde, mais je voulais essayer d'écrire une relation comme ça, une fois dans ma vie. (c'est la première foiiiis). En tout cas, contente que mon histoire te plaise ! Bonne suite et bonne lectuuure ! A bientôt !

Boubi : Merci pour ta review et pour tes compliments ! Ca me fait super plaisir ! Bonne lecture de la suite et à bientôt !

Alicechubbybaby : Je suis honorée d'être ta première, vraiment ! En vrai, je suis pas du tout amatrice de yaoi, mais le strormpilot est tellement mignon que j'ai pas pu résister. Et comme tu dis. Rose, grrr. J'espère que grace à mon histoire, au moins, tu apprécies un peu le Reylo, hahah ! Bonne lecture de la suite et bisouuu !


Bonne lecture à tous !


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Chasing colors after dark

In your heart, I believe in you

The way you pull me in

Can't pretend we're a work of art

After dark, in your heart

Afterdark – MYRNE

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Lorsque vint son tour pour l'entrainement, Rey se résigna à abandonner la passionnante conversation – bien qu'enfantine – qu'elle avait avec la gamine, sous le regard mauvais du Twi'lek et celui, réchauffé, du soleil de Jakku. Jaley rejoint le cercle de sabre, s'emparant d'un long bâton de bois, le soupesant longtemps. Sur son visage, toute trace de sa candeur espiègle avait disparu, au profit d'un sérieux qui n'avait pas lieu d'être sur les traits d'un enfant si jeune.

Lorsque les premiers coups de bois entrechoqués brisèrent le silence qui s'était installé, Rey se détourna, incapable de regarder la petite fille qu'elle avait affectionné en si peu de temps se battre comme si sa vie en dépendait. Dégoutée, elle finit même par quitter le petit attroupement, s'éloignant au plus vite de cette violence qui la répugnait. Elle se décida finalement à rejoindre la chambre que Ben lui avait attribué la veille, chambre où elle n'avait passé depuis son arrivée que quelques futiles minutes, le temps de poser ses affaires, avant de se glisser dehors et d'aller retrouver le Chevalier …

La chambre était modeste, plus petite que celle de Ben. Un petit dix mètres carrés où se superposait un lit miteux, une armoire usée, une table et une chair, posé sur un tapis brûlé. Rey se retint de grimacer. Ce n'était pas le même grand luxe que la chambre de Ben, ou les chambres qu'elle avait eu aux anciens quartiers de la résistance, mais c'était toujours plus que ce qu'elle avait été habituée lors de son enfance. Etonnement, on s'habituait bien vite à un semblant de luxe. Elle se fit la réflexion qu'elle ne pourrait peut-être plus jamais retourner vivre dans la carcasse de vaisseau où elle avait grandi, tant elle s'était habituée à des douches quotidiennes, et au confort d'un bon matelas.

Elle secoua doucement la tête pour se tirer de ses pensées, et s'avança pour aller fouiller au fond du sac qu'elle avait nonchalamment jeté sur le lit la veille. Sans pour autant le défaire – elle savait pertinemment qu'elle ne resterait pas longtemps sur Jakku – elle en tira un amas de tissu enchevêtré où des cadavres de ferrailles reposaient. Elle poussa le sac d'affaires sous le lit, et posa le sabre laser brisé sur la table, s'asseyant sur la chaise pour observer l'objet avec plus de précision.

Luke lui avait dit de faire abstraction du passé, de le laisser mourir et de passer dessus. Rey ne faisait qu'exécuter ses paroles, avec grande sagesse. Elle pardonnait ses péchés à Ben, et s'offrait à lui pour espérer le ramener du côté lumineux de la Force. Elle se décidait à retaper le sabre de son feu maitre, pour en créer un plus beau, un plus puissant, à son image.

La guerre était là, pas le temps de vivre avec le regard en arrière. Et un sabre laser flambant neuf pour confirmer le chemin de Jedi qu'elle prenait ne serait pas de refus.

