Disclaimer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.
Titre : Noir ramage.
Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.
Note : Bientôt le 11 mai ! Et non, je ne partirais pas au boulot en chantant "Libérée, Délivrée".
« J'ai construit mon organisation sur la peur ».
-Al Capone, criminel, gangster, maître de Chicago (1899-1947).
Chapitre 96 : Walter Albus Higgins, ou les affaires, ce n'est pas toujours simple.
Des imbéciles, bien sûr il comprenait son Maître quand il le lui disait mais l'écoutait avec un certain amusement, le détachement de celui qui assiste mais n'est pas véritablement partie prenante dans l'affaire. À l'époque il n'était que l'ombre de celui qui commandait, aujourd'hui il était devenu le décideur, le concepteur des plans, il n'était plus celui qui se contente de regarder de loin. Et il en venait à la même conclusion que Grindelwald : des idiots, tous des crétins, incapables de concevoir un plan, de réfléchir à long terme.
Il avait réussit à organiser leur évasion et l'élimination de trois traîtres, le coup de force était de blesser légèrement Esposito, lui donnant un alibi et lui permettant de rester dans la place au plus près du Maître… À ce moment là, il avait vécu un grand moment, un sentiment de puissance et de confiance en son intelligence l'avait submergé. Il avait véritablement compris son Maître. C'est peut-être là qu'il avait acquis le goût du pouvoir, mais maintenant il voulait gagner et régner, encore sous les ordres de Grindelwald, bien sûr… mais régner sur SON domaine !
Depuis, il réorganisait les cellules de l'organisation, remplaçant les soldats tombés sous les coups du MACUSA, mettant les trente-et-uns évadés hors de portée des recherches, plaçant des gens qualifiés aux places de commandement, trouvant de nouveaux QG en essayant de recruter de nouveaux adeptes… Se dépensant sans compter…
Puis, il lui resterait à entrer en contact avec ceux qui étaient encore hors de la zone de surveillance des aurors du MACUSA. Les préservés aurait-il pu dire. En particulier l'ami du maître, l'homme de l'ombre, celui qui pourrait approuver ses efforts, lui apporter son aide et le mettre en rapport avec des appuis sûrs et nécessaires à la refondation de l'oeuvre du Maître. Mais il voulait le faire en position de force, pas en humble demandeur, au minimum en égal. Il devait lui prouver surtout qu'il était un homme dangereux, qu'il ne devrait pas négliger, capable de se confronter avec lui, de lui tenir tête. Il devait en un mot l'impressionner.
Et aujourd'hui sous prétexte de vengeance, ces crétins montaient une vendetta ! Attaquer un mariage de sorciers ! Ils pensaient quoi ? Que les invités les laisseront faire sans broncher sous prétexte qu'ils portaient leurs habits du dimanche ? Des idiots ! Total, dix-sept prisonniers de plus ! Sans compter que quand il avait voulu convoquer MacNab pour lui expliquer son point de vue, il avait disparu sans laisser de traces… Deux solutions : ou cet incapable avait compris la boulette et ayant pris peur se cachait, ou et c'était plus probable, il avait été arrêté par les copains de Bluesky. Total de cet opération lamentable, Memphis était anéantie et la cellule de Baltimore en voie de démantèlement…
Donc : quelqu'un parlait et il allait être urgent de le faire taire définitivement ! Il allait joindre Esposito, lui demander de tâter le terrain et découvrir qui était le bavard. Puis viendrait le moment de l'élimination !
Autre point d'urgence, colmater Baltimore, sauver ce qui pouvait être sauvé, éliminer les incompétents : le chef entre autres s'il s'avérait que c'était lui qui avait donné son accord pour cet échec, le tuer ou le rétrograder était encore en balance. Le rétrograder était le punir et faire preuve de mansuétude, pouvait être encourageant pour la troupe : notre chef est humain, nous pouvons l'aimer et toutes ces fadaises… Le tuer était faire un exemple, genre : l'échec n'est pas une option, l'initiative personnelle non plus d'ailleurs… Faire peur, intimider était sans doute un ressort plus puissant que l'amour. Il penchait pour la puissance…
Gellert Grindelwald, il devait contacter le Maître, l'assurer qu'il n'était pour rien dans ce fiasco, se dédouaner et prendre ses conseils et les suivre. Surtout, ne pas exagérer l'importance de l'échec, bien insister sur le fait qu'il tenait les rênes de l'organisation bien fermement en mains et que leur plan se déroulait sans accroc malgré les initiatives de ces minables. Oui c'est cela, il devait punir tout de suite, frapper large et fort comme le ferait le Maître, continuer sur sa lancée et réussir ses objectifs, sous peine d'y laisser sa propre peau… Car il ne se faisait pas d'illusions, pour le Maître lui aussi était un pion, précieux certes, mais un pion que l'on pouvait sacrifier en cas de nécessité… La guerre pouvait se résumer à une partie d'échecs : sacrifier un pion pour gagner la dame et mettre échec et mat le roi… Il devait rester un pion primordial pour lui, tant que sa fiabilité et son efficacité seraient certaines, il resterait en vie, le Maître et s'était bien naturel avait besoin de compagnons sur lesquels il pouvait compter.