Elle entreprit donc de démonter les différentes pièces de l'ancien sabre, et se rassembler les nouvelles qu'elle avait pioché dans les matériaux que Finn et Poe avaient ramenés de la ville de Kachirho. Pleins de débris de vieux sabres et de vaisseaux trainaient, et Rey, en bonne pilleuse d'épave, avait tout de suite trouvé de quoi rafistoler et modifier sa propre arme. Pour l'heure, elle séparait chaque élément pour mieux les assembler.

Lorsqu'elle extirpa le cristal de Kyber qui luisait fortement, elle ne put s'empêcher de laisser une petite exclamation de ravissement s'échapper de sa bouche. La pierre était petite, tenant sans peine dans la paume de la main, et elle brillait d'un éclat lumineux. Rey la posa avec soin sur un petit chiffon sur la table, incapable de détacher son regard du cristal. En riant un peu, elle se dit que Luke avait dû aller la chercher, cette maudite pierre, tout seul dans une grotte perdue, puis ensuite créer son propre sabre laser. Mais les choses n'étaient plus les mêmes, à présent. Elle était la dernière des Jedis, et personne n'était là pour lui dire si ce ses actions semblaient juste ou fausses.

« Ce n'est pas comme cela qu'on construit un sabre laser. » dit une voix froide dans son dos.

Elle sursauta si violemment, qu'elle aurait pu parier que la chaise était encore plus tordue sous ses fesses qu'avant. Une fois remise de ses émotions, sans pour autant se retourner parce qu'elle savait parfaitement qui était la personne dans son dos, elle entreprit de continuer son dur labeur : séparer les pièces, les mettre dans un coin, souffler pour enlever la poussière. Encore. Et encore.

Tout de même piquée à vif par la remarque cynique de monsieur-kylo-ren-qui-avait-reçu-un-vrai-entrainement-jedi-lui, elle cessa tout de même momentanément ses doigts, et lui jeta un coup c'œil agacé. Il était simplement appuyé contre l'embranchement de la porte, à la regarder avec son facies neutre et ses yeux refroidis.

« Ce n'est pas comme cela qu'on courtise une femme. » jugea-t-elle amusant à dire, et sa pique parvint à déstabiliser le visage sérieux du chevalier. En une fraction de secondes, ses joues se colorèrent d'une adorable couleur rosée, et il détourna précipitamment les yeux. Rey retint à grande peine un sourire victorieux. Il faisait le malin, mais il oubliait aussi le dicton. Celui qui faisait le malin était toujours le premier à tomber dans le ravin.

« Je n'essayais pas de te courtiser ! » maugréa-t-il dans sa barbe, croisant les bras sur son torse musclé.

La jedi retint un énième sourire, abandonnant finalement son travail pour se tourner pleinement vers Kylo Ren. Il avait encore rassemblé ses cheveux en chignons, et elle devait avouer que le tout lui donnait un petit côté sexy. Mais ce n'était pas le moment de fantasmer, pas le moment de se souvenir de … Il fit un pas vers elle, et elle le regarda avancer, hypnotisée par le magnétisme de cet homme. Son homme, se dit-elle avec malice, avant de se rappeler qu'il l'avait juste mis dans son lit, pas passé une bague au doigt. Elle secoua la tête.

« Et je ne t'ai pas demandé ton aide pour le sabre laser. » finit-elle par dire, sa voix plus froide, plus cassante.

Il se renfrogna, et elle, elle se retourna pour continuer à démembrer le sabre laser. Il ne dit plus un mot, plus rien, et elle crut l'espace d'un instant qu'il était parti sans demander son reste. En levant la tête, elle le vit dans un coin de la pièce, à la fixer de son regard brûlant. Un peu gênée par l'insistance de son regard, elle tenta d'y faire abstraction de sa présence pour se concentrer la petite pièce qu'elle essayait d'enlever. Voyant qu'elle n'y arrivait pas, elle se retourna et le foudroya du regard, excédée.

« Ben ? »

Il fronça les sourcils, ses traits se crispant dangereusement. Un éclat sombre passa dans son regard mais il ne fit pas le moindre geste.

« Ben. » répéta-t-elle. « Est-ce que tu peux arrêter de me fixer comme ça ? S'il te plait, ça me déconcentre. »

L'instant d'après, il était devant elle, mains sur ses épaules, la repoussant fortement contre le dossier de sa chaise. Ses mains étaient brûlantes, ses yeux ardents. Elle détourna le regard, rosissant.

« Ben … »

Il l'interrompit avant qu'elle ne puisse en dire plus. Ses sourcils s'étaient haussés, signe de sa colère apparente.

« Ne m'appelle pas comme ça ! »

« Comment ? Ben ? Tu n'aimes pas que je t'appelle comme ça ? Pourtant hi-… »

De franches lèvres la coupèrent en plein élan, tandis qu'elle s'apprêtait à lancer une pique bien sentie au chevalier. D'abord surprise, elle se reprit bien vite et répondit au baiser de Ben. Seulement, le baiser fut fugace, et le jeune homme s'éloignait d'elle aussi vite qu'il s'en était approché.

« Je ne suis pas resté à te fixer, tu n'as rien à dire. »

Elle fronça vivement des sourcils, croisant les bras sous sa poitrine. Elle soupira longuement, avant de se lever tranquillement. Lorsqu'elle croisa le regard de Ben, elle ne le lâcha, et elle traversa les derniers mètres qui les séparaient en quelques pas. Cette fois-ci, ce fut elle qui plongea ses lèvres dans les siennes, agrippa ses cheveux pour ne pas le laisser s'en aller, taquina sa langue de sa jumelle.

Quand ils se séparaient, ce n'étaient uniquement que pour reprendre des avides goulées d'air, avant de se s'unir à nouveau, avec plus d'ardeur et de fiévreux. Entourant ses jambes autour du bassin de Ren, Rey s'accrocha à son cou, mordillant avec amusement sa lèvre inférieur, tandis qu'il grognait méchamment. Ben, lui, glissa ses bras autour des hanches de la jeune femme, et la souleva pour la transporter vers le lieu stable le plus proche. La table était pile à la bonne table, pour qu'il puisse y poser Rey et continuer à l'embrasser encore et encore.

« Ce n'est pas comme ça qu'on construit un sabre laser … » lâcha Rey entre deux baisers et caresses inappropriés.

« Tais-toi. » dit simplement Kylo Ren, arrachant un éclat de rire à la jeune femme avant qu'il ne la fasse taire d'une délicieuse façon.

Sans la moindre considération pour les nombreux bouts de métal soigneusement triés sur la table, il la percha sur le meuble, et reprit l'assaut de ses lèvres. D'un brusque mouvement de bras, il envoya valser l'artillerie, et, sans le faire réellement exprès, le cristal de Kyber lumineux …

Lorsque la petite pierre s'écrasa sur le sol dans un cliquetis inquiétant, Rey repoussa violemment le chevalier et se précipita pour aller récupérer le cristal. En la ramassant, elle sentit son cœur rater un battement. Lentement, elle se releva, et montra sa trouvaille à Kylo Ren, ce dernier d'ailleurs légèrement frustré d'avoir été interrompu.

Impossible.

Le spath s'était fissuré, et la pierre avait changé de couleur.

Le cristal de Kyber n'était plus d'un beau bleu lumineux. Non, non, il brillait d'un nouvel éclat, un éclat doré coruscant, qui se reflétait dans le regard étonné de Rey.