Sa décision était prise, il allait convoquer le chef de Baltimore, le sacrifier s'il s'avérait qu'il avait donné son aval à cet échec, réunir les autres pour les tester et s'assurer de leur valeur, puis éliminer les branches pourries pour reconstruire sur des bases saines.
Quand il pensait qu'il avait lui-même élaboré une vengeance contre Mercy Lecay, Graves, Bluesky, Reed et tous leurs petits copains… Leur élimination était programmée et se serait déroulée sans bavure sans ces dégénérés qui se croyaient intelligents… Maintenant il fallait tout reprendre à zéro, élaborer un nouveau plan et recommencer à en jeter les bases ! Qui a dit « la vie est un éternel recommencement » ? Il ne le savait plus, mais ce qu'il savait c'est que la suite de la citation était : « seule l'acceptation de la défaite signifie la fin de tout. Tant et aussi longtemps que l'on sait recommencer, rien n'est totalement perdu ». Nietzsche, ça y est, il se souvenait, un de ces non-maj's qui se proclament intelligents sous prétexte qu'il savent bien parler et écrire… Mais il faut dire que pour une fois, celui-là avait dit des choses utiles… Il avait aussi dit « Celui qui sait commander trouve toujours ceux qui doivent obéir». Ce n'est pas possible, ce ne devait pas être un vrai non-maj, il avait forcément du sang de sorcier dans les veines... Dommage qu'il soit mort il y a plus de vingt ans, il aurait eu beaucoup de plaisir à le rencontrer.
Sa seconde mission était d'organiser l'évasion du Maître. Ça aussi avançait. Il avait recruté une pièce maîtresse, un directeur de service du MACUSA, prêt à les aider à condition de ne pas courir de risque, bien sûr. Une chiffe-molle qui veut une grande récompense pour ses services et en ce cas devenir un rouage important de l'empire que le Maître était en train de fonder, et ça, pas de problème, ne disait-on pas « les promesses n'engagent que ceux qui y croient » ? Mais même un trouillard peut avoir une grande utilité, il suffit de savoir s'en servir. Et ça Grindelwald et lui, savaient se servir des gens, les amener à faire de grandes choses Pour le Plus Grand Bien et l'heure de mettre en action ce pion allait bientôt sonner…
Son problème le plus important était de retrouver les traces de l'obscurial. Son maître ne pensait pas qu'il ait pu disparaître si facilement, du moins il voulait le croire : une magie si puissante, si noire, si merveilleuse ne POUVAIT avoir été détruite si totalement par quelques aurors incultes et ignorants de son importance. C'était impossible, elle DEVAIT avoir survécu quelque part… Il suffisait de le retrouver ! Et depuis deux mois, Higgins cherchait partout, collectant sans relâche les moindres signes de surnaturel ici et là, depuis la disparition officielle du « monstre ». Jusqu'à maintenant, il avait trouvé qu'un non-maj avait vu un nuage très noir et vaporeux : « bizarre » avait-il dit, pour reprendre ses termes, se former au dessus de sa tête dans la banlieue de New York, le jour même de la Grande Bataille de la Gare Centrale. Et depuis, il recherchait d'autres non-maj's capables de l'orienter sur la bonne voie. Mais avec l'oubliette générale, la tâche se révélait très ardue…. Et Grindelwald s'impatientait.
En réfléchissant, il avait posé la pyramide sur le pointe : l'obscurus est vivant, donc l'obscurial vit lui aussi… dans ce cas il fallait retrouver un garçon maigre, brun, d'une vingtaine d'années, esseulé car accessoirement il avait massacré presque toute sa famille… une aiguille dans une botte de foin, ou plutôt dans un champ de bottes de foin, il n'y avait jamais que cinq millions six cent vingt mille quarante huit habitants à New York, au dernier recensement d'il y a sept ans… Ce qui pouvait aider était d'ôter les noirs, les jaunes, les hispaniques et les nouveaux émigrants, mais il restait tout de même plus de cinq millions cinq cent mille blancs… Pour l'instant, ses hommes se concentraient sur le Bronx, quartier d'origine du gamin. Mais dans ce cas, il restait encore un million deux cent soixante-cinq mille deux cent cinquante huit péquins à trier... Ne dit-on pas que les criminel reviennent toujours sur les lieux de leur crime, pourquoi pas les sorciers dérangés ? Il l'espérait car toute sa stratégie reposait là-dessus et il le savait plus que sa stratégie, sa tête.
En même temps, il devait trouver le moyen d'apprivoiser ce gosse. Le Maître n'y avait pas réussi, c'était vrai. Il admirait Gellert Grindelwald, mais on ne pouvait pas dire que la compréhension, la patience et la douceur soient ses qualités premières… Or avec un jeune adulte, et qui plus est, un jeune adulte très perturbé… Il devait mettre la main sur l'oiseau rare capable de comprendre et d'amener Croyance à coopérer de son plein gré. Cet entremetteur devait en plus d'adhérer totalement aux grands principes de l'action du Maître en supporter leur côté plutôt brutal et le terme était doux. Ne nous voilons pas la face, il devrait être comme Janus, impitoyable et posséder un côté plus qu'humain et surtout être véritablement sincère face au gamin. Comme tout écorché vif celui-ci sentirait immédiatement les faux-semblants et s'enfuirait de nouveau et cette fois sans doute définitivement… C'était primordial !
Les responsabilités s'accompagnent de grands devoirs.