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La base sur Ord Lithone était en ébullition. Avec l'arrivée des soldats de Chandrila la veille, les guerriers de la Résistance s'étaient vus revigorés. De nouvelles têtes, de nouvelles forces, et, surtout, de nouvelles armes plus performantes pour les batailles à venir. Tous les combattants réunis avaient uni leurs forces pour équiper les vaisseaux, réparer les blasters abimés, et redonner un peu de vie à cette vieille base inanimée. Et tous n'attendaient plus qu'une chose maintenant : le combat.

Rose jetait un coup d'œil morne sur l'agitation ambiante. Si l'arrivé des alliés lui avait d'abord remonté le sourire, et le moral par la même occasion, sa joie s'était retrouvée ternie par un mauvais évènement. Titouan était parti. Parti sans un mot de plus. Il l'avait laissé toute seule. Alors qu'il avait été le premier à lui de ne pas pleurer pour un garçon, de ne pas attendre indéfiniment qu'on la remarque. Voilà que maintenant, elle pleurait son départ, et plus encore, son cœur qui saignait l'abandon.

Elle ne savait dire si elle était en colère, ou simplement déçue. Peut-être un mélange subtil des deux, qui n'arrivaient tout de même pas à alléger sa peine. Elle se mordait les lèvres d'agacement, se charcutait les mains à force d'y enfoncer les ongles, et regarder le ciel indéfiniment. L'attente la déchirait, le manque la tuait. Et pourtant. Elle avait tort de réagir comme cela, n'est-ce pas ? De se mettre à angoisser et à attendre inutilement son retour. Parce qu'elle en était sûre maintenant.

Titouan ne reviendrait pas.

Pas après la lettre qu'elle avait trouvé dans sa chambre, qui lui expliquait les raisons de son départ.

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« Chère Rose,

Je suis désolé de partir sans rien dire, sans te prévenir, ou te promettre que je vais revenir … Mais l'heure est grave, et je ne peux rester sans rien faire, les bras croisés, à regarder les gens que j'aime mourir. Encore.

Il faut bien que tu comprennes que j'ai vécu la pseudo-mort de ma petite sœur comme un véritable drame. Mon père s'est renfermé sur lui-même, et même s'il faisait des efforts, je vois bien que rien n'était plus comme avant. Mais je te l'ai dit, non, lorsque nous sommes arrivés sur Ord Lithone ? Jaley n'est pas morte, et je sais que je peux la retrouver.

Une petite voix m'a susurré où elle se trouvait, mais en échange de cette information, j'ai dû livrer des informations capitales sur la Résistance. Je suis désolé. Je sais à quel point tu détestes les … Je ne veux même pas écrire ce mot. J'en suis incapable. Quoiqu'il en soit, j'espère que tu ne me détesteras pas. Il faut que tu comprennes. Mon père est en danger, je suis obligé d'y aller. Je ne peux pas quitter le navire, maintenant que je m'y suis embarqué. Et qui sait, peut-être que celui qui retient mon père le laissera libre, et me rendra ma petite sœur … Je ne rêve que d'une famille soudée, unie et aimante comme autrefois.

Et je te vois au centre de cette famille, Rose. Les quelques jours qu'on a passé ensemble étaient les plus beau depuis la disparition de Jaley, et je t'en serais éternellement reconnaissant. Je sais que je n'ai pas les mots pour effacer la colère que je pressens en toi, parce que je suis parti, parce que je suis un traître (et je l'ai finalement écrit), parce que je t'aime

Désolé.

Souviens-toi de moi.

Titouan. »

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Ses mains se serrèrent sur les bords de la page, et elle retint un sanglot. Elle ne quitta pas des yeux le léger tressautement des mots je t'aime, comme s'il avait tremblé, hésité, lorsqu'il les avait écrits. Et puis, au fond de la lettre, il y avait la marque visible de ses larmes séchées, et elle se disait, comme pour se soulager elle-même intérieurement, que Titouan était peut-être un traitre, mais qu'il le regrettait amèrement.

Même si elle oscillait entre la haine et la tristesse, entre le souvenir de sa sœur sacrifiée peut-être en vain, et les quelques jours à chatouiller les lèvres du jeune homme, elle ne pouvait s'empêcher de regarder le ciel et d'espérer. Espérer qu'il reviendrait.

Et qu'il honorerait ses mots. Une famille.

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Le plus dur, peut-être, était d'aller remettre cette lettre à Finn, de le regarder la lire, et de voir son regard peiné se poser sur elle. Elle ne pouvait pas le dire à voix haute. Elle ne pouvait pas dire que Titouan était un traitre. Pourtant, les mots étaient noirs sur blanc, sur le papier rescindant.

« La situation est grave. »

Poe, non loin de là, tourna la tête pour échanger un long regard avec Finn. Ce dernier hocha finalement lentement la tête, imperceptiblement, mais pas assez pour que Rose ne remarque rien. Alors, elle comprit. Elle comprit tout. Les regards échangés entre les deux hommes. L'atmosphère chargée en électricité lorsque les deux étaient dans une même pièce. Et puis, surtout, le rejet terrible de Finn. Sur le moment, elle ne savait pas vraiment comment réagir. S'énerver ? Se vexer ? Disputer le métis ? Lui balancer ses quatre vérités ? Ou alors … Ne rien dire ? Accepter ? Et sourire doucement.

Elle opta pour la deuxième solution, mais dérogea à la première règle : « Je suis contente pour vous. »

Finn sursauta, et releva précipitamment la tête. Il regarda de droite à gauche, mal à l'aise avant d'enfin croiser le regard de la jeune femme. Amusée, par son comportement, sa pseudo-colère des derniers jours à son encontre déjà envolée, elle éclata de rire.

« Je ne vois pas de quoi tu parles … » maugréa-t-il.

« Instinct féminin. » sourit-elle agrémentant sa bonne humeur d'un clin d'œil.

Et si son soi-disant instinct féminin marchait, dit une petite voix sordide dans sa tête, peut-être qu'elle aurait évité de tomber pour la première fois amoureuse d'un gay, puis d'un homme qui n'avait pas hésité à trahir son camp, qu'importe la justesse de sa cause. Son sourire se fana, et elle baissa la tête, se mordant les lèvres.

Finn ne renchérit pas, savant pertinemment que le rôle de comique ne lui allait guère au teint. Il laissait ce jeu à son petit-ami. D'un petit regard alarmé, il pria Poe de se retourner et de venir le rejoindre. Comme par télépathie, quelques secondes après, ce dernier se retourna, et s'approcha vivement.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? »

Finn lui tendit la lettre, après un regard à Rose. Elle acquiesça. Le pilote l'a parcouru des yeux rapidement, puis son regard se teinta de la même pitié que celui de Finn. La jeune femme détourna la tête.

« Il faut prévenir Rey. » dit finalement Poe, après un bout de temps. « Lui dire que les vacances sont terminées, et qu'elle peut ramener son joyeux bataillon, parce que bientôt, le Premier Ordre sera là. »

Ils acquiescèrent en cœur, la mine grave.

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Au bout de 56 heures de vol en hyper-vitesse, le vaisseau émergea enfin dans le vide intersidéral, face à l'énorme vaisseau-mère du Premier Ordre. Titouan retint son souffle, sentant son estomac se contracter douloureusement. Il y était enfin. Un premier pas vers la mort. Parce qu'il en était conscient. Il n'avait aucune chance de ressortir vivant de ce guêpier. Mais il devait essayer, il devait sauver son père ! Il en était convaincu – il avait eu assez de temps à réfléchir, seul dans son petit vaisseau – et il était certain que Snoke libérerait son père pour donner suite à l'information de la position de la base. Et il avait aussi prévenu Rose, qui préviendrait Finn, qui préviendrait Rey …

Quand le Premier Ordre posera le pied sur Ord Lithone, les résistants seront prêts à les abattre, sans merci ni pitié. Il espérait peut-être, qu'éventuellement, dans un cas très peu probable, qu'il serait encore vivant pour se battre de leurs côtés. Mais il ne fallait pas se faire d'illusion.

Le vaisseau-mère dut le reconnaitre, puisqu'il put passer les barrières invisibles sans recevoir le moindre appel depuis la base de contrôle. Il manœuvra le X-Wing pour aller le poser non loin des vaisseaux du Premier Ordre. Lorsque l'avion atterrit, il poussa un long soupir, le cœur palpitant et se décida. Il détacha lentement son casque. Ouvrit la capsule d'ouverture. Lança son casque sans considération dans le petit espace derrière le ciel. Et verrouilla soigneusement le vaisseau. Personne ne devait le lui prendre. Pas s'il souhaitait s'en aller avec son père et sa petite sœur.

Et puis, les jambes tremblantes, il prit lentement et silencieusement le chemin vers les quartiers de Hux. Il connaissait le chemin. Il était venu suffisamment de fois. Trop de fois. D'abord, l'ascenseur pour monter une centaine d'étages. Puis, tout droit, puis à gauche. A droite une fois, à gauche deux fois, et la grande porte était là, devant lui. Candide. Comme si les murs reflétaient la pseudo-justice que le Premier Ordre essayait d'appliquer. Quelques traces sombres de cafés venaient zébrer le crépi du couloir, et Titouan se permit un sourire nerveux. A l'instar du café, les nombreuses taches représentaient les multiples meurtres que commettaient l'organisation pour dominer la galaxie. Un mur avec quelques taches de café, maintenant fois repeint dans un blanc qui se voulait libérateur.

Un tissu de mensonge en soi, ou peut-être une omission de la vérité. Il ne savait le dire. A vrai dire, il ne savait même plus comment réfléchir correctement.

Lorsqu'il voulut s'avancer et toquer légèrement à la porte pour signaler sa présence, cette dernière s'ouvrit d'elle-même. Bien entendu, Snoke était ubiquitaire. Il sentait sa présence, peut-être même depuis l'autre bout du cosmos.

« Titouan, mon ami. » fit la voix sordide, depuis l'intérieur de la pièce.

Il dit quelques pas, tremblant.

Et la porte se referma derrière lui.

Piégé.

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« Quel bon vent t'amène ? » chanta la voix de Snoke avec un plaisir évident.

Le jeune garçon grinça des dents, se retenant de lever les yeux au ciel. Il était évident que Snoke savait pourquoi il était là, mais il semblait vouloir jouer aux faix semblants encore un petit moment. Mais Titouan n'avait pas le temps, et il était tout sauf patient.

« Tu es venu me livrer quelques croustillantes informations ? Comme la position de ce ridicule fourmilier où je pourrais écraser ces insectes de résistants ? »

Le soldat essaya de ne pas flancher sous l'assaut du regard du Supreme Leader. Il essaya vraiment, mais finit part détourner les yeux.

« Je suis venu parler, oui, mais en échange de quelque chose, cette fois-ci ! »

Sa voix était mal-assurée, éraillée. Mais sa volonté, elle, était sans fin, brûlant d'une flamme impérissable.

« Je t'écoute, petit oiseau bleu. Dis-moi ce que tu veux. »

Il prit une respiration. Inspira.

« Je veux que vous libériez mon père et ma sœur. »

Et expira.


Décidément, le cliffhanger, c'est ma dope. Les prochaines intrigues se mettent gentiment en place. Rey qui reconstruit son sabre, Rose qui est toute seule pour ne pas changer, et la Résistance qui se rend compte qu'ils sont en danger imminent.

Semaine prochaine, dans votre prochain épisode, une bonne dose de sadiquerie Snokienne, et des larmes à profusion. Ou pas. Mais j'en dis pas trop.

Bisous bisous et à bientôt !